Lieu historique national du Fort-St. James

Personne d'importance historique nationale ...
Chef Kw'eh

Chef Kw’eh Personnage Historique National

Un legs impérissable : Le chef Kw’eh

La dague du Chef Kw’eh, obtenue en prêt de la Première nation Nak’azdli 
La dague du chef Kw'eh 
© Parcs Canada

Le chef Kw’eh était un leader des Dakelhs, peuple établi dans le village de Nak’azdli, au bord du lac Stuart. Encore jeune, il se distingua comme guerrier pendant plusieurs périodes d’hostilités entre les Dakelhs du lac Stuart et les Tsilhqot’ins (Chilcotins), installés plus au sud. En 1806, lorsque Simon Fraser et ses hommes vinrent fonder des postes de traite à Nak’azdli (lac Stuart) pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest, le chef Kw’eh assuma le rôle de chef de la traite et négocia avec les nouveaux arrivants le type de rapports qui allaient les unir à son peuple. Il continua à jouer ce rôle après 1821, lorsque la Compagnie de la Baie d’Hudson prit la relève de la traite des fourrures dans la région. À titre d’intermédiaire et de diplomate, le chef Kw’eh contribua à l’établissement de relations pacifiques et devint le principal leader autochtone d’un vaste territoire. Surnommé « rêveur des saumons » par son peuple, Kw’eh veillerait encore sur la pêche du saumon depuis son lieu de sépulture, à l’embouchure de la rivière Stuart.

En mémoire du chef Kw’eh

La tradition orale veut que le chef Kw’eh ait eu quatre épouses, venues de villages différents établis au bord du lac Stuart. De nos jours, bon nombre des descendants de Kw’eh vivent à Nak’azdli, à Tachie, à Yekooche et dans d’autres villages situés à proximité. Ces descendants immortalisent la mémoire du grand chef. Il y a 20 ans, la Nak’azdli Elders Society a collaboré avec Parcs Canada à un projet pluriannuel de transmission des traditions orales. Lillian Sam, une sage de la région, a rassemblé de précieux récits dans une publication intitulée Nak’azdli t’enne Yahulduk – Nak’azdli Elders Speak (2001). Elle s’est surtout attachée à préserver l’histoire du chef Kw’eh, son arrière-arrière-grand-père, et a ainsi recherché et recueilli des récits oraux, des documents généalogiques et d’autres écrits. Ce sont ses efforts qui ont permis à la collectivité de récupérer la légendaire dague du chef Kw’eh, de même que plusieurs autres artéfacts de grande valeur.

Le « roi » des Dakelhs

À sa mort, le chef Kw’eh était considéré comme l’Autochtone le plus important de toute la Nouvelle-Calédonie, autant par les commerçants de fourrures que par les Dakelhs. Les commerçants l’avaient même appelé « le roi », un surnom parmi tant d’autres qui lui furent donnés au cours de sa vie. Dans la structure du clan/potlatch, Kw’eh avait acquis le nom de « Ts’oh Dai », titre traditionnel très important au sein du clan des Lhts'umusyoos (Castors). Pendant sa longue vie (v. 1755-1840), Kw’eh devint un leader incontestable aux yeux de son peuple et des compagnies de traite, grâce à sa capacité de pourvoir aux besoins des autres, à son aptitude à apaiser les conflits entre les siens et à sa démarche conciliante dans les conflits qui l’opposaient à Daniel Harmon et à James Douglas.

Comment puis-je en apprendre davantage sur le chef Kw’eh?

Les touristes en visite dans la région de Fort St. James peuvent en apprendre davantage sur le chef Kw’eh de plusieurs façons. Au cours de l’été 2012, le lieu historique national du Fort-St. James a inauguré une nouvelle exposition, qui contient notamment la dague originale du chef Kw’eh. Le petit centre de ressources qui fait partie de l’exposition renferme un certain nombre de publications d’excellente qualité sur la traite des fourrures et l’histoire locale. Parmi les lectures les plus intéressantes, mentionnons The Carrier – My People, de Lizette Hall, et The History of the Northern Interior of British Columbia, du père A. G. Morice.

Ouverture en septembre 2012, d’une nouvelle exposition présentant l’histoire du Chef Kw’eh,  au lieu historique du Fort-St. James  
Une nouvelle exposition présentant l'histoire du chef Kw'eh a été inaugurée au lieu historique national du Fort-St. James en septembre 2012. © Parcs Canada





Processus de mise en candidature

Des citoyens ordinaires peuvent proposer la candidature de personnes, de lieux et d’événements extraordinaires pour faire reconnaître leur importance historique nationale. Ce sont le chef, les sages et les membres de la communauté des Nak’azdlis qui ont entrepris les démarches pour soumettre la candidature du chef Kw’eh. Lors d’une réunion tenue en 2006, les membres de la collectivité ont accepté avec enthousiasme d’amorcer le processus. Leonard Thomas, chef des Nak’azdlis, a poursuivi en écrivant une lettre à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC). La lettre ayant été favorablement accueillie à Ottawa, le temps était venu de se mettre sérieusement à la tâche.
 
Il fallait rédiger une histoire détaillée de la vie et de la contribution du chef Kw’eh. Cependant, contrairement à bien des figures historiques importantes du Canada, la biographie du chef Kw’eh ne se trouve ni dans des bibliothèques ni dans des archives. Les détails et les interprétations de sa vie reposent surtout sur la tradition orale. Les Nak’azdlis ont retenu les services d’une sage locale, Lillian Sam, comme recherchiste communautaire et coauteure du rapport de mise en candidature. Elle a travaillé en collaboration avec Frieda Klippenstein, historienne à Parcs Canada.

Lorsque le rapport a enfin été achevé, la Commission l’a examiné lors d’une réunion tenue en juillet 2009. La désignation du chef Kw’eh a été annoncée publiquement en mars 2012.

Dans l’avenir, une plaque en bronze sera dévoilée dans notre collectivité, afin de mettre en valeur l’héritage légué par le chef Kw’eh aux générations actuelles et futures.

Descendants Dakelh de Kw'eh 
Gauche : Le chef Louis Billy, descendant dakelh du chef Kw'eh (photo : archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson). Centre : Lillian Sam, auteure et historienne locale et arrière-arrière-petite-fille du chef Kw'eh (photo : collection de Parcs Canada). Droite : Le chef Louis Billy (photo : Lillian Sam). © Parcs Canada






 

Pour en savoir davantage sur les désignations historiques nationales au Canada

Visitez le site Web : www.hsmbc-clmhc.gc.ca