Lieu historique national du Canada du Fort-St. James

Merveilles naturelles et trésors culturels

Cache à poisson (1889)


© Parcs Canada

Dans les années 1890, le fort St. James était un carrefour d'influences autochtones et européennes. Sur le plan architectural, aucun autre bâtiment n'illustre cette réalité mieux que la cache à poisson. Les Porteurs avaient l'habitude de construire des bâtiments surélevés pour y stocker leur poisson, et ils utilisaient souvent des arbres vivants comme montants. Les Européens empruntèrent cette idée aux Porteurs et y intégrèrent leur propre style de construction à ossature de bois typique de la rivière Rouge (également appelé en pièce sur pièce). Il en résulta un bâtiment de poteaux et de poutres où s'intercalaient des rondins équarris de remplissage. Aujourd'hui, les billots équarris de la cache à poisson portent encore les marques d'un passé long et varié : ils ont fait partie d'autres constructions du poste de traite pendant de nombreuses années avant d'être finalement intégrés à la cache à poisson que vous voyez aujourd'hui.

Au début du XIXe siècle, lorsque Simon Fraser fonda le fort St. James, le bison était la principale denrée du régime alimentaire d'un grand nombre d'habitants du côté est des Rocheuses. Le saumon était le « bison » de ceux qui vivaient à l'ouest des Rocheuses. En 1815, John Stuart, dirigeant responsable du fort St. James, écrivit : « Nous n'avons ni bison ni chevreuil, sauf pour le renne, qui est d'ailleurs très peu abondant. Ainsi, il ne serait pas exagéré de dire que l'eau à elle seule approvisionne en nourriture les habitants de la Nouvelle?Calédonie. »


© Parcs Canada

Pendant des dizaines d'années après leur arrivée, les commerçants de fourrures ne possédaient ni les outils ni le savoir-faire pour survivre dans ce nouveau territoire. Ils devaient s'en remettre aux Porteurs, qui capturaient du saumon à l'aide de pièges, pour ensuite le faire sécher et le leur vendre. Les profits de la Compagnie s'en trouvèrent ainsi grandement réduits. Des dizaines d'années durant, les commerçants ne purent atteindre leur objectif d'autosuffisance, jusqu'à ce qu'ils parviennent enfin à se doter d'un réseau de sentiers et de voies navigables et d'une main-d'œuvre fiable pour assurer le transport de farine, de viande et d'autres provisions dans la région.