Lieu historique national du Canada Rocky Mountain House

Merveilles naturelles

Populage des marais
(Caltha palustris)

Tôt au printemps, les feuilles d`un jaune brillant de cette plante sortent des ruisseaux glacés et des marais.

Les orignaux se nourrissent des grandes feuilles charnues mais les humains doivent les faire bouillir afin d'en enlever le poison.

Arctostaphyle “raisin d'ours”
(Arctostaphylos uva-ursi)

Le tapis épais et bas de cette plante pousse dans un sol grossièrement sablonneux, rampant sur les rondins pourris, les pentes arides et les sites rocheux.

En août, les grappes inclinées de fleurs donnent des fruits à texture farineuse que l'on ne doit consommer qu'en cas de famine.

Les fruits d'un rouge brillant, et les feuilles vertes luisantes sont utilisées en infusion pour apaiser les ulcères et les gencives douloureuses. Une crème obtenue de la plante soigne les affections cutanées et les rougeurs.

On peut fumer ces feuilles persistantes et maroquinées, une fois séchées et mélangées au tabac. Les Autochtones nommaient ce mélange, et la plante, kinnikinik.

Rosier aciculaire
(Rosa acicularis)

Des massifs de rosiers aciculaires poussent partout en Alberta. Tôt en juin, l'emblème floral de l'Alberta colore la province de fleurs à nuances de rose.

A la fin de l'été, des fruits écarlates et riches en vitamines C remplacent les fleures odorantes; ils étaient consommés par les Autochtones et les coureurs des bois.

Vesse-de-loup
(Lycoperdon spp.)

Seuls ou en groupe, ces formes arrondies jaillissent des sols riches et humides,
soit dans les pâturages, les champs ou les jardins.

Si l'on en croit la légende pied-noir, la Vesse-de-loup des prairies est la forme terrestre que prend temporairement une étoile tombée sur la terre pendant un événement surnaturel. Les Autochtones appelaient les étoiles « terrestres » Kah-kah-toos ce qui signifie “moins puissantes” et ils peignaient des Vesse-de-loup sur leur tipis.

Autrefois, un être surnaturel, qui avait pris la forme céleste de l'étoile du matin, amena une femme pied-noir vivre aux cieux avec lui. Elle devint enceinte et mit au monde en enfant moitié-humain moitié-étoile. Un jour, elle cueillit un navet dans son jardin céleste et aperçut la terre par le trou. Elle eût bientôt le mal du pays et supplia son mari de la laisser y retourner avec son enfant. Il leur permit de rentrer à condition que l'enfant ne touche pas le sol pendant quatorze jours afin de devenir tout à fait humain. Le dernier jour, elle devint trop confiante et alla cueillir du bois pour le feu. La grand-mère laissa négligemment le bébé toucher le sol. L'enfant se transforma aussitôt en Vesse-de-loup, et devint par la suite l'étoile polaire.

Hart rouge
(Cornus stolonifera)

A l'été, cette plante se mêle aux arbustes et aux arbres feuillus, que l'on trouve dans les endroits humides et ombragés.

Après la chute des feuilles d'un vert vif et la maturation des fruits blancs, l'arbre se transforme en un réseau de tiges fines recouvertes d'écorce lustrée, d'un rouge vif. Cette silhouette hivernale saisissante attirait l'attention des Autochtones qui voyaient dans ce déploiement l'œuvre d'une puissance surnaturelle :

Il y a longtemps, racontent les Pieds Noirs, l'écorce de l'arbre était blanche. Mais un jour, un personnage mythique appelé Napi aperçut des spermophiles jouant dans les cendres chaudes de son feu de camp. Les spermophiles s'enterraient chacun leur tour dans les cendres. Ils se libéraient vite cependant quand les cendres devenaient trop chaudes et ils poussaient des cris.

Napi offrit de jouer avec eux et convainquit tous les spermophiles de se laisser enterrer dans les cendres. Seule une spermophile enceinte refusa et Napi la laissa partir en se disant qu'elle devait propager l'espèce.

Il fit ensuite griller les spermophiles enterrés et les servit sur un plateau tissé de branches de hart rouge. Le sang et la graisse des spermophiles coulèrent sur le plateau dont l'écorce devint rouge.

Depuis ce jour, l'écorce de l'arbre est rouge et la chaleur d'un feu fait écouler du « gras » des branches.

Amélanchier à feuilles d'aune
(Amelanchier alnifolia)

Les arbustes courts et les buissons droits de l'amélanchier remplissent facilement les fossés des prairies ou en recouvrent les tertres.

Les grappes de fruits mûrs et noirs venaient compléter le régime alimentaire des Autochtones et des coureurs des bois. Les fruits, souvent véreux, étaient écrasés et pilés avec de la viande séchée et du gras animal fondu et servaient à préparer un riche pemmican qui se conservait naturellement.

Aux postes de traite, les Autochtones échangeaient le pemmican contre des biens. Les coureurs des bois avaient recours au pemmican des Autochtones pour se nourrir lorsque le gibier devenait rare.

Chalef changeant
(Elaegnus commutata)

Le chalef changeant vit en bosquets le long des ruisseaux et des sources de ruisseaux et de rivières.

Les poils en écusson qui couvrent les feuilles et les petites branches lui donnent son lustre argenté.

Les Autochtones enfilaient en colliers les grains brillants du chalef, en les séparant parfois par les fruits bleus et noueux du genévrier.

Les enfants autochtones tressaient l`écorce en courtes cordes pour un jeu d'hiver. Il s'agissait de déposer une pierre sur la glace, d'enrouler l'écorce tressée autour de la pierre et de tirer très vite, ce qui faisait tourner la pierre comme une toupie.

Hiérochloé odorante
(Hierochloe odorata)

Cette plante élancée pousse en bordure des marais, des étangs et des terrains humides. Les feuilles hérissées de pointes et les tiges dégagent une odeur attirante et douce.

Les Autochtones s'en servaient comme encens. Pour ce faire, on attachait une poignée de tiges à un bout et on les tressait en double brin.

On coupait ensuite des morceaux de cette “mêche” d'encens et ceux-ci, déposés sur des charbons brûlants, embaumaient l'air, contribuant l'atmosphère des cérémonies religieuses et des prières quotidiennes. Les Autochtones croyaient qu'une personne qui aspirait le parfum de l'hiérochloé ne
pouvait dire de mensonges.

Menthe des champs ou menthe du Canada
(Mentha arvensis)

Cette plante feuillue à tige carrée talle habituellement dans des endroits humides et boisés, le long des terrains vagues et des ruisseaux.

Cette herbe dégage une odeur rafraîchissante et attirante lorsqu'on la frotte. Les Autochtones la faisaient sécher et en conservaient pour aromatiser le pemmican et la soupe. Les feuilles séchées plongées dans l'eau bouillante donnaient une infusion très appréciée et qui calmait les maux de gorge et l'indigestion.

Saules
(Salix spp.)

Les rangées de saules se déploient dans les endroits ensoleillés, le long des berges des ruisseaux et des rivières.

Les grosses branches souples plient facilement pour former des abris chauds et des bains de vapeur en forme de dôme. Les Autochtones recouvraient l'armature de peaux de buffle et de couvertures, les portes faisant toujours face à l'Est et à l'Ouest.

À l'intérieur, la vapeur qui montait lorsqu'on arrosait les pierres brûlantes qu'on avait rassemblées au centre dans un petit trou faisait transpirer les quatre ou six occupants. Les hommes s'y rassemblaient pour le rituel de purification.