Le lieu historique national du Canada du Canal-de-Saint-Ours rétablit des jonctions écologiques
Un passage ingénieux donne à des espèces de poissons en voie de disparition un accès aux frayères de Chambly et renforce la biodiversité de la rivière Richelieu
La rivière Richelieu, un des plus grands affluents du fleuve Saint-Laurent, irrigue la partie la plus peuplée du Québec et abrite plus de 60 espèces de poissons. Le barrage de Saint-Ours, construit en 1846, a ouvert la rivière à la navigation jusqu'à New York. L'ouvrage original comportait une passe migratoire qui réduisait au minimum son incidence sur la circulation des poissons. Cependant, quand Transports Canada a reconstruit le barrage en 1969, la passe n'a pas été remplacée. En 1972, quand Parcs Canada a acquis l'endroit pour y aménager le lieu historique national du Canada du Canal-de-Saint-Ours, le barrage était devenu un obstacle important à la libre circulation des poissons.
Quatre espèces en péril figuraient parmi les poissons qui étaient empêchés de remonter vers l'amont pour s'y nourrir et frayer : l'esturgeon jaune, l'alose savoureuse, le chevalier de rivière et le chevalier cuivré. Seule espèce vertébrée exclusive au Québec, le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) n'a jamais été trouvé ailleurs dans le monde. Il vit dans un espace limité, de plus en plus menacé par l'agriculture, l'industrialisation et l'urbanisation. Aujourd'hui, la rivière Richelieu semble abriter la seule population de chevaliers cuivrés aptes à se reproduire. La plus grande des deux frayères connues est située dans les rapides de Chambly, à environ 30 kilomètres en amont du barrage de Saint-Ours. En 2004, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (