Un partenariat public-privé international afin que les blaireaux demeurent un élément vital du Kootenay-Est

Les propriétaires fonciers locaux et le parc national du Canada Kootenay aident à protéger le blaireau en voie de disparition et les prairies rares où il vit

Quatre sous-espèces de blaireau d'Amérique existent en Amérique du Nord. Au Canada, le Taxidea taxus jeffersonii, en voie de disparition, ne vit que dans l'intérieur sec de la Colombie-Britannique, par exemple dans la vallée du Columbia, à l'extrémité sud du parc national Kootenay. Les blaireaux ont peu de prédateurs naturels, mais leur nombre baisse pour diverses raisons en Colombie-Britannique, notamment la perte d'habitat, une diminution des espèces dont l'animal se nourrit et la mortalité qui est directement imputable à l'activité humaine. Il ne reste maintenant que moins de 350 adultes.

Les blaireaux vivent dans les prairies, les steppes arbustives ou les forêts à couvert clair de pins ponderosa ou de Douglas taxifoliés; ces milieux leur procurent les sols appropriés pour fouir et assez de petits mammifères pour se nourrir. Le blaireau est le seul carnivore qui creuse pour poursuivre et dévorer d'autres animaux fouisseurs tels que les spermophiles, les souris et les campagnols. Les blaireaux jouent un rôle important dans les écosystèmes des prairies. Quand ils creusent pour atteindre leur proie ou se construire un terrier, ils améliorent les conditions du sol pour diverses plantes. En outre, leurs grands terriers procurent un abri à d'autres espèces sauvages telles que les chouettes des terriers et les serpents.

Un projet visant à réintroduire le blaireau dans le Kootenay-Est et à atténuer la menace qui pèse sur lui a été lancé en 1995 avec la participation de Parcs Canada. Il s'agit d'un effort collectif qui vise à améliorer et à régénérer les populations de

blaireaux dans la région. Le projet est soutenu par le Fonds de rétablissement des espèces en péril. Il constitue la première étude intensive canadienne à long terme qui, à l'aide de la radiotélémétrie, porte sur le milieu écologique et la distribution des blaireaux. À l'étape du projet qui est axée sur la recherche, on capture des blaireaux vivants et on leur implante un transmetteur de signal radio. L'animal est ensuite remis dans son terrier et on peut en suivre les déplacements grâce à un récepteur de signal radio. Les chercheurs évaluent les tendances des populations de blaireaux, leurs besoins en matière d'habitat et les effets de l'activité humaine sur ces mammifères.

Blaireau couché dans le gazon
Blaireau couché dans le gazon
© Tim McAllister

Depuis 2002, en coopération avec des chercheurs américains, on a transporté 16 blaireaux depuis le nord-ouest du Montana jusqu'à la partie supérieure de la vallée du Columbia, dans le Kootenay-Est, pour y amorcer le volet axé sur le rétablissement de la population de blaireaux.

La recherche a montré que la préservation de cet animal repose fondamentalement sur l'intendance privée. De concert avec leurs nombreux partenaires, le personnel, les stagiaires étudiants d'été et les bénévoles de Parcs Canada collaborent avec le public pour promouvoir des méthodes qui protégeront le blaireau et son habitat dans les limites du parc et au-delà de ce territoire.

Résultats


  • Le projet est la première étude intensive canadienne qui, à l'aide de la radiotélémétrie, porte sur le milieu écologique et la distribution des blaireaux.
     
  • Les responsables ont implanté un transmetteur dans 32 blaireaux répartis entre les sources thermales Radium et Cranbrook, pour mesurer les taux de déplacement, la taille du domaine vital, les habitudes d'utilisation de l'habitat et de dispersion, les taux de natalité et de reproduction, ainsi que les causes de mortalité.
     
  • Seize blaireaux, dont trois femelles, ont été réimplantés depuis le Montana dans l'extrémité sud du Kootenay-Est; elles ont toutes mis bas en 2004, ajoutant huit petits en tout à la population.
     
  • Les responsables ont constaté que les blaireaux munis d'un transmetteur profitent des ponceaux aménagés sous les routes pour franchir ces dernières. Parcs Canada et le ministère des Transports de la Colombie-Britannique ont construit le premier tunnel pour blaireaux dans la province. Ailleurs, on a installé des panneaux signalant le passage de blaireaux, pour encourager les automobilistes à ralentir à ces endroits.
     
  • Les biologistes chargés du projet collaborent de près avec les gestionnaires des terrains de golf, les concepteurs d'autoroutes, les propriétaires fonciers privés et les organismes de conservation pour encourager l'adoption de pratiques favorisant le rétablissement des populations de blaireaux et de sa principale proie, le spermophile.
Panneau de circulation indiquant le passage de blaireaux
Panneau de circulation indiquant le passage de blaireaux
© Richard Klafki