Le retour du couguar

Les chercheurs de Parcs Canada identifient sans l'ombre d'un doute le fameux « fantôme » des forêts néo-brunswickoises

Des chercheurs du parc national du Canada Fundy ont de solides preuves, fondées sur l'ADN, que des échantillons de poils prélevés à deux emplacements d'essai appartiennent à des couguars. La dernière présence confirmée de cet animal au Nouveau-Brunswick remonte à 1938. Le couguar a été attiré par des « poteaux odorants » qui ressemblent à de gros piquets à griffes pour chats. On avait installé sur ces poteaux des appâts avec un leurre contenant de l'urine de couguar. Quand l'animal est venu renifler l'odeur, il s'est frotté au poteau et a laissé des poils accrochés à des bandes de Velcro® fixées au poteau. Ces poils, que le personnel du parc recueille tous les deux mois, équivalent à la carte de visite génétique du couguar. Une fois recueillis, les poils sont envoyés pour analyse de l'ADN au Laboratoire d'écologie moléculaire et d'évolution, à l'Université de Montréal.

On pensait que le furtif couguar de l'Est (Felis concolor cougar) avait complètement disparu depuis le début des années 1900. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) dresse une liste des espèces pour lesquelles les données sont insuffisantes et le couguar figure actuellement sur cette liste. Jusqu'ici, l'analyse ne confirme pas l'origine du couguar de Fundy. C'est peut-être un couguar de l'Est qui aurait survécu, ou un animal exotique qui s'est échappé ou qui a été remis en liberté dans la nature, ou encore un couguar ayant migré sur de longues distances, depuis l'Ouest. Nous avons par contre la première preuve concrète de l'existence de l'animal qu'on appelait le « fantôme » des forêts du Nouveau-Brunswick.

Garde de parc travaillant près d'un poteau odorant.
Garde de parc travaillant près d'un poteau odorant.
© Parcs Canada / C. Clarke / 2003

Avant même l'ouverture du parc national Fundy, en 1948, certains avaient affirmé avoir aperçu des couguars dans la région. Aucune confirmation de leur présence n'avait toutefois été enregistrée. Aujourd'hui, les nombreux Néo-Brunswickois dont on s'était moqué parce qu'ils alléguaient avoir vu un couguar peuvent sourire de satisfaction.

Avec ces renseignements en main, Parcs Canada et ses partenaires élargiront et modifieront leur réseau d'appareils photo à télécommande et de poteaux odorants afin de recueillir et d'analyser une quantité accrue d'échantillons de poils et d'en rehausser la qualité. Le parc national Fundy est dans la deuxième année d'un programme de surveillance du couguar de l'Est. Des programmes semblables se poursuivent dans les parcs nationaux Kouchibouguac, Forillon, des Hautes-Terres-du-Cap-Breton et de la Mauricie.