Plan directeur

6.0 LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU CANADA DU COL-ROGERS

La chaîne Selkirk, qui fait partie de la Chaîne Columbia, était le dernier obstacle à franchir pour réaliser le « rêve national » du Canada – relier l’est à l’ouest par une voie ferrée transcontinentale. Il a fallu un dur labeur et de la persévérance afin de trouver un passage pour traverser les montagnes, puis construire une voie ferrée et l’exploiter. Le Canadien Pacifique fit appel au Major A. B. Rogers, géomètre de chemins de fer d’expérience originaire des États-Unis, pour établir le tracé d’une voie ferrée jusqu’à l’océan Pacifique. En 1881, Rogers entreprit son expédition à travers la chaîne Selkirk, territoire difficile et en grande partie inexploré. Il retourna sur place l’année suivante par la vallée de la rivière Beaver et confirma que le passage par le col Rogers était possible. Possible, mais difficile : le col se trouve à une altitude de 1 300 m et reçoit des chutes de neige de 9,6 m par année. Le Canadien Pacifique réussit l’exploit, et le premier train transcontinental arriva à Port Moody, en Colombie-Britannique, en provenance de Montréal, en 1886. Le passage par le col Rogers relia l’est à l’ouest et permit au Canada de conserver sa souveraineté en Colombie-Britannique.

Si la construction d’une voie ferrée dans le col Rogers s’avéra difficile, son exploitation fut encore plus ardue. Les pentes à pic et la rigueur du climat posaient sans cesse des défis à la compagnie ferroviaire. En raison des fortes chutes de neige et de la fréquence des avalanches, la compagnie dut investir sans tarder dans des paravalanches et autres moyens de prévention. Après une avalanche exceptionnellement grave en 1910, la compagnie capitula devant le col et décida de construire un tunnel. Le tunnel Connaught fut achevé en 1917, et le Canadien Pacifique abandonna l’ancienne route qui franchissait le sommet.

Pour ne pas avoir à tirer les lourdes voitures-restaurant à travers le col, le Canadien Pacifique aménagea une salle à manger dans la gare Glacier Station, où les passagers pouvaient manger. Cette salle à manger prit de l’expansion pour devenir un grand hôtel, le Glacier House. À la construction du tunnel Connaught, Glacier House n’avait plus sa raison d’être, et l’hôtel ferma ses portes en 1925. Les bâtiments furent démolis quelques années plus tard.

Il reste de nombreux vestiges concrets de cette époque. Les visiteurs peuvent encore retracer des tronçons de l’assiette des rails d’origine. Les piliers-chevalets en maçonnerie du ruisseau Loop témoignent de l’exploit technique qui a dû être réalisé pour monter les fortes pentes à l’approche du col depuis l’ouest. Les ponceaux voûtés en pierre qui enjambent le ruisseau Cascade et la rivière Illecillewaet sont d’excellents exemples des ouvrages de maçonnerie qui remplacèrent les premiers ponts en bois. Les paravalanches en bois témoignent des premières techniques de construction utilisées pour gérer la menace persistante des avalanches. Parcs Canada et le Musée ferroviaire de Revelstoke ont des collections d’objets, d’artefacts et de documents historiques. Le défi consiste à préserver et à protéger ces ressources, tout en mettant en valeur les artefacts et leurs histoires à l’intention des résidents de la localité et des visiteurs. 

Le gouvernement fédéral a reconnu l’importance nationale du col Rogers en le désignant lieu historique national en 1971. Cette désignation tient au rôle important du col dans la construction et l’aménagement de la voie ferrée principale du Canadien Pacifique, qui devint l’un des plus importants couloirs de transport nationaux de 1881 à 1917. La désignation repose sur les éléments suivants :

  • La recherche d’un passage dans la chaîne Selkirk suivant la décision prise par le Canadien Pacifique, en 1881, de faire passer sa voie ferrée principale par le sud;
  • Le rôle de A.B. Rogers, qui a exploré la région et déterminé que le col serait un passage praticable;
  • Les obstacles qui ont dû être surmontés pour construire la voie ferrée en terrain escarpé;
  • Le rôle du col comme tronçon de la voie ferrée principale du Canadien Pacifique de 1886 à 1917, soit l’époque où s’implanta le réseau national de transport au Canada.

6.1 Situation actuelle

Le lieu historique national du Canada du Col-Rogers se trouve entièrement dans le périmètre du parc national des Glaciers. Il occupe une place de premier ordre dans le cadre du programme de mise en valeur du patrimoine des parcs et du lieu historique. Le Centre de découverte du Col-Rogers a été construit en 1984, sur la recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Il transmet des messages sur le lieu historique national et les parcs nationaux. Les expositions d’interprétation sur le lieu historique ont été modernisées, et la plaque commémorant le col Rogers est maintenant bien en vue. En outre, un nouveau sentier d’interprétation autonome a été aménagé sur l’assiette des rails de 1885.

Le lieu historique national du Col-Rogers se situe dans un secteur qui est la proie d’avalanches et d’éboulements importants de même que de crues soudaines, sans compter que la végétation y croît rapidement. Ces facteurs ont constitué des obstacles majeurs durant la construction et l’exploitation de l’ancienne voie ferrée qui franchissait le col et ont finalement amené le Canadien Pacifique à abandonner cette voie ferrée. Lorsqu’il s’agit de protéger et de préserver les ressources du lieu historique, l’Agence Parcs Canada doit composer avec ces mêmes conditions. Elle effectue des programmes réguliers de désherbage sur les rails de 1885, près des vestiges des paravalanches et autour des attraits importants et des points d’observation. Elle attaque le problème de l’érosion par l’eau en débarrassant l’endroit des débris et en installant des ponceaux. L’humidité a causé la malandre dans quelques ressources culturelles, dont pare-avalanches, ponceaux et le refuge Hermit. Les ressources importantes que l’on trouve au lieu historique, à savoir le pont du ruisseau Cascade, les piliers-chevalets du ruisseau Loop, les ruines de Glacier House, le ponceau voûté en pierre de la rivière Illecillewaet et la gare Glacier Station, ont fait l’objet de travaux de stabilisation majeurs. Le relevé du patrimoine est en cours pour bon nombre de ces ressources et il se poursuivra jusqu’à ce qu’il soit complété.

Le Rapport sur l’État des parcs de 1997, l’analyse descriptive des ressources archéologiques réalisée récemment et l’évaluation de l’intégrité commémorative de 2002 font le relevé des ressources culturelles du lieu historique et indiquent là où des travaux s’imposent. Les objectifs et les mesures énoncés aux sections 6.2.2 et 6.2.3 reposent sur ces observations.


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