Plan directeur

4.3 Menaces à l’intégrité écologique

Dans les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers, l’intégrité écologique est soumise à l’influence de facteurs locaux, régionaux et internationaux.

Menaces locales

Parmi les éléments locaux qui constituent une menace, notons la présence du couloir de transport, l’invasion des plantes non indigènes, la disparition de l’habitat dans le fond des vallées, l’aménagement d’installations touristiques et l’activité humaine. La Transcanadienne et la voie ferrée du Canadien Pacifique influent sur l’intégrité écologique de plusieurs manières : collisions qui entraînent la mort d’animaux sauvages, changement du régime hydrique dans l’habitat des secteurs riverains et des zones humides, et fragmentation de l’habitat. La circulation routière, les activités d’entretien et les installations touristiques sont autant d’éléments qui ont aidé les mauvaises herbes non indigènes à s’implanter dans les parcs. Nombre d’installations, telles que les ponts et les ponceaux, traversent des secteurs riverains, et les travaux d’entretien et de construction de routes dans ces secteurs les rendent vulnérables à l’invasion de mauvaises herbes. Si de nombreuses plantes non indigènes poussent dans les parcs, seulement quelquesunes d’entre elles, notamment la centaurée maculée, sont considérées comme des espèces envahissantes (Parcs Canada, 1997).

Ce sont les fonds des vallées qui se ressentent le plus des aménagements. Les forêts de thuyas et de pruches constituent un habitat essentiel pour les espèces qui dépendent des forêts anciennes. Même si, dans le fond de leurs vallées, les parcs renferment des forêts anciennes et des zones humides, l’habitat qu’elles offrent ne suffit peut-être pas à assurer l’intégrité écologique à l’échelon régional.

Dans le Rapport sur l’état des parcs de 1997, Parcs Canada a relevé les agents de perturbation provenant de l’extérieur et de l’intérieur des parcs du Mont-Revelstoke et des Glaciers. Au nombre des agents prenant naissance à l’extérieur des parcs figuraient les activités d’exploitation forestière et la perte du fond de la vallée du fleuve Columbia en raison de la présence de barrages. Quant aux agents agissant de l’intérieur, notons les couloirs de transport et de services publics et l’activité humaine. L’implantation de plantes exotiques est le résultat de l’action des agents importants provenant de l’intérieur des parcs; elle est qualifiée dans le présent plan de menace locale.

Il n’est pas aisé d’analyser l’incidence qu’ont les installations touristiques et l’activité humaine sur l’intégrité écologique parce que nous ne disposons pas de données à moyen et à long terme sur les profils de fréquentation pour les sentiers, les aires de pique-nique, les belvédères et les activités hors sentiers (p. ex. le ski de randonnée) et de travaux de recherche portant en particulier sur l’effet qu’ont ces activités sur la faune et la flore. Cette information est essentielle si l’on veut établir des niveaux durables d’utilisation. Par exemple, il se peut bien que, déjà, le nombre important de visiteurs qui fréquentent le secteur Illecillewaet et de la promenade des Prés-dans-le-Ciel, ait réduit l’utilisation de l’habitat par des espèces vulnérables (le caribou, le grizzli et le carcajou). Le couloir de transport et les installations qui y sont aménagées risquent de créer des obstacles à la circulation des animaux sauvages vulnérables et de réduire du coup l’efficacité de leur habitat.

Menaces régionales

Parmi les facteurs régionaux qui posent une menace figurent l’exploitation forestière, la présence de barrages hydroélectriques, la pratique d’activités récréatives et l’aménagement d’installations. Les activités forestières, y compris la construction de chemins d’accès et les activités de lutte contre les feux, peuvent perturber l’intégrité écologique car elles modifient la structure d’âge des peuplements et nuisent aux processus naturels. Les barrages du fleuve Columbia ont éliminé la quasi-totalité de l’habitat qui composait le fond des vallées dans le grand écosystème. La perte des secteurs riverains et des zones humides de faible altitude dans les régions avoisinantes aggrave davantage la disparition de cet habitat fécond des parcs. Une autre menace régionale à l’intégrité écologique a trait  à l’effet perturbateur de l’être humain sur la faune (empiètement, mortalité, retrait) par le seul fait de l’accroissement du nombre de gens qui fréquentent les secteurs voisins des parcs pour se divertir. De plus, les collectivités et les secteurs fonctionnels des zones rurales de le grand écosystème attirent le grizzli et l’ours noir, qui y trouvent des ordures, des arbres fruitiers et du bétail. Les ours risquent de s’habituer à la nourriture consommée par les humains et de quitter leur habitat naturel; c’est alors qu’il faut parfois les tuer pour protéger les gens.

Menaces internationales

Au nombre des menaces internationales notons les barrages hydroélectriques, les changements climatiques et la transmission de matières polluantes sur de grandes distances. Le Columbia est un cours d’eau international, et les barrages aménagés aux États-Unis et au Canada entravent la migration du poisson entre l’océan Pacifique et les parcs. La modification du débit d’eau a aussi un grave effet sur la capacité de reproduction de l’esturgeon blanc (qui fait partie de la liste des espèces préoccupantes dressée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada). Les changements climatiques, caractérisés par le réchauffement de la planète, risquent d’accélérer la fonte des glaciers dans les parcs. La transmission de matières polluantes sur de grandes distances a également des effets sur le grand écosystème.


< Page précédente  | Table des matières  | Page suivante  >