Plan directeur

4.0 UN LIEU POUR LA NATURE : GESTION DE L’INTÉGRITÉ ÉCOLOGIQUE

La vallée de la Beaver dans le parc national des Glaciers entrecoupée par la Transcanadienne et par la ligne principale du Canadien Pacifique.
Vallée de la Beaver
© Parcs Canada/Mas Matsushita/Collection PNMRG

« La préservation ou le rétablissement de l'intégrité écologique par la protection des ressources naturelles et des processus écologiques sont la première priorité du ministre pour tous les aspects de la gestion des parcs. »

Loi sur les parcs nationaux du Canada, 2000

4.1 Contexte écologique

Les parcs des Glaciers et du Mont-Revelstoke se situent dans un écosystème de forêts pluviales de l’intérieur, où les hivers sont relativement doux et les étés chauds et où il y a abondance de pluie et de neige. C’est l’altitude qui dicte en gros le type de végétation que l’on y trouve. Sur les versants inférieurs, les forêts de thuyas géants et de pruches occidentales, importantes du point de vue écologique, occupent moins de 20 % de la superficie des parcs. L’épinette d'Engelmann, le sapin subalpin et la pruche subalpine qui poussent sur les versants intermédiaires et supérieurs cèdent la place à des prés de forêt-parc puis à la toundra alpine aux altitudes les plus élevées. Les secteurs qui se trouvent à la limite forestière ou audessus fournissent un habitat toute l’année durant ou en saison à toutes sortes d’animaux sauvages, notamment le grizzli, la chèvre de montagne, le lagopède à queue blanche, la marmotte des Rocheuses, le spermophile à mante dorée, le caribou de montagne et le pica.

Plus de la moitié de la superficie du parc national des Glaciers est composée de toundra alpine, de rochers et de glaciers; les secteurs riverains du fond des vallées occupent moins de 0,6 % de l’ensemble du territoire du parc. Or ces zones humides de faible altitude renferment certaines des forêts les plus anciennes et des espèces fragiles les plus rares, d’où leur importance pour l’intégrité écologique à long terme de l’endroit. L’exploitation forestière qui s’effectue à l’extérieur des parcs pose une menace à cet écosystème.

Les parcs protègent un habitat essentiel pour les espèces fauniques désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada telles que le caribou de montagne (espèce menacée), le grizzli (espèce préoccupante), le crapaud de l’Ouest (espèce préoccupante) et le carcajou (espèce préoccupante). En hiver, lorsqu’une couche de neige de 1 ou 2 mètres recouvre les autres sources de nourriture, le caribou se nourrit de lichen, qui pend des arbres des forêts anciennes. Des données préliminaires révèlent qu’il pousse, dans certains peuplements anciens, de nouvelles espèces de lichen qui ne sont pas consignées dans d’autres types d’habitat. La population de caribous qui fréquente les parcs a diminué, passant de 362 animaux en 1994 à 187 en 2002. Des réductions semblables ont été observées dans l’ensemble du territoire du caribou de montagne.

Les avalanches, les feux de forêt et les insectes, comme l’arpenteuse de la pruche de l'Ouest, sont les principaux agents perturbateurs qui façonnent le paysage. Les couloirs d’avalanche jouent un rôle important pour les animaux sauvages comme le grizzli, le spermophile du Columbia et la paruline à calotte noire. Les feux de forêt permettent de diversifier l’habitat pour les oiseaux qui nichent au creux des arbres et pour les grizzlis, principalement sur les versants intermédiaires et supérieurs. Un secteur restreint de zones humides composées de phléole des prés, de carex, de cicutaire maculée et de chou puant se trouve dans la vallée de la rivière Illecillewaet, tandis que des marais calcaires uniques en leur genre favorisent la biodiversité dans la vallée de la rivière Beaver. Ces zones humides sont aussi précieuses que rares. Le marais de la vallée de la Beaver, qui abrite 22 espèces de libellules, soit le quart de toutes les espèces consignées en Colombie-Britannique, illustre sans contredit le rôle important que jouent les zones humides dans la biodiversité.

4.2 Gestion de l’intégrité écologique

Pour qu'il puisse y avoir intégrité écologique dans un parc national, il faut que toutes les espèces végétales et animales indigènes y prospèrent, que les humains fréquentent le parc et les environs sans leur nuire et que le feu, les épidémies d'insectes, les conditions météorologiques et les autres processus naturels puissent y façonner librement un habitat naturel.

L’intégrité écologique se mesure de plusieurs façons :

  • la santé de l’écosystème, c’est-à-dire sa capacité d’évoluer et de s’adapter aux changements;
  • la biodiversité, c’est-à-dire les processus écologiques et évolutifs qui assurent la survie des espèces;
  • la capacité des communautés végétales et animales de résister aux éléments perturbateurs et aux changements et de s’y adapter;
  • la capacité des communautés végétales et animales d’assurer la santé de l’écosystème;
  • l’intégration des gens dans l’environnement par des moyens qui assurent la qualité de vie de l’être humain de même que la biodiversité.

Pour Parcs Canada, l’intégrité écologique passera par l’intégration de la science, de la gestion adaptative, du principe de prudence et de la gestion écosystémique. La science permet d’orienter les faits et d’établir un cadre d’évaluation de l’intégrité écologique des parcs d’une manière qui soit crédible. La gestion adaptative suppose une certaine souplesse : elle permet, à la lumière des nouveaux renseignements qui voient jour, de revoir, de réévaluer et de modifier les décisions de gestion qui sont prises. La prise de décisions concernant les écosystèmes naturels n’est pas sans risques, compte tenu de la grande complexité des espèces et de leur interrelation, des grandes variations climatiques annuelles et de l’incertitude qui entoure les incidents isolés. Parcs Canada a donc choisi d’user de prudence, et elle s’en tient aux décisions réversibles qui ont des conséquences limitées. La gestion écosystémique suppose la collaboration en vue de préserver les écosystèmes régionaux. Les parcs ne peuvent pas survivre indépendamment de ce qui les entoure, et la durabilité de l’écosystème ne peut être assurée que par la participation judicieuse de tout un chacun à la conservation de la biodiversité.

Parcs Canada vise à assurer la préservation ou le rétablissement de l’intégrité écologique tout en offrant aux visiteurs la possibilité de comprendre, d’apprécier et de profiter.


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