Plan directeur
14.5 Zones humides
Il y a lieu d’effectuer des recherches et des travaux de surveillance pour déterminer la superficie de l’habitat qui doit être rétablie dans les zones humides et pour orienter les décisions de gestion qui seront prises ultérieurement.
Le plan directeur avance que l’habitat des zones humides dans les parcs pourrait ne pas suffire à appuyer l’intégrité écologique à l’échelon régional. Les fonds des vallées, et par conséquent l’habitat des zones humides, sont les secteurs les plus touchés par les installations touristiques et le couloir de transport. Le réchauffement de la planète joue peut-être également un rôle dans l’étendue des zones humides.
Si l’on élargit la superficie au sol du couloir de transport, il faudra peut-être prendre des mesures particulières pour contourner les zones humides. Le plan directeur reconnaît aussi la nécessité de rétablir les fonds des vallées et la diversité écologique le long du fleuve Columbia. En partenariat avec B.C. Hydro et d’autres intervenants, Parcs Canada doit participer activement à la remise en état des zones humides.
14.6 Connectivité de l’habitat des espèces en péril
Certaines des propositions contenues dans le plan et certains des agents de perturbation de l’extérieur pourraient réduire la connectivité de l’habitat des espèces en péril.
Parcs Canada collaborera avec d’autres gouvernements, les collectivités adjacentes, le public et des organismes, y compris les entreprises d’exploitation forestière, en vue d’effectuer des recherches, d’assurer la surveillance et d’influer sur la gestion de l’habitat des espèces en péril.
Le comité consultatif sur les transports pourrait contribuer à limiter le plus possible la fragmentation de l’habitat. L’élargissement du couloir de transport risque d’influer considérablement sur la connectivité de l’habitat des espèces en péril. Parmi les mesures d’atténuation qui pourraient être adoptées en vue de réduire cet impact, notons la construction de structures pour la traversée des animaux sauvages, l’installation de panneaux de signalisation aux endroits où les animaux traversent la route, la réduction des limites de vitesse, l’utilisation de contenants à l’épreuve des ours et l’aménagement d’une clôture pour certaines espèces. Parcs Canada, en sa qualité d’organisme responsable en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, devra voir à ce que les mesures d’atténuation nécessaires soient envisagées et adoptées afin de réduire au maximum les incidences de l’élargissement de la Transcanadienne.
14.7 Agents naturels de perturbation
Les propositions élaborées concernant les agents naturels de perturbation contribueront à préserver l’habitat et à favoriser la diversité.
Nombre des agents naturels de perturbation touchent, à des degrés différents, la végétation de la Chaîne Columbia – feux de forêt, avalanches, pullulation d’insectes, maladies fongiques, vents et glissements de neige. Il en résulte souvent une structure complexe composée d’arbres d’âges divers, d’arbres morts encore debout, de chablis et de plantes diverses dans la couverture végétale. Or c’est justement cette complexité qui permet d’appuyer diverses espèces, dont certaines dépendent presque exclusivement des forêts anciennes pour leur survie.
Les décisions que nous prenons pour gérer les feux peuvent avoir des conséquences à long terme. Les travaux de recherche effectués dans le nord-ouest du Pacifique et aux alentours des parcs révèlent que le cycle naturel du feu est plusieurs fois centenaire. La suppression des feux et la gestion des forêts entourant les parcs donnent lieu à des forêts qui se démarquent grandement de ce qu’elles auraient été en la présence de ces processus naturels. Par ailleurs, la gestion des forêts élimine jusqu’à 90 % des chicots, qui constituent un habitat vital pour les oiseaux qui nichent dans les cavités. Les peuplements qui font l’objet de mesures de gestion constituent également un habitat médiocre pour les grizzlis et les autres espèces qui ont besoin d’une source diversifiée de plantes dans la couverture végétale.
Ce plan directeur laissera au feu le soin de façonner le paysage, lorsque les risques pour le public et les terres adjacentes seront minimes. La diversité des peuplements forestiers et l’habitat des ours, des pic-bois et d’autres espèces fauniques en bénéficieront. À long terme, les brûlis pourront servir de zones tampon en cas de feux d’envergure catastrophique. Il faudra procéder à une analyse des risques, qui abordera la perte de parcelles de forêt ancienne dans la région et la protection de l’habitat des espèces rares ou en péril.
14.8 Habitat
Si les activités pratiquées dans les parcs n’entraîneront pas la perte de parcelles considérables de l’habitat, il faudra tout de même évaluer l’effet des agents de perturbation provenant de l’extérieur des parcs.
La disparition de l’habitat est essentiellement attribuable aux pratiques adoptées par le passé, de même qu’aux agents de perturbation provenant de l’extérieur. Les travaux d’inventaire des ressources archéologiques (p. ex. les projets de fouilles) ne devraient pas faire disparaître des parcelles considérables de l’habitat. Leur disparition pourrait être causée par l’amélioration des sentiers, mais la remise en état des tronçons non utilisés des sentiers permettra de compenser toute incidence des travaux de déplacement des sentiers.
En ce qui concerne les éléments de l’extérieur qui menacent l’habitat, les parcs sont déterminés à travailler avec les intervenants dans la région naturelle de la Chaîne Columbia en vue d’arriver à des approches intégrées de protection et d’utilisation du paysage. La surveillance permettra d’évaluer la réussite de cette approche.
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