Guide de rédaction des énoncés d'intégrité commémorative

Ligne directrice nº 6 - Élaboration de l'énoncé des objectifs de commémoration

6.0 Objectifs de commémoration

Chaque EIC comprend un énoncé des objectifs de commémoration. Cet énoncé indique pourquoi le lieu a été désigné lieu historique national.

6.1 Lignes directrices pour la rédaction de l'énoncé des objectifs de commémoration

L'énoncé des objectifs de commémoration repose sur les dossiers de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Les procès-verbaux de la Commission renferment habituellement ce qui suit :

  1. Rapport du président
  2. Rapport du secrétaire
  3. Rapports des comités
  4. Recommandations
  5. Compte rendu circonstancié des discussions concernant les recommandations
  6. Textes approuvés des plaques - un bon nombre d'entre eux se trouvent dans les procès-verbaux.

Seuls les points 4 à 6 servent à la rédaction de l'énoncé des objectifs de commémoration.

6.1.1 Hiérarchie de l'information

Voici la hiérarchie de l'information à respecter pour déterminer les motifs qui justifient la désignation d'un lieu :

  1. a. recommandation(s) concernant l'importance nationale, y compris celles concernant le partage des frais, qui mentionnent explicitement le ou les motif(s) qui justifient la désignation à titre de lieu historique national;
  2. b. mentions explicites de « l'importance nationale » dans le texte approuvé d'une plaque;
  3. compte rendu, dans les procès-verbaux de la Commission, des discussions qui ont précédé ou suivi la recommandation de la Commission;
  4. recommandations de la Commission quant au texte de la plaque;
  5. textes des plaques approuvés, utilisés pour clarifier les procès-verbaux de la Commission;
  6. textes des plaques approuvés, lorsque la plaque a été érigée ou le texte approuvé au cours des cinq années précédentes;
  7. recommandations de la Commission aux fins du programme de mise en valeur.

Si les motifs qui justifient la désignation se trouvent au premier niveau (1a ou 1b) de la hiérarchie susmentionnée, il n'est pas nécessaire d'aller plus loin pour rédiger l'énoncé des objectifs de commémoration. La section 6.2 contient de plus amples détails sur la hiérarchie.

6.1.2 Utilisation des termes de la Commission

Les motifs qui justifient la désignation doivent être formulés à l'aide des mots et des expressions tirés des procès-verbaux de la Commission et des textes des plaques approuvés, de façon à respecter fidèlement les objectifs de la Commission. Des modifications peuvent être apportées dans certains cas, par exemple Premières nations au lieu de tribus indiennes, préeuropéen au lieu de préhistorique.

Si la traduction des procès-verbaux de la Commission de l'anglais au français ou vice versa fait défaut, elle pourra être modifiée lors de la rédaction de l'énoncé des objectifs de commémoration, mais elle doit demeurer fidèle à l'autre langue officielle. Comme les textes des plaques sont approuvés par la Commission dans les deux langues officielles (et parfois dans une troisième langue), le texte ne doit pas être retraduit.

6.1.3 Concision et absence de redondances

Les motifs qui justifient la désignation doivent être exposés brièvement, sans redondances. L'énoncé des objectifs de commémoration doit renfermer suffisamment d'information pour permettre au lecteur de comprendre les motifs, mais devrait s'arrêter là. Chaque motif doit être présenté séparément.

6.1.4 Présentation de l'énoncé des objectifs de commémoration

Pour faire en sorte que l'énoncé des objectifs de commémoration présente l'information nécessaire de façon uniforme, il doit être rédigé selon la présentation établie.

XY a été désigné lieu historique national en ____ (indiquer l'année). Voici les motifs qui justifient sa désignation, tels que déterminés dans le procès-verbal de la Commission de ____ (indiquer l'année) ou dans le texte de la plaque de _____ (indiquer l'année):

  • il a servi de ...
  • il est devenu ...
  • il a été associé à ...

Lorsque les motifs qui justifient la désignation sont tirés de sources qui datent de différentes années, il faut utiliser la présentation suivante :

Le fort Livingstone a été désigné lieu historique national en 1923. Voici les motifs qui justifient sa désignation, tels que déterminés dans les textes des plaques de 1924 et 1963, respectivement :

  • l'endroit a été la première capitale des Territoires du Nord-ouest en 1876-1877,
  • il a été le premier quartier général de la Police montée du Nord-ouest et le premier poste construit expressément pour cette dernière.
6.1.5 Mention de l'importance historique et architecturale

Les premières recommandations de la Commission concernant l'importance nationale portaient presque exclusivement sur l'importance historique nationale d'un lieu. Vers le milieu des années 1950, la définition de « lieu historique » dans la Loi sur les lieux et monuments historiques a été modifiée pour inclure « les bâtiments ou structures qui sont d'intérêt national en raison de leur âge ou de leur architecture ». À partir des années 1960 et jusqu'en 1997, les recommandations mentionnent l'importance historique et architecturale, l'importance historique ou l'importance architecturale.

Lorsqu'un lieu est désigné d'importance historique et architecturale, il est raisonnable de s'attendre à ce que l'énoncé des objectifs de commémoration contienne au moins deux motifs pour justifier son importance nationale, l'un ayant trait à son importance historique et l'autre à son importance architecturale. Cependant, lorsque les renseignements sur l'importance historique ou architecturale ne peuvent être tirés du procès-verbal de la Commission ou du texte de la plaque, il peut s'avérer nécessaire d'obtenir des éclaircissements de la Commission.

À l'occasion, les motifs historiques ne sont pas particulièrement clairs, et l'énoncé des objectifs de commémoration peut ne donner qu'un seul motif qui incorpore tant l'importance historique qu'architecturale :

  • Église St. George (Halifax) - Ce lieu a été reconnu comme étant d'importance architecturale et historique. Le lieu a été désigné parce que
    • il illustre un aspect raffiné, bien que rare, datant de 1800, du style architectural palladien.
  • Église (en pierre) St. John (Saint John) - Ce lieu a été reconnu en vertu des deux aspects. Ce lieu a été désigné parce que
    • c'est l'un des premiers et des meilleurs exemples d'une église néogothique, dans la phase romantique, au Canada.

Dans les deux cas, l'adjectif « historique » a été interprété comme signifiant l'âge - « datant de 1800 » et « l'un des premiers exemples ».

6.1.6 Mention de l'importance architecturale

À partir de la fin des années 1950, et de plus en plus au cours des années 1960, la Commission a fait mention de l'importance architecturale d'un lieu, souvent en même temps que de son importance historique, mais dans certains cas, uniquement de l'importance architecturale. Ces désignations ont augmenté dans les années 1970 et 1980, à cause des études sur les types d'édifices et les études des styles préparées pour la Commission.

Les exemples qui suivent illustrent une désignation issue d'une étude de type d'édifice, une autre issue d'une étude de style et une désignation pour des raisons architecturales indépendantes de toute étude de type ou de style :

  • Manège militaire d'Elora - Ce bâtiment a été désigné suite à une étude sur l'architecture des manèges militaires au Canada, une étude des types de bâtiments dont est issue une série de désignations en 1989. Le procès-verbal note que « ceux recommandés pour désignation... seraient considérés dans la plupart des cas comme de beaux exemples représentatifs d'un phénomène historique important plutôt que comme des structures d'un grand mérite intrinsèque ». La Commission a recommandé le manège militaire d'Elora comme un exemple « de la première phase dans l'évolution des manèges militaires au Canada (1863 à 1871) ». Le texte de la plaque commémorant ce manège militaire mentionne que « ce beau bâtiment en pierre, qui date de 1865, remonte à la première phase de construction de manèges militaires au Canada », ce qui reprend le motif qui justifie la désignation.
  • Église catholique St. Paul (North Vancouver) - Cette église a été désignée en 1980 comme étant d'importance historique nationale. Après cette première désignation pour des motifs historiques, l'église St. Paul a été considérée dans le cadre de l'étude du style néogothique en 1990 et désignée comme un exemple d'importance nationale du « style néogothique au Canada ». En conséquence, l'énoncé des objectifs de commémoration devrait reconnaître le style architectural comme étant un des motifs qui justifient la désignation.
  • Maison Trestler - Le procès-verbal de mai 1969 de la Commission mentionne que la maison Trestler « est d'importance architecturale nationale ». La plaque commémorant le lieu précise : « Les larmiers, la maçonnerie brute, les nombreuses ouvertures et cheminées de cette vaste résidence en font un bel exemple d'architecture traditionnelle du Québec. »
6.2 Hiérarchie de l'information
6.2.1a Recommandations concernant l'importance nationale

Les recommandations de la Commission approuvées par le Ministre jouissent de la plus haute priorité. Ce n'est qu'après l'adoption de la Loi sur les lieux et monuments historiques de 1953 que les recommandations ont commencé à être officiellement approuvées par le Ministre. Avant cette date, les discussions de la Commission n'aboutissaient pas à des recommandations, mais faisaient plutôt l'objet de propositions qui étaient adoptées et qui tenaient lieu de désignations à moins d'être explicitement rejetées par le Ministre ou les cadres supérieurs du Ministère.

6.2.1b Mention de l'importance nationale dans les textes des plaques

Les textes de quelques plaques 1 font spécifiquement mention des motifs qui justifient la désignation :

  • Église St. Anne (Toronto) - « L'église St. Anne s'avère d'importance historique nationale grâce à son admirable ornementation. »
  • Temple de l'église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours - « Ce temple, qui domine le premier établissement mormon au Canada, est un bâtiment résolument moderne d'importance architecturale et historique nationale. »

Dans ces cas, la mention de l'importance nationale dans le texte de la plaque peut être utilisée dans l'énoncé des objectifs de commémoration.

L'utilisation des mots « important » ou « significatif » dans le texte d'une plaque ne peut servir à établir les objectifs de commémoration si le déterminant « national » n'apparaît pas.

6.2.2 Compte rendu de la discussion

Les procès-verbaux de la Commission renferment souvent un compte rendu de la discussion ayant trait à la désignation à l'étude. Cette discussion peut précéder ou suivre la recommandation elle-même. En l'absence de motifs cités comme le veut la section 6.2.1, les objectifs de commémoration peuvent être déduits du compte rendu de la discussion.

6.2.3 Mention dans les procès-verbaux de la Commission de ce qui devrait être inclus dans le texte de la plaque

La mention de ce qui devrait être inclus dans le texte de la plaque ne doit être utilisée que lorsque le procès-verbal ne formule pas clairement les objectifs de commémoration du lieu. Par exemple :

  • Musée du Parc-Banff - Dans le procès-verbal de 1985, la Commission recommande que
    • le musée de Banff soit considéré d'importance historique nationale et soit commémoré au moyen d'une plaque. Par ailleurs, la Commission, tout en considérant que la plaque devrait faire mention du style architectural de l'édifice, tellement caractéristique des premiers édifices fédéraux dans le parc des montagnes Rocheuses, demande que l'inscription fasse ressortir le rôle joué par Norman Bethune Sanson dans le développement de ce « musée des musées » qui illustre si bien une approche de l'époque de l'interprétation de l'histoire naturelle au Canada ».

Comme il n'y a pas d'autres mentions de l'importance nationale du Musée du Parc-Banff, on retient que le Musée du Parc-Banff a été désigné à cause de son style architectural et à cause du fait qu'il est un « musée des musées », illustrant une approche de l'interprétation de l'histoire naturelle au Canada, élaborée par Norman Bethune Sanson.

  • Théâtre Metropolitan et Théâtre Capitol - Le procès-verbal de la Commission de juin 1991 fait état de la recommandation suivante :
    • Le Théâtre Metropolitan (Allen) et le Théâtre Capitol, magnifiques exemples respectivement du travail des célèbres architectes de théâtre américains C. Howard Crane et Thomas Lamb, sont d'importance historique et architecturale nationale et devraient être commémorés chacun au moyen d'une plaque dont les textes, tout en faisant brièvement mention de l'architecture et de l'impact culturel de ces théâtres, devraient faire ressortir la concurrence entre les chaînes de théâtres Allen et Famous Players pour la suprématie dans l'industrie de la distribution des films au Canada ».

Voilà donc trois motifs qui justifient la désignation : les architectes et l'architecture, l'impact culturel des théâtres, et la concurrence entre les chaînes.

L'exemple qui suit présente un cas où les suggestions de la Commission concernant le texte de la plaque ne font pas partie des objectifs de commémoration du lieu :

  • Arrondissement historique de Marysville - Le procès-verbal de la Commission du mois de mars 1994 fait mention de cinq motifs pour justifier l'importance nationale de l'arrondissement. Plus loin, le procès-verbal note que « la Commission suggère que l'inscription sur la plaque pour le district historique de Marysville fasse mention de la firme d'architectes qui semble avoir été responsable de la conception de tous les éléments existants... ».
6.2.4 Utilisation des textes des plaques pour clarifier la recommandation de la Commission contenue dans le procès-verbal

Dans un petit nombre de cas, les textes des plaques peuvent être utilisés lorsque les motifs qui justifient la désignation ne sont mentionnés que de façon obscure dans la recommandation de la Commission, comme c'est le cas dans les exemples suivants :

  • Église catholique St. Paul (North Vancouver) - Le procès-verbal de juin 1980 affirme que « l'église catholique St. Paul est d'importance historique nationale pour des raisons sociales... ». Comme ces raisons sociales ne sont pas données dans le procès-verbal, il paraît raisonnable de chercher les renseignements pertinents dans le texte de la plaque.
  • Auberge de ski Skoki - Dans le procès-verbal d'octobre 1992, on fait mention d'une « variété de thèmes historiques auxquels sont associés les bâtiments rustiques dans les parcs nationaux, parmi lesquels on remarque particulièrement le développement touristique et les loisirs en plein air, la propriété privée/publique dans les parcs et les projets fédéraux de création d'emploi au cours des années de la Dépression ». Des renseignements propres au lieu concernant ces « thèmes historiques » peuvent être tirés du texte de la plaque : « rare vestige des débuts de l'industrie touristique du ski... premier bâtiment du genre exploité sur une base commerciale au Canada ».
  • Xá:ytem / Hatzic Rock - En juin 1992, la Commission recommande que « à cause de l'âge du site d'habitation de Hatzic Rock et de son étroite association à un site de transformation d'importance évidente pour le peuple St :lo, ces deux éléments du site sont d'importance historique nationale.. . ». Le procès-verbal ne décrit pas ce qu'on entend par l'importance du site de transformation, mais le texte de la plaque cependant en explique l'importance : il met en évidence l'importance de préserver l'histoire, la culture et la spiritualité du peuple St :lo.
6.2.5 Directives pour l'utilisation des textes des plaques

Lorsque la recommandation de la Commission ne donne aucun motif pour justifier la désignation et que les sections 6.2.1 à 6.2.4 ne s'appliquent pas, les textes des plaques peuvent être utilisés afin d'identifier les objectifs de commémoration.

6.2.5.1 Textes des plaques rédigés par des membres de la Commission versus ceux rédigés par des membres du personnel

Les textes rédigés par des membres de la Commission, particulièrement ceux rédigés peu de temps après la désignation, ont plus de chance d'exprimer clairement les motifs invoqués par la Commission pour justifier l'importance nationale du lieu que ceux rédigés par des membres du personnel, particulièrement après les années 1960. Les textes antérieurs sont généralement plus courts, et donc plus concentrés. Il est parfois plus facile d'en conclure pourquoi la Commission a considéré un lieu comme important.

Les textes plus tardifs (souvent préparés par des membres du personnel) traduisent souvent des perspectives historiographiques différentes, des recherches plus étendues, et fournissent un court historique de ce qui est commémoré.

Tous les textes sont approuvés par la Commission, indépendamment de l'auteur, avant que les plaques ne soient érigées. Ils méritent donc tous d'être considérés. Même si tous les textes des plaques ont le même statut, on ne peut pas dire toutefois que tous leurs énoncés communiquent les motifs qui justifient la désignation.

6.2.5.2 Phrase du début des textes des plaques

Au cours des années, les instructions données aux rédacteurs des textes des plaques ont suggéré d'incorporer le ou les motif(s) qui justifient l'importance nationale d'un lieu dans la première phrase du texte. Pour différentes raisons (manque d'uniformité, changements apportés au texte après révision, problèmes avec le déroulement logique du texte), on ne peut pas être assuré que la première phrase comporte des mentions de l'importance nationale. En établissant les motifs qui justifient la désignation, aucune préférence particulière ne devrait être donnée à la première phrase.

6.2.5.3 Phrase de conclusion des textes des plaques

Les rédacteurs des textes des plaques terminent souvent par un énoncé qui résume l'histoire du lieu, généralement en établissant un lien avec le présent. En règle générale, ces phrases ne donnent pas les motifs qui justifient la désignation.

Les énoncés qui ne sont pas considérés comme des motifs justifiant la désignation du lieu sont généralement ceux qui font état d'un grand écart chronologique ou qui n'ont pas de lien direct avec les motifs identifiés avant la phrase de conclusion. En voici quelques exemples :

  • Boat Encampment - « À l'écart des chemins de fer, cet endroit historique a été rendu accessible aux visiteurs par l'achèvement de la route Big Bend en juin 1940. »
  • L'Anse aux Meadows - « Le lieu renferme également les signes d'une longue suite de cultures autochtones nord-américaines occupant la région avant et après les Scandinaves.» (texte provisoire)
  • Fort La Tour - « Par la suite, la compagnie Simmonds, Hazen and White s'établit sur ce site qui allait devenir la ville de Saint John. »

Néanmoins, les phrases de conclusion peuvent parfois contenir des renseignements qui ont trait aux motifs qui justifient la désignation et peuvent alors être utilisées pour déterminer les objectifs de commémoration de la même façon que l'on utilise l'ensemble du texte. Par exemple :

  • Centre d'accueil du Parc-Jasper - « Premier bâtiment d'importance construit dans le lotissement, il a influencé le développement subséquent de Jasper... »
  • Fort Langley - « Le 19 novembre 1858, on proclama la création de la colonie de la Colombie-Britannique au fort Langley. »
6.2.5.4 Premières, unicité, rareté et superlatifs utilisés dans les textes des plaques

L'attention est souvent attirée par les superlatifs utilisés dans les textes des plaques afin d'exprimer les motifs qui justifient la désignation. On pourrait par exemple utiliser les mots suivants pour identifier un motif justifiant la désignation :

  • Théâtres Elgin et Winter Garden - « complexe à deux étages ...unique en son genre au Canada »

Voir la section 6.3.2 pour une étude de cas traitant des « premières ».

6.2.5.5 Question de vérification

Lorsqu'on cherche à établir les motifs qui justifient la désignation à partir des textes des plaques, il est important de poser la question suivante : « Est-ce que tous les lieux ayant cette caractéristique seraient d'importance historique nationale? » La réponse à cette question est au coeur de la notion d'importance historique nationale et permet souvent de déterminer si un énoncé peut être considéré comme un motif qui justifie la désignation.

Lors de la rédaction de l'énoncé des objectifs de commémoration, la vérification des différents motifs qui justifient la désignation peut conduire à établir des comparaisons avec d'autres lieux dotés de caractéristiques comparables. Ce processus peut aider à établir si ces motifs sont suffisamment délimités, et permettre aussi d'assurer une certaine uniformité dans l'utilisation et l'interprétation des textes des plaques.

Il est peu probable que l'utilisation de la question de vérification concernant les motifs qui justifient la désignation sera toujours décisive, mais elle éliminera des possibilités qui ne méritent pas d'être citées comme motifs justifiant la désignation à cause de la rigueur comparative et contextuelle qu'impose une telle question.

6.2.5.6 Utilisation des textes des plaques qui n'ont pas été érigées

Parfois la Commission approuve un texte de plaque, mais la plaque n'est pas érigée. Les textes des plaques qui n'ont pas été érigées ou qui ne sont pas érigées au cours des cinq années qui suivent l'approbation du texte par la Commission ne doivent pas être utilisés pour établir les objectifs de commémoration.

La politique actuelle de la Commission est de reprendre un texte si la plaque n'est pas érigée dans les cinq ans suivant son approbation. En conséquence, les textes approuvés dans les derniers cinq ans peuvent être utilisés pour aider à déterminer les objectifs de commémoration, même si la plaque n'a pas encore été érigée.

Les nouveaux textes des plaques rédigés après l'établissement d'un énoncé des objectifs de commémoration n'affecteront pas les objectifs de commémoration d'un lieu.

6.2.6 Utilisation des recommandations de la Commission concernant la mise en valeur

En l'absence des motifs qui justifient la désignation dans les procès-verbaux ou les textes approuvés des plaques, les recommandations concernant la mise en valeur doivent être utilisées pour rédiger l'énoncé des objectifs de commémoration.

Dans la plupart des cas, cependant, ces recommandations sont exprimées en plus des motifs qui justifient la désignation. Dans ces cas, les recommandations concernant la mise en valeur du lieu ne doivent pas faire partie de l'énoncé des objectifs de commémoration. À titre d'exemples :

  • Diefenbunker - Le procès-verbal du printemps 1994 note que le Diefenbunker est d'importance historique nationale « parce qu'il est symbolique de la Guerre froide et de la stratégie de dissuasion nucléaire ainsi que de la détermination d'un peuple à survivre en tant que nation suite à une guerre nucléaire ». Le procès-verbal suggère ensuite que si le bunker « devait devenir un lieu national opérationnel, une certaine attention devrait être donnée dans son interprétation à son importance en tant que réalisation du génie et à la méthode du chemin critique dans la planification utilisée pour la construction ».
  • Pavillon Hershey - Le procès-verbal de l'automne 1997 recommande que le pavillon Hershey (ainsi que quatre autres résidences d'infirmières) soit déclaré d'importance nationale à cause de son association avec la « contribution des infirmières et des soins infirmiers à la médecine scientifique et à la participation des femmes en tant que professionnelles des soins de la santé ». Le procès-verbal suggère ensuite que « grâce à l'interprétation des soins infirmiers à l'une des résidences mentionnées, une attention appropriée soit donnée dans l'interprétation au fait qu'à leur apparition, les gens de couleur, les Autochtones, les Juifs et d'autres groupes minoritaires s'étaient vu refuser l'entrée dans la profession d'infirmière ».
6.2.7 Utilisation des formulaires de demande

Depuis les années 1960, les formulaires de demande (autrefois appelés rapports au feuilleton) ont été préparés pour la considération de la Commission sur les sujets proposés pour désignation. Les formulaires de demande font partie du processus de désignation et contiennent des renseignements importants étudiés par la Commission. Les formulaires de demande sont préparés pour l'information de la Commission, mais ne sont pas approuvés par elle ni par le Ministre.

Ils sont utiles pour le contexte qu'ils fournissent, aidant ainsi la Commission à formuler sa recommandation et les lecteurs à comprendre les objectifs de commémoration tels qu'ils apparaissent dans les procès-verbaux de la Commission et les textes des plaques. Bien que les formulaires de demande aident à comprendre les objectifs de commémoration et à éclairer l'examen du texte de la plaque, ils ne peuvent servir à déterminer les objectifs de commémoration d'un lieu.

6.3 Élaboration de l'énoncé des objectifs de commémoration - Études de cas

Le contenu de ces exemples a été développé afin d'être compatible avec les avis fournis dans la présente Ligne directrice . Les citations tirées des procès-verbaux et des textes des plaques sont en italique. Les recommandations sont en retrait.

6.3.1 LHNC Diefenbunker – Siège-Central-du-Gouvernement-d'Urgence, Carp (Ontario)

Le « Diefenbunker » a été considéré deux fois par la Commission, une première fois pour la désignation originale, et une deuxième fois après que le ministère de la Défense nationale eut dépouillé le lieu de son ameublement et de son équipement. Cet énoncé des objectifs de commémoration démontre l'importance des énoncés de la Commission dans la détermination des motifs qui justifient la désignation.

Procès-verbaux de la Commission
Juin 1994
Le « Diefenbunker » : Le Siège central du gouvernement d'urgence à Carp et la continuité du gouvernement.

Après une longue discussion, la Commission recommande de façon unanime que

  • le Siège central du gouvernement d'urgence à Carp, en Ontario, surnommé le « Diefenbunker », soit désigné comme lieu historique national et commémoré au moyen d'une plaque, parce qu'il est symbolique de la Guerre froide et de la stratégie de dissuasion nucléaire ainsi que de la détermination d'un peuple à survivre en tant que nation après une guerre nucléaire.

De plus, comme la Commission considère que le « Diefenbunker », un rappel poignant et tangible de ce que l'on pourrait considérer comme l'une des périodes les plus cruciales dans l'histoire moderne de l'humanité, est d'une importance exceptionnelle au niveau national, elle recommande que tous les efforts soient faits pour s'assurer que l'installation, ou une partie de celle-ci, soit préservée, mise en valeur et rendue accessible au public. À cet égard, la Commission presse Parcs Canada de faire des démarches auprès du ministère propriétaire, d'autres organismes gouvernementaux comme les Musées nationaux, et du secteur privé, afin d'explorer avec eux la faisabilité de développer le « Diefenbunker », grâce à des ententes de cogestion ou autrement, en tant que lieu historique national opérationnel. La Commission insiste également pour que soient entreprises à la première occasion les études commerciales, de marketing et autres nécessaires pour déterminer si le développement du « Diefenbunker » en tant que lieu historique national est une option viable.

Enfin, la Commission recommande que si, comme elle l'espère, le « Diefenbunker » devient un lieu national opérationnel, on accorde une certaine attention dans l'interprétation à son importance en tant que réalisation du génie ainsi qu'à la méthode du chemin critique dans la planification utilisée pour sa construction.

Novembre 1994

M. MacDonald informe alors la Commission que le Siège central du gouvernement d'urgence à Carp, en Ontario, le « Diefenbunker », a été dépouillé récemment de tout son ameublement et de tous ses accessoires. Le Musée canadien de la guerre et le Musée des civilisations ont heureusement pu sauver un certain nombre d'artefacts, mais la majorité de ces derniers ont été ou vont être vendus par les Biens de la Couronne. M. MacDonald est d'avis que sans l'équipement et l'ameublement d'origine, il ne sera pas possible de développer l'installation en tant que lieu historique national opérationnel, une option que la Commission avait insisté d'examiner avec grand zèle lorsqu'elle avait recommandé que le « Diefenbunker » soit désigné un lieu historique national lors de sa réunion de juin 1994.

La Commission est extrêmement contrariée d'apprendre que l'installation a été vidée, convaincue qu'elle est que le « Diefenbunker » était le site témoignant de la Guerre froide le plus important subsistant encore au Canada. Elle est doublement déçue d'apprendre que l'installation a été dépouillée, puisqu'elle était convaincue que la Défense nationale connaissait l'intérêt qu'elle portait à l'installation et qu'elle avait été priée d'avertir le Programme si elle avait l'intention d'aller de l'avant avec la mise hors service.

La Commission affirme cependant qu'elle n'est pas prête à retirer sa recommandation concernant l'importance nationale du « Diefenbunker ». Elle insiste plutôt auprès du Programme d'examiner activement la possibilité de fermer et de sceller l'installation de façon à en faire une sorte de « capsule historique ». Si cela peut se faire, on espère qu'à un certain moment dans l'avenir il sera possible de rouvrir l'installation, et en y réintroduisant les aménagements considérés comme essentiels pour comprendre sa nature ou en recourant à d'autres moyens, de fournir aux Canadiens une interprétation significative de la période historique qu'elle symbolise de façon si poignante : le Canada et la Guerre froide.

Texte de la plaque
Le texte suivant a été approuvé pour la plaque par la Commission au complet le 8 mai 1998 :

Surnommée le « Diefenbunker », cette structure est un frappant rappel de la réaction du Canada à la Guerre froide. Conçue durant les années 1950 en vue de résister à tout, sauf à l'explosion de plein fouet d'une ogive nucléaire, elle était destinée à abriter les dirigeants-clés du Canada en cas de cataclysme. Heureusement, elle n'a jamais été utilisée à cette fin, bien que le gouvernement Diefenbaker ait songé à s'y réfugier durant la Crise de Cuba en 1962. Le bunker a servi de centre de communication et de système de défense civile jusqu'à sa fermeture en 1994.

Analyse
La recommandation contient les motifs qui justifient la désignation : parce qu'il est symbolique de la Guerre froide et de la stratégie de dissuasion nucléaire, ainsi que de la détermination d'un peuple à survivre en tant que nation après une guerre nucléaire . La recommandation peut être divisée en deux parties, afin de s'assurer que l'énoncé des objectifs de commémoration pourra être utilisé pour élaborer les messages qui expriment les motifs justifiant la désignation.

On s'est également arrêté aux éléments suivants, tirés de la discussion de la Commission, comme motifs pouvant justifier la désignation : 1) un rappel poignant et tangible de ce que l'on pourrait considérer comme l'une des périodes les plus cruciales dans l'histoire moderne de l'humanité, et 2) une certaine attention devrait être accordée dans son interprétation à son importance en tant que réalisation du génie et à la méthode du chemin critique dans la planification utilisée lors de la construction . Toutefois, comme la recommandation de la Commission contenait déjà des motifs clairs, il n'était pas nécessaire de recourir aux informations tirées de la discussion.

Lorsque la Commission a réexaminé le cas du Diefenbunker en novembre 1994, elle a déclaré qu'elle considérait que le « Diefenbunker » avait été le lieu le plus important au Canada à témoigner de la période de la Guerre froide . Cet énoncé n'a pas été inclus dans les objectifs de commémoration parce que

  • l'énoncé ne faisait pas partie d'une recommandation;
  • il apparaissait que la Commission comparait simplement l'état du bunker en juin 1994, alors qu'il avait été le lieu le plus important au Canada à témoigner de la période de la Guerre froide , avec son état dépouillé en novembre 1994, alors qu'il n'avait plus cette caractéristique.

Si cet élément devait faire partie de l'énoncé des objectifs de commémoration, il faudrait en référer à la Commission pour considération.

Le texte de la plaque n'est pas nécessaire pour déterminer les motifs qui justifient la désignation du lieu, car les procès-verbaux de la Commission contiennent suffisamment d'informations à cet effet.

Énoncé des objectifs de commémoration
Le Siège central du gouvernement d'urgence, surnommé le « Diefenbunker », a été désigné lieu historique national en 1994. Voici les motifs qui justifient sa désignation, tels que déterminés dans le procès-verbal de la Commission de juin 1994 :

  • il est symbolique de la Guerre froide et de la stratégie de dissuasion nucléaire;
  • il est symbolique de la détermination d'un peuple à survivre en tant que nation après une guerre nucléaire.
6.3.2 LHNC de l'Église-Anglicane-St. Paul, Halifax (Nouvelle-Écosse)

Même si l'église St. Paul a été recommandée pour désignation en 1981 et recommandée pour le partage des frais en 1986, aucun motif n'a été invoqué pour justifier l'importance nationale du lieu. Il faut donc tirer les motifs qui justifient la désignation exclusivement du texte de la plaque de 1985.

Procès-verbaux de la Commission
Novembre 1981
Église St. Paul, St. Paul's Hill, Halifax (Nouvelle-Écosse)
La Commission recommande que

  • « l'église St. Paul est d'importance historique et architecturale nationale et devrait être commémorée au moyen d'une plaque. »

Novembre 1986
Église St. Paul, St. Paul's Hill, Halifax (Nouvelle-Écosse)
La Commission réaffirme d'abord sa recommandation de novembre 1981, que

  • « l'église St. Paul est d'importance historique et architecturale nationale et devrait être commémorée au moyen d'une plaque. »

De plus, la Commission déclare que

  • « l'église St. Paul, à Halifax, est d'une importance exceptionnelle pour le Canada tant du point de vue historique qu'architectural. »

En conséquence, la Commission recommande également que

  • « Parcs considère St. Paul comme une priorité par rapport à un possible partage des frais, et engage des discussions avec la province de la Nouvelle-Écosse, la Ville de Halifax et toute autre partie intéressée, afin d'examiner la possibilité de coopérer avec eux dans la restauration du tissu historique de l'église. »

Texte de la plaque

Le texte de la plaque pour l'église St. Paul a été approuvé par la Commission au complet lors de sa réunion de juin 1985. Il se lit comme suit :

Achevée en 1750, l'église St. Paul a été la première cathédrale anglicane à l'extérieur de la Grande-Bretagne. De 1787 à 1864, elle a été la cathédrale du diocèse de la Nouvelle-Écosse. Pendant 96 ans, St. Paul a également été l'église officielle de garnison pour l'armée et la marine. Le plan de l'édifice s'inspire de celui de St. Peter, de Vere Street, à Londres en Angleterre, établi par James Gibbs. St. Paul est le premier édifice de style palladien construit au Canada. Malgré l'ajout d'ailes latérales et d'un choeur, la charpente originale taillée à Boston constitue toujours le corps principal de l'église.

Analyse
La recommandation originale de la Commission, faite en 1981, ne fournit presque aucun renseignement sur l'importance nationale, à part l'indication que les motifs sont autant historiques qu'architecturaux : L 'église St. Paul est d'importance tant historique qu'architecturale nationale . Il est donc raisonnable de supposer que les motifs qui justifient la désignation de l'église St. Paul ont trait à son histoire et à son architecture.

L'étude en vue du partage des frais en 1986 a ajouté peu de renseignements supplémentaires, à l'exception de la note que le lieu est d'une importance exceptionnelle (une expression qui lui donne la priorité par rapport au Programme de partage des frais) et que la restauration du tissu historique de l'église constitue une priorité. À cause du manque de renseignements dans les procès-verbaux (que ce soit pour la désignation ou pour le partage des frais), il a fallu recourir au texte de la plaque de 1985 pour en tirer ce qui suit :

  • « St. Paul a été la première cathédrale anglicane à l'extérieur de la Grande-Bretagne. » L'utilisation du mot « première » et l'importance relative de la désignation fournissent une indication de l'importance.
  • « St. Paul est le premier édifice de style palladien construit au Canada. » Cet énoncé illustre une réalisation importante dans la conception et donne une indication de l'importance.

Énoncé des objectifs de commémoration
L'église St. Paul a été désignée lieu historique national en 1981. Voici les motifs qui justifient sa désignation, tels que déterminés dans le texte de la plaque de 1985 :

  • c'est la première cathédrale anglicane à l'extérieur de la Grande-Bretagne;
  • c'est le premier édifice de style palladien construit au Canada.
6.3.3 LHNC de la Basilique-Catholique-St. John the Baptist, St. John's (Terre-Neuve)

Les motifs qui justifient la désignation de la basilique n'étaient pas énoncés dans la recommandation en vue de sa désignation en novembre 1983. Ils étaient cependant énoncés (bien que de façon quelque peu obscure) dans la considération en vue du Programme de partage des frais en février 1989. Comme les motifs justifiant la désignation qui sont énoncés dans le cadre de l'évaluation d'un lieu en vue du partage des frais prennent la préséance sur le texte de la plaque de 1984, il n'était pas nécessaire de tenir compte du texte de la plaque pour élaborer l'énoncé des objectifs de commémoration.

Procès-verbaux de la Commission
Novembre 1983
La basilique St. John the Baptist, St. John's (Terre-Neuve)
La Commission recommande que

  • « la basilique St. John the Baptist est d'importance tant historique qu'architecturale nationale et devrait être commémorée au moyen d'une plaque. »

Novembre 1988
La basilique St. John the Baptist, St. John's (Terre-Neuve)
La Commission reprend d'abord sa recommandation de novembre 1983, à l'effet que

  • la basilique St. John the Baptist est d'importance tant historique qu'architecturale nationale et devrait être commémorée au moyen d'une plaque.

Au cours des discussions de la Commission sur la question d'une aide financière possible, dans le cadre du Programme national de partage des frais, pour aider à la restauration de la basilique, on note que l'édifice avait été un centre important de la vie religieuse, sociale et politique à Terre-Neuve. On s'accorde cependant pour dire qu'il y avait d'autres institutions religieuses au Canada qui pouvaient se targuer de la même chose, et on recommande donc de remettre à plus tard la considération de la basilique, en attendant la préparation d'un bref document la plaçant dans le contexte d'autres grandes cathédrales de cette période, ayant eu avec le temps une influence comparable sur le développement de leurs régions respectives.

Février 1989
La basilique St. John the Baptist, St. John's (Terre-Neuve)
CONTEXTE

En novembre 1983, la Commission a considéré la basilique St. John the Baptist, et a recommandé que

  • la basilique St. John the Baptist est d'importance tant historique qu'architecturale nationale et devrait être commémorée au moyen d'une plaque.

En novembre 1988, la basilique est revenue devant la Commission pour considération comme candidat potentiel au financement dans le cadre du Programme national de partage des frais; dans le cours de la discussion, on a noté que l'édifice avait été un centre important de la vie religieuse, sociale et politique à Terre-Neuve. On s'accordait cependant pour dire qu'il y avait d'autres institutions religieuses au Canada qui pouvaient se targuer de la même chose, et on a donc recommandé de remettre à plus tard la considération de la basilique, en attendant la préparation d'un bref document la plaçant dans le contexte d'autres grandes cathédrales de cette période, ayant eu avec le temps une influence comparable sur le développement de leurs régions respectives.

RECOMMANDATIONS
La Commission n'hésite pas à réaffirmer sa recommandation de novembre 1983 concernant l'importance nationale de la basilique St. John the Baptist. La Commission note également encore une fois que la basilique avait joué un rôle important dans la vie religieuse, sociale et politique de sa région; cependant, l'étude qui lui a été soumise sur les cathédrales du milieu du 19e siècle indique que la basilique n'est d'aucune façon unique parmi les cathédrales canadiennes à cet égard, et en conséquence, elle ne peut pas être considérée d'une importance nationale exceptionnelle. Néanmoins, le style architectural roman lombard est d'un grand intérêt, et la Commission recommande que

  • lorsque les projets de partage des frais considérés prioritaires auront été complétés, le Programme devrait engager des discussions avec la Ville de St. John's, la province de Terre-Neuve et d'autres parties intéressées en vue de conclure une entente de partage des frais dans le but de restaurer la basilique St. John the Baptist, les fonds fédéraux étant consacrés à la restauration du tissu historique extérieur de la cathédrale.

Texte de la plaque
La Commission a approuvé le texte de la plaque destinée à la basilique St. John the Baptist en juin 1984. Il se lit comme suit :

Établie à Terre-Neuve par les colons irlandais à la fin du 18e siècle, l'Église catholique y a joué un rôle clé dans l'histoire religieuse, politique et sociale. La basilique St. John the Baptist est le principal symbole de cette influence considérable. La construction en fut commencée en 1841. Elle concrétise le désir de l'évêque Michael Anthony Fleming d'avoir un bâtiment qui soit à la fois somptueux, grand et beau. Inspirée des églises romanes d'Italie, elle est un des premiers exemples du renouveau du style en Amérique du Nord.

Analyse
La recommandation originale de la Commission, faite en novembre 1983, disait seulement que la basilique était d'importance tant historique qu'architecturale nationale . La recommandation de 1989 n'indique pas les objectifs de commémoration.

Malgré l'approbation du texte de la plaque en juin 1984, la priorité pour déterminer les objectifs de commémoration réside dans le texte rapportant les discussions qui ont précédé la recommandation concernant le Programme de partage des frais. En février 1989, la Commission invoquait deux motifs pour justifier la désignation du lieu :

  • la basilique avait joué un rôle important dans la vie religieuse, sociale et politique de sa région ;
  • le style architectural roman lombard de la basilique.

En ce qui concernait son rôle dans la région, la Commission notait que la basilique ne pouvait pas être considérée d'une importance nationale exceptionnelle [emphase ajoutée] et d'aucune façon unique parmi les cathédrales canadiennes à cet égard . Les mots « pas exceptionnelle » étaient utilisés dans le contexte de l'établissement des priorités en vue du Programme de partage des frais, et ne devaient pas être interprétés comme signifiant que la basilique n'était « pas d'importance nationale ».

Comme les objectifs de commémoration avaient pu être établis d'après la recommandation en vue du Programme de partage des frais, il n'était pas nécessaire de recourir à la plaque.

Énoncé des objectifs de commémoration
La basilique St. John the Baptist a été désignée lieu historique national en 1983. Voici les motifs qui justifient sa désignation, tels que déterminés dans le procès-verbal de la Commission de 1989 :

  • la basilique a joué un rôle important dans la vie religieuse, sociale et politique de sa région;
  • le style architectural roman lombard de la basilique.
6.3.4 LHNC Province House, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard)

Province House a fait l'objet de deux recommandations de la Commission (1966 et 1980), les deux contribuant aux motifs qui justifient la désignation du lieu. Province House est également mentionné dans la désignation de l'arrondissement historique de la Rue-Great George. D'autres plaques érigées sur le lieu ne contribuent pas aux motifs qui justifient la désignation du lieu.

Procès-verbaux de la Commission
Octobre 1966
La Commission recommande la résolution suivante :

  • La Commission convient que l'édifice Province House est d'importance historique nationale, mais elle ne peut recommander que le gouvernement fédéral aide à sa préservation et à son entretien aux termes de la lettre du 21 avril 1966 que le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard a envoyée au président de la Commission.

Juin 1980
Le Comité convient qu'une approche empirique de l'identification de palais de justice canadiens d'importance nationale ne serait pas utile aux fins poursuivies par la Commission. Une longue discussion des critères de sélection possibles s'ensuit, à la suite de laquelle le Comité recommande que les palais de justice choisis pour commémoration par la Commission soient identifiés en fonction de l'une de trois catégories distinctes :

Ces catégories sont les suivantes :
Catégorie I
Un palais de justice dans chacune des provinces, qui sera commémoré comme étant représentatif de l'institution judiciaire dans cette province.

Le Comité commence alors la sélection de ces palais de justice qui doivent être recommandés en vue d'une commémoration au moyen d'une plaque, dans la catégorie I.
Le Comité recommande les palais de justice suivants, d'importance tant historique qu'architecturale nationale, comme étant représentatifs de l'institution judiciaire dans leurs provinces respectives et dans le territoire du Yukon...
4) Pour la province de l'Île-du-Prince-Édouard
Province House, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard)...
Le Comité recommande que, puisque la fonction judiciaire de Province House sera traitée dans le cadre de l'interprétation de l'édifice, aucune mesure ne soit prise. Si l'édifice Law Courts à Charlottetown devait être restauré, le Comité recommande qu'on y appose une plaque comme étant représentatif de l'institution judiciaire à l'Île-du-Prince-Édouard.

Texte de la plaque
Le texte suivant a été approuvé pour Province House en 1970, mais cette plaque n'a pas été érigée :

PROVINCE BUILDING
Achevé en 1847, en grès gris taillé en Nouvelle-Écosse, cet édifice législatif est demeuré inchangé jusqu'à aujourd'hui. Son style géorgien est un excellent exemple de la régularité, de la symétrie et de l'ordre de la forme classique du 18e siècle. En septembre 1864, la première conférence de la fédération canadienne eut lieu dans la salle du Conseil législatif, devenue la salle de la Confédération.

Un nouveau texte de plaque a été approuvé en novembre 1981.

PROVINCE HOUSE
Achevé en 1847, cet édifice de style néo-classique fut conçu et construit par l'architecte local Isaac Smith pour l'Assemblée législative et l'administration coloniale. La Cour suprême de l'Île y siégea aussi jusqu'en 1872. L'édifice, où l'Assemblée se réunit encore, conserve son importance dans la vie publique de l'Île. En septembre 1864, les délégués des colonies de l'Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et du Canada se réunirent dans la salle du Conseil législatif, devenue la salle de la Confédération, pour entamer les discussions qui aboutirent à la Confédération de 1867.

Désignations connexes et autres plaques

  • En novembre 1990, la Commission recommandait la rue Great George « s'étendant de la rue Richmond jusqu'au secteur riverain de Charlottetown, et comprenant Province House » comme arrondissement historique.
  • Des plaques commémorant les sept Pères de la Confédération originaires de l'Île sont placées dans les jardins de Province House.

Analyse
Lors de sa recommandation initiale en 1966, la Commission disait simplement que Province Building est d'importance historique nationale , sans fournir de motifs.

Dans le cadre de l'étude sur les palais de justice canadiens, la Commission recommandait que Province House était d'importance historique et architecturale nationale, représentative de l'institution judiciaire à l'Île-du-Prince-Édouard.

Afin de déterminer les motifs qui justifient la désignation, par rapport à la recommandation initiale, il faut analyser le texte de la plaque de 1981. Le texte de la plaque de 1970 n'entre pas en ligne de compte, puisque cette plaque n'a jamais été érigée.

Une analyse du texte de la plaque de 1981 permet de dire que l'un des motifs qui justifient la désignation a trait à la Conférence de Charlottetown.

  • En septembre 1864, les délégués des colonies... se réunirent... pour entamer les discussions qui aboutirent à la Confédération de 1867.

La désignation de l'arrondissement historique de la Rue-Great George en tant que désignation qui inclut Province House doit être mentionnée dans l'EIC, mais elle ne doit pas faire partie de l'énoncé des objectifs de commémoration pour Province House. Au fait, elle doit plutôt suivre l'énoncé des objectifs de commémoration, avec l'introduction suivante : « Il faut noter que Province House fait partie intégrante du LHNC de la Rue-Great George.»

Les plaques commémorant les sept Pères de la Confédération originaires de l'Île sont liées aux motifs qui justifient la désignation du lieu, mais elles ne contribuent pas à l'énoncé des objectifs de commémoration. Les plaques sont des ressources non liées aux motifs qui justifient la désignation.

Énoncé des objectifs de commémoration
Province House a été désigné lieu historique national en 1966. Voici les motifs qui justifient sa désignation, tels que déterminés dans le texte de la plaque de 1981 et dans le procès-verbal de la Commission de 1980 :

  • ce fut le lieu de la première conférence sur l'union coloniale en 1864, qui aboutit à la Confédération de 1867;
  • l'édifice est représentatif de l'institution judiciaire à l'Île-du-Prince-Édouard.
6.3.5 LHNC du Tumulus-Augustine, Red Bank (Nouveau-Brunswick)

Dans certains cas, lorsque les procès-verbaux de la Commission mentionnent simplement qu'un lieu est d'importance nationale sans donner de motifs, et lorsqu'il n'y a pas de texte de plaque, il ne sera pas possible de rédiger un énoncé des objectifs de commémoration sans en référer d'abord à la Commission.

Procès-verbaux de la Commission
Novembre 1975
M. Thomas présente ensuite pour décision par la Commission la question du lieu du tumulus Augustine au Nouveau-Brunswick. Une présentation de diapositives et un commentaire très éclairant par MM. Wright et MacDonald convainquent la Commission qu'il s'agit d'une découverte tout à fait excitante, et la recommandation du Comité des peuples autochtones et du commerce des fourrures est adoptée comme suit :

  • que le lieu du tumulus Augustine dans le comté Northumberland, au Nouveau-Brunswick, est un site d'importance historique nationale, et que les moyens appropriés soient pris pour en assurer la préservation et l'interprétation.

Texte de la plaque
Aucun texte de plaque n'a été approuvé.

Désignations connexes et plaques
En juin 1982, la Commission recommandait que

  • « le lieu oxbow au Nouveau-Brunswick est d'importance historique nationale »,

[et que] la Région de l'Atlantique de Parcs Canada soit encouragée à développer les relations entre le lieu oxbow et les [sic] tumulus Augustine qui ont été déclarés d'importance nationale en 1975.

Analyse
Le tumulus Augustine est d'importance historique nationale, mais aucun motif n'a été invoqué pour justifier son importance.

Énoncé des objectifs de commémoration
Il n'était pas possible d'établir un énoncé des objectifs de commémoration à partir des renseignements disponibles. Par conséquent, la question a été renvoyée à la Commission.

1 On a établi une base de données consultable d'environ 500 textes de plaques pour y chercher des mentions de « signification », « importance », « important », etc. La base de données est accessible grâce à la connexion intranet de Parcs Canada, à . Cette dernière ne comprend que les lieux, et non les personnalités ou les événements. Le travail sur la base de données se poursuit.