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5.0 ORGANISATION DES PROJETS DE TERRAIN

Cette section présente des principes de base, des lignes directrices, des exigences et des références recommandés pour l’organisation des projets de terrain. Différents contextes de travail ou ressources disponibles exigent des approches variées. Cependant, il existe un ensemble de fonctions qui doivent être prises en considération afin d’améliorer le succès de tout projet de terrain en archéologie. Ces fonctions sont décrites brièvement ci-dessous.

5.1 LIGNES DIRECTRICES, EXIGENCES ET PRINCIPES DE BASE POUR LA CONDUITE DE PROJECTS DE TERRAIN

5.1.1 Permis de recherche archéologique

Il faut s’assurer que tous les permis de recherche archéologique ont été approuvés et signés et apporter des copies avec soi sur le terrain. Les exigences sont résumées dans le bulletin de gestion de Parcs Canada 2.3.2, Permis de recherches archéologiques (2005). S’il y a lieu, s’assurer que les permis de recherche de compétence provinciale ou territoriale sont obtenus et approuvés en plus du permis de Parcs Canada (p. ex., dans un parc national du Canada non inscrit dans la Gazette officielle).

5.1.2 Exigences en termes de santé et sécurité au travail

Les employeurs et les employés du gouvernement fédéral sont tenus légalement d’adhérer au Code canadien du travail – Partie II, Santé et sécurité au travail. De plus, tous les employés de Parcs Canada doivent suivre la politique de Parcs Canada ayant trait à la santé et la sécurité au travail. Tel qu’indiqué sur le site Intranet de Parcs Canada, « chaque employé est responsable de l’application de cette politique dans ses activités de travail et à l’égard de toutes les personnes autorisées sur nos lieux de travail. » « Le terme « personnes » comprend les entrepreneurs, étudiants, bénévoles, le grand public et les autres. » Pour des informations détaillées et des conseils, consulter le site Web du Code canadien du travail ou le site Intranet de Parcs Canada. Ce dernier fournit des informations exhaustives et des outils pour les employeurs et les employés.

5.1.3 Documents clés de Parcs Canada

Des références clés de Parcs Canada au sujet des politiques, lignes directrices, lois et règlements qui précisent le contexte pour la conduite de recherches archéologiques à Parcs Canada se trouvent aux sections 12.8, 12.9 et 12.10 du manuel. Tous les membres des équipes devraient être familiers avec les documents pertinents à leur projet de terrain.

Pour des conseils généraux, consulter les Lignes directrices pour la gestion des ressources archéologiques de Parcs Canada (Parcs Canada 2005), qui résument la façon dont tous ces documents s’appliquent selon les situations. Consultez également les Principes directeurs et politiques de gestion, de Parcs Canada (1994), qui contiennent la politique de gestion des ressources culturelles (GRC), tel que mentionné précédemment.

Lors de la planification d’interventions dans un LHNC ou un édifice reconnu par le BEÉFP, consulter le document publié récemment et intitulé Normes et lignes directrices pour la conservation des lieux patrimoniaux au Canada (Parcs Canada 2003d). Ces normes et lignes directrices ont été conçues dans l’esprit de la politique de GRC de Parcs Canada et une section plus élaborée au sujet de l’archéologie sera bientôt disponible.

5.1.4 Restes humains, cimetières et lieux de sépulture

Les cimetières, lieux de sépulture, restes humains, objets et monuments funéraires découverts sur les terres de compétence fédérale, sous l’eau ou dans des eaux qui relèvent de l’administration et du contrôle de Parcs Canada sont gérés selon la directive 2.3.1 de Parcs Canada, Restes humains, cimetières et lieux de sépulture (juin 2000). Cette directive s’applique à tous les restes humains, aux sites et à la culture matérielle qui y sont associés, qu’ils soient d’affiliation autochtone ou non. Un court résumé du contenu de la directive 2.3.1 se trouve à l’annexe G.

5.1.5 Coordination fonctionnelle

Tel que requis, consulter le responsable des collections, le gestionnaire de la base de données archéologiques et le spécialiste en conservation du centre de services concerné de Parcs Canada afin de coordonner les besoins en ce qui a trait à l’enregistrement des données, à la conservation des vestiges sur le terrain et au traitement, à l’emballage et à l’envoi de vestiges archéologiques. Par exemple, le chercheur principal devrait consulter le responsable local des numéros des sites archéologiques de Parcs Canada afin de déterminer quelles provenances ont déjà été utilisées, et lesquelles sont disponibles.

5.1.6 Ententes finalisées et consultation auprès de groupes autochtones

De nombreuses ententes finalisées ont été signées à la suite de revendications territoriales. Ces ententes sont des documents de nature légale qui résument les droits découlant de traités protégés par la Constitution. Certaines ententes contiennent des clauses relatives à la culture, au patrimoine et à l’archéologie. Étant donné que ces ententes engagent le gouvernement fédéral, Parcs Canada doit adhérer aux articles et aux clauses de ces ententes qui se rapportent à l’archéologie et aux ressources archéologiques sur les terres de la Couronne et sur les terres submergées qui relèvent de son administration et de son contrôle.

De plus, tel qu’indiqué dans Parcs Canada (2005), les pratiques exemplaires – et il pourrait s’agir d’exigences légales - consistent à informer toutes les parties concernées, y compris les groupes autochtones touchés, lorsqu’une activité archéologique risque d’avoir un impact sur leur patrimoine culturel.

Les éléments clés relatifs aux ententes finalisées et à la consultation se trouvent résumés à les Lignes directrices pour la gestion des ressources archéologiques de Parcs Canada (Parcs Canada 2005) et dans la bulletin de gestion de Parcs Canada 2.3.2, Permis de recherche archéologique (2005).

5.2 PRINCIPES DE BASE POUR LA PLANIFICATION DES CAMPS DE TERRAIN

  • Si possible, une aire abritée, sur le site ou à proximité de celui-ci, doit être réservée pour servir de « bureau de terrain » ou de laboratoire où les données enregistrées (carnets de notes, fiches, cartes, etc.) sont consignées et classées et où les objets archéologiques
  • peuvent être nettoyés, traités et préparés pour l’envoi, si nécessaire.
  • Il faut essayer de voir à ce que chaque assistant ait un espace réservé dans le bureau ou le camp de terrain pour effectuer ses tâches d’enregistrement des données et d’entretien de l’équipement, et que chaque personne ait des moments libres au cours de la journée pour s’occuper de ces données et de l’équipement.
  • Le chercheur principal devrait déléguer des responsabilités aux assistants de terrain afin d’éviter qu’il y ait confusion quant à ce que l’on attend de chacun. Par exemple, il pourrait s’avérer possible ou souhaitable qu’un assistant soit responsable de tout ce qui a trait à la photographie et un autre de la cartographie et des instruments d’arpentage.
  • Si possible, le chercheur principal doit désigner, dans chaque équipe de terrain, un individu comme commis responsable des données de terrain. Cette personne relève directement du chercheur principal et coordonne les activités d’enregistrement des assistants de terrain, et doit être bien au courant des procédures mises en place par le chercheur principal. Le commis est responsable de la sécurité, de l’intégrité, de l’exactitude et de l’exhaustivité des dossiers.

5.3 PRINCIPES DE BASE POUR L’ORGANISATION DES DONNÉES DE TERRAIN

Voici brièvement les principes essentiels à l’organisation des données enregistrées lors de fouilles ou de reconnaissances archéologiques :

  • Connaître les exigences du système d’enregistrement et prévoir les difficultés pouvant survenir afin de maîtriser les stratégies nécessaires pour les surmonter;
  • Planifier les procédures d’enregistrement avant le début de la fouille ou de la reconnaissance;
  • Être explicite au sujet des procédures et de la circulation de la documentation, des dossiers, des objets archéologiques et des tâches assignées à chaque assistant d’un projet de terrain;
  • Prévoir suffisamment de temps et d’espace pour la documentation afin de satisfaire aux exigences en termes d’exactitude et d’exhaustivité;
  • Si possible, assigner les tâches de préposé à la documentation à une personne en particulier (p. ex., commis aux données de terrain, tel que décrit à la section 5.2 ci-dessus) plutôt que les répartir parmi les assistants;
  • Identifier clairement les documents en plusieurs copies (imprimées sur papier ou numériques) qui doivent parvenir à différents individus, être entreposés de manière sécuritaire ou encore être renvoyés au centre de services de Parcs Canada, dès que les copies sont complétées;
  • pour les grands projets, prévoir une dispostion de l’espace où les documents seront consignés qui facilite la circulation des documents d’une manière simple et claire pour toutes les personnes qui y travaillent;
  • marquer clairement où les choses doivent aller durant le traitement et où elles doivent être entreposées une fois complétées car il importe que tous les individus responsables de l’enregistrement puissent accéder facilement à toute la documentation;
  • être conscient de la possibilité d’erreurs d’enregistrement et être prêt à les corriger.

5.4 RÉFÉRENCES RECOMMANDÉS POUR LES PROJETS DE TERRAIN

Les références suivantes fournissent des renseignements détaillés pour orienter les fouilles et les reconnaissances et la plupart mettent l’accent sur l’archéologie canadienne. Ces références sont recommandées pour tous les projets de fouille ou de reconnaissance dirigés par des archéologues de Parcs Canada. Lors de l’utilisation, les méthodes doivent être adaptées afin d’être conformes aux exigences d’enregistrement exposées dans le présent manuel, tout en tenant compte des développements techniques récents. Offrant un contexte plus vaste, la section 12.0 (Lectures recommandées) comprend une liste de nombreux autres ouvrages de référence correspondant aux normes internationales actuelles. Pour des informations au sujet des procédures actuelles de gestion des collections, communiquer avec le responsable des collections au centre de services concerné de Parcs Canada. De plus, pour de l’information au sujet de l’archéologie subaquatique à Parcs Canada, communiquer avec les services d’archéologie subaquatique au Centre de services de l’Ontario et consulter la bibliographie.

5.4.1 Procédures de base pour les recherches archéologiques sur le terrain

  • Fladmark, Knut R. (1978). A Guide to Basic Archaeological Field Procedures, Publication No. 4, Department of Archaeology, Simon Fraser University, Burnaby, Colombie-Britannique.

Le guide de Fladmark fournit des informations détaillées sur les procédés élémentaires de fouille et de reconnaissance, ainsi que des suggestions pour l’entretien et la manipulation de l’équipement de terrain, un glossaire des termes techniques courants et de nombreux autres éléments utiles dans la conduite de projets de terrain. Même s’il fut d’abord conçu comme guide élémentaire pour le travail de terrain en archéologie (et que certaines parties du guide sont dépassées), il demeure indiscutablement le manuel de terrain le plus complet et pratique utilisé par les archéologues canadiens. C’est pourquoi, il est recommandé, comme manuel de référence pour les archéologues de Parcs Canada, malgré que certaines parties ne sont pas à jour. Il n’y a pas de version française disponible.

5.4.2 Reconnaissances/inventaires archéologiques

  • British Columbia Archaeological Inventory Guidelines (2000). Version 1, Ministry of Small Business, Tourism and Culture, Archaeology Branch, Colombie-Britannique.

Ce document est présentement disponible sur le site Web du gouvernement de la Colombie- Britannique, sous la section Archéologie. Même s’il concerne particulièrement cette province, il s’agit d’un excellent guide pour la réalisation de reconnaissances et d’inventaires archéologiques, car il contient des éléments d’application générale pour l’archéologie canadienne. On y trouve souligné le besoin de définir de manière rigoureuse les buts et les objectifs de la recherche et de la gestion des ressources et de mettre en évidence les paysages culturels et physiques anciens et récents à l’intérieur de l’aire d’étude. De plus, il comprend des recommandations pour l’utilisation d’une conjugaison de méthodes incluant la reconnaissance intuitive (basée sur l’opinion des chercheurs) et des techniques d’échantillonnage valables au plan statistique, des normes pour la cartographie de base et un format suggéré pour les rapports d’inventaires archéologiques qui peuvent tous être adaptés pour l’utilisation à Parcs Canada. Il n’y a pas de version française disponible.

5.4.3 Conservation sur le terrain

  • Parcs Canada (1985). Directive de gestion 2.1.22. Système de gestion des collections : Services techniques de conservation, annexe modifiée en 1991, Parcs Canada, Ottawa.

Les spécialistes en conservation de Parcs Canada recommandent la directive 2.1.22 pour des conseils d’intérêt général sur la conservation des éléments archéologiques sur le terrain, en plus de tout manuel pertinent, selon la situation. Deux exemples de manuel sont présentés cidessous.

  • Bergeron, André et France Rémillard (2000). L’archéologue et la conservation. Vade-mecum québécois, 2e édition, Centre de conservation du Québec, Québec.

Il s’agit d’un manuel standard pour la conservation sur le terrain à l’usage des archéologues québécois. Il décrit et illustre les procédés concrets pour la conservation des éléments archéologiques sur le terrain. Il n’y a pas de version anglaise disponible.

  • Sease, Catherine (1994). A Conservation Manual for the Field Archaeologist. Troisième édition, UCLA Institute of Archaeology, Archaeological Research Tools, Vol. 4. Los Angeles, CA.

Même s’il s’agit d’une référence américaine, c’est un ouvrage standard qui existe depuis plusieurs années et demeure très pertinent pour les situations concrètes sur le terrain. Il n’y a pas de version française disponible.

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