< Page précédente  | Table des matières  | Page suivante >


4.0 SYSTÈME DE PROVENANCE

4.1 PROVENANCE : VUE D’ENSEMBLE

La définition de provenance est « lieu d’origine ». Dans le système de provenance de Parcs Canada, elle signifie le lieu d’origine d’un objet archéologique, d’un groupe d’objets archéologiques, d’un ou plusieurs aménagements ou d’un échantillon de sol, de mortier, de charbon de bois ou d’autre matière. Le terme peut également désigner le lieu d’origine d’une certaine quantité d’information, qui peut entre autres prendre la forme de l’absence de vestiges culturels dans une partie de l’aire qui a fait l’objet d’une fouille ou d’une reconnaissance.

Les paramètres de la provenance comprennent des données comme la localisation ponctuelle dans l’espace tridimensionnel défini par un système de coordonnées, le volume d’une couche de dépôt qu’on peut trouver dans une unité de fouille, l’intérieur ou une partie de l’intérieur d’une structure, une aire d’activités entière comme des quartiers d’hiver ou un contexte culturel caractérisé par une période et des activités sociales.

La description enregistrée d’une provenance comprend des données relatives à la situation (coordonnées géographiques ou celles d’un plan quadrillé, altitudes, cartes et plans à l’échelle) ainsi qu’une quantité variable d’information écrite, entre autres des données de référence et des interprétations, déductions et conclusions de l’archéologue.

4.1.1 Provenance : composantes

La provenance, ou le « numéro de provenance », est composée du NUMÉRO DE SITE + OPÉRATION + SOUS-OPÉRATION + LOT, comme le décrit l’exemple ci-dessous tiré du lieu historique national du Canada (LHNC) du Fort-Beauséjour, au Nouveau-Brunswick. Chacun des éléments est indiqué en gras et suivi de sa description, le dernier (2E1B7) représentant un numéro de provenance complet.

2E Numéro de site (caractère numérique + caractère alphabétique)
2E1 Opération
2E1B Sous-opération
2E1B7 Lot

Les éléments clés de la provenance, soit le numéro de site, l’opération, la sous-opération et le lot, sont décrits en détail dans les sections suivantes. Les numéros de catalogue d’objets, bien que ne faisant pas partie de la provenance proprement dite, peuvent également être utilisés pour enregistrer l’emplacement ponctuel d’objets archéologiques dans un lot sur le terrain (section 4.6). La marche à suivre est également donnée en détail. Chaque section ci-dessous comprend une sous-section présentant la définition, l’application, les principes, les valeurs et les méthodes et règles d’attribution pour l’élément considéré. Des exemples ou des « cas » d’application de chaque élément de la provenance sont fournis vers la fin de la section.

Bien que le système de provenance ait une portée nationale, ses produits sont gérés par l’entremise d’un réseau de bases de données et de lieux d’entreposage régionaux et locaux. Pour voir à ce que tous les chercheurs aient un accès équivalent au système complet de données, chaque élément de la provenance est conforme à des normes d’enregistrement des données conçues pour faciliter l’échange de données et d’information électroniques ou numériques entre les bases de données archéologiques de Parcs Canada. Ces normes sont décrites à la section 4.12.

4.1.2 Principes généraux d’application du système de provenance

  1. Le(s) carnet(s) de notes de terrain, les informations, les plans, les images ainsi que les objets et échantillons archéologiques (tous les documents de l’enquête archéologique) sont catalogués, indexés, référencés et classés selon un ordre alphanumérique par numéro de provenance.
  2. Pour classer et faciliter la récupération des dossiers archéologiques, il est essentiel d’attribuer les numéros de provenance de manière logique et uniforme. Il est également essentiel d’établir des liens raisonnés entre la hiérarchie des numéros de provenance et la hiérarchie des structures, aménagements, strates, aires d’activités et contextes culturels dans un site donné.
  3. Un numéro de provenance peut être attribué à tous les sites ou aires où des recherches archéologiques ont été réalisées, même si les sondages ne prouvent pas l’existence de matériaux archéologiques (p. ex., sondages négatifs).
  4. Un numéro de provenance peut également être attribué à un site ou une aire où aucune intervention archéologique n’a eu lieu, à la discrétion du chercheur principal. Dans de tels cas, on s’assure de créer un dossier à des fins de référence, de recherche et de travaux archéologiques possibles dans l’avenir.
  5. On doit attribuer à chaque élément de provenance des coordonnées spatiales. Tous les sites archéologiques (voir « Numéro de site »), opérations, sous-opérations et lots doivent au moins être associés à des coordonnées spatiales bidimensionnelles bien que les coordonnées tridimensionnelles soient idéales.
  6. Il est bon de garder une attitude et une démarche flexibles dans l’application et la définition des provenances.

4.1.3 Système de provenance et évaluation des ressources archéologiques

La mise en pratique de la gestion des ressources culturelles (GRC), telle qu’elle est définie dans la politique de Parcs Canada à cet égard (Parcs Canada, 1994, 106-8), exige la présence de quatre éléments pour toute prise de décision qui touche les ressources culturelles, y compris les ressources archéologiques. Des quatre éléments, l’évaluation des ressources pour déterminer leur valeur historique est devenue l’un des outils de gestion les plus utiles et les plus répandus. L’évaluation permet à Parcs Canada de déterminer quelles ressources sont considérées comme des ressources culturelles en vertu de la politique et ce qui constitue leur valeur historique. La compréhension du caractère historique de la ressource aide à concentrer les efforts des programmes sur la protection, la présentation et l’utilisation appropriée.

Dans le cadre de la politique sur la GRC de Parcs Canada, les ressources peuvent être évaluées à l’aide d’un système de « niveaux de GRC » (Tableau 2). Voir la Politique sur la GRC de Parcs Canada (Parcs Canada, 1994:106-8) pour la signification plus précise de chacun de ces niveaux.

Tableau 2. Description des niveaux de gestion des ressources culturelles (GRC) , d’après Parcs Canada (1994:107-8).

Niveau de GRC Description
Niveau I Ressource d’une valeur historique nationale liée à la justification de la désignation comme lieu historique national
Niveau II Ressource dont la valeur historique n’est pas d’importance nationale
Autre Ressource évaluée et dont on considère qu’elle ne répond pas aux critères des niveaux I et II. Ces ressources ne sont pas touchées par la politique et sont gérées selon les autres processus et politiques qui conviennent (p. ex. les marques de sépulture sont gérées selon la directive de gestion 2.3.1)

L’attribution d’un niveau de GRC offre à Parcs Canada la possibilité de gérer les ressources archéologiques à l’échelle nationale, à l’aide de critères d’évaluation standards définis dans la politique sur la GRC. Ainsi, lorsque c’est possible, le chercheur principal devrait attribuer un niveau de GRC à une ressource culturelle, en tenant compte des données de terrain qui sont disponibles. Les paramètres pour enregistrer ces données se trouvent à la section 4.12 (Données et métadonnées : normes pour la provenance) et à l’annexe A (Guide d’utilisation de la fiche d’inventaire des sites archéologiques de Parcs Canada).

4.2 NUMÉRO DE SITE

Le numéro de site est l’élément clé du système de gestion des dossiers des sites archéologiques de Parcs Canada. Pour des fins de recherche et de gestion, il est nécessaire d’avoir recours aux critères et paramètres définissant un site archéologique dans le contexte de l’archéologie à Parcs Canada. Cette façon de faire doit aussi avoir une certaine utilité pour les chercheurs de l’extérieur. Ainsi, nous présentons les définitions et les critères suivants.

4.2.1 Numéro de site : définition

Le site archéologique est la plus grande unité du système de provenance et il est identifié par un numéro de site. Il s’agit d’une aire où des traces physiques d’activité humaine se trouvent, ou se trouvaient, et dans laquelle des recherches archéologiques sont réalisées.

4.2.1.1 Site archéologique : définition

Pour les fins du présent document, un site archéologique désigne un endroit où se trouvent des vestiges tangibles d’activités humaines du passé en surface, dans le sol, au-dessus du sol ou sous l’eau, qu’on peut identifier, récupérer et comprendre à l’aide des méthodes de recherche de l’archéologie.

Cette définition sert de cadre conceptuel pour l’identification d’un site archéologique par les archéologues de Parcs Canada. Les paramètres précis pour l’enregistrement d’un site archéologique sont présentés à la section 4.12 (Données et métadonnées : normes pour la provenance) et précisés davantage à l’aide des champs de données à l’annexe A (Fiche d’inventaire des sites archéologiques et Guide d’utilisation de Parcs Canada).

4.2.2 Numéro de site : composantes

Un numéro de site comprend deux parties : un caractère numérique et un caractère alphabétique.

Le caractère alphabétique suit le caractère numérique, comme le montre l’exemple qui suit :

2E Fort Beauséjour, deuxième site identifié au Nouveau-Brunswick (E) selon le système de provenance de Parcs Canada.

Les caractères alphabétiques représentent les provinces et les territoires (Tableau 3), avec quelques exceptions (Tableaux 4 et 5), comme suit :

Tableau 3. Liste des caractères alphabétiques correspondant aux provinces et aux territoires.

Caractère Province ou territoire
A
Terre-Neuve et Labrador
B
Nouvelle-Écosse
E
Nouveau-Brunswick
F
Île-du-Prince-Édouard
G
Québec
H
Ontario
K
Manitoba
N
Saskatchewan
R
Alberta
T
Colombie-Britannique
X
Territoires du Nord-Ouest et Nunavut
Y
Yukon

Les caractères alphabétiques suivants ont un sens particulier (Tableau 4) :

Tableau 4. Liste des caractères alphabétiques qui ont un sens particulier

Caractère Description Commentaires
L Forteresse de Louisbourg
M Sites submergés
U Éléments de sources externes La catégorie « U » a été subdivisée (p. ex., 1U à 10U). Pour plus de détails, veuillez communiquer avec le responsable des collections du centre de services de Parcs Canada concerné, et voir le tableau 5 ci dessous pour les secteurs de responsabilité.
V Sites fouillés par le gouvernement de l’Ontario

Aujourd’hui, la responsabilité administrative des objets et dossiers archéologiques à Parcs Canada est largement assumée par les centres de services répartis au pays. Ces zones de responsabilité sont indiquées au tableau 5.

Tableau 5. Zones de responsabilité des centres de services de Parcs Canada et caractères correspondants.

Centre de services de Parcs Canada Caractères
Centre de services de l’Atlantique A, B, E, F, L, 2U
Centre de services du Québec G, 3U
Centre de services de l’Ontario (Cornwall) H, 4U
Centre de services de l’Ontario (Ottawa) M, 1U, 8U, 9U, 10U
Centre de services de l’Ouest (Winnipeg) K, N, X, Y, 5U, T (LHNC Piste Chilkoot), R (PNC Wood Buffalo)
Centre de services de l’Ouest (Calgary) R, T, 6U

4.2.3 Numéro de site : application

Principes
  1. Chaque site archéologique comporte un numéro de site unique qui lui est attribué par le chercheur principal, à l’aide des numéros de sites appropriés approuvés par l’autorité en charge (généralement un centre de services).
  2. Le chercheur principal détermine les dimensions du site archéologique en se basant sur une combinaison des preuves disponibles, des définitions et des paramètres indiqués plus haut et de son jugement professionnel.
  3. Chaque site archéologique a un nom descriptif, lorsque c’est possible, qui est associé au numéro de site unique (p. ex., Fort Beauséjour, 2E)
Valeurs
  1. Le numéro de site est l’élément clé du système de gestion des dossiers relatifs aux sites.

4.2.4 Numéro de site : attribution

Méthode
  1. Les numéros de sites sont attribués par le chercheur principal, par province ou territoire, en collaboration avec le responsable des collections ou la personne chargée de la gestion des numéros de site, tel que le précise le gestionnaire de la GRC du centre de services concerné.
  2. Les données obligatoires sur le site sont entrées dans les bases de données archéologiques, comme l’indiquent la section 4.12 et l’annexe A (Guide d’utilisation de la fiche d’inventaire de Parcs Canada). Des champs de données optionnelles sont aussi fournis.
  3. La gestion des numéros de site est la responsabilité du gestionnaire de la GRC du bureau qui fait autorité dans la région. Le gestionnaire peut déléguer le pouvoir administratif à quiconque il ou elle juge approprié.
  4. Le chercheur principal a l’obligation et la responsabilité de demander un code Borden (voir plus bas), mais il peut déléguer cette tâche au besoin.
Règles
  1. Les données obligatoires sur les sites archéologiques, telles qu’elles sont indiquées à la section 4.12 et à l’annexe A, doivent être enregistrées dans la(les) base(s) de données du centre de services concerné le plus tôt possible.
  2. Les données archéologiques obligatoires doivent être consignées pour tous les sites archéologiques, qu’ils aient fait l’objet d’une reconnaissance ou d’une fouille.
  3. L’attribution d’un numéro de site nécessite une entrée dans un carnet de notes de terrain.
  4. À tous les sites archéologiques doivent être associées des coordonnées géographiques bidimensionnelles (voir section 4.12).
  5. Les aires concernées du site doivent être reportées sur un plan (p. ex. croquis cartographique, AutoCAD).
  6. Tous les sites archéologiques de Parcs Canada qui se qualifient recevront un numéro de site Borden (voir section 4.2.6) le plus tôt possible. Note: Des ententes intervenues entre des groupes autochtones et Parcs Canada peuvent faire obstacle à l’application de cette règle.
  7. Dans le cas des sites signalés par des informateurs, au moins toutes les données disponibles doivent être enregistrées dans la base de données archéologiques du centre de services concerné, aussi tôt que possible.
  8. Les numéros de site déjà attribués ne doivent pas être modifiés à moins que le chercheur principal, avec l’accord du responsable des collections ou de l’administrateur de la base de données archéologiques, ne l’ait autorisé.

4.2.5 Reconnaissances archéologiques

Dans les versions précédentes du Manuel, la pratique recommandée était d’attribuer un numéro de site à la zone de reconnaissance (dans le champ « Numéro de site ») et des numéros d’opération aux sites archéologiques situés à l’intérieur de cette zone (dans le champ « Opération »). Cette pratique n’était toutefois pas appliquée de façon uniforme avec le résultat que le PNC de Banff, par exemple, a un numéro de site unique pour chaque site (dans le champ « Numéro de site »), celui de Kluane a des numéros de site distincts pour chaque vallée (dans le champ « Opération ») et celui de Quttinirpaaq n’a qu’un seul numéro de site pour le parc (dans le champ « Numéro de site »), chaque site archéologique ayant été enregistré comme une opération, dans le champ « Opération ».

Pratique exemplaire

Il est maintenant recommandé, comme pratique exemplaire, d’attribuer un numéro de site unique à chaque site. Il s’agit en effet d’enregistrer le numéro de site uniquement dans le champ « Numéro de site » plutôt que dans le champ « Numéro d’opération ». On s’assure ainsi que chaque site nouvellement enregistré : 1) n’a qu’un seul numéro de site et 2) peut compter un nombre plus grand d’opérations, de sous-opérations et de lots; 3) cette façon de faire rationalise le processus de tenue des dossiers.

Bien que l’attribution de numéros de site dans le champ « Opération » (p. ex., pour des reconnaissances) ne soit pas recommandée, elle est permise à la discrétion du chercheur principal.

4.2.6 Système Borden d’identification des sites

Le système Borden d’identification des sites archéologiques fournit un identificateur unique pour chaque site archéologique signalé au Canada. On attribue aux sites un code géographique en fonction de leur latitude et de leur longitude. Ce code, ou « numéro de site Borden », n’a pas de lien avec le système de provenance de Parcs Canada, mais il est reconnu à l’échelle nationale et représente le seul code acceptable pour partager de l’information sur les sites avec des chercheurs de l’extérieur de Parcs Canada. Ainsi, tous les sites archéologiques de Parcs Canada qui respectent les critères provinciaux ou territoriaux recevront un code Borden. Il est de la responsabilité du chercheur principal de faire la demande de codes Borden aussi tôt que possible et de s’assurer que ce numéro est cité dans tous les rapports et la correspondance externe subséquents qui ont trait à un site donné.

L’autorité provinciale ou territoriale, ou la Commission archéologique du Canada du Musée canadien des civilisations, assigne les codes Borden selon la province ou le territoire. Le chercheur principal ou son délégué doit faire les demandes de numéros de site Borden auprès de l’autorité compétente.

4.3 NUMÉRO D’OPÉRATION

4.3.1 Opération : définition

L’opération est une subdivision d’un site et elle est identifiée par un numéro d’opération. Ce numéro est formé d’un nombre cardinal précédé du numéro de site, comme le montre l’exemple suivant :

2E1 Première opération du site 2E.

4.3.2 Numéro d’opération : application

Principe
  1. Lorsque c’est possible, le numéro d’opération doit être défini par des aires d’origine culturelle dans un site.
Valeurs
  1. L’identification des aires d’origine culturelle importantes peut changer avec le temps (p. ex., s’il y a de nouvelles données). Ainsi, il peut être nécessaire d’ajouter de nouvelles opérations ou d’en redéfinir d’autres, à la discrétion du chercheur principal.
  2. Le lien entre les numéros d’opération et les unités d’analyse du site est essentiel à l’efficacité de l’utilisation ultérieure des données.
  3. Il est bon de conserver une attitude et une démarche flexibles dans l’application et la définition des opérations.

4.3.3 Numéro d’opération : attribution

Méthode
  1. Les numéros d’opération sont attribués en séquence, tel qu’il est requis, à la discrétion du chercheur principal.
Règles
  1. Les aires considérées doivent être reportées sur un plan et le carnet de notes de terrain doit comprendre une référence cartographique (sections 6.0 et 8.0).
  2. La marche à suivre nécessite une entrée dans le carnet de notes de terrain (section 6.0) afin de définir l’objectif de l’attribution du numéro d’opération.

4.4 SOUS-OPÉRATION

4.4.1 Sous-opération : définition

La sous-opération, ou le « numéro de sous-opération », est une subdivision d’une opération. Elle est identifiée par une lettre précédée du numéro d’opération.

2E1B Deuxième sous-opération (B) de la première opération du site 2E.

4.4.2 Sous-opération : application

Principe
  1. La stratégie de fouille la plus simple, mais pas toujours la plus satisfaisante, consiste à subdiviser les unités d’analyse du site, soit les opérations, en zones horizontales acceptables, les sous-opérations, qui sont fouillées en suivant les strates.
Valeurs
  1. Le critère « d’acceptabilité » noté ci-dessus fait référence à la supervision du travail ou des assistants, à la nécessité d’un enregistrement plus ou moins détaillé de la stratigraphie et aux techniques de fouille utilisées.
  2. En pratique, la sous-opération s’applique généralement aux plus petites unités de contrôle horizontal de fouille d’un site.
  3. La nécessité d’être flexible dans l’application du système de provenance, dont on a parlé plus haut, s’applique également à l’établissement des sous-opérations. L’archéologue doit être prêt à étendre ou à redéfinir les sous-opérations aux fins d’une bonne gestion des dossiers, à mesure que l’avancement des fouilles révèle les configurations et fonctions.

4.4.3 Sous-opération : attribution

Méthode
  1. Les lettres associées aux sous-opérations sont attribuées selon une séquence alphabétique (à l’exception de I, O et Z), à la discrétion du chercheur principal.
  2. Lorsque c’est possible, les sous-opérations sont traitées comme des unités d’analyse. Cette méthode facilite énormément l’utilisation subséquente des dossiers archéologiques.
Règles
  1. Les lettres I, O et Z ne doivent pas être utilisées (en raison d’une confusion presque certaine avec 1, 0 et 2).
  2. Les 23 sous-opérations disponibles (I, O et Z étant exclues) seront attribuées de façon consécutive comme une série de lettres uniques allant de A à Y.
  3. Les sous-opérations à double lettre, ou toute autre variation de cette nature, ne sont pas autorisées.
  4. La marche à suivre nécessite une entrée dans un carnet de notes de terrain ou une fiche, qui justifie l’attribution.
  5. Les sous-opérations considérées doivent être reportées sur un plan.
  6. Les vestiges archéologiques, laissés sur place ou prélevés, doivent être pris en note ou décrits.
  7. Les références de la carte ou du plan doivent être indiquées dans le carnet de notes de terrain.
  8. La couche ou l’événement, s’il y a lieu, doit être décrit.
  9. Un résumé des sous-opérations doit être enregistré soit dans le carnet de notes de terrain, soit sur une fiche de résumé de sous-opération (optionnel; voir annexe D), ou dans tout autre média approuvé par le gestionnaire de la GRC pour le centre de services concerné.

4.5 LOT

4.5.1 Lot : définition

Le lot est une subdivision de la sous-opération. Le numéro de lot est formé d’un nombre cardinal précédé de la lettre désignant la sous-opération :

2E1B7 Septième lot de la sous-opération B de la première opération du site 2E.

Le lot, à proprement parler, est la plus petite unité du système de provenance. Il représente donc normalement le niveau de localisation ou d’information contextuelle le plus précis défini par l’archéologue (Note : il est maintenant possible d’attribuer des coordonnées spatiales en trois dimensions aux numéros de catalogue d’objets (voir section 4.6)). Le lot fournit des mesures géographiques précises pour une fouille ou une reconnaissance.

4.5.2 Numéro de lot : application

Principes
  1. On attribue un numéro de lot à tous les vestiges trouvés lors de la fouille, à la discrétion de l’archéologue.
  2. On attribue idéalement des coordonnées spatiales à trois dimensions aux lots mais des coordonnées à deux dimensions devraient au minimum être attribuées.
  3. Un lot est corrélé avec une couche ou un niveau stratigraphique lorsque c’est possible.
  4. L’essentiel de la définition du lot se base sur les objets trouvés sur place et qui exigent des mesures précises, ainsi que sur les principes, valeurs et exigences en matière d’attribution.
Valeurs
  1. Les numéros de lot constituent les unités minimales de fouille au plan vertical, et ne doivent pas être confondus avec les sous-opérations, qui sont les unités minimales au plan horizontal.
  2. Le numéro de lot peut servir dans les cas suivants : $ le volume spatial d’une couche de dépôt ou d’un élément de structure à l’intérieur
    • d’une sous-opération;
    • un volume ou un niveau arbitraire de fouille à l’intérieur d’une sous-opération;
    • l’interface entre deux dépôts, où l’interface représente un événement unique dans la séquence de stratification (p. ex., la surface d’une fosse correspondant à l’événement de sa construction originale);
    • des groupes importants d’objets archéologiques;
    • des objets archéologiques individuels;
    • un échantillon de sol, de mortier, de charbon de bois ou d’autre matière;
    • des profils de tranchées excavées à la pelle mécanique;
    • des trous de forage (carottes de sondage).

Ces points sont décrits en détail à la section 4.11.4.

4.5.3 Numéro de lot : attribution

Méthode
  1. Les numéros de lot sont attribués en séquence, à la discrétion du chercheur principal.
Règles
  1. On attribue idéalement des coordonnées spatiales à trois dimensions à chaque lot, mais lorsque ce n’est pas possible, des coordonnées à deux dimensions peuvent au minimum être attribuées.
  2. Les aires considérées doivent être reportées sur un plan.
  3. Les vestiges archéologiques, laissés sur place ou prélevés, doivent être pris en note ou décrits.
  4. La marche à suivre nécessite une entrée dans le carnet de notes de terrain pour définir l’objectif de l’attribution du numéro de lot.
Pratique exemplaire

Il ne faut pas utiliser d’autres nombres ou des systèmes auxiliaires de numérotation (comme suffixes aux numéros de lot).

4.6 CATALOGAGE DES OBJETS SUR LE TERRAIN

On peut attribuer à un objet archéologique un numéro de catalogue d’objets auquel sont associées des coordonnées spatiales en trois dimensions sur le terrain, à la discrétion du chercheur principal. Les numéros de catalogue d’objets peuvent ajouter un autre niveau de précision pour la sélection d’emplacements ponctuels d’objets archéologiques dans un lot.

4.6.1 Numéro de catalogue d’objets : définition

Le numéro de catalogue d’objets est un caractère numérique attribué à un objet archéologique. Le caractère numérique suit la provenance complète et en est séparé par un trait d’union. C’est une façon de marquer un objet archéologique de façon qu’il puisse être distingué de tous les autres objets archéologiques trouvés dans le même lot.

Exemple
2E1B7-1 Premier objet catalogué du septième lot de la sous-opération B de la première opération du site 2E.

4.6.2 Numéro de catalogue d’objets : application

Principes
  1. Il faut à l’occasion cataloguer des objets archéologiques d’un lot et leur attribuer des coordonnées spatiales à trois dimensions sur le terrain.
  2. Les numéros de catalogue d’objets sont attribués aux objets archéologiques sur le terrain, à la discrétion du chercheur principal.
Valeurs
  1. Les numéros de catalogue des objets archéologiques sont, lorsqu’on leur a attribué des coordonnées spatiales à trois dimensions sur le terrain, les unités minimales auxquelles des coordonnées sont assignées.

4.6.3 Numéro de catalogue d’objets : attribution

Méthode
  1. Les numéros de catalogue d’objets sont attribués en séquence à des objets archéologiques choisis, à la discrétion du chercheur principal.
  2. Si on n’a pas assigné un numéro de catalogue à un objet archéologique sur le terrain, on peut le faire plus tard (p. ex., au laboratoire), en utilisant le lot comme niveau minimal auquel on assigne des coordonnées.
Règles
  1. On ne devrait assigner un numéro de catalogue qu’à un objet archéologique unique, comme une pointe de projectile ou des fragments d’un vase unique de céramique.
  2. Avant de commencer un projet de terrain, le chercheur principal devrait coordonner l’ assignation des numéros avec le responsable des collections ou le gestionnaire de la base de données archéologiques (selon le cas) pour établir quels sont les numéros de catalogue d’objets suivants qui sont disponibles.
  3. La pratique exemplaire consiste à assigner des coordonnées spatiales à trois dimensions à tous les objets archéologiques auxquels on a attribué un numéro de catalogue sur le terrain.
  4. Un numéro de catalogue d’objets ne devrait être assigné qu’à un objet archéologique contenu dans un lot.
  5. L’objet catalogué doit être reporté sur un plan si des coordonnées spatiales à trois dimensions ont été assignées.

4.7 SYSTÈMES DE QUADRILLAGE POUR LA FOUILLE

Lorsque des aires relativement grandes ne contenant aucun vestige de structure visible doivent faire l’objet d’une fouille, il peut être pratique de diviser les unités de fouille à l’aide d’un quadrillage. On peut procéder assez efficacement à l’identification du quadrillage en attribuant des numéros d’opération à des rangées de 23 carrés et des lettres de sous-opération aux carrés individuels (Fig. 1). Une variante intéressante de cette technique consiste à utiliser seulement 20 numéros de sousopération dans chaque opération (c.-à-d. rangées de 20 carrés) de manière à avoir des chiffres « ronds ».

SYSTÈMES DE QUADRILLAGE POUR LA FOUILLE

Figure 1. Exemple de lettres de sous-opération appliqués à un quadrillage d’unités de deux mètres. Redessiné par S. Savauge, d’après Parcs Canada (1978). N.B. des sections importantes ont été omises pour simplifier le schéma.

Il ne faut pas confondre cette marche à suivre, comme c’est souvent le cas, avec l’application d’un système de coordonnées cartésiennes utilisé pour situer les unités de fouille.

Il est préférable d’établir les unités de fouille selon un schéma lié à la disposition des structures ou des phénomènes d’origine culturelle du site ou, si l’information manque pour procéder de cette façon, d’effectuer des sondages en progressant en fonction des vestiges que la fouille révèle. Dans ce cas, le système de quadrillage est un moyen de faire un plan de la fouille et non pas de définir le schéma de cette dernière.

Il y a des cas où il est utile de définir le schéma de fouille à l’aide d’un quadrillage. Un échantillonnage aléatoire systématique d’une aire par la fouille d’un carré sur cent, par exemple, est l’un de ces cas. La fouille sur de grandes surfaces d’une aire d’intérêt où l’on procède d’abord à l’enlèvement de la couverture végétale puis à la fouille jusqu’à ce qu’on ait dégagé une unité stratigraphique complète est un autre de ces cas. De telles méthodes de fouille sont rarement utilisées lorsqu’il s’agit de lieux historiques de Parcs Canada et leur application, bien que correcte au plan méthodologique sur des sites particuliers, peut avoir des inconvénients importants pour les utilisateurs futurs de l’information à moins que les méthodes d’enregistrement ne soient soigneusement définies avant la fouille.

4.7.1 Épaves

Dans le cas d’épaves, un système de quadrillage arbitraire formé d’unités de 2 m x 2 m est généralement employé. Une ligne de référence est d’abord établie dans un plan longitudinal le long de la ligne centrale du vaisseau, ou aussi près que possible de cette ligne, en fonction des indications de la surface. Cette ligne devient la division entre les sous-opérations M et N. On établit ensuite des opérations de deux mètres de largeur à angle droit par rapport à la ligne de référence, qui s’étendent le long de la coque, en partant généralement de la poupe. On choisit le plus souvent des unités de deux mètres car cela permet d’utiliser des numéros d’opération pairs (p. ex., 2, 4, 6, 8, etc.). Les lettres de sous-opération de A à M couvrent le côté bâbord et de N à Y, le côté tribord. Dans la plupart des cas, comme les sites d’épave ont tendance à être relativement petits, il n’est pas nécessaire d’utiliser toutes les lettres pour les sous-opérations. Chaque provenance, jusqu’au niveau de la sous-opération, désigne une unité de quadrillage précise de 2 m x 2 m. On peut utiliser les numéros de lot de la façon habituelle pour identifier et situer les strates, les objets archéologiques, les aménagements, etc. Bien qu’arbitraire, ce système permet aux archéologues de déterminer assez précisément la partie d’un vaisseau désignée par un numéro de provenance.

4.8 BERMES

Une berme est un « mur » non fouillé qui est laissé entre des unités de fouille pour conserver un profil stratigraphique témoin. Des croquis à l’échelle des faces ou des profils des bermes constituent un témoignage de la stratification. Une fois ces croquis réalisés et l’enregistrement terminé, les bermes peuvent normalement faire l’objet d’une fouille. Voici certaines méthodes de fouille utilisées par les archéologues de Parcs Canada.

Contrôle stratigraphique sans bermes

La solution la plus facile à ce problème est de ne pas utiliser de bermes pour conserver un profil stratigraphique. On peut plutôt procéder à la fouille de sous-opérations en alternance en utilisant les sous-opérations laissées intactes comme si elles étaient des bermes. Cette méthode, qu’on appelle généralement le « modèle en échiquier » exige que les sous-opérations soient établies de façon rationnelle avant le début de la fouille.

Bermes comme sous-opérations distinctes

Cette méthode laisse des bermes étroites entre des unités de fouille plus grandes. Une fois la stratification enregistrée à partir des bermes, ces dernières sont fouillées comme sous-opérations distinctes, et on attribue normalement un numéro de lot à chaque couche. Cette méthode accroît le nombre de sous-opérations, qui doivent être enregistrées et définies (Fig. 2).

Bermes comme sous-opérations distinctes

Figure 2. Exemple de bermes comme sous-opérations distinctes. Redessiné par S. Savauge, d’après Parcs Canada (1978).

Fouille de la sous-opération en deux étapes

Selon cette technique, seule une partie d’une sous-opération est d’abord fouillée puis le reste est fait après l’enregistrement de la stratification. Par exemple, dans le cas d’une sous-opération qui mesure 1,25 m sur 1,25 m, il y a des bermes de 0,25 m de largeur le long des côtés nord et ouest de la sous-opération, qui seront fouillées une fois la stratigraphie consignée. (Fig. 3).

Fouille de la sous-opération en deux étapes

Figure 3. Exemple de bermes lors de la fouille de sous-opérations en deux étapes. Redessiné par S. Savauge, tiré de Parcs Canada (1978).

Lorsqu’on procède à la fouille de la berme, il faut utiliser des nouveaux numéros de lot. Cela permet d’éviter la confusion pour le personnel de laboratoire et élimine la tâche de consolider les assemblages d’objets archéologiques et les dossiers de terrain une fois les travaux de terrain terminés. Les lots ou événements peuvent être corrélés plus tard à l’aide d’une base de données.

4.9 AUTRES DÉFINITIONS

4.9.1 Découverte archéologique isolée

Les découvertes archéologiques isolées, souvent appelées « trouvailles isolées » ou « lieux de découverte ponctuelle », sont courantes lors des reconnaissances archéologiques. Le but de la présente section est d’offrir des paramètres pour identifier, enregistrer et rendre compte de ces découvertes. L’uniformité de l’enregistrement permettra de rendre compte plus précisément de nombreux sites archéologiques ou découvertes isolées administrés par Parcs Canada.

4.9.1.1 Découverte archéologique isolée : définition

Un objet archéologique unique qui se trouve ou se trouvait en surface, dans le sol, au-dessus du sol ou sous l’eau, comme une pointe de projectile unique ou des fragments d’un vase de céramique unique. L’archéologue peut, à sa discrétion, appliquer d’autres critères à la définition, à condition de donner une justification.

Règles
  1. Il faut enregistrer toutes les découvertes archéologiques isolées et leur attribuer un numéro de provenance.
  2. Les découvertes archéologiques isolées peuvent être signalées comme sites
    archéologiques à la discrétion du chercheur principal.
  3. Il faut mettre une note dans le carnet de notes de terrain pour justifier l’attribution de la désignation de site archéologique ou de découverte archéologique isolée.
  4. Dans une base de données archéologiques, il faut identifier une découverte archéologique isolée comme telle dans un seul champ. Il y a un champ qui correspond à « découverte isolée » dans la fiche d’inventaire des sites et le guide d’utilisation (voir annexe A), pour permettre l’extraction de cette donnée à partir d’une base de données.

4.10 RESSOURCE ARCHÉOLOGIQUE

« Ressource archéologique » est un terme générique souvent utilisé pour décrire les composantes d’un site archéologique auxquelles un numéro de provenance est normalement assigné, comme des objets archéologiques, des aménagements ou des structures. Le terme « ressource archéologique » est synonyme de « matériel archéologique » ou « élément archéologique ».

4.10.1 Ressource archéologique : définition

Toute preuve tangible d’activité humaine passée d’intérêt historique, culturel ou scientifique, comme un aménagement, une structure ou un objet archéologique qui se trouve dans un site archéologique ou en provient, ou qui est consigné comme découverte archéologique isolée.

4.11 SYSTÈME DE PROVENANCE : EXEMPLES D’APPLICATION

Voici des exemples d’application courante du système de provenance, comprenant notamment le numéro de site, l’opération, la sous-opération et le lot.

4.11.1 Numéro de site : exemples d’application

Cas A : Exemples types de numéros de site

Un numéro de site peut être assigné à un lieu historique national du Canada.

Exemples

5A LHNC de Cape Spear, St. John's, Terre-Neuve
8B LHNC de Grand-Pré, Grand-Pré, Nouvelle-Écosse
20H LHNC de la mission St. Louis, Victoria Harbour, Ontario

Un numéro de site peut aussi être attribué à un élément ou à une partie d’un lieu historique national ou encore à un élément d’un parc national.

Exemples

24G Fort No. 1, LHNC de Fort Lévis, Québec
1035G Gîte Wabenaki, PNC de la Mauricie, Québec

Cas B : Fouilles archéologiques

Dans de nombreux cas, l’identité historique ou culturelle de l’aire touchée par les activités archéologiques est bien définie. C’est le cas des forts, par exemple, Fort Gaspereau (1E), Fort Wellington (2H), Fort Langley (3T), des villages, par exemple, l’établissement Roma (1F), Beaubassin (7B), des structures individuelles, par exemple, la Vieille maison des Jésuites (1G), la cale sèche La Coup (4E), la maison du Colonel John By (17H) et des emplacements de batailles, comme la Bataille-du-moulin-à-vent (25H).

Les vestiges de structures ou d’aires d’activités ne peuvent souvent être identifiés avant qu’un certain travail de fouille ait été réalisé. C’est le cas, par exemple, du site de l’île Richardson, dans la réserve de parc national Gwaii Hanaas /site patrimonial Haida, en C.-B. En 1994, la composante surélevée de la plage a été identifiée sur la base de quelques éclats lithiques détachés d’un banc de gravier de 2 m de hauteur. Des dépôts archéologiques profondément stratifiés, datant de 9300 à 8300 BP, ont été découverts sous la surface dans des sondages de 1 mètre carré effectués en 1995 et 1997. Toutefois, ce n’est qu’en 2001 et 2002, lorsqu’un projet mené en collaboration par l’université de Victoria et Parcs Canada a permis de découvrir une aire plus grande, qu’un certain nombre d’aires d’activités ont été identifiées (notamment des foyers, des stations de taille, des vestiges structuraux). Ces découvertes étaient enfouies sous 3 à 4 m de graviers régosoliques.

Le LHNC de Red Bay (24M), au Labrador, est un autre exemple. Deux ou trois semaines de fouilles exploratoires subaquatiques ont été nécessaires pour mettre au jour suffisamment de vestiges structuraux et d’objets archéologiques pour identifier de façon certaine un baleinier basque du 16e siècle.

Cas C : Exemples d’exception

À la forteresse de Louisbourg, en raison de la taille du projet archéologique, le « site » est divisé en un grand nombre d’aires de superficie acceptable, dans lesquelles les numéros de sites individuels, 1L, 2L, 3L, etc. correspondent aux îlots des villes françaises du 18e siècle : îlot 1, îlot 2, etc. Au site de Restigouche, les numéros de site sont attribués aux vestiges individuels de l’engagement : 1M Bienfaisant, 2M Machault, etc.

À Fort Walsh, le numéro de site 7N est attribué au poste de la P.C.N.-O. lui-même et les postes Farewell et Solomon (6N) ainsi que le site de la ville Fort Walsh (8N) ont des numéros distincts, bien qu’ils y soient étroitement associés, mais différents au plan culturel et social.

Cas D : Reconnaissances archéologiques

Dans les parcs nationaux de la Colombie-Britannique, on assigne un numéro de site individuel à tous les sites archéologiques. Dans la RPN/SPH Gwaii Haanas, par exemple, plus de 600 sites ont été répertoriés, allant de gros villages à des amas coquilliers ou des petites nappes d’éclats lithiques.

Exemples

766T Arrow Creek, site lithique de 8000 ans
1007T piège à poissons de 300 ans (sans nom)

4.11.2 Opération : exemples d’application

Cas A : Exemples types de numéros d’opération

24G1 Première opération du site 24G, LHNC de Fort Lévis, Fort No. 1, Québec 1H13
Treizième opération du site 1H, LHNC du Fort St. Joseph, Joseph's Island, Ontario
21N97 Quatre-vingt-dix-septième opération du site 21N, LHNC de Batoche, Saskatchewan

Cas B : Définition d’unités culturelles significatives

L’expérience de ce système de provenance a mené à l’élaboration d’une méthode relativement standard pour établir le schéma de fouille des archéologues de Parcs Canada : lorsque c’est possible les aires d’un site qui ont une importance culturelle sont désignées comme opérations individuelles.

Par exemple, pensons à un site hypothétique qui serait formé de deux bâtiments séparés et de trois secteurs (Fig. 4). Le bâtiment principal, une maison, comprend quatre pièces et une remise attenante. L’autre bâtiment est un hangar qui comporte des divisions. Entre les deux bâtiments se trouve une cour. Derrière la maison il y a un jardin et devant, un chemin. Chaque pièce de la maison, y compris la remise attenante, reçoit un numéro d’opération différent. Le hangar forme la sixième opération et la cour, le jardin et le chemin reçoivent les numéros d’opération sept, huit et neuf respectivement. Les aires ou les bâtiments, distincts mais non identifiés (p. ex. à côté de la maison et derrière le hangar) reçoivent chacun de nouveaux numéros d’opération.

Définition d’unités culturelles significatives

Figure 4. Exemple de numéros d’opération appliqués à des structures et à des aires d’activités. Redessiné par S. Savauge, d’après Parcs Canada (1978).

Cette méthode est plus facile à appliquer lorsqu’il existe de la documentation sur l’aspect historique du site qui peut éclairer l’archéologue sur la disposition des structures étudiées ou encore s’il y a suffisamment de vestiges de structures sur le site pour suggérer un schéma valable des opérations avant le début de la fouille. En fait, plus souvent qu’autrement, aucune de ces situations ne se produit dans les sites étudiés par Parcs Canada.

Toutefois, cette méthode peut être utilisée en l’absence de signes clairs de la disposition des structures avant la fouille, lorsqu’il est nécessaire de faire d’importantes tranchées d’essai, si l’archéologue est prêt à attribuer de nouveaux numéros d’opération ou à redéfinir des numéros déjà assignés à mesure que des vestiges de structures ou d’aires d’activités distinctes sont découverts par la fouille.

Cas C : Directives pour l’utilisation et l’attribution des opérations

La clé pour une utilisation efficace du système de Parcs Canada repose dans l’application adéquate des numéros d’opération. Si le numéro d’opération est appliqué à des unités culturelles significatives sur un site, comme des structures ou des aires d’activités, le système offrira une méthode facile pour indexer les dossiers sources du site et pour communiquer la stratégie de fouille à d’autres chercheurs. Si les opérations sont appliquées uniformément d’une manière arbitraire et artificielle sans égard aux structures, aménagements ou aires d’activités, elles deviennent une étape supplémentaire inutile dans le système de provenance, une unité avec laquelle on doit composer mais qui n’ajoute rien à la compréhension de la fouille.

Par exemple, il est beaucoup plus facile de comparer des objets archéologiques de l’intérieur d’une structure à ceux de l’extérieur si l’on peut chercher tous les objets de l’opération un pour les comparer à ceux de l’opération deux. Cela peut être aussi pratique et efficace lors de la recherche de dossiers d’images, de plans, de pages de carnet de notes ou de tout autre fichier source. La recherche d’informations similaires à propos d’un site qui a fait l’objet d’une fouille où les numéros d’opération sont arbitraires et sans signification nécessite un examen attentif du plan des unités de fouille pour déterminer quels numéros de provenance se rapportent aux aires en question, suivi d’une recherche dans tout le fichier des matières, objets archéologiques ou documents pour localiser les sources liées aux provenances requises.

Cette application des numéros d’opération aux unités d’analyse du site est essentielle pour une utilisation subséquente efficace des données par l’archéologue et les chercheurs associés aux collections qui doivent travailler avec ces numéros. Il est crucial de garder cet aspect à l’esprit quand vient le temps de planifier la stratégie de fouille, ainsi que d’adopter une attitude flexible dans l’application et la définition des provenances.

4.11.3 Sous-opération : exemples d’application

Cas A : Exemples types de numéro de sous-opération

8R1B Deuxième sous-opération (B) de la première opération du site 8R, Nottingham House, Lac Athabaska, Alberta.
4H9C Troisième sous-opération (C) de la neuvième opération du site 4H, Fort Malden, Amherstburg, Ontario.

Cas B : Sous-opérations comme unités d’analyse

Il est très souhaitable, lorsque c’est possible, de traiter les sous-opérations comme des unités d’analyse, car cela facilite énormément l’utilisation subséquente des dossiers. Par exemple, une petite structure découverte dans une opération pourrait être divisée en sous-opérations sur la base de ses divisions structurales ou fonctionnelles (Fig. 5), plutôt qu’en aires arbitraires bien que pratiques.

Sous-opérations comme unités d’analyse

Figure 5. Exemple du plan de fouille d’une sous-opération, selon les opérations illustrées à la Figure 4. Cet exemple comprend l’ajout de deux sous-opérations (3K7A et 3K7B) au-delà de 3K1. Redessiné par S. Savauge, d’après Parcs Canada (1978).

4.11.4 Numéro de lot : exemples d’application

Cas A : Exemples types de numéro de lot

1G1A1 Le premier lot de la première sous-opération (A) de la première opération du site 1G, Vieille maison des Jésuites, Sillery, Québec.
3X15N7 Septième lot de la treizième sous-opération (N) de la quinzième opération du site 3X, Quartzite Island, Rankin Inlet, Territoires du Nord-Ouest.
1127T12H10 Dixième lot de la huitième sous-opération (H) de la douzième opération du site1127T, Île Richardson, RPN/LPH Gwaii Hanaas, Colombie-Britannique.

Cas B : Exemples spécifiques d’application de numéros de lot

Voici maintenant des scénarios qu’on retrouve fréquemment sur le terrain et les méthodes d’enregistrement recommandées.

Couche de dépôt

Lorsque l’archéologue souhaite identifier et enregistrer une couche de sol dans une sous-opération, il peut lui assigner un numéro de lot distinct. Pour les sites stratifiés, le lot peut être utilisé pour définir une unité stratigraphique (normalement une couche naturelle ou arbitraire) ou un aménagement.

Dans ce cas, le numéro de lot correspond à une provenance tridimensionnelle et, par extension, à tous les objets archéologiques contenus dans ce volume. Normalement, on attribue un numéro de lot à chaque couche de sol qui se trouve dans une sous-opération, qu’elle contienne ou non des objets archéologiques.

Cette application des numéros de lot à des couches est l’utilisation la plus courante de ces numéros dans les sites fouillés par Parcs Canada.

Élément de structure

Lorsque l’archéologue souhaite fouiller, enregistrer ou enlever un élément de structure, il peut attribuer un numéro de lot à cet élément dans la sous-opération.

Les objets archéologiques mis au jour dans le volume d’un élément de structure fouillé peuvent faire partie du lot ou on peut leur attribuer des numéros de lot additionnels comme objets archéologiques individuels ou comme groupes significatifs d’objets archéologiques, au besoin.

Niveau arbitraire

Lorsque l’archéologue souhaite fouiller des niveaux définis de façon arbitraire, il peut attribuer un numéro de lot à chaque niveau.

Par exemple, lors de la fouille d’un puits où il n’y a pas de couches discernables dans le contenu, on utilise des niveaux arbitraires pour conserver un témoin vertical. On peut attribuer un numéro de lot à chaque niveau arbitraire, qu’il contienne ou non des objets archéologiques.

Interface de stratification

Lorsque l’archéologue souhaite enregistrer la provenance d’un aménagement qui est représenté par une interface entre des strates, il peut attribuer un numéro de lot à cette interface.

Par exemple, la fouille peut révéler la tranchée d’une route plane aménagée dans une colline. On peut attribuer un numéro de lot à la ligne de la tranchée pour la différencier du matériel dans lequel elle a été creusée et du matériel qui s’est ensuite accumulé au-dessus de la ligne de tranchée. Dans ce cas, la provenance sera une surface plutôt qu’un volume, représentant un événement précis.

Objets et échantillons archéologiques

Un certain nombre de méthodes ont été utilisées pour enregistrer les objets et échantillons archéologiques mis au jour lors des fouilles et des reconnaissances. La méthode choisie dépend des besoins de la recherche et du chercheur principal.

  1. Objets archéologiques dans le volume fouillé : On donne généralement aux objets archéologiques le numéro de lot du volume de fouille donné dans lequel ils ont été découverts. Tous les objets archéologiques compris dans ce volume (p. ex., une couche naturelle ou arbitraire, un aménagement) peuvent avoir le même numéro de lot/de provenance. Les objets archéologiques sont catalogués ou inventoriés en séquence par provenance aussitôt que possible.
  2. Objets archéologiques individuels : Lorsqu’un objet archéologique fait l’objet d’une fouille ou d’une reconnaissance et que l’archéologue veut enregistrer son emplacement précis, il peut lui attribuer un numéro de lot distinct. Il faut noter que bien que cette pratique ait été utilisée à de nombreux sites au cours des années, l’attribution de numéros de catalogue d’objets, avec les coordonnées spatiales en trois dimensions enregistrées sur le terrain, est maintenant encouragée, lorsque c’est possible (voir section 4.6).

    Dans certains cas, cette dernière pratique peut même être préférée. Par exemple, lors de la fouille des vestiges d’un bâtiment, on peut situer précisément chaque pièce de quincaillerie (serrures, loquets, charnières, etc.) par des coordonnées et lui assigner un numéro de lot unique. On peut également attribuer des numéros de lots distincts, par exemple, dans le cas d’objets archéologiques diagnostiques répartis sur une grande étendue dans un site préeuropéen. Cette méthode assure que l’enregistrement de l’emplacement exact d’un objet archéologique n’est pas « perdu » par rapport à l’objet même.
  3. Groupes significatifs d’objets archéologiques : Lorsqu’un groupe d’objets archéologiques est découvert lors d’une fouille ou d’une reconnaissance et que l’archéologue veut enregistrer son emplacement, il peut lui attribuer un numéro de lot distinct.

    Par exemple, lors de la fouille d’un bâtiment, l’archéologue peut vouloir enregistrer l’emplacement exact de concentrations de verre à vitres. Ainsi, tout regroupement de verre à vitres peut recevoir un numéro de lot et les coordonnées du groupe peuvent être enregistrées.

    De même, un site ayant fait l’objet d’une reconnaissance peut contenir un groupe de produits de débitage lithique dont l’archéologue veut consigner l’emplacement exact. L’archéologue peut attribuer un numéro de lot, des coordonnées en trois dimensions et d’autres critères (voir section 4.12) à ce groupe.

    Une autre situation fréquente est la découverte d’un objet brisé, dont la majeure partie se trouve sur une petite surface. On peut donner aux fragments un numéro de lot distinct, dont les dossiers vont conserver l’identité et l’emplacement.
  4. Échantillon : Lorsque l’archéologue prélève un échantillon de sol, de mortier, de charbon de bois ou d’autre matière découvert lors d’une fouille, il peut attribuer un numéro de lot distinct à l’échantillon, et enregistrer l’emplacement, exactement comme dans le cas d’un objet archéologique individuel.
Profil de tranchée excavée à la pelle mécanique

On peut attribuer un numéro de lot à une strate d’une partie précise d’une tranchée, comme on peut en découvrir lors de travaux d’excavation à la pelle mécanique.

Trous de sondage/Carottes d’échantillonnage

On peut attribuer une lettre de sous-opération à chaque trou de sondage ou carotte d’échantillonnage, ainsi qu’un numéro de lot à chaque strate ou couche. Si la couche inférieure d’une carotte est la même que la couche supérieure de la carotte suivante, elles peuvent porter le même numéro de lot.

4.12 DONNÉES ET MÉTADONNÉES : NORMES POUR LA PROVENANCE

Depuis quelques années, l’utilisation des outils informatiques pour traiter, repérer et analyser les données et renseignements archéologiques s’est accentuée de façon exponentielle. La responsabilité de la conservation des données archéologiques a été répartie dans tout le pays, principalement dans les centres de services de Parcs Canada, mais les données doivent toujours être formulées dans le cadre du système de provenance et des normes d’enregistrement de Parcs Canada. Les éléments essentiels de ces normes doivent assurer que les provenances archéologiques comprennent l’information requise pour les ressources archéologiques de Parcs Canada, et que les données et métadonnées associées sont disponibles à long terme. De plus, ces normes doivent suivre l’évolution des nouvelles technologies et applications informatiques et permettre l’échange efficace de données électroniques, au sein des bases de données et entre elles, et faciliter les initiatives nationales et l’adaptation aux changements qui surviennent dans les divers paliers de compétence dans le temps.

Pour répondre à ces exigences, les normes relatives aux données et métadonnées de provenance archéologique sont fournies dans les paragraphes qui suivent. Ces normes sont requises par toutes les bases de données archéologiques de Parcs Canada pour faciliter la production, la récupération et l’échange de données archéologiques, à l’interne comme à l’externe. Bien qu’il ne soit pas nécessaire que la base de données comme telle intègre toutes les normes de données dans sa conception interne et sa structure de données, elle doit être en mesure de produire l’information conformément aux normes suivantes. Ces normes seront utilisées dans tout transfert d’information, y compris les rapports imprimés et les fichiers de données communiqués à d’autres unités ou organismes, et peut-être dans l’accès à la base de données par Internet. Il est également recommandé, comme pratique exemplaire, que chaque base de données archéologiques intègre ces normes dans sa conception et sa structure de données réelles.

4.12.1 Numéro de site

Format
  1. Le numéro de site est une combinaison de deux champs ou entités distincts : un champ numérique (caractère numérique) suivi d’un champ alphabétique (caractère alphabétique majuscule) pour le code de province ou de territoire (Tableau 2). Il peut être possible de séparer un numéro de site en deux composantes (champs) à des fins de transfert de données.
Données et métadonnées associées et obligatoires
  1. Toutes les données obligatoires (et optionnelles) relatives aux sites archéologiques de Parcs Canada sont présentées dans la « Fiche d’inventaire des sites archéologiques de Parcs Canada » et dans le guide associé (annexe A).

4.12.2 Opération

Format
  1. Doit être présentée comme un champ numérique.
  2. Le numéro d’opération doit être unique au site.
Données et métadonnées associées et obligatoires
  1. Doit indiquer la date d’attribution (tirée des notes de terrain; selon le format aaaa-mm-jj).
  2. Doit comprendre la référence au carnet de notes de terrain ou la définition et la justification de l’opération.
  3. Doit comprendre le nom complet ou le numéro de personnel de terrain de l’archéologue qui a attribué le numéro d’opération.
  4. Doit comprendre le nom de l’opération, s’il y a lieu.
  5. Doit comprendre le numéro de site associé à l’opération.
  6. Si l’opération est un « numéro de site de reconnaissance », inclure toute l’information requise pour le champ du site.

4.12.3 Sous-opération

Format
  1. Doit être présentée comme un champ distinct alphabétique (texte) en majuscules.
  2. Doit être unique à l’opération qu’elle représente.
Données et métadonnées associées et obligatoires
  1. Doit indiquer la date d’attribution (tirée des notes de terrain; selon le format aaaa-mm-jj).
  2. Doit comprendre les numéros de site et d’opération associés.
  3. Doit comprendre la référence au carnet de notes de terrain ou la définition et la justification de la sous-opération.
  4. Doit comprendre le nom complet ou le numéro de personnel de terrain de l’archéologue qui a attribué le numéro de sous-opération.
  5. Doit comprendre les dimensions de la sous-opération.

4.12.4 Lot

Format
  1. Doit être présenté comme un champ distinct selon un format numérique.
  2. Doit être unique à la sous-opération qu’il représente.
  3. Ne doit pas être subdivisé en unités plus petites.
Données et métadonnées associées et obligatoires
  1. Doit indiquer la date d’attribution (tirée des notes de terrain; selon le format aaaa-mm-jj).
  2. Doit indiquer le niveau de GRC.
  3. Doit comprendre la référence au carnet de notes de terrain ou la définition et la justification du lot.
  4. Doit comprendre l’identification du lot (c.-à-d. volume dans l’espace, échantillon, objet archéologique, pièce de charpente, etc.).
  5. Doit indiquer l’archéologue (numéro de personnel de terrain ou nom complet) qui a assigné le numéro de lot.
  6. Doit indiquer les numéros des sites, opérations et sous-opérations associés.
  7. Doit fournir les coordonnées spatiales du lot en deux ou trois dimensions, notamment :
    • le point de référence utilisé pour ce lot (si on utilise des distances mesurées);
      • le système de référence nord-américain en cas d’utilisation d’un GPS (NAD 83 ou NAD
      • 27. NAD 83 est recommandé);
    • la méthode d’acquisition des données spatiales (p. ex. théodolite, GPS, ruban à mesurer) et une évaluation de sa précision;
    • la direction de la mesure (à partir du coin nord-est) pour les distances mesurées;
    • les unités de mesure (les unités métriques sont recommandées).

4.12.5 Numéro de catalogue d’objets

Ces normes s’appliquent seulement à un objet archéologique auquel on a attribué à la fois un numéro de catalogue et des coordonnées sur le terrain.

Format
  1. Doit être présenté comme un champ distinct en format numérique.
  2. Doit être unique au lot dans lequel il est compris.
  3. Ne doit pas être subdivisé en unités plus petites.
Données et métadonnées associées et obligatoires
  1. Doit indiquer la date d’attribution (tirée des notes de terrain; selon le format aaaa-mm-jj).
  2. Doit comprendre la référence au carnet de notes de terrain ou la définition et la justification de l’attribution d’un numéro de catalogue à l’objet archéologique.
  3. Doit indiquer le nom de l’objet archéologique (format : nom de l’objet, descripteur; vocabulaire choisi recommandé), le type et la description du matériel et l’évaluation de l’état selon les plus récentes normes de gestion des collections; il peut être basé sur la liste des noms d’objets archéologiques d’un centre de services donné.
  4. Doit identifier l’archéologue (numéro de personnel de terrain ou nom complet) qui a attribué le(s) numéro(s) de catalogue d’objets.
  5. Doit indiquer le numéro de lot associé.
  6. Doit fournir les coordonnées spatiales en deux ou trois dimensions, notamment :
    • le point de référence utilisé pour le lot qui comprend l’objet (si on utilise des distances mesurées); de plus, dans les cas où on possède l’information indiquer:
    • le système de référence nord-américain (NAD 83 ou NAD 27. NAD 83 est recommandé);
    • la méthode d’acquisition des données spatiales (théodolite, GPS, ruban à mesurer) et une évaluation de sa précision;
    • la direction de la mesure (à partir du coin nord-est) pour les distances mesurées;
    • les unités de mesure (les unités métriques sont recommandées).

4.12.6 Notes

  1. Les champs de données associées et obligatoires sont le minimum requis pour que l’information puisse être évaluée et utilisée par quiconque travaille avec les résultats. D’autres champs associés peuvent être ajoutés pour s’adapter à l’objectif visé par les données.
  2. Des champs de métadonnées additionnels peuvent devoir être incorporés à une date ultérieure pour respecter la norme nationale sur les métadonnées adoptée par Parcs Canada (voir Parcs Canada, 2001) pour l’enregistrement de l’information sur le patrimoine culturel.
  3. S’il manque de l’information dans la base de données pour un champ de données obligatoires, le titre doit quand même être inclus et accompagné d’une note explicative, qui indique l’absence de l’information dans la base de données et la façon de l’obtenir.
  4. Il n’est pas nécessaire de répéter de l’information identique dans chaque dossier en autant que l’information soit présente et que les associations soient claires. Par exemple, dans un rapport sur tous les lots du site 1K, soit le LHNC de Lower Fort Gary, l’information obligatoire sur le site doit être présentée une fois et l’information sur les opérations doit être présentée une fois pour chaque opération. De même, si les coordonnées spatiales de tous les lots ont été établies à l’aide du même système de référence et de mesure, alors ce système ne doit être décrit qu’une fois.
  5. Les données associées et obligatoires peuvent être présentées comme des champs dans la base de données ou comme notes dans le fichier (elles peuvent être associées à un document de traitement de texte comme « propriétés » par exemple), mais elles doivent être liées intégralement à l’information.

< Page précédente  | Table des matières  | Page suivante >