Rapports

Le vélo de montagne: Une analyse documentaire sur les effets écologiques, The Miistakis Institute, Faculté de conception de l’environnement- Université de Calgary, pour Parcs Canada, Février 2010

Note: Veuillez prendre note que le rapport complet est uniquement disponible en anglais. Pour obtenir le rapport ou si vous avez besoin d’autres informations n’hésitez pas à contacter Julie Lefebvre de l'équipe des activités récréatives et installations par courriel ou au 819-934-1113.

Sommaire

Parcs Canada a fait établir la présente analyse documentaire dans le but de contribuer à l’évaluation nationale du vélo de montagne pour les aires patrimoniales protégées du Canada et de résumer la nature des effets ou des perturbations écologiques découlant de cette activité. Pour ce faire, on a rassemblé le plus de documents possible sur le vélo de montagne (articles, rapports, thèses, etc.) en réalisant des recoupements et des travaux de recherche poussés au moyen des bases de données pertinentes de la bibliothèque de l’Université de Calgary, en menant des recherches Internet grâce aux moteurs de recherches les plus couramment utilisés et en effectuant un examen ciblé de diverses associations bien connues dans le domaine du vélo de montagne et des sentiers. De ces documents, on n’a ensuite retenu que ceux portant sur les effets écologiques de l’activité. La recherche dont il est question dans le présent rapport s’inscrit dans un effort complémentaire de compréhension des effets démographiques, sociaux et culturels du vélo de montagne en tant qu’activité récréative.

Le vélo de montagne est une activité récréative populaire et florissante. Cependant, ses effets écologiques sont plutôt méconnus, et il n’existe que très peu d’articles scientifiques évalués par les pairs sur le sujet, comparativement aux autres activités de plein air. Le premier objectif de la présente analyse documentaire était de fournir un examen comparatif des effets relatifs de quatre sous-disciplines distinctes du vélo de montagne, soit le cross-country, le freeride, la descente et les parcs de vélo/sauts en terre battue. Toutefois, le manque de documentation publiée sur ces sous-disciplines ou le manque de comparaisons entre elles rend cette tâche impossible. Par conséquent, la présente analyse concerne principalement le cross-country. En ce qui concerne les effets spécifiques associés au vélo de montagne et aux caractéristiques de l’infrastructure des autres types d’utilisation, on a constaté qu’il y avait une lacune considérable sur le plan des comptes rendus de recherche.

On a mené la présente analyse documentaire dans le cadre de l’écologie de récréation – l’étude des effets biophysiques des activités récréatives. L’une des généralisations théoriques les plus importantes que l’on peut tirer de l’écologie de récréation a trait à la relation non linéaire entre l’utilisation et les effets qui en découlent. En termes simples, l’existence d’une relation utilisation-effets de nature non linéaire tend à montrer que la majeure partie des effets écologiques se manifestent lors de la période d’initiation et des premières utilisations d’une nouvelle installation ou infrastructure. Ce phénomène a été clairement établi dans le cas d’une grande variété de sols et de végétation, et laisse entendre que la majorité des effets sur l’environnement se produisent lors de l’aménagement d’un sentier ou de la construction d’une installation.

La présente analyse a été réalisée suivant l’approche utilisée dans la majorité des documents sur l’écologie récréative, qui consiste à explorer individuellement les effets écologiques de l’activité sur quatre grandes catégories, soit les sols, la végétation, l’eau et la faune. Bien que ce cadre fournisse une structure utile favorisant l’examen des effets de l’activité récréative, il est essentiel de reconnaître qu’entre ces différentes catégories, il existe des liens, des réactions et des synergies. En définitive, il faut connaître la nature cumulative et synergétique des effets de la perturbation pour arriver à les contrer.

Selon les documents consultés, les effets qu’entraîne sur l’environnement le vélo de montagne en tant que perturbation anthropique sont similaires à ceux découlant des autres formes activités de sentier pratiquées pendant la saison estivale. Les effets du vélo de montagne sur les sols et la végétation sont, des quatre catégories, ceux qui ont reçu le plus d’attention et fait l’objet du plus d’examens expérimentaux. Les recherches étaient principalement axées sur l’érosion quantifiable (créée par les forces de cisaillement) et sur la compaction (créée par les forces normales) qui résultent de l’utilisation du vélo de montagne et se combinent pour créer une « bande de roulement ». Parmi les autres préoccupations figurent aussi l’écoulement de l’eau et l’amenée de sédiment qui en résulte (l’érosion) ainsi que l’évitement des passages boueux et glaisés entraînant l’élargissement des sentiers. Comme pour les autres formes d’activités de sentier (par exemple, la randonnée et l’équitation), la recherche montre que le type de sol (caractère érodable), le relief du terrain et le taux d’humidité ont une grande incidence sur l’importance des effets du vélo de montagne sur les sols. Des chercheurs indiquent que les techniques de vélo et le degré d’habileté peuvent aussi avoir une incidence; en effet, le freinage, le dérapage et les virages dans les sentiers en lacet peuvent entraîner des dommages importants. Les dommages causés par le piétinement ainsi que l’élimination de la végétation suivent la relation utilisation-effets non linéaire décrite plus haut; des chemins dépourvus de végétation se forment malgré une utilisation relativement modérée des sentiers. Le fait que les sentiers de vélo de montagne constituent un vecteur de propagation d’espèces végétales exotiques soulève également des préoccupations, mais il n’existe pas suffisamment de travaux d’observation sur le sujet pour permettre de tirer des conclusions autres que celles qui existent déjà pour les sentiers de randonnée et d’équitation. Dans le cadre de la présente analyse, il a été impossible de trouver des documents publiés concernant les effets du vélo de montagne sur la qualité de l’eau.

Les effets du vélo de montagne sur la faune sont principalement liés à la modification de l’habitat, qui découle de l’incidence sur les sols et la végétation, et à la perturbation causée par l’utilisation quotidienne ou saisonnière de l’habitat. L’importance de la perturbation est liée au type et au temps d’utilisation, ainsi qu’à son intensité, à sa durée et à sa distribution spatiale. L’une des principales caractéristiques de la perturbation de la faune qu’entraîne le vélo de montagne résulte de la vitesse relative des vététistes et du caractère potentiellement silencieux de l’activité. Un vététiste silencieux roulant relativement rapidement peut s’approcher d’un animal sans se faire repérer et s’aventurer à l’intérieur de la « zone normale de fuite ». Dans une telle situation, les animaux sauvages peuvent avoir une vive réaction de sursaut entraînant des conséquences graves pour l’animal ou pour le vététiste. Le grizzly, par exemple, peut adopter un comportement agressif envers le vététiste. Selon une étude, la réaction que produit un vététiste sur le bison, le wapiti et l’antilocarpe ne serait pas tellement différente de celle que produit un randonneur.

La présente analyse montre clairement qu’il existe des lacunes importantes dans les documents publiés et que, pour cette raison, il est très difficile d’évaluer les effets écologiques du vélo de montagne. Parmi les lacunes les plus importantes, on trouve celles qui suit : 1) Jusqu’à aujourd’hui, on a mené peu d’études interdisciplinaires documentées sur les effets sociaux et environnementaux découlant du vélo de montagne. 2) On en connaît très peu sur l’écologie récréative liée au vélo de montagne au Canada; comme un grand nombre d’effets environnementaux varient en fonction des caractéristiques géophysiques régionales, l’application des résultats de recherche obtenus dans d’autres biomes et types de paysages peut d’avérer problématique. De plus, très peu d’études ont été menées à l’extérieur des aires montagneuses et de haut-relief. 3) Aucun travail de recherche n’a été publié concernant les effets environnementaux du vélo de montagne sur l’eau. 4) Il serait utile de mener davantage de recherches axées sur les effets du vélo de montagne sur la faune. 5) Les recherches actuelles mettent principalement l’accent sur le type d’activité récréative, mais se concentrent peu, voire pas du tout, sur le temps, l’intensité, la durée et la distribution spatiale de l’activité. De plus, on trouve peu d’information permettant de faire la différence entre les différentes disciplines de vélo de montagne. 6) Il faudrait absolument effectuer des recherches sur les effets cumulatifs de l’activité récréative humaine dans les aires protégées. Il est notamment essentiel de déterminer les limites associées à la fréquence, au temps et au type d’utilisation, ainsi qu’à sa distribution.