Désignations historiques nationales reliées à la communauté noire au Canada

Il existe présentement 12 personnages historiques nationaux, 12 lieux historiques nationaux et 7 événements historiques nationaux reliés à la communauté noire au Canada.

Personnages historiques nationaux

Colombie-Britannique

Mifflin Gibbs
Mifflin Gibbs
© Schomburg Centre for Research in Black Culture, New York Public Library

Personne d'importance historique nationale du Mifflin Gibbs
1823-1913
Victoria (C. B.)
Date de désignation : 2009
Plaque : En instance

Importance : Mifflin Gibbs est l'un des principaux instigateurs de la migration de quelque 800 Afro-Américains libres de la Californie vers la Colombie-Britannique en 1858. Il représente un groupe d'hommes d'affaires noirs instruits, ambitieux et prospères qui prennent la direction du nord, désireux de devenir de loyaux citoyens britanniques. Né en Pennsylvanie, Mifflin Gibbs devient, au cours de sa jeunesse, un activiste dans la lutte contre l'esclavage. En 1849, il s'établit en Californie où il lance une entreprise prospère et continue à lutter pour les droits civils. Afin d'échapper à la discrimination qui sévit à San Francisco, Gibbs arrive à Victoria en 1858, chargé de biens qu'il veut vendre aux prospecteurs d'or. Il investit en outre dans l'extraction des ressources, la construction du chemin de fer et le commerce dans la province. Surtout, il devient porte-parole de la communauté noire, rédige des articles de journal éloquents et défend sa collectivité contre les attaques raciales. En 1866, il est élu conseiller municipal et en 1868 il est choisi pour débattre de l'entrée de la province dans la Confédération canadienne. Déçu des politiques raciales de Victoria, il retourne aux États-Unis en 1870, y étudie le droit et devient le premier juge noir de la cour municipale d'Amérique.

Nouvelle-Écosse

William Hall
William Hall
© Bibliothèque et Archives Canada / C-8759

Personne d'importance historique nationale du William Neilson Hall, V.C.
1827-1904
Summerville (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 2008
Plaque : En instance

Importance : William Hall est le premier Noir (et le premier Néo-Écossais toutes races confondues) décoré de la croix de Victoria. Sa mise en candidature pour cet honneur aide à définir des critères d'admissibilité sans égard à la race. Matelot dans la Marine britannique, Hall est un modèle de loyauté envers la Couronne. Il illustre encore de nos jours le respect que les personnes de couleur pouvaient se mériter dans le service militaire au milieu du XIXe siècle. Enfant d'anciens esclaves né dans le milieu rural de la Nouvelle-Écosse, William Hall entre au service de la marine marchande dès son jeune âge, puis s'enrôle dans la Marine britannique. Au cours de sa carrière qui dure 21 ans, il est reconnu pour sa conduite exemplaire et il gravit les échelons pour atteindre le rang le plus élevé à la portée d'un simple marin. Hall vit ses premiers combats pendant la guerre de Crimée (1853-1856). C'est toutefois au cours de la mutinerie en Inde, en 1857, qu'il se distingue par sa bravoure dans le feu de l'action, alors qu'il se porte volontaire pour aider à lever le siège de Lucknow. Il prend finalement sa retraite en Nouvelle-Écosse, où il fait l'acquisition d'une petite ferme où il vivra discrètement et modestement le reste de sa vie.

Sam Langford
Sam Langford, aux environs de 1910.
© Library of Congress

Personne d'importance historique nationale - Sam Langford
1886-1956
Weymouth Falls (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 1987
Plaque : 1992

Importance : Sam Langford est reconnu à la fois en tant qu'héros de la boxe au Canada et symbole tragique de la discrimination dans le sport. Langford devient presque une légende, même s'il ne pourra jamais remporter de titre à la boxe en raison de sa race. Pour échapper à un père violent, le jeune Sam s'enfuit à Boston où il commence sa carrière professionnelle à l'âge de 16 ans. Il n'est pas grand – à peine 5 pieds 7 pouces – et il ne pèse que 151 livres lorsqu'il se mesure au boxeur le plus craint de l'histoire, le légendaire Jack Johnson, qui mesure 6 pieds et pèse 187 livres. Loin d'envoyer son jeune opposant au tapis en quelques minutes, Johnson doit boxer pendant 15 rounds avant qu'une décision ne soit prise en sa faveur; par la suite, il refusera d'affronter Langford. En dépit du fait que sa race l'empêche de participer au championnat, Langford continue de monter dans l'arène et pendant une longue carrière, il se bat avec des hommes beaucoup plus gros et beaucoup plus lourds que lui (et les défait) pour remporter de petites bourses. Il prend sa retraite en 1923 alors qu'il est presque aveugle et dans l'indigence jusqu'à ce que des admirateurs ne l'aident financièrement à vivre confortablement les dernières années de sa vie.

Richard Preston
Le révérend Richard Preston aux environs de 1850
© Nova Scotia Museum

Personne d'importance historique nationale du Révérend Richard Preston
v.1791-1861
Halifax (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 2005
Plaque : En instance

Importance : Richard Preston a exercé une influence considérable dans la communauté noire de la Nouvelle-Écosse au début du XIXe siècle. On le vénère encore aujourd'hui comme l'architecte de l'identité noire dans cette province. Richard Preston fonde l'African (United) Baptist Association qui se consacre au renforcement des congrégations noires, à la construction de nouvelles églises et, de ce fait, à l'affermissement des communautés noires. Né en Virginie d'une mère esclave et d'un père blanc, Preston achète sa liberté en 1816 et vient s'installer dans le nord. À Halifax, fort de son expérience de pasteur de plantation, il parfait sa formation auprès du ministre blanc de la congrégation baptiste noire. Il est nommé premier délégué noir de la Nova Scotia Baptist Association et se rend en Angleterre de 1831 à 1832 pour se perfectionner. C'est là qu'il prend connaissance du mouvement abolitionniste. À son retour à Halifax, il fonde l'African Abolition Society.

Louisbourg
Vue de Louisbourg, durant le dernier siège en 1758.
© Bibliothèque et Archives Canada / 1990-587-3

Personne d'importance historique nationale de Marie Marguerite Rose
1717-1757
Louisbourg (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 2008
Plaque : En instance

Importance : Marie Marguerite Rose représente l'une de plusieurs centaines d'esclaves, à la fois d'origine africaine et autochtone, qui ont vécu à Louisbourg entre 1715 et 1758. Elle est surtout l'une de ces rares femmes qui, après des années de servitude, acquiert sa liberté et une certaine indépendance en tant que tenancière d'une petite taverne. On connaît de nombreux détails de sa vie, à commencer par sa naissance en Guinée, en Afrique, jusqu'à la naissance de son fils (dont le père est probablement son propriétaire, Jean Loppinot) et la mort de ce fils à l'âge de 13 ans. Après avoir obtenu sa liberté en 1755, Marie Marguerite épouse un Micmac et ouvre une taverne à côté de ses anciens propriétaires. Elle meurt à peine deux ans plus tard et l'inventaire de ses biens après sa mort donne un rare aperçu de la vie d'une ancienne esclave de cette époque : ses vêtements, les meubles simples de sa chambre et de la taverne, les ingrédients qu'elle conservait dans sa cuisine, ses travaux de couture et de tricot à demi terminés dans son panier.

L'église Zion Baptist
L'église Zion Baptist à Truro, où le père de White était prêtre.
© Parcs Canada / CIHB

Personne d'importance historique nationale de Portia May White
1911-1968
Truro (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 1995
Plaque : 1997

Importance : Portia White est la première Afro-Canadienne à devenir une chanteuse de renommée nationale et à chanter dans des salles de concert en Amérique du Nord. Au cours de sa brève carrière, elle devient une légende de la communauté noire néo-écossaise et un symbole positif de la culture noire au Canada en général. Fille d'un ministre baptiste d'Halifax, elle commence à chanter dans les chorales de l'église à l'âge de six ans. Enseignante, dans les années 1930, à Africville, une communauté noire en bordure d'Halifax, elle commence à étudier à temps partiel au Conservatoire d'Halifax. En 1941, après s'être fait remarquer des critiques lors d'un concert à l'auditorium Eaton à Toronto, elle lance sa carrière nationale et internationale. La Nouvelle-Écosse crée fièrement une fiducie à son nom pour l'aider à partir en tournée. En 1950, Portia White prend sa retraite pour enseigner la musique et elle meurt à 57 ans en 1968. Elle demeure une source de fierté pour la communauté noire de la Nouvelle-Écosse, et la fiducie établie à son nom continue de venir en aide à de jeunes artistes.

Ontario

Archives publiques de l'Ontario
Voice of the Fugitive, publiée 12 Mars 1851 par Mary et Henry Bibb.
© Archives of Ontario

Personnes d'importance historique nationale de Mary et Henry Bibb
v.1820-1877 et 1815-1854
Windsor (Ontario)
Date de désignation : 2002
Plaque : 2005

Importance : Mary et Henry Bibb, des membres influents du mouvement abolitionniste au milieu du XIXe siècle, travaillent inlassablement à l'élimination définitive de l'esclavage. Ils participent à l'établissement d'une communauté noire en Amérique du Nord britannique (plus tard le Canada) et se font les défenseurs de la compréhension entre les races par l'entremise de leur journal, The Voice of the Fugitive. Mary est la fille privilégiée d'Américains noirs libres, la première Afro-Américaine à fréquenter une école normale aux États-Unis et une ardente partisane du mouvement abolitionniste. Henry est un esclave fugitif peu instruit. À Detroit, toutefois, il s'engage activement dans le mouvement antiesclavagiste et devient un écrivain et un conférencier populaire. John et Mary se marient en 1848 et viennent s'établir en Amérique du Nord britannique en 1850. Ils fondent à Windsor une école pour les enfants noirs, un influent journal et la Refugee Home Society qui a pour mission de promouvoir l'établissement des Noirs dans les colonies. En 1851, ils organisent à Toronto la North American Convention of Colored Freemen, un congrès d'une immense importance. Henry meurt soudainement d'une fièvre en 1854. Mary continue à enseigner, se remarie et retourne vivre aux États-Unis au cours des années 1870.

Bibliothèque et Archives Canada / 1970-188-2287
Un cabriolet de 1848, similaire à celui jaune et rouge que les Blackburns ont exploité de 1837 jusqu'aux années 1860.
© Library and Archives Canada / 1970-188-2287

Personnes d'importance historique nationale de Thornton et Lucie Blackburn
v.1805-1895 et 1813-1890 respectivement
Toronto (Ontario)
Date de désignation : 1999
Plaque : 2002

Importance : En 1833, l'affaire de Lucie et Thornton Blackburn crée un précédent. Ainsi, les esclaves américains fugitifs ne peuvent plus être extradés vers les États-Unis et le Canada devient un refuge pour les esclaves en fuite. Après avoir fui le Kentucky en 1831, les Thornton se réfugient temporairement dans la communauté noire libre de Detroit. Ils sont arrêtés en 1833 et une émeute raciale secoue alors la ville. Des amis de la communauté aident Lucie à traverser la rivière pour atteindre l'Amérique du Nord britannique, mais Thornton reste en prison. Pendant son transport entre la prison et le port, une foule en colère s'en empare et l'aide à fuir au Haut-Canada. Les représentants canadiens refusent d'accéder aux demandes des États-Unis qui veulent l'extradition des Thornton sous prétexte qu'ils ont causé une émeute. Ces représentants jugent que cela signifierait un retour à l'esclavage pour le couple, punition disproportionnée par rapport au crime reproché. Ce principe existe toujours au Canada, à savoir qu'une personne ne doit pas être extradée pour purger une peine plus sévère que celle jugée appropriée par les tribunaux canadiens. Les Blackburn emménagent à Toronto où ils fondent la première entreprise de taxi du Haut-Canada. Thornton est délégué au North American Convention of Colored Freemen en 1851, il investit dans l'établissement Elgin à Buxton et collabore avec l'éditeur George Brown, au nom du mouvement abolitionniste.

Josiah Henson
Le révérend Josiah Henson
© Parcs Canada

Personne d'importance historique nationale de Révérend Josiah Henson
1789-1883
Dresde (Ontario)
Date de désignation : 1995
Plaque : 1999

Importance : Josiah Henson est peut-être l'Afro-Canadien le plus célèbre de l'histoire. Ancien esclave qui a fui au Canada en 1830, il mène d'autres réfugiés vers le nord et les aide à s'adapter à leur nouveau pays. Auteur d'une autobiographie célèbre, Henson est souvent lié au personnage fictif au cœur de l'œuvre intitulée La Case de l'oncle Tom, roman d'une très grande importance au cours des années qui aboutissent à la guerre de Sécession. Il est plus important toutefois de souligner que Henson participe au chemin de fer clandestin, recrute pour la cause de l'Union pendant la Guerre civile et joue de sa célébrité pour mieux faire connaître les Canadiens de race noire. Il mène énergiquement de nombreuses campagnes de financement et il est cofondateur d'une école et d'un établissement à Dawn, en Ontario, où les immigrants noirs viennent apprendre l'agriculture et un métier. Même si la fin de sa carrière est ternie par des critiques et des scandales, il réussit à garder sa réputation personnelle intacte au Canada, en Grande-Bretagne et dans les cercles abolitionnistes des États-Unis. Vers la fin de sa vie, Henson a l'honneur d'être présenté à la Reine Victoria et au président des États-Unis.

William King
William King
© Buxton National Historic Site and Museum

Personne d'importance historique nationale de Révérend William King
1812-1895
Buxton (Ontario)
Date de désignation : 2005
Plaque : En instance

Importance : Propriétaire d'esclaves à un certain moment, William King rejette ensuite l'esclavage et apporte en Amérique du Nord britannique (plus tard le Canada) les attitudes et les principes de la vie religieuse et intellectuelle des presbytériens écossais. Il joue un rôle de premier plan dans la création de l'établissement noir le plus prospère du Canada-Ouest. Il participe à la mise en place d'un modèle inspirant de coopération interraciale et d'idéaux humanitaires et attire l'attention internationale sur le mouvement abolitionniste au Canada. Dans sa jeunesse, King, né en Écosse, épouse une jeune fille membre d'une famille propriétaire d'esclaves au sud des États-Unis. Au décès de son épouse, il se retrouve le propriétaire embarrassé de 14 esclaves. En 1849, il emmène ces esclaves en Amérique du Nord britannique où il les affranchit, et établit avec eux et d'autres colons une communauté agricole et industrielle modèle à Buxton, dans le Canada-Ouest (Ontario). Ensemble, les colons défrichent la majeure partie des terres d'une superficie de 3 642 hectares, fondent des fermes, construisent des usines, des églises et des écoles intégrées si bonnes que les Blancs du voisinage réclament d'y envoyer leurs enfants. L'établissement, bien qu'initialement prospère, décline avec l'avènement de l'émancipation aux États-Unis. Des milliers de descendants des premiers colons continuent cependant de se réunir annuellement à la communauté afro-canadienne de North Buxton qui existe toujours pour célébrer l'importance de cet établissement dans le patrimoine noir.

Mary Ann Shadd
Mary Ann Shadd Cary
© Bibliothèque et Archives Canada / C-029977

Personne d'importance historique nationale de Mary Ann Shadd
1823-1893
Chatham (Ontario)
Date de désignation : 1994
Plaque : 2000

Importance : À son époque, Mary Ann Shadd est l'une des femmes les plus accomplies d'Amérique du Nord. Elle est la première femme à publier, éditer et rédiger un périodique en Amérique du Nord britannique, et en tant qu'enseignante, écrivaine, conférencière et ardente défenseure de l'intégration raciale, elle joue un rôle prépondérant dans le Canada-Ouest (qui deviendra plus tard l'Ontario), dans les années 1850. Née aux États-Unis dans une famille noire libre, elle est élevée pour promouvoir les valeurs de l'individualisme et de l'autonomie. Elle traverse la frontière en 1850, après l'adoption de la tristement célèbre Fugitive Slave Act qui prive les Afro-Américains de toute protection juridique. Elle est convaincue que les immigrants noirs doivent s'intégrer le plus rapidement possible à la société dominante de l'Amérique du Nord britannique, ce qui lui attire les foudres des défenseurs de communautés et d'écoles noires distinctes. Elle fonde un journal qui exercera une profonde influence, le Provincial Freeman (de 1853 à 1859). Après l'émancipation en 1863, elle retourne aux États-Unis où elle enseigne, poursuit des études et devient par la suite la première femme à obtenir un diplôme en droit dans ce pays.

Harriet Tubman
Harriet Tubman
© Ohio Historical Society

Personne d'importance historique nationale de Harriet Tubman
1820-1913
St. Catharines (Ontario)
Date de désignation : 2005
Plaque : En instance

Importance : Harriet Tubman est l'héroïne du chemin de fer clandestin et une chef de file de la lutte pour la liberté des Noirs. Née esclave au Maryland, Harriet Tubman fuit au nord des États-Unis en 1849. Elle risque ensuite sa vie en retournant maintes fois en territoire d'esclavage et guide quelque 300 esclaves vers la liberté. À St. Catharines, en Canada-Ouest (qui deviendra plus tard l'Ontario), où elle s'installe, elle joue un rôle de premier plan dans la communauté favorable à l'abolition et travaille avec des groupes religieux pour aider les anciens esclaves à s'adapter à la vie au Canada. Son prestige est tel que les figures de proue du mouvement abolitionniste – des hommes comme John Brown et Frederick Douglass – viennent à St. Catharines pour la rencontrer. Lorsque la guerre de Sécession éclate en 1861, Harriet Tubman s'enrôle dans l'armée de l'Union en tant que cuisinière, infirmière et espionne. Une fois la paix revenue, elle s'établit dans l'État de New York où elle continue à travailler au bien-être des Noirs, luttant également pour les droits des femmes. Elle meurt à l'âge de 93 ans dans un foyer pour femmes noires âgées dont elle est l'une des fondatrices.

Évenements nationaux historiques

Alberta

Événement d'importance historique nationale - Immigration des pionniers noirs vers l'Alberta et la Saskatchewan

Une colonie noire
Une colonie noire, à Athabasca Landing, en Alberta.
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-040745

Date de désignation : 2007
Plaque : En instance

Importance : Les quelque 1 300 pionniers noirs venus dans l'Ouest canadien depuis l'Oklahoma et les environs entre 1908 et 1911 doivent surmonter de nombreux obstacles, tant naturels qu'humains, et contribuent ainsi à la colonisation de ce front. Persévérants, ils fondent des fermes dans les Prairies, y établissent aussi des écoles, des églises et une vie communautaire. Leur arrivée crée en même temps des remous qui incitent le gouvernement fédéral à freiner l'arrivée d'autres Afro-Américains. Il instaure des obstacles qui ne disparaîtront entièrement que dans les années 1960. Les immigrants noirs du début du XXe siècle étaient venus vers le nord en réponse à une campagne internationale du gouvernement canadien qui cherchait à peupler les nouvelles provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan. La plupart de ces immigrants fuyaient le climat racial de plus en plus violent aux États-Unis. Ceux qui réussissent à franchir la frontière s'établissent dans des régions isolées où ils espèrent vivre à l'abri des attaques. À l'époque de la Seconde Guerre mondiale, les jeunes quittent ces fermes isolées pour s'installer dans les villes.

Colombie-Britannique

Compagnie militaire de volontaires noirs
Compagnie militaire de volontaires noirs formée entre 1860 et 1862, puis dissoute en 1863-1864.
© Bibliothèque et Archives Canada / C-022626

Événement d'importance historique nationale - Pionniers noirs en Colombie-Britannique
Saanichton (Colombie-Britannique)
Date de désignation : 1997
Plaque : 2000

Importance : La migration en Colombie-Britannique de quelque 800 Afro-Américains libres en 1858 contribue à façonner les institutions religieuses, militaires et sociales de la jeune colonie. Ces immigrants sont pour la plupart des gens d'affaires instruits et dynamiques qui fuient la Californie où les droits civils sont de plus en plus limités. James Douglas, gouverneur de race mixte de la Colombie-Britannique, les invite à s'établir sur l'île de Vancouver parce qu'il sait que ces immigrants formeront une communauté loyale à la Couronne, dans un contexte d'arrivée massive d'Américains blancs attirés par la ruée vers l'or. La communauté noire répond à la perspective de terres peu coûteuses, d'occasions d'affaires et de lois qui promettent l'égalité politique. Ils s'installent principalement à Victoria, mettent sur pied des entreprises prospères, construisent des églises et des maisons. Ailleurs, ils exploitent des fermes et investissent dans l'exploitation des ressources et le commerce. Ils sont loyaux et déterminés à s'intégrer et, en symbole de leur fière citoyenneté, ils forment et financent la seule milice permanente de la colonie avant 1864. À mesure que l'immigration des Blancs s'intensifie, toutefois, ils deviennent l'objet de préjugés réels et grandissants. Leurs enfants doivent suivre leurs cours dans des classes séparées à l'école; on refuse qu'ils participent aux brigades de pompiers volontaires et on interdit leur milice dans les défilés publics.

Nouvelle-Écosse

Bataillon de la construction
Pictou, N.-É., 1916 : la Musique du 2e Bataillon de la construction (C.E.C.).
© Défense nationale

Événement d'importance historique nationale - Deuxième Bataillon de la construction, C.E.C.
Pictou (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 1992
Plaque : 1993

Importance : L'histoire du Deuxième Bataillon de la construction résume en un microcosme la vie des personnes d'origine africaine au XIXe siècle et au début du XXe siècle, époque où ils sont victimes de discrimination et en grande partie confinés aux métiers inférieurs. Le Bataillon est formé en 1917 en raison de l'insistance manifestée par des membres de la communauté noire et malgré l'opposition officielle. Les Afro-Canadiens de l'époque sont déterminés à servir leur pays en guerre et à faire taire leurs dénigreurs qui prétendent qu'ils « manquent de bravoure, de discipline et d'intelligence ». Même si le Bataillon est largement limité à un rôle sans combat en France, ses réalisations sont exemplaires. De retour au pays en 1918, les membres du Bataillon sont animés d'une nouvelle conscience de leur place dans la société et d'une détermination renouvelée à s'intégrer dans la société dominante, sur un pied d'égalité avec les Blancs. Les organisations et l'activisme des années 1920 s'inspirent de l'exemple du Deuxième Bataillon de la construction.

Bûcheron noir
Bûcheron noir à Shelburne en Nouvelle-Écosse, 1788.
© Bibliothèque et Archives Canada / 1970-188-1090

Événement d'importance historique nationale - Expérience des Loyalistes noirs
Birchtown (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 1993
Plaque : 1996

Importance : Dans les années 1780, Birchtown compte la plus importante concentration de colons noirs libres d'Amérique du Nord britannique. Même si son histoire est un recueil douloureux de promesses brisées et d'espoirs perdus, elle témoigne néanmoins des années d'épreuve qui donnent naissance à la solide communauté afro-canadienne actuelle de la Nouvelle-Écosse. Après la guerre de l'Indépendance américaine, Shelburne et Birchtown, sa voisine, accueillent un très grand nombre de Loyalistes. La Grande-Bretagne a promis la liberté et des terres aux Noirs qui l'appuie et 3 550 anciens esclaves acceptent cette offre. Le gouvernement met du temps à octroyer les concessions qui s'avèrent de petits lopins de terre pauvres et isolés et un grand nombre de Loyalistes noirs meurent de faim entre-temps. Aussi, lorsque ces colons noirs offrent leurs services aux colons blancs, les ouvriers blancs à la recherche de travail eux aussi deviennent violents. Des Noirs désespérés se vendent dans des conditions qui équivalent à de l'esclavage. En 1795, plus de la moitié des habitants noirs de Birchtown ont quitté le Canada pour Sierra Leone en Afrique. Un grand nombre de ceux qui restent partent peu à peu à la recherche de travail. Aujourd'hui, Birchtown est un petit hameau où les descendants des premiers loyalistes noirs tiennent un musée qui relate l'expérience de cette communauté historique.

Ontario

Constitution de la Société antiesclavagiste
Constitution et statuts de la Société antiesclavagiste du Canada, 1851.
© Bibliothèque et Archives Canada

Événement d'importance historique nationale - Mouvement abolitionniste en Amérique du Nord britannique
Date de désignation : 2004
Plaque : En instance (recommandé à Chatham (Ontario))

Importance : À partir de la fin du XVIIIe siècle, l'Amérique du Nord devient un grand champ de bataille du mouvement abolitionniste. Les événements survenus au Canada entre 1783 et 1860 n'aident pas seulement à mettre fin à l'esclavage, ils favorisent également l'établissement de communautés noires fortes et d'une identité canadienne distincte. Le mouvement abolitionniste, en partie dirigé par des membres de la communauté noire, s'étend sur trois périodes. Pendant la première, de 1783 à 1814, des promesses de liberté incitent les premiers esclaves réfugiés d'Amérique à venir s'installer dans les Maritimes et une loi historique adoptée par le Haut-Canada en 1793 y restreint l'esclavage. Pendant la deuxième période, de 1815 à 1849, des réfugiés continuent d'arriver au Haut-Canada et des précédents juridiques sont créés pour les protéger contre l'extradition. Finalement, de nouvelles lois sévères sont adoptées aux États-Unis en 1850 et la vague d'émigration vers le nord s'intensifie. De 1850 à 1860, une campagne bien orchestrée a lieu dans le Canada-Ouest pour recueillir des fonds, prêter secours aux immigrants noirs nouvellement arrivés et faire davantage connaître le mouvement abolitionniste.

Loi de 1793
Loi pour empêcher l'entrée d'autres esclaves et pour limiter la durée des contrats de servitude, Haut-Canada, 1793.
© Archives publiques de l'Ontario

Événement d'importance historique nationale - Loi antiesclavagiste du Haut-Canada en 1793
Niagara on the Lake (Ontario)
Date de désignation : 1992
Plaque : 1993

Importance : En 1793, la Loi antiesclavagiste du Haut-Canada est adoptée, une première dans l'Empire britannique. Son adoption se situe dans le contexte de l'opposition internationale croissante à l'esclavage. À la même époque, l'Angleterre et l'Écosse ont toutes deux interdit l'esclavage et la plupart des États du nord des États-Unis ont aussi adopté des lois analogues. Le Haut-Canada adopte cette loi à l'instigation du premier lieutenant-gouverneur, John Graves Simcoe, qui croit que l'esclavage est incompatible à la fois avec le christianisme et les traditions britanniques. Simcoe veut carrément abolir l'esclavage, mais comme un grand nombre de Loyalistes blancs riches possèdent des esclaves, il doit affronter une très forte opposition au sein de son propre gouvernement. Il en vient donc à un compromis et propose un projet de loi qui rend illégale l'importation d'esclaves et limite la durée de l'esclavage des personnes déjà esclaves au Haut-Canada. La loi contribue à l'élimination progressive de l'esclavage au Haut-Canada et à sa diminution dans les autres provinces. Elle représente une première victoire modeste dans la lutte permanente en faveur de l'égalité raciale.

Affiche de l'esclave
Affiche offrant une récompense pour la capture d'esclaves fugitifs, 1847.
© Library of Congress / LC-USZ62-62797

Événement d'importance historique nationale - Chemin de fer clandestin
Windsor (Ontario)
Date de désignation : 1925
Plaque : 1928 et 2001

Importance : Le chemin de fer clandestin est une source inépuisable de fierté pour les Canadiens, tout comme elle a été une source d'espoir pour les esclaves avant l'émancipation aux États-Unis. Aujourd'hui encore, le chemin de fer est perçu comme un symbole des lois et des principes qui ont, à une certaine époque, fait du Canada une terre d'accueil pour les réfugiés noirs. Cette route clandestine depuis le sud des États-Unis est bordée de refuges dirigés par des abolitionnistes noirs et blancs prêts à risquer leur vie et leur liberté pour accueillir et guider des fugitifs dans leur périple vers le nord. Ces abolitionnistes sont les « chefs de gare » et les « conducteurs » d'un réseau qui a aidé des milliers d'esclaves à fuir vers l'Amérique du Nord britannique pendant quelque 45 ans. Le chemin de fer clandestin devenu mythique a également servi de source d'inspiration et de propagande puissante durant la guerre contre l'esclavage.

Québec

Train
Train en route vers Vancouver, 1886.
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-066579

Événement d'importance historique nationale - Porteurs noirs dans les chemins de fer et leurs activités syndicales
Montréal (Québec)
Date de désignation : 1994
Plaque : 1999

Importance : Les porteurs noirs jouent un rôle clé dans l'évolution des droits de la personne au Canada des années 1880 à 1960. En l'absence d'autres possibilités d'emploi, les Noirs sont attirés par le travail dans les chemins de fer. Les salaires sont faibles, les heures longues et les conditions de travail déplorables, mais ce secteur offre à tout le moins une certaine sécurité d'emploi. Les porteurs sont cependant, au fil du temps, de plus en plus sujets à la discrimination, notamment la ségrégation des emplois qui les empêche en réalité d'obtenir de l'avancement. Les porteurs finissent par devenir membres d'un des deux syndicats existants, la Fraternité canadienne des cheminots (FCC) ou la Brotherhood of Sleeping Car Porters. La FCC est principalement un syndicat formé de Blancs et la lutte contre la discrimination se livre à l'intérieur même de l'organisation. La Brotherhood of Sleeping Car Porters est toutefois un syndicat noir dont le siège social est situé aux États-Unis; il a fait de grandes choses pour obtenir la reconnaissance de ses membres et améliorer leurs conditions de travail. Lorsque les nouvelles lois interdisant la discrimination sont adoptées après la Seconde Guerre mondiale, les porteurs noirs déposent des plaintes au fédéral contre la ségrégation des emplois, établissent des précédents importants dans leur lutte pour les droits de la personne au Canada et provoquent des réformes de la politique d'immigration.

Saskatchewan

Une colonie noire
Une colonie noire, à Athabasca Landing, en Alberta.
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-040745

Événement d'importance historique nationale - Immigration des pionniers noirs vers l'Alberta et la Saskatchewan
Date de désignation : 2007
Plaque : En instance

Importance : Les quelque 1 300 pionniers noirs venus dans l'Ouest canadien depuis l'Oklahoma et les environs entre 1908 et 1911 doivent surmonter de nombreux obstacles, tant naturels qu'humains, et contribuent ainsi à la colonisation de ce front. Persévérants, ils fondent des fermes dans les Prairies, y établissent aussi des écoles, des églises et une vie communautaire. Leur arrivée crée en même temps des remous qui incitent le gouvernement fédéral à freiner l'arrivée d'autres Afro-Américains. Il instaure des obstacles qui ne disparaîtront entièrement que dans les années 1960. Les immigrants noirs du début du XXe siècle étaient venus vers le nord en réponse à une campagne internationale du gouvernement canadien qui cherchait à peupler les nouvelles provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan. La plupart de ces immigrants fuyaient le climat racial de plus en plus violent aux États-Unis. Ceux qui réussissent à franchir la frontière s'établissent dans des régions isolées où ils espèrent vivre à l'abri des attaques. À l'époque de la Seconde Guerre mondiale, les jeunes quittent ces fermes isolées pour s'installer dans les villes.

Lieux historiques nationaux

Nouvelle-Écosse

Africville
Africville avant sa démolition.
© Public Archives of Nova Scotia

Lieu historique national du Canada - Africville
Halifax (Nouvelle-Écosse)
Date de désignation : 1996
Plaque : 2002

Importance : Africville, en tant que communauté, a disparu dans les années 1960, mais son nom demeure pour les Afro-Canadiens un symbole impérissable de la nécessité de défendre leur communauté contre la négligence et l'intolérance de la société dominante. Cette communauté est fondée dans les années 1840 par des Noirs dont les familles sont venues s'installer en Nouvelle-Écosse après la guerre de 1812. Comme ils ne réussissent pas à vivre en milieu rural à proximité d'Halifax, ils se déplacent aux confins de la ville à la recherche de travail. Une communauté très unie se crée sur les terrains vacants aux abords d'Halifax, et sa vie est axée sur une église et une école (dirigée par la communauté de 1872 à 1883, date à laquelle la première école publique est construite). Au fil des ans, les chemins de fer, des industries et le gouvernement empiètent sur Africville, mais Halifax refuse toujours d'y installer des services municipaux tels l'éclairage, les égouts et l'aqueduc. Finalement, dans les années 1960, Halifax cible ce secteur dans sa volonté d'éliminer les taudis. Malgré les protestations des résidants locaux, les maisons sont démolies et la communauté éparpillée malgré elle. La ville d'Halifax a fait d'Africville un parc public et aujourd'hui des descendants de la communauté s'y réunissent annuellement dans le cadre d'un retour aux sources.

Ontario

Chapelle Salem
L'église BME St. Catharines (mieux connue comme la Chapelle Salem) est étroitement associée à Harriet Tubman, célèbre accompagnatrice du chemin de fer clandestin.
© Parcs Canada

Lieu historique national du Canada - Chapelle Salem de l'Église Épiscopale Britannique
St. Catharines (Ontario)
Date de désignation : 2000
Plaque : 2002

Importance : La chapelle Salem, à St. Catharines, est étroitement associée à l'héroïne du mouvement abolitionniste, Harriet Tubman, célèbre pour sa contribution au chemin de fer clandestin. Elle illustre également les méthodes traditionnelles de construction des réfugiés. Mme Tubman a vécu dans une maison voisine, où elle a emmené et soigné les réfugiés en provenance des États-Unis. Lorsque la congrégation s'étend considérablement au milieu du XIXe siècle, certains des nouveaux venus participent à la conception et à la construction d'un bâtiment plus grand (1855) sur les lieux de l'ancienne chapelle. Cette église est également au cœur des activités de la Fugitive Aid Society. À l'origine membre de la convention épiscopale méthodiste américaine, la congrégation devient membre de la nouvelle organisation épiscopale méthodiste britannique en 1856, se distançant ainsi de ses origines américaines. Comme d'autres églises, Salem offre à la fois des services religieux et sociaux à la congrégation.


Plan de Buxton Settlement
Plan de la colonie d'Elgin (Buxton)dans le canton de Raleigh, comté de Kent, Canada-Ouest, par J.S. Wilson, 1866
© Archives publiques de l'Ontario

Lieu historique national - Établissement Buxton
Buxton (Ontario)
Date de désignation : 1999
Plaque : 1999

Importance : L'ancien établissement Elgin, près de Chatham, au sud-ouest de l'Ontario, survit comme un paysage culturel homogène qui commémore les efforts héroïques des réfugiés afro-américains qui ont voulu créer des communautés agricoles planifiées au XIXe siècle en Ontario. Cet établissement, qui porte aussi le nom de Buxton, est fondé en 1849 sous la direction d'un philanthrope blanc, le révérend William King. Il s'agit de l'établissement modèle le plus réussi des quatre créés par et pour les réfugiés de l'esclavage américain au milieu du XVIIe siècle. La réussite ou l'échec de ces établissements joue un rôle prépondérant dans la guerre de propagande que se livrent les tenants de l'intégration des Noirs et les tenants de leur ségrégation dans des communautés noires. Buxton est considérée comme un exemple probant de ce que les personnes de descendance africaine peuvent réaliser par elles-mêmes. En 1859, la communauté compte trois écoles interraciales, deux hôtels, un magasin général, un bureau de poste et diverses usines. La guerre de Sécession constitue un tournant pour Buxton. De nombreux colons retournent aux États-Unis lutter en faveur de l'émancipation, mais la communauté survit, quoique sous une forme plus simple.


L'église Nazrey
L'église Nazrey à Amherstburg fait maintenant partie du musée noir nord-américain historique.
© Parcs Canada

Lieu historique national du Canada – Église Épiscopale-Méthodiste Africaine de Nazrey
Amherstburg (Ontario)
Date de désignation : 1999
Plaque : 2000

Importance : Autrefois, Amherstburg à la frontière canado américaine a été la porte d'accès la plus utilisée par les esclaves fugitifs, et l'église EMA de Nazrey a accueilli un grand nombre d'entre eux. Elle est représentative des institutions qui ont été au cœur de l'établissement de nouvelles communautés libres, car on pouvait y obtenir du secours et des services éducatifs. L'église Nazrey est inhabituelle parce qu'elle est bâtie en pierres, matériau assez coûteux qui donne à penser que ses constructeurs ont fait preuve d'un grand engagement et d'optimisme. Le dépouillement de l'église est toutefois typique de ces bâtiments. L'église actuelle date de 1848 et a remplacé une structure antérieure (1828). En 1856, l'arrivée du révérend Willis Nazery, premier évêque de l'église épiscopale méthodiste britannique en Amérique du Nord britannique, signale la rupture de l'église avec ses racines américaines et la fondation d'une communauté religieuse afro-canadienne.

Lieu historique national du Canada – Église Épiscopale-Méthodiste Africaine d'Oro
Edgar (Ontario)
Date de désignation : 2000
Plaque : 2003

Importance : L'église EMA d'Oro est le dernier vestige d'un établissement noir parrainé par le gouvernement au début du XIXe siècle, à proximité des rives de la baie Georgienne. Elle évoque les luttes acharnées des colons noirs qui ont tenté de vivre de la culture dans ce pays sauvage. L'église est érigée par d'anciens combattants noirs de la guerre de 1812, encouragés par le gouvernement à s'établir dans la région pour assurer la protection contre une attaque possible venant de la baie Georgienne. Après la guerre, les anciens combattants sont récompensés par des lots de 16 hectares. Dans des endroits aussi éloignés, toutefois, ils doivent affronter un isolement presque insurmontable, travailler avec acharnement et subir des privations. Au moment où l'établissement est le plus dynamique en 1861, on y compte 101 résidants. Ces derniers ont par la suite commencé à chercher du travail ailleurs. L'église EME d'Oro et un cairn en pierre sont les seuls monuments qui témoignent de la lutte de cette vaillante petite communauté.

L'Église épiscopale méthodiste britannique R. Nathaniel Dett
L'église épiscopale méthodiste britannique R. Nathaniel Dett, Niagara Falls, Ontario
© Parcs Canada

Lieu historique national du Canada Église Méthodiste Épiscopale Britannique R. Nathaniel Dett
Niagara Falls (Ontario)
Date de désignation : 2000
Plaque : 2001

Importance : La chapelle Nathaniel Dett abrite l'une des plus anciennes congrégations épiscopales méthodistes britanniques au Canada et, même si la congrégation a fortement diminué depuis la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment a une longue histoire. Fondée par d'anciens esclaves américains qui répondent aux offres de liberté après la Révolution américaine et la guerre de 1812, l'église est aussi associée aux premières manifestations de loyauté exprimées par les Noirs envers la Couronne britannique. En 1814, la première célébration de l'adoption de la loi « d'émancipation » de 1793 par le lieutenant gouverneur Simcoe a lieu à Drummond Hill (maintenant Niagara Falls), ce qui donne lieu à la création d'une mission et plus tard d'une église épiscopale méthodiste américaine. La congrégation prend de l'ampleur à mesure que les réfugiés noirs continuent de franchir la frontière. Le bâtiment actuel est construit en 1836 et déplacé sur une terre donnée par Oliver Parnall, riche réfugié, lorsque la congrégation devient l'un des membres fondateurs de la British Methodist Episcopal Conference en 1856. Le bâtiment simple à ossature de bois, typique de l'époque, est demeuré à peu près intact depuis sa construction. La chapelle est rebaptisée au XXe siècle en l'honneur de R. Nathaniel Dett, compositeur de la communauté afro-canadienne locale issue de cette congrégation qui a acquis une réputation internationale.

L'église de Sandwich
Le centre des activités locales d'abolition de l'esclavage au milieu du XIXe siècle l'église First Baptist de Sandwich continue d'être un centre d'entraide dans la communauté.
© Parcs Canada

Lieu historique national du Canada - Église-de-la-First Baptist Church de Sandwich
Windsor (Ontario)
Date de désignation : 2000
Plaque : 2003

Importance : L'une des plus anciennes de l'Ontario, l'église de la First Baptist Church de Sandwich est étroitement associée aux réfugiés de l'esclavage américain qui franchissent la rivière Detroit, pendant la première moitié du XIXe siècle. L'église est représentative des nombreuses églises baptistes qui ont autrefois servi la communauté des réfugiés. Centre d'accueil à un passage important de la frontière canado américaine, l'église occupe une place de choix dans la vie des réfugiés et devient un point de repère dans la vie de la première communauté noire. Les nouveaux réfugiés de plus en plus nombreux grossissent les rangs de la congrégation baptiste (fondée en 1840 et se réunissant à divers endroits) qui finit par obtenir une subvention foncière du gouvernement et qui érige une église, en majeure partie de ses propres mains. L'élégante église en brique achevée en 1851 se distingue par une ornementation sobre. Sa qualité d'exécution souligne l'engagement de la congrégation à l'égard de son église et de sa communauté.


George Brown
George Brown (1818-1880)
© Bibliothèque et Archives Canada / C-011334

Lieu historique national du Canada – Maison George Brown
Toronto (Ontario)
Date de désignation : 1976
Plaque : En instance

Importance : La grande demeure où le propriétaire du journal et politicien George Brown (1818 1880) vit les dernières années de sa vie productive est associée au soutien indéfectible que l'éditeur torontois a accordé au mouvement abolitionniste dans les années 1850. Né en Écosse, Brown émigre à Toronto en 1843 et y fonde le journal The Globe (ancêtre du Globe and Mail d'aujourd'hui et, à l'époque, le journal au tirage le plus considérable d'Amérique du Nord). Au cours des années où il vit en Amérique du Nord britannique (plus tard le Canada), Brown mène une campagne vigoureuse en faveur d'une réforme politique et de la justice sociale inspirée des idées libérales d'égalité et de droits de la personne. Il fait partie de l'Anti-Slavery Society et The Globe devient la véritable voix du mouvement en Amérique du Nord britannique. Brown prend souvent les devants pour s'opposer à l'extradition, aux écoles séparées pour les Noirs et à l'esclavage en tant qu'institution. En 1880, un employé insatisfait fait feu sur Brown qui meurt dans cette maison quelques jours plus tard.

Griffin House
La maison Griffin témoigne de nos jours de la détermination des hommes et des femmes d'origine afro-américaine qui se sont établis dans le Haut-Canada.
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario.

Lieu historique du Canada - Maison Griffin
Hamilton (Ontario)
Date de la désignation : 2008
Plaque : En instance

Importance : Érigée sur un terrain à l'origine octroyé à un Loyaliste de l'Empire uni, la maison Griffin est un rare exemple à subsister de l'architecture domestique du début du XIXe siècle. Propriété pendant la majeure partie de son histoire d'une famille immigrante noire – les Griffin –, elle témoigne de l'établissement des Afro-canadiens attirés par les possibilités d'emploi de la région d'Hamilton au début de l'immigration. La maison est un modeste cottage à ossature de bois d'un étage et demi inspiré du modèle géorgien typique de nombreuses maisons rurales du Haut-Canada à l'époque. La qualité de la maison – inhabituelle pour les immigrants noirs qui arrivaient souvent pauvres au Canada – reflète la détermination des Griffin de s'installer véritablement en Amérique du Nord britannique. Construite en 1827 et en 1834, la maison de même que 20 hectares sont vendus à Enerals Griffin de Virginie et à son épouse blanche. Selon l'histoire familiale, Enerals Griffin est un esclave fugitif qui a volé le cheval de son maître, qui a forgé sa propre lettre de passage et qui avait assez d'argent pour acheter la maison. Cette dernière est demeurée dans la famille Griffin jusqu'en 1988, année où elle a été vendue à la Hamilton Conservation Authority et restaurée selon l'époque des années 1830 à 1850.

Osgoode Hall
Osgoode Hall
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-032108

Lieu historique national du Canada - Osgoode Hall
Toronto (Ontario)
Date de désignation : 1979
Plaque : 1984

Importance : À partir de 1832, les tribunaux provinciaux et le Barreau du Haut-Canada logent à Osgoode Hall. C'est là que des décisions judiciaires sont prises et font du Canada un refuge pour les esclaves en fuite. En 1861, par exemple, la célèbre affaire John Anderson y est entendue par la cour du Banc de la Reine et la cour des plaids communs. Anderson, un ancien esclave a tué l'un de ses poursuivants, en cherchant à fuir les États-Unis. Il réussit à s'installer au Canada où il mène une vie paisible de 1854 à 1860. Il est ensuite arrêté et emprisonné en attendant son procès. L'affaire donne lieu à un bouleversement politique, car les Canadiens manifestent en faveur d'Anderson. Un gouvernement sympathique paie la défense de l'accusé et, lorsque la Cour du Banc du Roi tranche d'abord en faveur de l'extradition, il crée un précédent en déclarant qu'il ne s'opposerait pas à un appel. La Cour des plaids communs libère ensuite Anderson pour une question de forme.

St Lawrence Hall
St Lawrence Hall
© Parcs Canada

Lieu historique national du Canada - St. Lawrence Hall
Toronto (Ontario)
Date de désignation : 1967
Plaque : 1969

Importance : Érigé en 1850 dans la ville de Toronto selon les plans de l'architecte William Thomas dans le style italianisant, St. Lawrence Hall est un élégant lieu de rencontre de l'élite torontoise du XIXe siècle. Le rez-de-chaussée est destiné à des commerces, le deuxième étage à des bureaux, et le troisième à une salle de réunion de 1000 places. Le bâtiment est un centre culturel important où sont donnés des conférences, des concerts, des bals et des réceptions auxquels assistent les notables de la ville. Plusieurs réunions importantes sur l'abolition y ont lieu au cours des années où le Canada accueille des milliers de réfugiés du chemin de fer clandestin fuyant l'esclavage aux États-Unis. La toute première conférence organisée dans le nouveau bâtiment se déroule le 1er avril 1851, porte sur le sujet de « l'esclavage » et est donnée par un député britannique. La même année, des centaines de personnes viennent y assister au North American Convention of Colored Freemen, où des têtes d'affiche du mouvement abolitionniste telles que Frederick Douglass et Henry Bibb rencontrent leurs homologues pour discuter de la réinstallation permanente des réfugiés de l'esclavage américain en territoire britannique.