La recherche archéologique subaquatique des navire perdus de Franklin : le lieu historique national du HMS Erebus et du HMS Terror

Histoires du Passage du Nord-Ouest

Les personnages principales du passé

Lady Franklin, une femme dévouée à son mari

Lady Franklin Lady Jane Franklin

Née le 4 décembre 1791, Jane Griffin est une femme très éduquée et tenace qui devient la deuxième épouse de John Franklin en 1828. Elle prend le titre de lady Franklin lorsque son mari est anobli un an plus tard. Durant les premières années qui suivent son mariage, elle voyage énormément dans la région méditerranéenne. Puis, lorsque son mari est posté à Van Diemen’s land (aujourd’hui la Tasmanie), elle l’accompagne et développe un vif intérêt pour la vie professionnelle de celui-ci. Lorsque sir John Franklin est âgé de 58 ans, il décroche le poste de capitaine de l’expédition des bateaux HMS Erebus et HMS Terror. Ces bateaux, sous les ordres de l’amirauté, quittent en mai 1845 avec l’intention de trouver le passage du nord-ouest.

Trois ans après le départ de son mari, lady Franklin, inquiète, offre une récompense à quiconque voyagera au-delà de sa destination initiale afin de trouver des informations le concernant. Ceci marque le début des efforts infatigables de lady Franklin qui s’investit toute entière dans la recherche de sir John Franklin. Parce qu’elle est une femme et qu’elle ne peut se joindre à une expédition afin de retrouver son mari, elle doit donc se résoudre à utiliser des moyens de pression convenables aux femmes de son époque. Ainsi, elle commence à écrire de nombreux articles publiés dans la presse afin de sensibiliser la population au destin incertain de l’expédition de John Franklin. Ces écrits permettent de mettre sa cause au centre de l’attention médiatique de l’époque et d’assurer une grande mobilisation des ressources afin de le retrouver. Puis, lorsqu’elle remarque une baisse d’intérêt de l’amirauté pour cette cause, elle insiste davantage afin de raviver l’ardeur des recherches.

La presse décrit Jane Franklin comme une femme pleine de dévouement et cette image lui attire la sympathie et le soutien du public. Celle-ci semble si dévouée que Le Quebec Mercury affirme qu’il ne serait pas surprenant qu’elle traverse les régions enneigées du nord et qu’elle mette sa vie en péril, sur les côtes de l’océan Arctique, afin de tenter de sauver son mari.

« After which we shall not be astonished if this noble woman should cross the snowy regions of the North, […] and on the shores of the Arctic sea, peril her life in searching to rescue him [...]. »

Après quoi, nous ne serons pas étonnés si cette noble femme doit traverser des régions enneigées du Nord, [...] et sur ​​les rives de la mer dans l'Arctique, le péril de sa vie dans la recherche pour le sauver [...].

Quebec Mercury (19 janvier 1850). Sa cause touche la population, car lorsqu’elle proclame une journée de prière en l’honneur de son mari, plus d’une soixantaine d’églises participent à cet évènement.

Lorsque le gouvernement cesse son financement pour des expéditions, Jane Franklin trouve de nouveaux donateurs comme l’entrepreneur américain Henry Grinnell afin de financer plusieurs expéditions [link to the story on American Expeditions]. Aussi, elle réussit à convaincre de puissants dirigeants tels le président américain Zachary Taylor et le tsar russe de contribuer à la recherche de son mari. De plus, lady Franklin, soutenue par la population, fait pression auprès de l’amirauté afin que les recherches soient intensifiées. Par conséquent, vers 1849, cette organisation hausse sa récompense initiale afin d’offrir 20 000£ à quiconque découvre et porte secours à l’expédition de sir John Franklin.

Lady Franklin contribue également à la recherche de son mari en finançant et en organisant sept expéditions durant sa vie. De telles expéditions sont très dispendieuses, mais elle affirme qu’elle dépensera toute sa fortune pour le retrouver si cela s’avère nécessaire. Cette détermination engendre de graves conflits familiaux et envenime sa relation avec la fille de Franklin, Eleanor, et le mari de celle-ci tandis que son père la déshérite en 1851. Cependant, elle jouit d’une grande popularité et plusieurs personnes joignent volontairement ses expéditions alors que d’autres soutiennent sa cause en y contribuant monétairement.

En 1854, neuf ans après le départ de son mari, lady Franklin écrit à l’amirauté afin de critiquer la décision de cette organisation de cesser d’envoyer des expéditions. Elle affirme dans sa lettre que cette décision résonne comme le son du glas dans l’oreille du public qui annonce l’abandon de malheureux hommes à leur sort. « Yet does it sound on the public ear, and more deeply in the ear of many heart-anxious listeners, as the knell of departed hopes, the warning voice that tells us we are to prepare for the abandonment of those unhappy men to their fate. » (lettre aux Lords de l’Amirauté, 24 février 1854).

Quelques mois plus tard, en automne, lorsque le capitaine Rae [link], employé par la Compagnie de la Baie d’Hudson, révèle qu’une partie de l’équipage de sir John Franklin a péri et que certains survivants ont eu recours au cannibalisme, lady Franklin défend l’honneur de son mari en faisait appel à Charles Dickens. Ce dernier écrit un texte publié dans son journal Household Words en décembre qui explique que cette déclaration ne peut être vraie et discrédite Rae.

Quand la mort de son mari lui est confirmée, elle s’acharne à démontrer à l’amirauté que Franklin avait certainement trouvé un des passages possibles vers le nord-ouest ce qu’elle réussit à prouver en 1859 grâce à l’expédition de McClintock [link] qu’elle a commanditée. Finalement, voulant que les exploits de son mari soient reconnus, elle finance alors deux monuments commémoratifs identiques en l’honneur de Franklin et de ses hommes, l’un érigé sur la place Waterloo à Londres en 1866, et l’autre à Hobarth en Tasmanie. De plus, elle fait donc pression pour qu’un buste de sir John Franklin soit exposé dans l’abbaye de Westminster. Ainsi, lady Franklin a propagé l’histoire de John Franklin auprès du public et a défendu les mérites de ce dernier jusqu’au moment de sa mort le 18 juillet 1875.