La recherche archéologique subaquatique des navire perdus de Franklin : le lieu historique national du HMS Erebus et du HMS Terror

Histoires du Passage du Nord-Ouest

Les personnages principales du passé

Qui était sir John Franklin?

Photo de Sir John Franklin Bibilothèque et Archives Canada/ R9266-3037 Collection de Canadiana Peter Winkworth
© Parks Canada

Né en 1876 à Spilsby en Angleterre, John Franklin est issu d’une famille de marchands de la classe moyenne. Alors qu’il n’est qu’un écolier, Franklin rêve déjà d’une carrière en mer. Il s’engage dans la Marine royale à l’âge de 14 ans, malgré l’opposition de son père, qui voudrait voir son fils embrasser une carrière ecclésiastique. En avril 1801, il obtient une affectation sous le commandement du capitaine Matthew Flinders : aller explorer le littoral de l’Australie pour en dresser la carte marine, encore fort incomplète.

En 1804, Franklin retourne en Bretagne pour combattre la France napoléonienne. Il prend part à la bataille de Trafalgar et est blessé lors de la bataille de la Nouvelle-Orléans, l’une des dernières batailles de la guerre de 1812. Avec l’arrivée de la paix, Franklin est délié de ses obligations et, comme un grand nombre d’anciens soldats et marins, il est mis à la demi-solde et se retrouve sans travail.

En 1818, la Marine royale reprend sa recherche du passage du Nord-Ouest et Franklin est nommé capitaine du Trent, une petite baleinière. L’expédition, sous la gouverne du commandant David Buchan, compte traverser l’Arctique à partir de Spitsberg, au nord de la Norvège, jusqu’au détroit de Béring. À cette époque, on croit que le pôle Nord est entouré d’une mer libre, connue sous le nom de mer polaire et que l’expédition pourra donc simplement naviguer vers le Nord. La première mission échoue : les bateaux tentent en vain de pénétrer la banquise et doivent rebrousser chemin.

L’année suivante, Franklin se retrouve aux commandes d’une expédition terrestre avec la tâche de cartographier une grande partie de la côte nord du Canada terrestre dans le but de trouver la voie la plus directe vers le nord-ouest. Il guide un groupe mixte de vingt hommes, notamment quatre officiers de la Marine royale, dont l’un est George Back, des guides autochtones et des commerçants de fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de la Compagnie du Nord-Ouest. L’expédition fait face à de sérieux obstacles causés en partie par les deux compagnies de traite des fourrures compétitrices, qui faillissent à leur promesse de fournir de la nourriture et des guides expérimentés.

Après un dur hiver au fort Entreprise, l’expédition se dirige vers le nord. Les progrès se font lents; les hommes doivent rebrousser chemin après n’avoir exploré qu’une petite partie de la côte arctique. Sur le chemin du retour, l’équipage se divise en petits groupes qui, avec peine, se déplacent vers le sud. Le groupe de Franklin arrive en premier au fort Entreprise. Les hommes sont réduits à manger des peaux de chevreuil, des os, du lichen et du cuir de bottes bouilli jusqu’à l’arrivée de George Back et d’un groupe de Dénés qui apportent de la nourriture. Au total, onze hommes de l’expédition meurent de faim, de froid ou des suites de batailles internes.

Bien que l’expédition s’avère désastreuse, Franklin se retrouve sous les feux de la rampe. De retour à Londres, il est reçu comme un héros et porte bientôt le nom de « l’homme qui a mangé ses bottes ». Il est aussi promu capitaine de vaisseau par l’amirauté. Lors de son séjour à domicile, il épouse Eleanor Anne Porden, sa première femme, qui, peu de temps après, donne naissance à leur fille Eleanor Isabella.

En 1823, la Marine royale accepte un nouveau projet de Franklin qui consiste à explorer davantage la côte arctique. Fort de ses erreurs passées, Franklin élabore une nouvelle stratégie qui vise l’autosuffisance. Il termine ses préparatifs bien en avance et envoie des provisions aux postes de la Compagnie de la Baie d’Hudson qui se trouvent le long du trajet de l’expédition.

En février 1825, Franklin quitte la Grande-Bretagne et son expédition traverse l’Amérique du Nord et descend le fleuve Mackenzie pour atteindre l’océan Arctique. Il revient vers le sud, au fort Franklin, construit sur la rive du Grand lac de l’Ours, pour y passer l’hiver de 1825 et 1826. Avec l’aide des Dénés, les hommes chassent et pêchent pour augmenter leurs stocks de provisions.

À l’été 1826, l’expédition descend à nouveau le fleuve Mackenzie et se sépare en deux groupes afin de cartographier la rive nord du continent. Ils cartographient quelque 2 000 kilomètres de ligne de côte. Sur le chemin du retour vers l’Angleterre, Franklin passe par le Haut-Canada et s’arrête à Bytown, une petite communauté forestière qui deviendra Ottawa, la capitale du Canada. Pendant son séjour, il pose la pierre angulaire de l’une des écluses du canal Rideau.

De retour en Angleterre, en septembre 1827, Franklin apprend que sa femme Eleanor est décédée une semaine après son départ en 1825. En novembre 1828, il épouse Jane Griffin, une amie de sa défunte épouse. Un an plus tard, le roi George IV le fait chevalier. Franklin s’attend à participer à d’autres expéditions dans l’Arctique, mais ce désir ne se matérialisera pas. Plutôt, de 1830 à 1836, l’Amirauté l’affecte en Méditerranée dans le cadre de la guerre d’indépendance de la Grèce. En 1836, il accepte de servir à titre de lieutenant-gouverneur de la terre de Van Diemen, en Tasmanie.

En 1843, Franklin est destitué et l’Amirauté l’informe de ses projets de chercher à nouveau le passage du Nord-Ouest. Il est nommé commandant d’une expédition, et le capitaine Francis Crozier agit à titre de commandant adjoint. Le 19 mai 1845, Franklin quitte l’Angleterre avec le HMS Erebus et le HMS Terror et entame son dernier voyage. Des baleiniers furent les derniers Européens à voir Franklin et ses hommes en vie, dans la baie de Baffin.

Une note laissée par Francis Crozier indique que sir John Franklin est décédé le 11 juin 1847 et a été enterré sur l’île du Roi-Guillaume. L’emplacement de sa tombe, ainsi que celui des épaves du Erebus et du Terror, les deux navires qu’il dirigeait vers l’Arctique, est toujours inconnu.