La recherche archéologique subaquatique des navire perdus de Franklin : le lieu historique national du HMS Erebus et du HMS Terror

Histoires du Passage du Nord-Ouest

L’expédition de Franklin

Le 19 mai 1845, le HMS Erebus et le HMS Terror de la Royal Navy quittent Greenhithe, en Angleterre, et entreprennent en grandes pompes une expédition très dans l’Arctique à la recherche du passage du Nord Ouest. Sous le commandement de sir John Franklin et du capitaine Francis Rawdon Crozier, commandant adjoint, les deux navires d’expédition comptent à leur bord un équipage de 134 officiers et marins. À l’origine des navires bombardiers de 378 et de 331 tonnes respectivement, les HMS Erebus et Terror ont été convertis et ont tous deux déjà servi à des explorations en milieu polaire. Ils sont robustes et solidement renforcés en vue de la navigation dans les glaces, équipés des tout derniers systèmes de propulsion à hélice à vapeur auxiliaire de l’époque, installés expressément pour l’expédition, et largement approvisionnés pour un voyage dont la durée est estimée à deux ou trois ans. Sir John Franklin avait l’ordre de traverser le passage et de revenir en Angleterre par le Pacifique sans s’attarder. L’expédition doit aussi servir à effectuer diverses études zoologiques, botaniques, magnétiques et géologiques.

HMS Terror Lorsque le navire HMS Terror est parti de Grande-Bretagne pour la dernière expédition de sir John Franklin, il avait déjà pris part à plusieurs explorations des régions arctiques. Cette aquarelle, datant de 1836, a été peinte par George Back, qui était alors aux commandes du navire pour un voyage dans la baie d’Hudson, et montre le Terror près d’un immense iceberg. La peinture vient d’être retrouvée parmi la collection privée d’un des descendants de Back. L’image est une courtoisie de Bonhams Fine Art Auctioneers and Valuers, de Londres, au Royaume-Uni.

Les derniers Européens à entrer en contact avec les HMS Erebus et Terror sont les membres d’équipage de deux baleiniers, l’Enterprise et le Prince of Wales. Lors de cette rencontre fortuite, en août 1845, les capitaines des deux baleiniers discutent avec les chefs d’expédition et apprennent que Franklin attend que les conditions soient bonnes avant de traverser la baie de Baffin jusqu’au détroit de Lancaster. Franklin et ses hommes entrent dans l’archipel arctique tard dans la saison et jouissent d’un succès initial, mais bien vite, l’expédition prometteuse entre dans une misère irrémédiable. Personne ne reverra vivants les membres de l’équipage des deux navires, à l’exception de quelques Inuits lors de rencontres occasionnelles.

La disparition de l’expédition de Franklin donne lieu à de considérables efforts de recherche dans l’Arctique. Toutefois, les circonstances générales entourant le sort de l’expédition ne sont élucidées qu’en 1859, lorsque le lieutenant William Hobson du yacht à vapeur Fox, un navire affrété en privé par l’indomptable lady Jane Franklin, trouve un sombre message laissé dans un cairn à Victory Point, sur l’île King William.

Le message révèle que les deux navires se sont retrouvés prisonniers des glaces vers la fin de 1846 et qu’ils le sont demeurés pendant environ un an et demi. Il indique que Franklin est décédé le 11 juin 1847, et que 23 autres membres de l’équipage ont péri comme lui, dans des circonstances inconnues. Le 22 avril 1848, les 105 derniers survivants abandonnèrent les navires et tentèrent de rejoindre à la marche la rivière Back's Fish. Aucun d’entre eux ne survécut. Tous les membres d’équipage des deux navires périrent, et les HMS Erebus et Terror se perdirent dans les glaces. Bien que le message révèle la proximité générale des deux navires au moment de leur abandon, aucune des deux épaves n’a encore été retrouvée.

En 1992, les épaves disparues sont déclarées lieux historiques nationaux par le gouvernement du Canada, en raison du lien entre les deux navires et la dernière expédition de Franklin, plus particulièrement leur rôle dans l’histoire de l’exploration du Nord canadien et le développement du Canada en tant que nation.