La recherche archéologique subaquatique des navire perdus de Franklin : le lieu historique national du HMS Erebus et du HMS Terror

A la recherche des épaves

Qu'est-ce que la glace Dites-nous (SCG)

Données du Service canadien des glaces : des archéologues subaquatiques de Parcs Canada travaillent en collaboration avec le SCG pour déterminer ce que leurs recherches peuvent nous apprendre.

Par Tom Zagon, Service canadien des glaces

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Les brise-glaces modernes se fient grandement à l'information que transmettent les satellites de télédétection pour planifier leur route dans la glace et prendre des décisions relatives à la navigation. Les cartes des glaces que produit le SCG sont essentielles à la navigation dans les eaux couvertes de glaces, et de l'information à jour concernant l'état des glaces est régulièrement envoyée jusqu'à la passerelle des brise-glaces en temps quasi réel grâce à la communication par satellite. Il est déconcertant de penser que des navires comme le HMS Erebus et le HMS Terror ne pouvaient pas profiter des avantages que fournit aujourd'hui la technologie par satellite et qui sont souvent tenus pour acquis.

Les images satellites de l'Arctique canadien récoltées au cours des quelques dernières décennies ne se sont pas avérées qu'avantageuses sur le plan opérationnel; elles ont aussi permis la création de précieuses archives qui servent aujourd'hui à analyser l'historique de l'état des glaces dans une région donnée. L'état des glaces varie d'année en année, mais cette variabilité se manifeste à l'intérieur d'un territoire bien défini, et il arrive souvent que, dans un endroit donné, les glaces suivent le même parcours chaque année. Les glaces marines sont dynamiques, mais de nombreuses études ont montré que leur mouvement n'est pas aléatoire.

Un examen détaillé des images satellites recueillies au fil des ans appuie actuellement les efforts de recherche des HMS Erebus et Terror. Ces images favorisent la compréhension des conditions qui prévalent dans la région où les navires se sont heurtés à des difficultés. Par exemple, en examinant chaque année l'état des glaces au début de l'automne, il est possible de déterminer comment les navires s'en sont retrouvés prisonniers en 1846. Plus important encore, les images satellites permettent d'établir les parcours de dérive généraux de la région et d'en cerner les principaux aspects, du gel des glaces en hiver jusqu'à la débâcle du printemps. Cela contribue à déterminer la direction qu'auraient prise les navires après avoir été abandonnés, en avril 1848, près de la rive nord-ouest de l'île du Roi-Guillaume.

La majeure partie de ce que l'on sait sur l'engloutissement subséquent des navires provient de preuves historiques. Malheureusement, certaines de ces preuves ne sont pas claires et sont parfois même contradictoires. Nous espérons que l'utilisation de l'imagerie satellitaire nous permettra d'associer des probabilités aux différents scénarios et endroits à l'étude et de lever ainsi une partie de l'incertitude. Utilisée conjointement avec les preuves archéologiques et l'inestimable histoire orale des Inuits, l'imagerie satellitaire du parcours des glaces devient un atout important dans la reconstitution de l'histoire de Franklin.

Ces deux images montrent la débâcle et le dégagement enregistrés dans l'est de la baie de la Reine-Maud en juillet 2010. La zone de glace fixée, qui apparaît sur l'image du 14 juillet, s'est fracturée le 18 juillet.
Capteur satellitaire : MODIS
Source : NASA

Photo de l'Île O’Reilly, 14 juillet 2010 14 juilliet 2010, Île O’Reilly

Photo de l'Île O’Reilly, 18 juillet 2010 18 juilliet 2010, Île O’Reilly