La recherche archéologique subaquatique des navire perdus de Franklin : le lieu historique national du HMS Erebus et du HMS Terror

Expéditions passées

Expédition de recherche d’août 2011 pour localiser les navires de Franklin, le HMS Erebus et le HMS Terror

Les deux navires perdus de sir John Franklin, le HMS Erebus et le HMS Terror, ont été désignés lieu historique national du Canada – le seul lieu historique national « non découvert » – en raison de l’importance des expéditions de Franklin et de ses navires dans l’histoire de la navigation et de l’exploration de l’Arctique. La découverte de l’une de ces épaves, des deux épaves ou de leur contenu fournirait des renseignements sans précédent sur la recherche du passage du Nord Ouest, sur l’exploration du Nord canadien et sur le sort de sir John Franklin, du HMS Erebus, du HMS Terror et des autres membres de l’équipage, tous témoins de l’histoire commune du Canada et de la Grande Bretagne.

Le HMS Erebus et le HMS Terror ont une importance historique et culturelle pour les Inuits locaux, qui font référence à ces navires dans leur histoire orale. L’équipe d’expédition a travaillé en étroite collaboration avec les Inuits dans le cadre de son travail de recherche et de planification. On croit que la recherche et l’histoire orale des Inuits pourraient être la clé qui ouvrira la voie à la découverte du HMS Erebus et du HMS Terror.

La recherche des HMS Erebus et Terror se révèle extrêmement complexe en raison de l’immensité de l’Arctique canadien et des conditions rigoureuses avec lesquelles doivent composer les équipes de reconnaissance dans les eaux nordiques. La tâche est d’autant plus difficile qu’il existe différentes versions du sort de Franklin et de ses navires dans le savoir traditionnel inuit, ainsi que de nombreuses interprétations sur l’emplacement possible des épaves. Toutefois, même si les nombreuses tentatives pour retrouver les HMS Erebus et Terror se sont jusqu’à présent avérées infructueuses, elles ont permis d’exclure systématiquement des zones importantes du plancher océanique et de réduire le périmètre de recherche.

En août prochain, Parcs Canada et son Service d’archéologie subaquatique (SAS) dirigeront une troisième expédition archéologique de recherche du HMS Erebus et du HMS Terror dans le Nunavut.

En 2008, le SAS a entrepris un projet de trois ans en partenariat avec le Service hydrographique du Canada (SHC), avec l’appui de la Garde côtière canadienne (GCC) et du gouvernement du Nunavut. L’expédition initiale, effectuée en 2008, a permis de faire le levé hydrographique d’un corridor d’approche d’une longueur de 65 km depuis le principal chenal de navigation, dans un terrain pratiquement vierge, jusqu’à la zone archéologique ciblée, près de l’île O’Reilly. Ce corridor a été utilisé lors de la deuxième saison sur le terrain, en 2010, car il représente une zone de navigation sécuritaire pour le navire de soutien. Il a permis à deux petites vedettes de levés hydrographiques d’établir avec succès le plan d’environ 180 km2 de terrain.

Cette année encore, l’expédition constituera un effort de collaboration, mais avec l’ajout de nouvelles organisations : le laboratoire de technologies océaniques de l’Université de Victoria et le Service canadien des glaces (SCG). Ces partenariats fourniront une vaste expertise et permettront d’obtenir divers renseignements qui viendront alimenter la base de recherche actuelle sur le sort des deux navires. Le travail de reconnaissance sera une fois de plus organisé à partir du brise glace Sir Wilfrid Laurier de la GCC; des archéologues travailleront aux côtés d’hydrographes du SCH au cours d’un effort de six jours.

En plus des technologies utilisées précédemment, dont le sonar à balayage latéral et la bathymétrie multifaisceaux, Parcs Canada aura recours, dans les recherches qu’il dirige en eau profonde pour retrouver les navires de Franklin, à un véhicule téléguidé (VTG) fourni par l’Université de Victoria. Ce VTG ne servira pas à effectuer des recherches, mais plutôt à obtenir l'authentification immédiate d'une cible potentielle. L'Université de Victoria a également fourni les services d'un opérateur pour la durée des recherches. Ce VTG a une capacité supérieure à celle du véhicule que possède présentement Parcs Canada.

Comme en 2008, un archéologue du gouvernement du Nunavut se joindra à l’équipe de reconnaissance pour étudier les vestiges potentiels sur les côtes de la région qui pourraient être liés à l’expédition de Franklin.

Les efforts de recherche des navires de Franklin qui seront déployés en 2011 se déplaceront vers le nord du secteur de l’île O’Reilly au détroit de Victoria, là où l’autre navire aurait sombré. Ce nouveau secteur constitue une priorité pour le SHC et la GCC à l’intérieur de leur mandat, qui vise à promouvoir la sécurité de la navigation dans les principaux corridors de navigation de l’Arctique canadien. Parcs Canada profitera de l’occasion pour commencer la recherche du deuxième navire.

En août 1997, un protocole d’entente a été signé entre la Grande Bretagne, propriétaire des navires, et le Canada, nation dans les eaux de laquelle les navires ont été perdus. En vertu de ce protocole, si l’on vient à découvrir l’emplacement des navires, c’est au Canada qu’il reviendra de contrôler l’enquête sur le terrain, l’excavation ou la récupération des deux épaves ou de leur contenu. Parcs Canada, dont le mandat est de protéger et de mettre en valeur des objets d’importance nationale, est l’organisme fédéral responsable désigné pour la recherche et la conservation subséquente des navires.

Le gouvernement du Canada est le fier intendant du parc national du Canada Aulavik ainsi que du lieu historique national du Canada des HMS Erebus et HMS Terror, et collabore avec le gouvernement du Nunavut et la Qikiqtani Inuit Association en vue de la création d’une aire marine nationale de conservation dans le détroit de Lancaster, à l’entrée est du passage du Nord Ouest.

Parcs Canada reçoit aussi l’appui des habitants de Gjoa Haven et de la Fiducie du patrimoine inuit.