La recherche archéologique subaquatique des navire perdus de Franklin : le lieu historique national du HMS Erebus et du HMS Terror

Expéditions passées

Expédition 2010 - Résultats de l'expédition

L'aire de recherche des épaves autour de l'île O'Reilly L'aire de recherche des épaves autour de l'île O'Reilly (au milieu, à gauche) prise par Jonathan Moore à 24 000 pieds d'altitude, pendant un vol de Gjoa Haven (Nunavut) à Yellowknife (Territoires du Nord Ouest)
© Parcs Canada

Le 18 août 2010, le Service d’archéologie subaquatique de Parcs Canada (SAS), en collaboration avec la Garde côtière canadienne et le Service hydrographique du Canada (SHC), a mené des recherches dans le but de localiser le HMS Erebus et le HMS Terror. L’aire générale de recherche comprenait les zones sud-est et nord-est de l’île O’Reilly, située à l’ouest de la péninsule Adelaide dans le golfe de la Reine-Maud. Durant la saison de recherche 2010, l’équipe a couvert l’ensemble de la zone sud-est; quelques recherches ont aussi été effectuées dans la zone nord-est de l’île.

Une grande partie des eaux de l'Arctique canadien n’ont pas encore été cartographiées, ce qui met en péril les petites et les grandes embarcations. Pour cette raison, durant la saison de recherche 2008, les travaux du SHC et du SAS se sont concentrés sur l’établissement de cartes marines d’un corridor d’approche jusqu’à la zone de recherche de l’île O’Reilly; l’équipe conjointe a réussi à faire des levés d’un corridor d’approche de 65 kilomètre dans des eaux jusqu’alors non cartographiées. Le travail a porté fruit : en 2010, le Sir Wilfrid Laurier a été en mesure de transporter une équipe près de la zone de recherche et de demeurer tout près durant la journée des recherches.

En 2010, deux vedettes hydrographiques du SHC, le Gannetet et le Kinglett, ont déployé des échosondeurs à faisceau unique et remorqué des sonars à balayage latéral. À l’aide des vedettes, l’équipe a pu réaliser des levés dans la zone de recherche pendant six jours. En général, les conditions météorologiques et de travail ont été favorables pendant toute la durée des travaux, soit environ 12 heures le premier jour et 16 heures les cinq jours suivants. Au total, environ 184 heures ont été consacrées à la réalisation de levés, soit environ 92 heures par vedette. Pendant cette période, aucune de glace de mer n’a été observée dans la zone de recherche.

Vu les conditions météorologiques favorables, l’équipe a établi qu’il est improbable que l’un ou l’autre des navires de Franklin se trouve dans la zone de recherche située au sud-est de l’île O’Reilly. Cela dit, on a entrepris l’examen minutieux des données sonar afin de s’assurer qu’aucun aspect subtil n’a été raté. Après avoir entièrement couvert la zone sud-est, l’équipe a tourné ses efforts vers le nord-est de l’île O’Reilly et consacré la dernière journée et demie de recherche à cette zone. Aucune cible n’a été identifiée durant cette courte période.

La recherche des épaves et le levé bathymétrique, qui ont pris fin le 23 août 2010, ont permis de recueillir environ 400 000 sondages du fond marin près de l’île O’Reilly. Au total, les deux vedettes ont suivi près de 1 000 km de lignes de levé, balayant ainsi plus de 150 kilomètres carrés de fond marin.

L’Agence Parcs Canada est heureuse des résultats de l’expédition de 2010, compte tenu que l’importante zone de recherche a été couverte en aussi peu de temps. En plus d’écarter la zone sud-est de l’île O’Reilly comme emplacement possible des épaves des navires de Franklin, l’équipe a été en mesure de faire le levé d’eaux jusqu’alors non cartographiées et de recueillir beaucoup d’information sur la topographie du golfe de la Reine-Maud.

Pour les membres de l’équipe du SAS, Ryan Harris et Jonathan Moore, travailler avec l’équipage du Sir Wilfrid Laurier et l’équipe du SHC a été un réel plaisir. Ces personnes joyeuses et dévouées ont fait preuve de professionnalisme et étaient toujours prêtes à rendre service. Grâce à l’équipage de la Garde côtière, dirigé par le capitaine Bill Noon et le capitaine en second Richard Marriott, l’équipe de recherche a pu profiter pleinement du temps à sa disposition. Un grand merci aux patrons d’embarcation de la Garde côtière qui, durant de longues heures à bord du Gannet et du Kinglett, ont tracé de façon méticuleuse des lignes de levé bien droites. Merci également à l’hydrographe en chef Andrew Leyzack, du SHC, qui s’est occupé d’une grande partie des préparatifs logistiques et qui demeure un partenaire essentiel dans la recherche conjointe des épaves. Enfin, le SAS est reconnaissant envers Keri Spink, de Parcs Canada, qui a travaillé sans relâche à la coordination du projet du site Web et des demandes d’information des médias.

Même si aucun élément important n’a été relevé, le fait de cartographier minutieusement de nouvelles zones du fond marin de l’Arctique nous rapproche de notre but, soit la découverte du HMS Erebus et du HMS Terror. À cette fin, l’expédition de 2010 a contribué de façon importante aux efforts de longue date visant à en apprendre plus sur le sort de ces navires à deux étages.

Après chaque saison de travail sur le terrain, le SAS évalue le déroulement et les résultats de ses projets de recherche en vue d’établir un plan d’action concernant ses futurs travaux sur le terrain. En prévision d’une troisième expédition, Parcs Canada consultera ses partenaires actuels et éventuels afin d’établir l’horaire et le déroulement de la suite de la recherche des navires perdus de Franklin. L’Agence se réjouit à la perspective de faire connaître ses projets futurs concernant la recherche du HMS Erebus et du HMS Terror au fur et à mesure que les détails seront établis.