Expéditions 2010 dans l'Arctique

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Les projets de recherche du HMS Investigator et de la cache de McClure

On trouve un vaste éventail de sites archéologiques protégés à l'intérieur du système de parcs nationaux de Parcs Canada, ce qui reflète la diversité des peuples et des communautés qui ont voyagé et qui ont vécu sur notre territoire. Les parcs dans le grand nord, tel que le parc national du Canada de Aulavik, ne font pas exception et les traces d'activité humaine, des premiers habitants aux explorateurs européens de l'Arctique, survivent à la surface de ce vaste territoire. La baie Mercy, dans le parc national de Aulavik, est un de ces lieux où l'histoire autochtone et l'exploration européenne ont convergé, à l'endroit où le Capitaine Robert McClure et son navire HMS Investigator ont été captifs pendant deux rudes hivers. Bien que l'équipage n'ait jamais rencontré d'Inuits dans la baie, ce qu'ils laissèrent derrière eux influença de façon notoire la vie inuite. Ainsi, l'histoire du HMS Investigator captive non seulement l'imagination canadienne et européenne, mais elle porte en elle une importance toute spéciale pour les Inuvialuits de l'Ouest de l'Arctique.

Les travaux de recherches archéologiques dans le parc national de Aulavik, qui ont eu lieu du 22 juillet au 3 août 2010, ont privilégié une approche multidisciplinaire comprenant de la prospection archéologique subaquatique, des méthodes d'archéologie terrestre, de la géophysique, des prospections numériques et de l'histoire documentaire. L'expertise nécessaire pour mener à bien ce travail exhaustif ne provient pas que de Parcs Canada, mais inclut également des chercheurs de l'université Western Ontario et de l'université Memorial. L'équipe était également très privilégiée de pouvoir compter sur les contributions importantes apportées par ses membres Inuvialuits qui ont joué un rôle crucial dans la planification et le déroulement du projet.

Thierry Boyer
Thierry Boyer
© Parcs Canada

THIERRY BOYER est né sur la Rive-Sud de Montréal. Il a débuté ses études en anthropologie et en archéologie historique à l'Université Laval à Québec où il a obtenu un baccalauréat en 1999. Il quitte ensuite pour la France afin d'y compléter une maîtrise en archéologie maritime à la Sorbonne, étudiant les pompes de cale des navires anciens. Thierry a commencé à travailler avec le Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada comme bénévole en 1997, sur le projet de fouille de l'épave Elizabeth and Mary (1690) et il a obtenu un poste d'archéologue subaquatique permanent en 2007. Avant cette date, il avait travaillé sur plusieurs projets en archéologie subaquatique et terrestre, au Wyoming, au Québec et en Ontario.

Une grande partie de son expertise en archéologie subaquatique fut acquise avec le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) prenant part à des prospections au Havre et à Arles, sur les fouilles des épaves de Lapérouse coulées en 1788 près de Vanikoro dans les îles Salomon, et surtout sur les épaves de deux frégates corsaires françaises du 18e siècle à la Natière (Saint-Malo), un projet de fouille pluriannuelle. Depuis qu'il travaille à Parcs Canada, il a pris part à plusieurs projets d'inventaires entre autres au Parc marin du Saguenay Saint-Laurent, dans la Réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan, et aux lieux historiques nationaux du Canada de L'Anse-aux-Meadows et de la Forteresse-de-Louisbourg. Thierry a également développé un intérêt pour la transmission des connaissances au grand public. Grand amoureux de la nature, il avait très hâte de finalement découvrir l'Arctique. Dans le cadre des recherches pour localiser l'épave du HMS Investigator en 2010, Thierry a participé au volet subaquatique et supervisé la documentation photographique et vidéographique des recherches sous-marines.


Henry Cary
Henry Cary
© Parcs Canada

HENRY CARY a eu la chance de poursuivre sa grande fascination pour l'archéologie et l'histoire depuis un jeune âge. À 14 ans, il se porta volontaire comme musicien militaire et interprète historique au lieu historique national de Fort George, Ontario – un poste qui devint un emploi rémunéré pour les six années suivantes. En 1996, Henry entreprit un diplôme combiné en archéologie préhistorique et en anthropologie sociale à l'université Wilfrid Laurier, qui comprenait une session à l'université de KwaZulu-Natal de Durban en Afrique du Sud, des stages avec les Services d'archéologie de l'Ontario de Parcs Canada et de la formation en anthropologie physique à l'université de Waterloo.

Henry a ensuite décroché une maîtrise en archéologie historique à l'université Memorial où il a dirigé des fouilles sur un site près de Makkovik que l'on croit être la première mission morave auprès des Inuits du Labrador. Tout au long de sa formation universitaire, de son travail de conseiller en archéologie et de son travail d'archéologue à Parcs Canada, Henry a eu la chance de fouiller, de documenter et de raconter une grande variété de sites historiques et préhistoriques en Ontario, au Labrador, à Terre-Neuve, aux Territoires du Nord-Ouest, en Afrique du Sud et en Italie. Il rédige présentement sa thèse de doctorat sur l'archéologie du lieu historique national de Fort-Henry à Kingston, Ontario, par le biais du Département des études militaires du Collège militaire royal du Canada, et vit et travaille à Inuvik, TNO, comme agent de gestion des ressources culturelles pour l'unité de gestion de l'Ouest de l'Arctique de Parcs Canada. Il s'agit de son deuxième projet dans le parc national de Aulavik, un endroit qui détient une importance toute spéciale pour lui, puisqu'il y rencontra sa femme Lindsay en 2008. Pour le projet de 2010, Henry a coordonné les consultations, les permis, les contrats, la recherche pour les sites terrestres et la logistique des avions et du camp de base. Pendant les opérations sur le terrain à la baie Mercy, il a dirigé la prospection archéologique et topographique des sites terrestres et participé au travail sur magnétomètre et détecteur de métal avec Ed Eastaugh.

Ed Eastaugh
Edward Eastaugh
© Parcs Canada

EDWARD EASTAUGH travaille comme archéologue depuis 18 ans. Diplômé de l'université de Durham en Angleterre en 1992, il passa les huit années suivantes à travailler au Royaume-Uni sur des projets d'évaluation et d'atténuation des sites archéologiques tout en occupant des postes d'assistant de recherche aux universités d'Édimbourg et de Southampton. Il passa également 18 mois au Moyen-Orient où il travailla comme assistant de recherche à l'Institut britannique pour l'archéologie et l'histoire ancienne à Amman, en Jordanie, de même que sur plusieurs projets de recherche en Jordanie, en Syrie, en Lybie et en Inde.

En 2000, Edward déménagea au Canada où il obtint sa maîtrise en archéologie de l'université Memorial, à Terre-Neuve. Après avoir travaillé brièvement comme consultant en archéologie au Manitoba et en Ontario, il fut engagé en 2006 comme gestionnaire du laboratoire de bio-archéologie du département d'anthropologie de l'université Western Ontario. Au cours des quatre dernières années, il a effectué plus de 40 prospections gradiométriques en Ontario et au Pérou, et il a passé les quatre derniers étés à travailler en collaboration avec Lisa Hodgetts, membre du corps professoral de l'université Western Ontario, afin d'étudier et de mettre au point des techniques archéo-géophysiques sur divers sites archéologiques de l'Arctique canadien. Ed a assumé la direction des recherches avec magnétomètre et détecteur de métal sur les sites terrestres.

Ryan Harris
Ryan Harris
© Parcs Canada

RYAN HARRISNé à Calgary (Alberta), Ryan a complété son baccalauréat en anthropologie à l'université de Toronto. Il a ensuite poursuivi ses études à l'université d'East Carolina, à Greenville (Caroline du Nord) où il a obtenu sa maîtrise en histoire maritime et archéologie nautique. Travaillant comme archéologue subaquatique avec Parcs Canada depuis 1999, il a participé à plus d'une cinquantaine de projets en archéologie subaquatique dans sa carrière dont les épaves de la guerre de 1812 Hamilton and Scourge, un avion américain PBY-5A airplane à Longue-Pointe-de Mingan (Québec), RMS Empress of Ireland (1914) (Québec), un navire baleinier du 16e siècle à Red Bay (Terre-Neuve et Labrador), les épaves françaises du 18e siècle du lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg (Nouvelle-Écosse) et de la Bataille-de-la-Ristigouche. Ses champs de recherche professionnels comprennent la construction navale historique et les applications de la télé-détection à la prospection archéologique. Il a été directement impliqué dans nombre de projets de prospection à travers le Canada, du lieu historique national de L'Anse-aux-Meadows (Terre-Neuve et Labrador) à la réserve de parc national de Gwaii Haanas (Colombie-Britannique), du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent (Québec), aux lieux historiques nationaux du Canal-Rideau et de la Voie-Navigable-Trent-Severn (Ontario). Il a également participé à des projets d'archéologie subaquatique aux États-Unis et aux Bermudes. En 2008, Ryan était responsable pour Parcs Canada des opérations de télédétection lors de la prospection archéologique pour localiser les navires de Franklin. En 2010, Ryan a dirigé les recherches subaquatiques pour trouver l'épave du HMS Investigator. Il a été responsable de l'opération du sonar latéral utilisé au cours des recherches et il a piloté un robot submersible téléguidé.

Joe Kudlak
Neegeonak Abel Joseph Kudlak
© Parcs Canada

Mon nom est NEEGEONAK ABEL JOSEPH KUDLAK. Je suis né sur le territoire du côté sud de l'anse Minto qui se trouve sur l'île Victoria. J'ai commencé à travailler au parc national de Aulavik en juin 1994 comme patrouilleur saisonnier. Au cours de mon travail avec Parcs Canada, je suis venu au parc national de Aulavik à plusieurs reprises. J'ai voyagé sur la rivière Thomsen en canot, en plus d'effectuer une patrouille en zodiac dans la baie Mercy et de prendre part à plusieurs projets qui se sont déroulés à Aulavik au fil des ans. Parmi les projets auxquels j'ai participé, on compte la surveillance des populations de lemmings, un inventaire des rapaces, des inventaires de plantes, des échantillonnages de la qualité de l'eau, et des surveillances archéologiques. J'ai également joué un rôle de soutien comme surveillant de la faune sur les projets de Parcs. Dans le cadre des recherches de 2010, j'ai apporté mon concours à l'équipe d'archéologie terrestre ainsi qu'à John Lucas pour les opérations du camp et la sécurité.


John Lucas
John Lucas
© Parcs Canada

Mon nom est JOHN LUCAS JR, fils de Sachs Harbour, Territoires du Nord-Ouest. Je travaille pour Parcs Canada depuis 1994 comme patrouilleur dans les parcs nationaux de Aulavik et de Ivvavik, et aussi comme technicien écologique pour l'unité de gestion de l'Ouest de l'Arctique. Je suis présentement le gestionnaire de site pour le parc national de Aulavik. J'ai une grande expérience de l'arrière-pays sur l'île Banks. J'ai également une grande connaissance des aspects politiques de l'Ouest de l'Arctique. J'ai aidé à coordonner les consultations communautaires et la planification du projet et j'ai agi comme agent principal du projet pour la sécurité et les opérations du camp en plus d'appuyer le travail de recherche archéologique sur terre.

Jonathan Moore
Jonathan Moore
© Parcs Canada

JONATHAN MOORE est né à Banbury, en Angleterre. Il s'est établi à Kingston, au Canada avec sa famille à l'âge de cinq ans. Il a d'abord obtenu un baccalauréat en études anciennes de l'université Queen's en 1991. Alors qu'il était à l'université, il a appris la plongée et s'est intéressé à l'archéologie subaquatique. Il s'est ensuite déplacé en Écosse où il a obtenu une maîtrise en études maritimes de l'université St-Andrews. Peu après, Jonathan a débuté sa carrière professionnelle en archéologie subaquatique en Écosse et en Angleterre.

Il est revenu au Canada en 1994 pour travailler au sein du Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada. Jonathan a participé à plus de 50 projets d'archéologie subaquatique à travers le Canada touchant à des sites de nature très diverse, allant des épaves historiques aux paysages préhistoriques submergés. Il a dirigé des projets de prospection archéologique à maints endroits, notamment au Lieu historique national du Canada de L'Anse-aux-Meadows (Terre-Neuve et Labrador), au Lieu historique national du Canada du Canal-Rideau (Ontario) et à la Réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (Colombie-Britannique). De 2007 à 2009, il a dirigé une prospection archéologique des épaves Hamilton et Scourge, deux navires coulés en 1813 à une profondeur de 90 mètres (300 pieds) au fond du lac Ontario. Dans le cadre de son travail, il s'intéresse aux épaves perdues au cours de la Guerre de 1812, aux processus d'abandon des navires, aux paléo-paysages submergés, à l'impact des espèces de moules envahissantes sur les ressources culturelles subaquatiques, aux recherches en archive et à l'histoire locale. Jonathan faisait partie de l'équipe de recherche employée au projet de recherche des navires de Franklin en 2008. Jonathan a supervisé les opérations à bord de l'embarcation et assumé la responsabilité de la sécurité à bord lors des recherches de 2010 pour localiser le HMS Investigator.

Leticia Pokiak
Letitia Pokiak
© Parcs Canada

Mon nom est LETITIA POKIAK. Je suis Inuvialuite et originaire de Tuktoyaktuk. J'ai été élevée par ma grand-mère, Lena Pokiak (Igalik). J'ai fait mes études secondaires à l'école Samuel Hearne à Inuvik, Territoires du Nord-Ouest, avant que l'école secondaire ne soit établie à Tuk. Après le secondaire, j'ai étudié au Collège Mount Royal de Calgary, en Alberta, et au collège de Red Dear où j'ai eu la possibilité de voyager à Oaxaca, au Mexique, pour étudier l'histoire, la culture et la langue de ce pays. C'est à la suite de cette expérience et parce que je me passionne pour mon patrimoine que j'en suis venue à étudier l'anthropologie. Je me suis ensuite inscrite à l'université de l'Alberta à Edmonton en 2003 et j'ai décroché un baccalauréat en anthropologie, avec une mineure en psychologie. J'aimerais obtenir une maîtrise en anthropologie un jour, lorsque le moment propice sera venu. Je suis la mère de deux filles, qui, je l'espère apprécieront leur patrimoine autant que le font leurs parents. J'aime le camping, la nourriture traditionnelle Inuvialuite, les voyages, la culture et la lecture. J'encourage les jeunes autochtones à trouver leur passion et à développer leurs intérêts, parce que la connaissance est source de puissance. D'ailleurs l'une des citations que j'aime le plus dit : « On doit savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va. »