Expéditions 2010 dans l'Arctique

Les difficultés du travail dans un climat arctique

Le travail dans un climat arctique est source de défis intéressants pour les équipes de recherche de l'Agence Parcs Canada. Le climat, le déplacement vers des contrées éloignées et le manque d'équipement en Arctique doivent être sérieusement pris en considération; ils mettent certainement le personnel de l'Agence à l'épreuve en ce qui concerne le travail quotidien. Bien que l'emplacement de la cache de McClure soit à l'intérieur des limites du parc national de Aulavik, on pouvait penser que le navire avait été perdu dans les eaux de la baie Mercy, juste à l'extérieur du parc.

Camp de base de Parcs Canada Camp de base de Parcs Canada
© Parcs Canada

Le climat

Le climat du parc national de Aulavik est typiquement arctique. La toundra est gelée et recouverte de neige de septembre à juin. Dans la région où notre équipe travaillait, les étés sont courts et frais, la température variant entre -2 °C et 12 °C et la moyenne quotidienne étant de 8 °C : il n'y a rien d'extraordinaire à ce qu'il neige en juillet. La baie Mercy est sujette aux brouillards épais et à la pluie, le soleil ne s'y couche pas entre la mi-mai et la fin juillet et il n'y a pas vraiment de noirceur de la fin avril à la fin août. Suivre ce lien pour se renseigner sur le climat du parc national de Aulavik.

Parcs Canada surveille constamment l'épaisseur des glaces dans les régions arctiques où l'on prévoit faire des recherches en utilisant les renseignements et les cartes du Service canadien des glaces (SCG) d'Environnement Canada. Ces recherches sont impossibles sans eau libre.

L'emplacement, le déplacement et l'équipement

L'étude de la cache de McClure et la recherche du HMS Investigator ont été menées à partir du parc national de Aulavik. Ce dernier est situé au nord de l'île de Banks, l'île la plus occidentale de l'archipel canadien de l'Arctique. Aulavik est situé à 250 kilomètres au nord-est de la petite collectivité de Sachs Harbour et à 750 kilomètres au nord-est de la ville d'Inuvik.

Hélicoptère atterissant dans le parc Aulavik Hélicoptère atterissant dans le parc de Aulavik
© Parcs Canada

Aulavik est un parc isolé de nature sauvage sans équipement, ni camping, ni sentiers développés et on n'y a pas accès par la route. Actuellement, le moyen le plus commun et le plus pratique de s'y rendre est d'affréter un aéronef aux pneus adaptés à la toundra. Notre équipe d'enquêteurs s'est rendue au camp de base de la baie Mercy en deux stades. D'abord, elle a pris un avion de Havilland Twin Otter à Inuvik pour se rendre à Sachs Harbour; là, après ce vol de deux heures, on a fait le plein et poussé une heure de plus jusqu'à Polar Bear Cabin, juste à l'est de la baie Castel. Ensuite, l'équipe et l'équipement ont été transportés par hélicoptère 206L de Bell, pendant une demi-heure de plus, pour se rendre de Polar Bear Cabin au camp de base de la baie Mercy. Étant donné que la baie Mercy se jette dans la mer, l'eau n'y est pas potable, alors il fallait se procurer de l'eau à un étang ou à une rivière avoisinants et la transporter par élingue d'hélicoptère jusqu'au camp de base. Notre équipe a été livrée à ses propres moyens jusqu'à ce que l'hélicoptère retourne la chercher pour la ramener à Polar Bear Cabin, d'où elle devait retourner à Inuvik en Twin Otter. Le mauvais temps peut facilement empêcher l'hélicoptère ou le Twin Otter de revenir à temps, alors il fallait des approvisionnements supplémentaires et planifier un séjour dans le parc d'au moins deux jours de plus.

Twin Otter On prépare le départ en Twin Otter
© Parcs Canada

Étant donné que les aéronefs ne peuvent transporter qu’un certain poids au maximum (1 134 kg dans le cas d’un Twin Otter et jusqu’à 408 kg dans le cas d’une élingue d’hélicoptère), l’équipe ne pouvait apporter qu’une quantité limitée de matériel, d’équipement personnel et de nourriture. Chaque personne avait sa propre tente, et il y avait aussi des tentes communes pour préparer les repas et pour les prendre. Étant donné que le camp était situé dans le pays des ours blancs, il fallait adopter des pratiques sécuritaires pour ne pas attirer les ours. Tous les déchets humains et les restes de nourriture devaient être rapportés à la fin du projet et, idéalement, quand l’équipe est montée dans l’hélicoptère pour le retour, il ne devait rester que bien peu d’indices de l’existence du camp.