Commémoration de la guerre de 1812

Des récits fascinants

Parcs Canada préserve et met en valeur bon nombre des lieux historiques nationaux, forts et champs de bataille où ces événements dramatiques se sont produits. Voici certains des faits racontés :

  • Le 27 mai 1813, une force américaine de 5 000 hommes envahit Niagara (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake). La force défensive d’environ 1 200 Britanniques, Canadiens et Autochtones perd lentement du terrain devant l’envahissuer. Tout au long de la bataille, Mary Henry, l’épouse du gardien de phare de Niagara, traverse le champ de bataille sous le feu de l’ennemi pour apporter un peu de réconfort aux soldats britanniques et canadiens. Un chroniqueur de l’époque relate ce moment de bravoure altruiste :

    « Tout à coup, ils l’aperçoivent. Sous une pluie de fer, Mary Madden Henry vient calmement vers eux avec du café chaud et de la nourriture. On pourrait croire qu’elle se trouve dans son petit jardin sur la rive par un soir d'été avant le début des hostilités, tellement elle semble à l’aise. Elle va et vient sans arrêt, apportant davantage de nourriture. On dirait qu’un ange invisible la protège des dangers qui guettent chacun de ses pas. Toute la journée et jusqu’à l’accalmie du soir, elle est à la fois traiteur et infirmière, la seule femme de la compagnie à soigner les soldats blessés au combat. Les survivants n’oublieront jamais cette journée ni le courage de Mary Henry. »

  • En 1814, 75 % de la nourriture consommée par les soldats britanniques qui combattent les Américains est vendue aux Britanniques par des Américains. Le Dr. William « Tiger » Dunlop relate son expérience de la guerre et dit avoir vu un officier de la milice américaine du Vermont offrir aux Britanniques de leur vendre du bétail. Selon Dunlop, cet officier reconnaissait qu’il fût mal de transiger avec l’ennemi, mais qu’il ne voyait pas comme un ennemi quiconque payait un bon prix pour sa viande de bœuf.

  • Après être tombés au combat lors de la bataille des Hauteurs de Queenston le 13 octobre 1812, le major-général Isaac Brock et son aide de camp, le lieutenant‑colonel John Macdonell, sont inhumés dans un bastion du fort George. Le 13 octobre 1824, on les inhume à nouveau sur les Hauteurs de Queenston dans un nouveau monument, qui sera détruit 16 ans plus tard dans un acte terroriste commis par Benjamin Lett, un Canadien d’origine irlandaise. Il a fallu 13 ans pour lever les fonds nécessaires pour remplacer le monument détruit. Les dépouilles de Brock et de Macdonell sont alors retirées des décombres et inhumées temporairement dans un cimetière familial de Queenston. Le 13 octobre 1853, on les inhume pour une quatrième fois dans un nouveau monument, où ils demeurent encore aujourd’hui. Quatre inhumations pour les mêmes personnes, voilà qui n’est pas de tout repos!

  • Sir William Congreve a 34 ans lorsqu’il fait la démonstration de l’une de ses inventions : une roquette militaire à ogive explosive. La roquette de Congreve représente une amélioration par rapport aux feux d’artifice chinois et aux roquettes militaires utilisées sans succès en Inde. Ces roquettes servent à la frontière de Niagara pendant la guerre de 1812, mais elles gagnent en notoriété lors de l’attaque du fort McHenry à Baltimore en 1814. C’est à ces roquettes que l’on fait allusion quand on chante « And the rockets’ red glare » dans l’hymne national américain.

  • Pendant la guerre de 1812, des pièces d’artillerie trapues, connues sous le nom de « mortiers », peuvent lancer des projectiles explosifs à très grande distance. Un mortier de dix pouces peut projeter une bombe de 42 kg à 3 km. La bombe est remplie d’une charge de poudre avec un détonateur, et sa puissance explosive suffit pour détruire un petit navire ou un bâtiment. En 1814, des navires spéciaux, les ketchs, servent au bombardement à grande distance du fort McHenry. C’est à ces bombes que l’on fait allusion quand on chante « And bombs bursting in air » dans l’hymne national américain.

  • Les ketchs HMS Erebus et HMS Terror de la Royal Navy, dont le bombardement du fort McHenry en 1814 est immortalisé dans l’hymne national américain « Star Spangled Banner », ont été convertis en navires à vapeur et perdus lors de l’expédition de Franklin dans l’Arctique, en 1848. Ils font maintenant l’objet de recherches archéologiques intenses entreprises par Parcs Canada.

  • Le général sir Isaac Brock, appelé « le héro du Haut-Canada », est tué lors de la bataille des Hauteurs-de-Queenston, seulement quatre mois après le déclenchement de la guerre. Il est pourtant le soldat le plus souvent associé à ce conflit, qui a pris fin 28 mois après sa mort.

  • Au fort Malden à Amherstburg, en Ontario, le général Brock et le chef de guerre shawnee Tecumseh se rencontrent et planifient une attaque sur Détroit. Même si les soldats de la garnison américaine de Détroit sont supérieurs en nombre, les troupes du général britannique et de son allié amérindien remportent la victoire grâce à un bluff : ils obtiennent la capitulation de Détroit et s’emparent ainsi de l’ensemble du territoire du Michigan le 16 août 1812.

  • Le fort George à Niagara-on-the-Lake est bombardé par les canons américains situés dans l’État de New York sur l’autre rive de la rivière. Il tombe aux mains de troupes américaines après une bataille acharnée le 27 mai 1813 et est occupé par l’armée américaine jusqu’au 19 décembre de la même année. Lorsqu’ils battent en retraite, les Américains brûlent la ville de Niagara, maintenant appelée Niagara-on-the-Lake.

  • Dans la région de l’Atlantique, tandis que la Royal Navy fait d’Halifax sa base principale en Amérique du Nord pendant la guerre, les marins arment leur goélette et leur bateau de pêche pour en faire des « corsaires » et attaquer les navires marchands américains. Certains capitaines astucieux font fortune, et l’économie des provinces de l’Atlantique prospère pendant le conflit. À St. Andrews et à Saint John, au Nouveau-Brunswick, des ouvrages défensifs sont érigés pour empêcher les corsaires américains d’attaquer les ports de la province.

  • Lors de la bataille de la Châteauguay, qui s’est déroulée le 26 octobre 1813 près d’Allan’s Corners, au Québec, les soldats réguliers des Voltigeurs canadiens, des miliciens francophones et anglophones du Bas-Canada et leurs alliés des Premières Nations repoussent l’attaque d’une force d’envahisseurs américains beaucoup plus nombreux, sauvant ainsi la ville de Montréal.