Parc marin national du Canada Fathom Five

Patrimoine naturel


Géologie

Flowerpot Island
Flowerpot Island
© Parcs Canada

L’escarpement du Niagara s’étend de Tobermory aux chutes du Niagara et est bordé par le fameux sentier Bruce, qui couvre 782 km (486 milles) de Little Tub aux Hauteurs-de-Queenston.

Les îles du parc marin national Fathom Five font partie de la même formation qui enjambe les Grands Lacs et qui forme le rebord d’une grande cuvette de pierre, laquelle s’étend au sud jusqu’à l’île Manitoulin et remonte sur la rive opposée du lac Michigan où une autre péninsule, celle de Door, est la contrepartie de la péninsule Bruce sur la baie Green.

Les rochers de dolomite se sont formés il y a plus de 400 millions d’année dans une mer aux eaux chaudes et peu profondes semblables à celles du golfe du Mexique aujourd’hui, à une époque où les poissons à arête centrale venaient de faire leur apparition tout comme les premières plantes terrestres.

Au début du siècle, on a découvert que les continents se déplaçaient lentement à la surface de la Terre. Ce phénomène est appelé « tectonique des plaques », et son étude a permis d’établir que notre continent avait dérivé sur une bonne distance à la surface de la Terre, comme en témoigne la formation rocheuse. En effet, la terre environnante se trouvait alors à proximité de l’équateur. Elle s’est graduellement déplacée vers le nord. Nous nous trouvons maintenant à peu près à mi-chemin entre l’équateur et le pôle Nord.

À cette époque, deux fois plus lointaine que l'époque des dinosaures, il y avait ici d’importants récifs de corail. Les coquilles de ces innombrables créatures marines, faites principalement de calcium, se sont accumulées pendant des millions d’années. Avec le lent assèchement de la mer, le magnésium contenu dans l’eau s’est infiltré dans le limon calcaire, le transformant en dolomite, qui ressemble au calcaire, mais en plus dur.

Détectives sous-marins

Le personnel de la Commission géologique du Canada, les membres de l'Ontario Marine Heritage Committee et le personnel de Parcs Canada ont mené un certain nombre de projets de recherche sur les ressources écologiques sous-marines. Au cours des trois dernières années, ils ont étudié beaucoup de caractéristiques écologiques intéressantes. Certaines des caractéristiques à l'étude sont indiquées ci-dessous. Il s'agit d'un projet à long terme, mais d'autres études sont prévues pour l'année prochaine.

Soulèvement

La reconnaissance du lit du lac par sonar latéral a permis de localiser et de cartographier une importante caractéristique géologique connue sous le nom de soulèvement dans le secteur nord-est de l’île Echo. Les soulèvements sont généralement le résultat de relâchements près de la surface des tensions qui s’exercent dans le sous-sol rocheux. On les appelle également gonflements rocheux ou crêtes de pression. Ce type de soulèvement est l’une des plus importantes caractéristiques sous-marines du genre découvertes jusqu’ici dans le sud de l’Ontario. Orienté nord-sud, il mesure environ 1750 mètres (5775 pi) de longueur et s’élève à cinq mètres (16,5 pi) de hauteur par endroit au-dessus du lit généralement plat du lac. Le long de la partie supérieure de cette crête il y a une fissure, ou une crevasse, qui varie d’un mètre (3,3 pi) à plus de 6 mètres (20 pi) de largeur (à un endroit, la largeur est telle que le submersible a pu pénétrer dans la crevasse). La cartographie et le filmage devraient se poursuivre au cours des prochaines saisons.

Des caractéristiques comme celles-ci aident les scientifiques à mesurer le relèvement isostatique (la remontée du continent par suite de la fonte des glaciers). Ce relèvement se produit encore aujourd’hui.

« Chute sous-marine »

L’expression « chute sous-marine » a créé beaucoup de confusion. Comment peut-on parler de chute lorsqu’il n’y a pas d’eau qui tombe? Il y a environ 10 000 à 5000 ans, la fonte des glaciers a formé les Grands Lacs que nous connaissons aujourd’hui. Les niveaux d’eau ont connu de nombreuses hausses et baisses importantes, et une bonne partie de l’étendue maintenant comprise entre la péninsule Bruce et l’île Manitoulin était la terre ferme, à l’exception des cours d’eau et des chutes « gigantesques ». L’eau venant de l’ouest (lac Huron) s’écoulait en fait vers l’est (baie Georgienne) en empruntant au moins deux grands cours d’eau qui franchissaient la région actuelle de North Bay pour atteindre la rivière des Outaouais puis l’Atlantique. L’un de ces cours d’eau passait près de l’île Middle. Cette partie de l’escarpement du Niagara, quoique submergée aujourd’hui, était alors à découvert et le cours d’eau tombait à pic sur cette partie de la falaise, créant au début une « chute » qui s’éroda par la suite et se transforma en d’énormes rapides d’environ 800 mètres (2640 pi) de longueur, 1000 mètres (3300 pi) de largeur et 40 mètres (132 pi) de dénivellation. Cette chute charriait probablement autant, sinon plus, d’eau que les chutes du Niagara aujourd’hui. Malheureusement, toutefois, pour notre potentiel touristique, les glaciers ont continué de fondre, les niveaux d’eau ont augmenté, le continent s’est relevé et les Grands Lacs « tel que nous les connaissons » se sont formés. Notre « chute », aujourd’hui recouverte par les eaux de la baie Georgienne, n’est plus visible mais permet aux scientifiques de reconstituer l’histoire géologique de cette région.

« Preuve à l’appui »

Arbre ancien submergé
Arbre ancien submergé
© Parcs Canada

Les scientifiques nourrissent depuis longtemps des théories sur les anciens niveaux du lac, mais il est toujours agréable de trouver des preuves concluantes. Dans plusieurs secteurs du parc, les scientifiques ont trouvé des vestiges d’arbres encore solidement enracinés dans le lit du lac. Ces arbres se trouvent à des profondeurs variant de 3 à 43 mètres (10 à 142 pi). La datation au carbone 14 peut établir avec exactitude à quelle époque remontent ces arbres. L’un des plus vieux retrouvés au parc marin national Fathom Five était situé au large de l’île Cove et remontait à ±7490 avant le présent. En comparant l’âge de l’arbre avec le niveau du lac à cette époque, on peut déterminer avec certitude les niveaux antérieurs du lac.

« Étude du littoral préhistorique submergé »

À une certaine époque, bien avant la construction des pyramides d’Égypte, il y avait un pont terrestre entre ce qui est maintenant la péninsule Bruce et l’île Manitoulin. Ce pont aurait permis la migration de la faune et des chasseurs. En examinant de près les éléments terrestres submergés tels que les anciens lits de rivières et de lacs, des équipes de chercheurs tentent de trouver des sites potentiels que d’anciens voyageurs auraient pu utiliser comme campements.

Des membres du Ontario Heritage Committee ont utilisé le submersible SDL-1 pour chercher ces sites. L’étude se poursuivra car les chercheurs veulent trouver des preuves archéologiques de l’activité des Premières nations le long de cet ancien pont terrestre aujourd’hui submergé.

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Plantes

Notre péninsule est unique au Canada pour la grande variété de fleurs sauvages qui y poussent. En effet, on trouve sur cette pointe de terre relativement petite une diversité d’habitats exceptionnellement riches, allant des falaises rocailleuses de l’Escarpement du Niagara aux alvars, ces plaines sèches et rocheuses, sans oublier les divers types de sols marécageux.

Calypso bulbeux
Calypso bulbeux
© Parcs Canada

L’un des principaux éléments de notre renommée est la profusion des espèces d’orchidées qui poussent sur la péninsule. Croyez-le ou non, plus de 60 espèces de ces plantes tropicales vivent en Ontario. La péninsule Bruce en abrite environ 43 espèces, probablement en raison de la variété des habitats de la région. Ce sont des plantes délicates qui poussent souvent en compagnie de certains champignons, ce qui rend leur transplantation impossible. L’orchidée et le champignon vivent en symbiose, se procurant mutuellement des éléments nutritifs.

De la mi-mai au début de juin, l’île Flowerpot dans le parc marin national Fathom Five est l’endroit tout indiqué pour voir le merveilleux Calypso bulbeux. Des douzaines de ces fleurs magnifiques, petites et délicates, fleurissent en bordure des sentiers de l’île. Cette orchidée pousse d’un océan à l’autre dans le nord du pays.

Si vous décidez d’aller voir les orchidées, rappelez-vous que vous n’êtes pas le seul à le faire. Beaucoup de personnes quittent les sentiers pour mieux voir les fleurs ou les photographier; c’est ainsi que le tiers des calypsos que l’on pouvait voir des sentiers il y a dix ans ont été détruits. Veuillez donc les regarder en demeurant dans le sentier!

L’habénaire est l’une de nos orchidées les plus rares; elle vient de l’Alaska et du nord-ouest du Canada. On en trouve également à l’île d’Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent, et ici, dans la péninsule.

Les orchidées ne sont pas les seules plantes rares de la péninsule Bruce. On y trouve également près de la moitié des iris nains du monde, et la majeure partie des cacalies du Canada. La péninsule renferme également plus de vingt espèces de fougères, dont la rare tripe de roche.

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Découverte d'une ancienne forêt

En revanche, la découverte botanique la plus rare de la péninsule Bruce est l’ancien écosystème en bordure de l’escarpement découvert par Doug Larson.

Biogéographie de l'île

Parce qu’elles sont éloignées de la terre ferme et séparées les unes des autres, les îles de Fathom Five sont devenues des mondes à part qui abritent chacun leur ensemble particulier de plantes et d’animaux.

L’île Cove est la plus grande et la moins éloignée des autres îles et de la terre ferme. C’est pourquoi elle renferme la plus grande variété de vie animale, notamment des chevreuils, des ours et des serpents à sonnettes.

L’île Flowerpot, quant à elle, est plus petite et plus éloignée et abrite moins d’espèces. Par exemple, on n’y trouve pas de serpent à sonnettes ni d’ours. Si vous visitez l’île Flowerpot, qui est la seule île du parc dotée de sentiers, de toilettes, d’un abri à pique-nique et d’un camping, vous y verrez beaucoup de thamnophis parce que la plupart de leurs prédateurs n’ont pas réussi à se rendre dans l’île. Vous y verrez également des écureuils rouges, mais pas de tamias car ceux-ci hibernent et sont encore endormis lorsque le pont de glace se forme entre la terre ferme et l’île. Les écureuils rouges sont actifs en hiver et se rendent à l’île sur la glace. Ce sont les jolies petites bêtes qui essaieront de vous voler votre collation. Ne les nourrissez pas car cela cause plus de tort que de bien (en outre, c’est illégal).