Secrétariat des affaires autochtones (SAA)

Travailler Ensemble : Nos Histoires

Meilleures pratiques et leçons retenues en engagement autochtone

Introduction

Plus d’un million de personnes ont déclaré être d’origine autochtone lors du recensement de 2006. Ces gens vivent dans des zones urbaines, rurales et éloignées, de même que dans des réserves partout au pays. Ils parlent 50 langues autochtones distinctes et ont leurs propres traditions, pratiques culturelles et croyances spirituelles. Parcs Canada travaille en partenariat avec les Premières nations, les Inuits et les Métis, de même qu’avec de nombreux groupes autochtones partout au pays, afin de protéger et d’aménager des espaces particuliers où les Canadiens et les Canadiennes peuvent se rassembler et en profiter, en les laissant intacts, et ce pour les générations futures.

Toutefois, cela n’a pas toujours été le cas. Les populations autochtones ont été tenues à l’écart lorsque le Canada a créé les premiers parcs nationaux. Ainsi, lorsque Banff a été créé en 1885, les habitants de la Réserve indienne Stoney, qui vivaient et chassaient sur ce territoire depuis des siècles, ont été chassés du parc. Les peuples autochtones n’entraient nullement en ligne de compte au moment de l’établissement de sept parcs nationaux au début du vingtième siècle, la plupart dans le sud du Canada. La chasse et la cueillette traditionnelles étaient également interdites dans les limites des parcs nationaux.

Au cours des dernières décennies, Parcs Canada a constaté que pour gérer efficacement les parcs nationaux, les lieux historiques nationaux et les aires marines nationales de conservation, il faut travailler en étroite collaboration avec de nombreux partenaires, plus particulièrement avec ceux qui ont un point de vue et une perspective uniques du fait que depuis plus de 50 générations dans certains cas, ils sont responsables de la gestion du territoire. Aujourd’hui, l’Agence Parcs Canada collabore avec plus de 300 groupes autochtones dans le but de protéger, d’entretenir et de profiter de nos 42 parcs nationaux, plus de 167 lieux historiques nationaux, y compris 9 canaux historiques et 10 sites du patrimoine mondial, et 4 aires marines de conservation.

En 1922, le parc national du Canada Wood Buffalo est devenu le premier parc national du nord du Canada, créé dans le but de protéger le bison des bois, une race en voie d’extinction. Contrairement aux parcs situés plus au sud, on a reconnu que les activités traditionnelles des populations autochtones n’avaient aucun impact négatif sur le bison des bois, et qu’au contraire, le fait d’interdire ces activités aurait une incidence négative sur les coutumes traditionnelles et le mode de vie ancestral des communautés autochtones. Si bien que la chasse et le piégeage se sont poursuivis selon un régime de permis et qu’une Association de chasseur et des trappeurs a vu le jour afin d’établir les modalités en lien avec l’octroi de permis, chaque année. C’était la première fois que Parcs Canada faisait appel aux populations autochtones dans le cadre d’une décision concernant la gestion d’un parc. Ce fut également le début d’une longue tradition de gestion coopérative qui fait dorénavant partie intégrante des parcs nationaux du Nord.

Dans la foulée des négociations touchant les revendications territoriales avec les populations autochtones du Nord, il était devenu évident que les occasions ne manquaient pas de proposer une vision partagée axée sur la protection des ressources et permettant à la chasse, au piégeage et à différentes activités culturelles de se poursuivre dans le cadre d’un traité plus contemporain. Au lendemain de la Convention définitive des Inuvialuit de 1984 et de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut de 1993, Parcs Canada a entamé un processus de négociations visant la création de parcs prévoyant la mise sur pied de conseils de gestion coopérative. L’expression « gestion coopérative » signifie que les groupes autochtones signataires pourront participer à la prise de décisions concernant la planification et la mise en valeur du parc que l’on propose de créer.

Aussi, une modification à la Loi sur les parcs nationaux du Canada en 1974 a permis la création de parcs nationaux avec le statut de « réserve ». Cela signifiait que certaines parties du territoire pouvaient être désignées « réserves aux fins de création de parcs » et administrées en tant que parcs nationaux jusqu’à ce qu’un règlement intervienne touchant les revendications territoriales. Cette mesure est un moyen efficace de développer des liens solides avec les populations autochtones et d’assurer la protection des terres, pour éviter que des tierces parties cherchent à en profiter, pendant les négociations sur les revendications territoriales.

Inviter les Premières nations, les Inuits et les Métis à se prononcer au moment de la planification et de la gestion des sites du patrimoine est chose courante dorénavant au sein de l’Agence Parcs Canada. Parmi les différents organismes de consultation, il y a d’un côté des structures informelles offrant des conseils de façon ponctuelle, et de l’autre des organismes établis selon une entente officielle, tels des conseils de gestion coopérative mis sur pied dans le cadre d’une entente portant sur la création d’un parc. Ces organismes comptent un nombre égal de représentants des populations autochtones et du gouvernement; ils donnent des conseils au ministre en rapport avec les enjeux culturels et autres questions importantes pour les partenaires autochtones; ils fournissent des informations pertinentes concernant les plans de gestion des parcs, des sites ou des aires marines nationales de conservation; et ils fonctionnent par consensus.

Parcs Canada est consciente de la nécessité d’élaborer un cadre permettant aux communautés autochtones de participer à la planification et à la gestion des sites nationaux du patrimoine, en développant des liens officiels avec des partenaires autochtones. Cela signifie que les Autochtones peuvent exprimer leurs points de vue lorsque commence le processus de planification de gestion – et non pas au terme du processus, dans le cadre de consultations publiques élargies. Cela a pour effet de mobiliser les collectivités autochtones, conscientes du fait que leurs points de vue seront pris en considération au moment de déterminer les principaux enjeux, défis et projets à envisager dans le cadre des plans de gestion.

En 1999, Parcs Canada a créé le Secrétariat aux affaires autochtones (SAA), pour assurer le leadership nécessaire au moment d’établir des liens significatifs avec les peuples autochtones. Relevant directement du directeur général, le SAA a des priorités bien définies, notamment appuyer l’établissement de liens avec des partenaires autochtones, favoriser les occasions de développement économique et touristique, donner son appui à la mise en valeur et à la commémoration de thématiques autochtones et mettre l’accent sur le recrutement et l’embauche d’Autochtones au sein de l’organisation.

Membres du Comité consultatif autochtone dans la réserve de parc national du Canada de l’Archipel-de-Mingan Membres du Comité consultatif autochtone dans la réserve de parc national du Canada de l’Archipel-de-Mingan. Première rangée : Reg Sylliboy (SAA). Deuxième rangée : Dwayne Blackbird (Première nation Kseekoowenin Ojibway, Manitoba), Chef Vern Jacks (Première nation Tseycum, Colombie-Britannique), Nathalie Gagnon (SAA), aîné Stewart King (Première nation Wasauksing, Ontario), Michel Boivin (directeur, Centre de services du Québec), Chef Jean-Charles Piétacho (Première nation Innu de Ekuanitshit, Québec), Chef Diane Strand (Premières nations des Champagnes et d’Aishihik, Yukon), Alan Latourelle (directeur général), Rita Mestokosho (Première nation Innu d’Ekuanitshit, Québec), Peter Rudyck (Nation des Métis, Saskatchewan), Pam Ward (Nation Mi’kmaq de Metepenagiag, Nouveau-Brunswick), Cristina Martinez (directrice d’unité de gestion, RPN de l’Archipel-de-Mingan, Québec).
© Parcs Canada

Le SAA agit également à titre de secrétariat du Comité consultatif autochtone (CCA), une entité de douze membres qui épaule le directeur général. Mis sur pied en 2000 afin de favoriser un dialogue fructueux et constructif avec les dirigeants autochtones en lien direct avec les sites qu’administre Parcs Canada, le comité se réunit trois fois par année, pour transmettre conseils et avis à l’Agence Parcs Canada. Le CCA permet des échanges ouverts et francs entre le personnel de direction de Parcs Canada et ses partenaires autochtones portant sur nombre de grands enjeux. D’autres ministères sont d’avis qu’il s’agit d’un moyen innovateur de partager de l’information et d’obtenir le point de vue des populations autochtones.

L’Agence appuie également le Groupe de travail autochtone (GTA), un comité d’employés national qui donne des conseils à l’Agence sur les différents volets entourant l’emploi chez les Autochtones. Parcs Canada a également mis sur pied le Programme de formation au leadership pour Autochtones (PFLA), un programme national d’une durée de quatre ans dans le cadre duquel les employés autochtones se réunissent à chaque année dans le but de développer de nouvelles compétences ou habiletés, allant des principes de gestion aux communications et à l’interaction communautaire fondée sur les valeurs autochtones. Ce programme a pour objectif de contribuer au développement d’un noyau de dirigeants autochtones au sein de l’Agence – un réseau de personnes bien informées et compétentes aptes à occuper diverses fonctions à différents niveaux au sein de l’organisation. L’objectif fondamental du programme est donc de contribuer à former des dirigeants autochtones appelés à occuper des postes à temps plein, et pour une longue période, au sein de l’Agence, grâce au développement des compétences et à des plans d’apprentissage personnels.


Participants au Programme de formation au leadership pour Autochtones (PFLA) Participants au Programme de formation au leadership pour Autochtones (PFLA) : Shirley Oldfield, Interprète (lieu historique national du Canada du Homestead-Motherwell, Saskatchewan); Les Campbell, Patrouilleur (parc national du Canada du Mont-Revelstoke et Glacier, Alberta); Penny McIsaac, Interprète (parc national du Canada du Gros-Morne, Terre-Neuve-et-Labrador); Katie Ellsworth, Conservation des ressources (parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent, Ontario); Leah Huber, Gestionnaire de l’expérience du visiteur (parc national du Canada Elk Island, Alberta); Christine Bentley, Patrouilleur (réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas, Colombie-Britannique); Laurie Cherneski, Garde parc (parc national du Canada Pukaskwa, Ontario); Laura Peterson, Conseillère en gestion des ressources culturelles (parc national du Canada Wood Buffalo, Territoires du Nord-Ouest); Derek Burton, Technologie de l’information (parc national du Canada du Mont-Riding, Manitoba); Tyrone Mulrooney, Technicien, conservation des ressources (parc national du Canada Terra-Nova, Terre-Neuve-et-Labrador); Grant Sikkes, Gestionnaire de l’expérience du visiteur (parc national du Canada Jasper, Alberta)
© Nicola Pritchett / Parcs Canada

Afin de mettre en relief les réalisations des populations autochtones et de Parcs Canada, le Secrétariat aux affaires autochtones a préparé ce recueil dans le but de partager un certain nombre de pratiques exemplaires, sur le plan de la collaboration, pour réaliser les activités de programme et les résultats stratégiques de Parcs Canada. Ce document rend hommage aux gens qui font en sorte que la collaboration et la solidarité sont un gage de succès. Il met l’accent sur les rôles et les valeurs que nous pouvons tous assumer au quotidien, dans nos rapports et nos échanges, en tant que partenaires et êtres humains qui partageons le même territoire et qui souhaitent le préserver et le protéger pour les générations futures. Nous espérons sincèrement que les témoignages qui suivent seront une source d’inspiration pour que de nouvelles idées et de nouveaux partenariats voient le jour.

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