Secrétariat des affaires autochtones (SAA)

Travailler Ensemble : Nos Histoires

Meilleures pratiques et leçons retenues en engagement autochtone

Chapitre 3 – Ensemble, présenter nos endroits spéciaux

Conscientiser grâce aux langues

Beaucoup de Canadiens et de Canadiennes seraient surpris d'apprendre que plus de 50 langues autochtones distinctes existent au Canada. Parcs Canada est déterminé à travailler en partenariat avec les communautés autochtones pour attirer l'attention sur l'importance des langues autochtones et la place qu'elles occupent dans les parcs nationaux, les lieux historiques nationaux et les aires marines nationales de conservation du Canada.

La charte de Parcs Canada en langue dakota La charte de Parcs Canada en langue dakota
© Parcs Canada

La traduction de la charte de Parcs Canada en langues autochtones1 est un moyen de reconnaître que plus de la moitié du territoire administré par Parcs Canada provient de règlements en matière de revendications territoriales conclus avec des groupes autochtones qui partagent avec l'Agence cet intérêt à protéger le patrimoine culturel et naturel. Transmettre les valeurs et les principes véhiculés dans la charte de Parcs Canada en langues autochtones est un moyen prometteur et respectueux de mettre l'accent sur la mobilisation des populations autochtones. Parcs Canada a discuté de ce projet au départ avec les douze chefs autochtones du Comité consultatif autochtone de l'Agence. Des enquêtes statistiques ultérieures au sein des unités de gestion ont permis d'identifier les langues dont il fallait tenir compte. Travaillant en étroite collaboration avec les communautés autochtones, le Secrétariat aux affaires autochtones a ensuite fait appel aux services de professionnels des langues autochtones locales pour traduire la charte dans plus de 24 langues. Ce fut loin d'être un travail facile, car très tôt nous nous sommes aperçus qu'une traduction seule ne serait pas appropriée sur le plan culturel. En réalité, beaucoup de mots et d'expressions utilisés dans le texte de la charte font référence à des concepts qui n'existent pas en langues autochtones ou qui ne peuvent être traduits dans des mots simples. Les traducteurs ont rapidement constaté que la charte devait être adaptée en langues autochtones. La version imprimée, et la version audio sur demande, distribuée dans les communautés autochtones, a contribué à une meilleure compréhension des valeurs partagées de part et d'autre, et à la nécessité de travailler ensemble pour protéger et mettre en valeur notre patrimoine.

Panneaux d'interprétation – Lieu historique du Canada Kootenae House Panneaux d'interprétation – Lieu historique du Canada Kootenae House
© Parcs Canada

La traduction en langue ktunaxa effectuée pour les panneaux d'interprétation du lieu historique national du Canada Kootenae House2 contribue à améliorer l'appréciation du public à l'égard du patrimoine des Premières nations sur ce lieu historique qui abritait autrefois un important poste de traite des fourrures avec les Ktunaxas. Parmi les panneaux se trouve une carte géographique montrant le territoire exploré par le commerçant de fourrures David Thompson, tandis que d'autres panneaux insistent davantage sur le rôle joué par un groupe d'éclaireurs et de guides autochtones. Les grandes lignes du message et un aperçu des idées qu'on souhaitait transmettre, présentés aux aînés Ktunaxas pour leur approbation, en ont convaincu plus d'un de partager leurs connaissances historiques traditionnelles. Avant de fabriquer les panneaux en 2009, le contenu a été envoyé aux responsables du Secteur de langues et de connaissances traditionnelles de la nation Ktunaxa pour y être examiné, analysé et traduit.

Pictogramme à Twin Bays sud, le long du lac Kootenay, C.-B. Pictogramme à Twin Bays sud, le long du lac Kootenay, C.-B.
© Brad Himour / Parcs Canada

Le projet de pictogrammes de Parcs Canada3 dans les parcs nationaux du Canada lac Louise, Yoho et Banff contribue à préserver des messages qui sont en train littéralement de disparaître du paysage. La photographie numérique haute résolution permet de créer un document d'archives de ces lieux sacrés pour les Premières nations. D'autre part, des entrevues réalisées avec des aînés permettent d'établir le contexte culturel. Des aînés des Premières nations Piikani, Stoney Nakoda (Chiniki), Kinbasket et Ktunaxa ont examiné des images numériques agrandies de pictogrammes, puis ont donné leurs commentaires sur leur signification et leur nature physique. Les images numériques brutes ont été agrandies à l'aide du logiciel Dstretch, qui permet de faire ressortir des particules de pigments souvent invisibles à l'œil nu. Le fait d'avoir été invités à prendre la parole en faveur de leurs propres traditions culturelles a incité les aînés à participer à ce projet. Leurs connaissances approfondies sont un complément aux documents d'archives décrivant les images numériques qui feront partie d'un répertoire créé par Parcs Canada et ces Premières nations. Les spécialistes des ressources culturelles de Parcs Canada ne souhaitent pas seulement protéger le patrimoine culturel en s'assurant qu'il conserve toute son intégrité et qu'il demeure intact, mais ils veulent également trouver des moyens de transmettre et de célébrer l'histoire culturelle. Ce projet a permis à Parcs Canada de mieux comprendre les préoccupations des Premières nations en ce qui a trait à la gestion et à la préservation des lieux historiques. Il suscite également l'intérêt et l'appréciation du public à l'égard du caractère sacré de ces lieux et de l'importance de les préserver.

Les mots qui viennent avant tout le reste, Mallorytown Landing, parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent Les mots qui viennent avant tout le reste, Mallorytown Landing, parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
© Parcs Canada

Certains résidents de Mallorytown Landing ont fait part de leur mécontentement lorsque les dirigeants du parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent ont fait disparaître la plage publique pour procéder à la restauration des berges. La plage était fermée plus souvent qu'elle n'était ouverte, depuis quelques années, en raison de la présence récurrente de bactéries coliformes. Pour faciliter la restauration du site et proposer une nouvelle gamme d'activités, le personnel a travaillé de concert avec les résidents d'Akwesasne et de la région pour mettre sur pied le projet Les mots qui viennent avant tout le reste4. Ohenten Kariwatekekwen, connu également sous le nom de message de l'Action de grâces, est au cœur de la vision de l'univers du peuple Haudenosaunee. Chaque rassemblement débute par ce message qui reconnaît et remercie tous les éléments de la création. Chaque rencontre se termine de façon similaire. Des symboles représentant les 18 éléments ont été dessinés puis sculptés dans des rochers partout sur le site de Mallorytown Landing, puis les différents éléments ont été rassemblés en association avec leurs symboles correspondants dans une dernière sculpture sur un rocher de contemplation qui avance dans la baie. Les mots sont en mohawk, en anglais et en français. Les visiteurs partent à la recherche des 18 symboles sculptés dans les rochers, débouchant sur le message complet de l'Action de grâces. Un panneau d'interprétation intitulé La Terre, notre mère nourricière, accompagne le dernier rocher sculpté. Le panneau explique le contexte entourant le message de l'Action de grâces, les enseignements traditionnels en lien avec le monde naturel et la notion de coexistence respectueuse. Ce site propose également des panneaux qui racontent l'histoire de résidents de la région ayant contribué à assurer la continuité des cycles de la vie pour les générations futures. La communauté d'Akwesasne a été très touchée du fait qu'on a pensé à inclure leur langue sur les rochers. Beaucoup de gens ont mentionné que cela leur a permis de se sentir à l'aise dans leur territoire ancestral.

Tradition orale

L'importance de la tradition orale est la force motrice derrière le Rapport 2008 à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada concernant Catherine Beaulieu Bouvier Lamoureux (vers 1836 – 1918)5. Il n'existe à peu près pas d'archives concernant les premières femmes Métis du bassin du Mackenzie. C'est en guise de témoignage à la mémoire de Catherine Beaulieu, et à ce qu'elle a accompli pour les sociétés du Nord – notamment les Premières nations Deh Cho et les Métis– que certaines parties de sa vie refont surface grâce à de lointains souvenirs, la tradition orale et certains documents. Son éducation et sa culture déné et canadienne-française lui ont permis d'agir comme intermédiaire entre les Dénés, la Compagnie de la Baie d'Hudson (Hbc) et les missionnaires Oblats. Sa présence en tant que personne ayant une importance historique nationale est un exemple d'une pratique exemplaire lorsque vient le moment de rendre hommage à des gens – la plupart du temps des femmes – dont l'histoire a souvent été passée sous silence dans les documents officiels.

La Commission a soulevé des questions concernant la méthodologie utilisée pour rassembler et évaluer l'information qu'on lui a présentée en 2002. Elle a choisi de prendre en compte un nouveau rapport après que le Comité des communautés culturelles, et ultérieurement les membres de la Commission eux-mêmes, eurent analysé les rapports démographiques et le processus ayant servi à documenter la tradition orale. Un rapport complémentaire a été déposé en 2005 sur les traditions orales, et la Commission a réaffirmé sa volonté de leur accorder la place qui leur revient au moment de les prendre en considération. Des lignes directrices, y compris une approche méthodologique vis-à-vis de l'utilisation de la tradition orale, ont été acceptées en 2006. Un nouveau rapport sur Catherine Beaulieu a été préparé, dans lequel se trouvaient des témoignages oraux provenant de la région de Fort Providence, dans les Territoires du Nord-Ouest, ainsi que des résultats de recherche primaire et secondaire additionnels tirés de documents de la Hbc et des Oblats, et des premières publications des Oblats. Le fait de tenir compte de la tradition orale lorsqu'elle est pertinente, utile et digne de confiance, au cas par cas, reconnaît que l'histoire des Premières nations, des Inuits et des Métis a souvent été évacuée des livres d'histoire traditionnels. Et que la tradition orale – utilisée de façon appropriée – vaut son pesant d'or.

Valérie Therrien, gestionnaire des relations externes, parc national du Canada de la Mauricie, et Réjean O'Bomsawin, conseiller, Conseil de la Nation des Abénakis d'Odanak, pendant le dévoilement de la plaque Valérie Therrien, gestionnaire des relations externes, parc national du Canada de la Mauricie, et Réjean O'Bomsawin, conseiller, Conseil de la Nation des Abénakis d'Odanak, pendant le dévoilement de la plaque
© Parcs Canada

La cérémonie de la plaque commémorative en collaboration avec la Commission des lieux et monuments historiques du Canada : le chef de guerre Abernaki, Nescambouit 6 a permis de sensibiliser davantage le public au rôle des chefs autochtones. La communauté Abernaki avait demandé aux membres de la Commission de rendre hommage à Nescambouit, un chef Abernaki réputé pour sa bravoure, sa stratégie de guerre et ses techniques de négociation avec les Français et les Britanniques. Sa détermination et sa persévérance ont contribué à préserver l'autonomie et l'intégrité du territoire Abernaki. Le dévoilement d'une plaque organisé par le parc national du Canada de la Mauricie et la communauté a eu lieu lors d'un pow-wow à l'occasion du 350e anniversaire d'Odanak, au Québec, en juin 2010. Richard O'Bomsawin, chef du Conseil de bande d'Odanak et Nicole O'Bomsawin, une spécialiste de l'histoire communautaire, ont fait un exposé sur Nescambouit. La cérémonie a pris fin avec un chant en hommage au chef de guerre.

Aller vers les élèves dans les écoles

Le calendrier qui ne colle pas au mur! 7 a permis de mieux faire connaître les espèces en péril dans les communautés autochtones du Canada atlantique. Préparé à l'intention des élèves du secondaire et de leurs familles, ce calendrier a fait place à la langue autochtone pour transmettre certaines informations sur des espèces qui font partie de la vie des populations autochtones de la région. Il indique également des dates importantes pour les Autochtones, et pour certains événements. Les gens qui l'ont reçu ont beaucoup apprécié l'art autochtone. Ils ont aimé aussi que la première édition du calendrier soit établie en fonction du cycle lunaire des Mi'kmaq (mars 2007-février 2008) et que la seconde édition soit établie en fonction du calendrier inuit (mars 2009-février 2010).

Page couverture du calendrier Espèces en péril, d'après le cycle lunaire des Mi'kmaq Page couverture du calendrier Espèces en péril, d'après le cycle lunaire des Mi'kmaq
© Parcs Canada

Pour s'assurer que le calendrier ait les bons éléments, la planification a été faite en collaboration avec les communautés autochtones de la région, le Centre de services de la région atlantique (Section des initiatives autochtones) de Parcs Canada et le Comité interministériel du Canada atlantique sur les espèces en péril (Parcs Canada, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada et Affaires indiennes et du Nord Canada). Un guide pédagogique préparé de concert avec des spécialistes en éducation de Parcs Canada, d'Environnement Canada et du ministère de l'Éducation de la Nouvelle-Écosse propose différentes activités axées sur une prise de conscience, et le rétablissement des espèces. Ce guide a été distribué à l'extérieur des communautés autochtones du Canada atlantique (y compris le Labrador) et de la Gaspésie, dans toutes les écoles secondaires du Canada atlantique, ce qui a permis de conscientiser beaucoup plus de gens et d'obtenir leur appui.

L'aîné Philomena Pagaduan de la Première nation Hul'q'umi'num et Athena George, interprète à Parcs Canada, partagent des histoires avec des élèves sur les plantes et les animaux en périls. L'aîné Philomena Pagaduan de la Première nation Hul'q'umi'num et Athena George, interprète à Parcs Canada, partagent des histoires avec des élèves sur les plantes et les animaux en périls.
© School District 79

En Colombie-Britannique, le projet scolaire sur les espèces en péril8 a permis de mieux faire connaître la Loi sur les espèces en péril dans deux langues très importantes des Premières nations de la côte Ouest : la langue Hul'q'umi'num' et la langue SENĆOŦEN. Ce projet avait pour objectif d'encourager les élèves à apprendre à mieux connaître la faune et la flore ayant de l'importance sur le plan culturel, de manière à pouvoir poser les gestes nécessaires pour éviter leur extinction. Les exposés ont été préparés et présentés par des conférenciers en langue Hul'q'umi'num' et SENĆOŦEN, avec l'aide d'un interprète du parc national du Canada des Îles-Gulf. Des consultations en vue de l'élaboration de programmes ont eu lieu avec le Groupe Hul'qumi'num responsable des traités / Comité consultatif de l'Agence Parcs Canada, qui regroupe six Premières nations salish du littoral, et par la suite avec la Commission scolaire autochtone de Saanich. Comprenant des activités adaptées selon les groupes d'âge, ce programme offre des récits, des jeux, une grande affiche, une série de fiches d'information et des séances d'expression libre et de partage, pour présenter un animal ou une plante en vedette, avec son nom en langue Hul'q'umi'num' ou SENĆOŦEN, de même que des conférences ou des exposés préparés par des aînés ou des membres du personnel de Parcs Canada. Une dernière activité était axée sur les moyens d'action positifs que les élèves peuvent prendre pour favoriser le rétablissement des espèces dans leur propre communauté. Au total, 2 000 affiches en anglais et 400 affiches en français ont été distribuées dans les écoles. Près de 2 500 élèves et enseignants ont participé à ces programmes scolaires. Tous savent maintenant que certaines espèces sont en péril, et que les populations Hul'q'umi'num' et SENĆOŦEN vivent ici depuis très, très longtemps.

Citation : « J'ai beaucoup aimé l'histoire du Créateur qui explique pourquoi les Premières nations considèrent la nature comme étant un membre de la famille. Cet exposé m'a beaucoup appris sur ce que je peux faire pour aider l'environnement ». – Alisha, élève de 7e année, école intermédiaire Bayside.
Pour rétablir les liens

Le Programme de sensibilisation du public sur les paiements prévus par les traités9 du lieu historique national du Canada de La Fourche donne l'occasion à Parcs Canada de souhaiter la bienvenue à des membres des Premières nations provenant de communautés du Manitoba et du nord de l'Ontario dans ce lieu historique de Winnipeg pour recevoir les annuités découlant d'un traité. Les traités ont beaucoup d'importance dans l'histoire du Manitoba, de même que pour le lieu historique national du Canada de La Fourche. L'Accord Peguis / Selkirk de 1817 a été conclu à La Fourche, et le premier parmi les traités numérotés dans l'ouest du Canada, le traité no 1, a été signé un peu plus au nord, dans le lieu historique national du Canada de Lower Fort Garry. La Fourche est un endroit où les populations autochtones avaient l'habitude de se rassembler, de faire un campement et de procéder à des échanges commerciaux selon le rythme des saisons, et ce depuis au moins 6 000 ans, et elles ont continué d'entretenir un lien spirituel, historique et économique avec ce lieu au fil du temps.

Installation des tables où sont effectués les paiements Installation des tables où sont effectués les paiements
© Parcs Canada

Ce programme attire des milliers de membres des Premières nations qui par ailleurs ne visiteraient peut-être pas un lieu historique administré par Parcs Canada dans d'autres circonstances. Un grand nombre a conscience d'avoir un lien particulier avec cet endroit où entre 6 500 et 8 000 prestataires peuvent personnellement toucher leur annuité de 5 $. Pour les accueillir, des cérémonies d'ouverture sont organisées, comprenant une bénédiction par des aînés. Quelques jours auparavant, le personnel de Parcs Canada et d'Affaires indiennes et du Nord Canada organise une séance d'information et de formation à l'intention des employés du gouvernement qui effectuent les paiements, des locataires et des voisins de la région. Une exposition permet aux gens de se familiariser davantage avec l'histoire autochtone de La Fourche, les paiements prévus par les traités et la volonté de Parcs Canada de faire connaître l'histoire du traité no 1.

Le lieu historique national du Canada York Factory, situé à huit kilomètres de l'embouchure de la baie d'Hudson sur la rivière Hayes, était un poste de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson (Hbc), au centre de la traite des fourrures pendant 200 ans. Cet endroit portait le nom de « Kichewaskahikun » ou Grande Maison des Cris, où beaucoup de membres de cette tribu y vivaient et y travaillaient en tant que gens de métier, guides et ouvriers. Lorsque les imposantes portes de l'entrée principale, en face de l'entrepôt, par lesquelles le commerce de marchandises s'était effectué durant des décennies, ont été fermées pour la dernière fois en 1957, les Cris qui vivaient toujours à York Factory ont été relocalisés à York Landing, Bird, Shamattawa et Churchill dans le nord du Manitoba. En 2006, la Première nation de York Factory et la Nation des Cris du lac Fox (qui sont aussi des descendants de York Factory) ont demandé à Parcs Canada d'organiser un grand rassemblement, deux fois par année, dans le lieu historique national du Canada York Factory. Les rassemblements pour le patrimoine de York Factory10 en 2008 et en 2010 ont été l'occasion pour nos partenaires autochtones de rétablir les liens ancestraux avec un lieu étroitement associé à leur patrimoine culturel et de créer un milieu environnant pour que les aînés puissent transmettre ces liens importants à la prochaine génération de descendants de York Factory – leurs enfants et petits-enfants. Parcs Canada a ainsi eu l'occasion d'en apprendre beaucoup sur ce lieu historique, grâce à la tradition orale et aux souvenirs des aînés qui revenaient sur les lieux pour la première fois depuis très longtemps. De nouveaux panneaux d'interprétation, portant plus précisément sur le rôle des Cris à York Factory, ont été ajoutés.

Souhaiter la bienvenue aux visiteurs ensemble
Chantier du centre culturel des Premières nations Champagne et Aishihik Chantier du centre culturel des Premières nations Champagne et Aishihik
© Parcs Canada

Le choix de l'emplacement est également au cœur de la réfection et du déménagement du centre d'accueil du parc national et réserve de parc national du Canada Kluane dans le centre culturel des Premières nations Champagne et Aishihik11. Des plans ont été préparés en 2007 en vue de la réfection du centre d'accueil du parc national et réserve de parc national du Canada Kluane, étant donné que les installations datant de 1980 étaient dans un état de délabrement passablement avancé et que le contenu présenté ne correspondait plus vraiment aux messages véhiculés et aux pratiques de gestion actuelles. Un an plus tard, les Premières nations Champagne et Aishihik ont invité Parcs Canada à reloger le centre d'accueil à l'intérieur du nouveau centre culturel qu'elles prévoient construire. Cet emplacement est mieux situé et plus facile à repérer de la route, ce qui permettra certainement au parc d'attirer un plus grand nombre de visiteurs. En tant que principal locataire, Parcs Canada contribue au financement du centre culturel par le biais d'un bail de 40 ans payé d'avance. Les Premières nations Champagne et Aishihik et la Première nation de Kluane travaillent de concert avec Parcs Canada sur le renouvellement et la restauration des pièces et des éléments d'exposition, et sur des présentations audiovisuelles, en prévision de l'ouverture du nouveau centre d'accueil au printemps 2012. Les Premières nations Champagne et Aishihik ont organisé un salon de l'emploi pour les membres de leurs communautés, en marge des grands travaux de construction, afin qu'ils puissent profiter pleinement des possibilités d'emploi offertes et des avantages économiques.

Membres du Conseil des Innus d'Ekuanitshit Membres du Conseil des Innus d'Ekuanitshit, G-D : Joachim Selma, Entreprises Shanamas, Vincent Napish, conseiller, Rita Mestokosho, conseillère et membre du Comité consultatif autochtone de PCA, Jean-Charles Piétacho, chef, Isabelle Napess, conseillère, et Bernard Lafontaine, chef adjoint.
© L.Boudreau / Conseil des Innus d'Ekuanitshit

Parfois, les meilleures intentions du monde prennent du temps avant de se matérialiser. Lorsque Parcs Canada a créé la réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan en 1984, elle a aussi promis à la communauté innue de Ekuanitshit de construire un centre d'accueil dans la communauté. Vingt-cinq ans plus tard, le centre verra finalement le jour. Inspiré des longues maisons autochtones, le concept architectural à l'origine de la construction de la Maison de la culture innue à Ekuanitshit12 a été mis au point au printemps 2009. Le bâtiment, un véritable centre d'information, sera érigé en périphérie de la communauté d'Ekuanitshit, afin de transmettre des renseignements et des connaissances, et de mettre l'accent sur la langue innue et les liens étroits qui unissent les membres de la communauté d'Ekuanitshit à la réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan. Des membres de la Première nation d'Ekuanitshit, jeunes et aînés, participent à ce projet depuis le début et continueront de le faire. Les aînés ont été consultés concernant l'emplacement du centre et des artistes innus de la région créeront des œuvres d'art déjà intégrées au concept de la longue maison. Cette approche permet de créer un sentiment d'appartenance. La Maison de la culture innue d'Ekuanitshit pourra répondre aux besoins des Innus en matière de culture, dans un lieu de rassemblement intergénérationnel, tout en offrant aux touristes un aperçu du quotidien de la communauté innue de Ekuanitshit d'hier à aujourd'hui.

Citation : « La collectivité innue est très liée aux îles. Mais lorsqu'on y est, ça ne se voit pas. Le centre culturel va témoigner de ce lien. Le centre est destiné à nos enfants. C'est plus qu'un bâtiment ou un simple projet. C'est la concrétisation d'un rêve». – Rita Mestokosho, conseillère, Conseil des Innus d'Ekuanitshit et membre du Comité consultatif autochtone de PCA.
Sculpture en peau de phoque Sculpture en peau de phoque
© Parcs Canada

Le patrimoine autochtone très riche associé au lieu historique national du Canada de Port-au-Choix remonte à plus de 5 000 ans. Il commémore, entre autres, un ancien lieu de sépulture de la tradition Archaïque Maritime et un site habité de la période paléo-inuite qui remonte à 2 000 ans. Les responsables du site de Port-au-Choix ont consulté les groupes autochtones de la province au moment d'élaborer un Plan pour l'expérience du visiteur13. Des représentants des groupes autochtones et des intervenants locaux ont participé à deux ateliers et fourni des informations en personne et par écrit. Cela a permis aux responsables du site de développer des expériences de séjour significatives, et aux groupes autochtones de mieux apprécier l'ensemble du site et de participer plus activement à la façon de le présenter et de le protéger. Le Plan pour l'expérience du visiteur a été complété en octobre 2009. Il offre un vaste éventail d'activités et d'expériences de toutes sortes pour aider les visiteurs à établir un contact personnel avec le site. Au cours de l'été 2010, de l'argent provenant du Plan d'action économique du gouvernement canadien a servi à compléter des projets d'infrastructure, notamment : The Dorset Doorway, The Gathering Circle, Landscape Sculptures, et The Phillip's Garden program Shelter. Ensemble, Parcs Canada et les groupes autochtones ont développé un produit qui aidera les Canadiens et les Canadiennes à mieux comprendre et apprécier le patrimoine autochtone très riche associé au lieu historique national du Canada de Port-au-Choix et à le protéger pour les générations futures.

Des membres de la Première nation Kwantlen en pleine cérémonie purificatoire dans le centre d'accueil de Fort Langley Des membres de la Première nation Kwantlen en pleine cérémonie purificatoire dans le centre d'accueil de Fort Langley
© Nancy Hildebrand / Parcs Canada

Le 25 février 2011, une cérémonie de présentation, un cercle de tambours et un fabuleux banquet de saumon et de pain bannock donnaient le coup d'envoi à Šxwimelə Gifts14, ce qui signifie « boutique de cadeaux » en langue Halq'eméylem, dans le centre d'accueil du lieu historique national du Canada du Fort-Langley. Cette nouvelle boutique est administrée par des membres de la Première nation Kwantlen, qui se trouve de l'autre côté d'un canal étroit du fleuve Fraser, face au site. À Fort Langley, les liens avec la Première nation Kwantlen remontent à l'époque où le fort était opérationnel, entre 1827 et 1880, et où les Kwantlen étaient les principaux partenaires commerciaux dans ce poste de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Pendant la cérémonie de présentation, des aînés de la Première nation Kwantlen ont déposé une couverture aux couleurs vives sur les épaules du personnel de la boutique—principalement des jeunes et des aînés autochtones—pour symboliser qu'ils avaient dorénavant la responsabilité de cette boutique au nom de la nation. Les jeunes de la Première nation Kwantlen auront l'occasion de se familiariser avec leur culture et la façon de gérer un commerce aux côtés des aînés. Des couvertures ont été données également aux dignitaires sur place, dont les maires de la région et les gestionnaires du lieu, pour les remercier d'avoir accueilli des membres de la Première nation Kwantlen sur le site.

Citation : « Il s'agit d'un événement très important pour la communauté. C'est la première fois qu'on se lance en affaires. C'est comme mettre un bébé au monde, puis l'entourer de soins et le soutenir, pour qu'il vous ressemble ». Brenda Fernie, porte-parole de la Première nation Kwantlen.
Les récits disent tout
Des membres de la Première nation Tseshaht et du personnel de la sécurité publique de la réserve de parc national du Canada Pacific Rim transportent le poteau de maison, du bateau vers sa destination finale Des membres de la Première nation Tseshaht et du personnel de la sécurité publique de la réserve de parc national du Canada Pacific Rim transportent le poteau de maison, du bateau vers sa destination finale
© Pete Clarkson / Parcs Canada

L'île Benson, dans la réserve de parc national du Canada Pacific Rim, dans l'archipel Broken Group, a été le lieu de résidence du peuple Tseshaht pendant des millénaires. Selon la tradition orale Tseshaht, le premier homme et la première femme Tseshaht ont été créés sur C'issaa (l'île Benson). Au printemps 2009, l'île Benson a été fermée en permanence aux campeurs pour la nuit, pour protéger cette région ayant une importance culturelle non négligeable. Les responsables de la réserve de parc national du Canada Pacific Rim et la Première nation Tseshaht ont travaillé en collaboration dans le but de créer des panneaux d'interprétation dans le cadre du Projet commémoratif de l'île Benson15, pour mieux faire connaître ce lieu et souligner son importance sur le plan culturel et historique. Ce projet a pour objectif d'améliorer l'expérience de séjour sur l'île et de prendre en compte l'importance de la présence du peuple Tseshaht. Cette exposition didactique comporte un poteau de maison sculpté avec plate-forme d'observation et deux panneaux d'interprétation. Le sculpteur Tseshaht bien connu, Gordon Dick, a réalisé cette sculpture dans un tronçon de cèdre rouge que la famille Robinson a offert gratuitement en hommage à un des leurs, Wilfred Robinson, un aîné Tseshaht qui a joué un rôle déterminant lors des fouilles archéologiques effectuées dans l'île Benson. Les panneaux d'interprétation, en langue Nuu-chah-nulth, en français et en anglais, racontent l'histoire de la création du peuple Tseshaht et l'histoire culturelle de C'issaa. Aujourd'hui, les visiteurs traversent une forêt d'arbres majestueux et découvrent une allée en cèdre menant vers un poteau de maison au milieu d'un pré.

Citation : « Il y a tellement de gens qui étaient convaincus et qui n'ont jamais baissé les bras. Tellement de choses se sont produites au fil du temps, c'est difficile à croire, mais nous ne pouvons pas abandonner. Il y a encore beaucoup de travail à faire ». - Grand chef Bert Mack, nation Toquaht.
Panneau d'interprétation démontrant l'histoire du système de clan Anishinabe et des enseignements des sept grands-pères Panneau d'interprétation démontrant l'histoire du système de clan Anishinabe et des enseignements des sept grands-pères
© Parcs Canada

Afin de mieux intégrer la communauté Anishinabe (Algonquins) et l'histoire de ce peuple le long du corridor Rideau, et de développer des liens plus solides avec les membres de cette communauté, les responsables du lieu historique national du Canal-Rideau collaborent avec les dirigeants du Centre culturel Omàmiwininì Pimàdjwowin en vue d'élaborer des panneaux d'interprétation, pour le musée, qui permettent de découvrir l'histoire de ce peuple, sa culture et ses croyances religieuses. Les panneaux d'interprétation du musée des Algonquins pour le lieu historique national du Canada du Canal-Rideau et le Centre culturel Omàmiwininì Pimàdjwowin, Golden Lake, Ontario16 racontent l'histoire du système de clan Anishinabe et des enseignements des sept grands-pères. Ces éléments d'exposition didactiques seront installés dans le musée du canal Rideau, la caravane ambulante de Parcs Canada et le centre culturel Omàmiwininì Pimàdjwowin dans la réserve des Algonquins de Pikwakanagan. Ce projet, à l'instar de projets antérieurs mis en œuvre depuis 2007, a contribué à modifier complètement la nature des liens avec le peuple Anishinabe d'Ontario, passant d'un climat de méfiance et de malentendus à un environnement où règne la confiance mutuelle, au point que des membres de la communauté Anishinabe demandent à Parcs Canada de faciliter les relations avec d'autres ministères fédéraux et provinciaux.

Cérémonie de présentation Cérémonie de présentation, G-D : Billy Joe (constructeur de canoë, Première nation de Miawpukek), Sylvester Joe (constructeur de canoë, Première nation de Miawpukek), Maggie John, agente de liaison autochtone, Parcs Canada, Chef Misel Joe, Première nation de Miawpukek et membre du Comité consultatif autochtone de PCA, Donny Benoit (constructeur de canoë, Première nation de Miawpukek )
© Parcs Canada

Contrairement à l'opinion généralement reçue, les Beothuks ne sont pas le dernier groupe amérindien à avoir vécu à Terre-Neuve. À l'époque où les Européens sont arrivés, le territoire Mi'kmaq comprenait la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, certaines régions du Nouveau-Brunswick, Gaspé et la partie sud de Terre-Neuve. La pirogue de mer Mi'kmaq était le principal moyen de transport pour se déplacer partout sur ce vaste territoire. Aujourd'hui, quelques 10 000 descendants du peuple Mi'kmaq vivent toujours à Terre-Neuve-et-Labrador : la Première nation de Miawpukek de Conne River est la seule réserve indienne officiellement reconnue. Étant donné que Parcs Canada et les représentants de la Première nation Miawpukek sont tous deux d'avis que la meilleure façon de faire connaître l'histoire et la culture autochtones est l'interprétation de personnages historiques et des démonstrations pratiques, ils ont travaillé en partenariat pour la fabrication d'un canot d'écorce de bouleau traditionnel Mi'kmaq17 dans le parc national du Canada du Gros-Morne. Trois résidents de la Première nation de Miawpukek, dont un jeune, ont passé six semaines dans le parc pour expliquer comment fabriquer le canot à l'aide des outils, des matériaux et des techniques traditionnels. Le canot a reçu le nom de Mattio, en hommage à Mattie Mitchell, un chasseur, guide et prospecteur Mi'kmaq qui en 2005 a été reconnu comme étant une personnalité ayant une importance historique nationale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. La Fédération des Indiens de Terre-Neuve-et-Labrador a versé les honoraires de deux de ses membres pour qu'ils effectuent l'interprétation sur place. Le canot a été remis aux responsables du parc national du Canada du Gros-Morne lors de la Journée nationale des Autochtones en 2007.

Tirant profit de la réussite de ce projet, le chef Misel Joe de la Première nation de Miawpukek et membre du Comité consultatif autochtone de PCA a demandé à deux autres résidents de sa communauté de retourner au parc national du Canada du Gros-Morne durant 14 semaines pour la fabrication d'un canot Mi'kmaq en peau de caribou18. À son avis, cela ne peut qu'aider la communauté Mi'kmaq de Terre-Neuve-et-Labrador à préserver son histoire, sa culture, ses traditions et sa langue, tout en permettant aux visiteurs de découvrir et d'apprécier la riche histoire du peuple Mi'kmaq. Des représentants Mi'kmaq et des membres du personnel de Parcs Canada ont assuré l'interprétation sur place. Les projets et les activités proposées ont incité beaucoup de gens à redécouvrir leur ascendance autochtone.

Lena Onalik et Alan Latourelle, directeur général de Parcs Canada Lena Onalik et Alan Latourelle, directeur général de Parcs Canada
© Parcs Canada

Dans le cadre du projet pilote « Artiste résident »19 d'une durée de sept semaines dans le lieu historique national du Canada de Port-au-Choix, l'artiste inuite réputée, batteuse et interprète de chant guttural, Lena Onalik de Nunatsiavut, a souhaité la bienvenue aux visiteurs et leur a montré le tambour qu'elle utilise, puis a fait une démonstration de son art, en chantant, en jouant du tambour et en interprétant un chant guttural. Elle leur a également montré comment fabriquer des boucles d'oreilles avec des piquants de porc-épic. L'art et les récits de Lena ont contribué à faire en sorte que les visiteurs ont été en mesure d'établir un lien direct avec ce lieu historique, grâce à une expérience authentique et mémorable qui leur a permis de découvrir l'importante culture autochtone du Canada.

Des cultures vivantes

Parfois, pour faire le pont entre deux cultures, il suffit d'un après-midi ensoleillé et d'une occasion de partager une expérience culturelle. Durant la Journée des parcs en juillet 2010, une troupe de danse réunissant huit danseurs et cinq joueurs de tambour de la Première nation Attikamekw a été invitée à présenter une danse autochtone traditionnelle pour souligner le 40e anniversaire20 du parc national du Canada de la Mauricie. Ce jour-là, l'entrée était libre pour les visiteurs, et les membres de la troupe de danse les ont invités à participer au spectacle. Des membres de la troupe ont également expliqué la nature des différentes danses de même que l'origine des insignes utilisés.

Au Manitoba, le Traité no 1 a été signé avec les Premières nations Anishnaabe et Moskégon (Saulteaux et Moskégons) du sud du Manitoba le 3 août 1871. Ce fut le premier de la série numérotée de traités de l'ouest du Canada qui a ouvert la voie à l'arrivée à grande échelle des Européens. Pendant la fin de semaine prolongée du mois d'août, une Commémoration de la signature du Traité no 1, le 3 août21 d'une durée de deux jours est organisée dans le lieu historique national du Canada de Lower Fort Garry. Pour profiter de la fin de semaine prolongée du mois d'août, la journée du lundi est consacrée aux activités culturelles, notamment des démonstrations d'artisanat, de la danse traditionnelle, du chant et du tambour traditionnels, du chant, de la danse et des spectacles musicaux contemporains. Le 3 août, on organise des cérémonies et des conférenciers invités présentent une série de conférences sur les traités et leur impact, en partenariat avec la Treaty Relations Commission du Manitoba (TRCM). Ces journées ont permis d'accueillir un nombre accru de visiteurs, d'améliorer les connaissances au sujet des Premières nations et de prendre conscience de l'importance et de l'impact du Traité no 1 pour les Premières nations, et pour les autres également.

Leçons retenues
  1. Déterminer les bonnes occasions. Approfondir l'histoire de candidats autochtones pour qu'ils soient pris en considération par la Commission des lieux et des monuments historiques du Canada, par exemple, permet aux historiens et historiennes du pays d'acquérir de nouvelles connaissances et ainsi de raffermir le lien qu'ils ou elles peuvent avoir avec un lieu ou un emplacement. En apprendre davantage à propos des Autochtones associés à un lieu peut vous aider à avoir des idées sur la façon d'établir un lien avec le passé.
  2. Demander qu'on vous donne des idées. Ne pas hésiter à contacter les représentants d'une communauté ou d'une association pour obtenir des suggestions sur la façon d'obtenir une plus grande collaboration de la part des Autochtones. Encourager les autres à faire des suggestions, en commençant par « J'aimerais que… » et « Si seulement… », pour lancer la discussion. Prendre le temps de consulter tous les principaux partenaires autochtones dûment identifiés, dès le départ, est le meilleur moyen de rassembler les connaissances, l'expertise et le consensus nécessaires pour mener à bien un projet.
  3. Faire preuve de souplesse. Si les principaux partenaires autochtones, notamment les aînés au sein d'une communauté, ne sont pas disponibles dans l'immédiat, proposer une date ultérieure qui convient à tous. Ne pas hésiter également à repousser une échéance si cela permet de réaliser un projet plus inclusif et réussi.
  4. Déterminer les valeurs et les objectifs partagés. Établir des objectifs et des valeurs en commun permet souvent d'élaborer des plans d'action où chacun trouve son compte. Déterminer des objectifs clairs et des besoins précis, et faire part clairement des attentes avec vos partenaires autochtones, pour être en mesure de régler les conflits qui pourraient survenir à propos de programmes et de priorités incompatibles.
  5. Sortir des sentiers battus. Intégrer la vision et l'interprétation traditionnelles autochtones de l'univers dans les moyens de communication courants utilisés, par exemple, le cycle lunaire Mi'kmaq et l'année inuite de mars à février, dans un calendrier moderne.
  6. Ne pas se laisser aller au découragement. Ce n'est pas parce qu'un projet ne fait pas l'unanimité d'emblée qu'il ne pourra pas être approuvé une fois que plus de gens en réalisent l'importance ou qu'on aura réussi à satisfaire à tous les critères.
  7. Bâtir la confiance – Réaliser des projets. Une fois la confiance installée, il faut du temps pour que les idées progressent, ce qui signifie de nombreuses visites sur les lieux et beaucoup d'échanges durant une période pouvant aller jusqu'à deux ans. En retour, la réussite d'un projet permet de créer des liens qui reposent sur la confiance et le respect mutuels.
  8. Établir des ponts. Accueillir des employés autochtones dans un projet et échanger avec les membres de la communauté permet de bâtir la confiance et de communiquer avec eux selon leurs propres valeurs culturelles. Reconnaître les forces de chaque partenaire et les utiliser à bon escient ouvre la voie également à d'autres projets en collaboration. Lorsque vous cherchez à conclure un marché en vue d'élaborer un plan comprenant un volet autochtone, faites appel à un entrepreneur qui a de l'expérience en consultation avec des groupes autochtones.
  9. Partager nos histoires. Faire le nécessaire pour que vos partenaires autochtones puissent s'assurer que leurs histoires feront partie des programmes et des projets grand public. C'est la meilleure façon de montrer que vous êtes disposé à travailler en collaboration avec eux et à leur offrir la possibilité de faire connaître leur histoire à l'extérieur de leur communauté. Cela permet aussi aux autres de prendre conscience de l'importance du patrimoine autochtone d'une région.
  10. Célébrer la réussite. Pour réussir, il faut faire preuve de solidarité, travailler en collaboration et apprendre les uns des autres, que l'on soit jeune ou moins jeune.

1 Reg Sylliboy, Analyste, Secrétariat aux affaires autochtones, Tél : (819) 953-6041, Courriel : reg.sylliboy@pc.gc.ca
2 Dave Cairns, Gestionnaire, Relations autochtones, Unité de gestion Lac-Louise, Yoho et Kootenay, Tél : (250) 343-6110, Courriel : dave.cairns@pc.gc.ca
3 Brad Himour, Archéologue en chef, Centre de service de l'Ouest et du Nord du Canada, Tél : (403) 292-4471, Courriel : brad.himour@pc.gc.ca
4 Sophie Borcoman, Gestionnaire de l'Expérience du visiteur, Parc national des Îles-du-Saint-Laurent, Tél : (613) 923-5261, poste 109, Courriel : sophie.borcoman@pc.gc.ca
5 Marianne Stopp, Ethnohistorienne, Direction des lieux historiques nationaux, Tél : (819) 953-5656, Courriel : marianne.stopp@pc.gc.ca
6 Valérie Therrien, Gestionnaire des relations externes, Parc national du Canada de La Mauricie, Tél : (819) 536-2638, poste 224, Courriel : valerie.therrien@pc.gc.ca
7 Yves Bossé, Aviseur, Liaison autochtone, Centre de service de l'Atlantique, Tél : (902) 426-5875, Courriel : yves.bosse@pc.gc.ca
8 Karla Point, Agente, Programmes spéciaux Premières nations, Réserve de parc national du Canada des Îles-Gulf, Tél : (250) 654-4073, Courriel : karla.point@pc.gc.ca
9 Barb Ford, Gestionnaire de l'Expérience du visiteur, Lieu historique national du Canada de La Fourche, et Lieu historique national du Canada de la Maison-Riel, Tél : (204) 983-5988, Courriel : barb.ford@pc.gc.ca et Jennifer Burnell, Coordonatrice d'événements, Tél : (204) 984-1596, Courriel : jennifer.burnell@pc.gc.ca
10 Mike Iwanowsky, Gestionnaire de l'Expérience du visiteur, Parc national du Canada Wapusk, Tél : (204) 675-8863; Courriel : mike.iwanowsky@pc.gc.ca
11 Laura Gorecki, Coordonnatrice de projet, Parc national et réserve de parc national du Canada Kluane, Tél : (867) 634-2329, poste 212, Courriel : laura.gorecki@pc.gc.ca
12 Michèle Boucher, Agente de liaison, Réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan, Tél : (418) 538-3331, poste 27, Courriel : michele.boucher@pc.gc.ca
13 Millie Spence, Superviseur de lieu, Lieu historique national du Canada Port-au-Choix, Tél : (709) 861-3522, Courriel: millie.spence@pc.gc.ca
14 Melissa Banovich, Gestionnaire de site et de l'Expérience du visiteur, Lieu historique national du Canada du Fort-Langley, Tél : (604) 513-4776, Courriel : melissa.banovich@pc.gc.ca
15 Karen Haugen, Gestionnaire intérimaire, Programme des Premières nations, Réserve de parc national du Canada Pacific Rim, Tél : (250) 726-3508, Courriel : karen.haugen@pc.gc.ca
16 Juan Sanchez, Agent de développement de produits, Lieu historique national du Canada du Canal-Rideau, Tél : (613) 283 7199, poste 212, Courriel : juan.sanchez@pc.gc.ca
17 Maggie John, Coordonatrice des affaires autochtones, Parc national du Canada du Gros-Morne, Tél : (709) 458-3597, Courriel : maggie.john@pc.gc.ca
18 Maggie John, Coordonatrice des affaires autochtones, Parc national du Canada du Gros-Morne, Tél : (709) 458-3597, Courriel : maggie.john@pc.gc.ca
19 Millie Spence, Superviseur de site, Lieu historique national du Canada Port-au-Choix, Tél : (709) 861-3522, Courriel : millie.spence@pc.gc.ca ou Maggie John, Coordonatrice des affaires autochtones, Parc national du Canada du Gros-Morne, Tél : (709) 458-3597 Courriel : maggie.john@pc.gc.ca
20 Valérie Therrien, Gestionnaire des relations externes, Parc national du Canada de La Mauricie, Tél : (819) 536-2638, poste 224, Courriel : valerie.therrien@pc.gc.ca
21 Ken Green, Gestionnaire de l'Expérience du visiteur, Lieu historique national du Canada de Lower Fort Garry, Tél : (204) 785-6091 Courriel : ken.green@pc.gc.ca

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