Secrétariat des affaires autochtones (SAA)

Travailler Ensemble : Nos Histoires

Meilleures pratiques et leçons retenues en engagement autochtone

Chapitre 2 – Travailler ensemble pour protéger notre héritage

Lors du Forum de discussion sur les enjeux en matière de conservation concernant les mats totémiques des Premières nations1 , organisé à baie Alert en Colombie-Britannique, en 2004, une représentante de l'Université Stanford a confié ceci à un des organisateurs du forum. « Je ne crois pas que vous êtes pleinement conscient de ce que vous venez de faire ici », a-t-elle murmuré. Craignant le pire et s'imaginant avoir froissé quelques susceptibilités, sans le vouloir, l'organisateur lui a demandé ce qu'elle voulait dire au juste. « Je viens tout juste d'avoir une conversation de 20 minutes avec Beau Dick », a-t-elle déclaré avec enthousiasme, en faisant référence au célèbre sculpteur de la Première nation de Tsawataineuk. « Pour mieux vous situer et remettre les choses en perspective, cela est l'équivalent d'un tête-à-tête avec Vincent Van Gogh, s'il était toujours de ce monde! ».

Entrepôt de mats totémiques du Centre culturel U'mista Entrepôt de mats totémiques du Centre culturel U'mista
© Michael Harrington / Institut canadien de conservation.

Son émerveillement confirme à quel point le fait de rassembler les bonnes personnes au bon endroit peut produire des résultats positifs. Le point de départ de ce forum émane d'un certain nombre de conversations, échelonnées sur plusieurs années, avec des propriétaires et des gestionnaires de lieux historiques nationaux. Inévitablement, lorsqu'il était question de l'état des totems ou des vestiges de bois, et des méthodes de conservation du bois utilisées de nos jours, les conversations allaient toujours dans le même sens, en commençant par « Ce serait fabuleux si… ». Alors, lorsque Parcs Canada et les communautés autochtones ont entrepris la planification de ce forum, il a été décidé qu'il y aurait un nombre égal de représentants autochtones et de professionnels de la conservation, afin d'éviter que les muséologues occupent tout le plancher. Un climat de confiance et de respect a permis à tous les participants de prendre part à des discussions approfondies et productives sur les différentes techniques et perspectives culturelles quant au type d'intervention appropriée en matière de conservation. La souffrance psychologique qui refaisait surface à l'occasion lorsqu'il était question de tentatives infructueuses dans le passé a permis à toutes les personnes présentes de prendre conscience de la façon dont les projets devraient être menés. Depuis, trois autres forums ont été organisés, les deux derniers par l'Institut canadien de conservation, démontrant une fois de plus l'importance des partenariats et des décisions de rassembler les bonnes personnes et les bonnes organisations.

Représentants de la Première nation Athabasca Chipewyan Représentants de la Première nation Athabasca Chipewyan, Henry Marcel et Morgan Voyageur (au premier plan), documentant un lieu de sépulture
© Parcs Canada

Le Projet de remise en état du cimetière de House Lake2 dans le parc national du Canada Wood Buffalo est un bon exemple de projet rassembleur. Ce cimetière ancestral Déné était fonctionnel jusque vers 1925, soit tout juste avant la création du parc. Les membres de la Première nation Athabasca Chipewyan (PNAC) s'inquiétaient de l'état général de délabrement du cimetière. Ils voulaient également répertorier tous les peuplements historiques et cimetières avoisinants de la région, pendant que des membres de la communauté pouvaient encore témoigner de la présence de ces lieux. La proposition de la Première nation Athabasca Chipewyan de documenter les lieux de sépulture et les peuplements historiques, et d'effectuer les travaux de restauration du cimetière, visait à mobiliser les jeunes et les Aînés de la nation Déné. Les récits ancestraux transmis par les aînés durant les travaux effectués en collaboration avec le personnel responsable du parc pour nettoyer l'endroit et identifier les lieux d'inhumation ont créé un climat de complicité entre les participants. Le projet a permis d'atténuer le sentiment d'aliénation ressenti au sein de la communauté en permettant aux jeunes et aux Aînés de rétablir des liens ancestraux avec cet espace grâce à cette initiative de protection des monuments historiques et de l'histoire orale. Il a aussi permis aux responsables du parc de prendre conscience du passé, et de la façon d'enrichir encore davantage l'expérience de séjour des visiteurs.

Partage des connaissances
Récipiendaires du prix d'excellence du directeur général de l'Agence dans la catégorie Récipiendaires du prix d'excellence du directeur général de l'Agence dans la catégorie "Favoriser la participation de partenaires" 2006 pour le projet du sentier Migmag Les Cèdres. G-D : Jacolyn Daniluck (Parcs Canada), Jennifer Stevens (Parcs Canada), Alan Latourelle, DGA (Parcs Canada), Franklin Levi (Première nation d'Elsipogtog), Adela Levi (Première nation d'Elsipogtog) et Pierrette Robichaud (Parcs Canada)
© Parcs Canada

Donner suite à une demande d'aide peut souvent produire des avantages insoupçonnés. Le projet sur les plantes médicinales en collaboration avec la Première nation de Fort Folly3 a été lancé après que la Première nation de Fort Folly ait demandé aux responsables du parc national du Canada Fundy de l'aider à aménager un sentier de promenade axé sur les plantes médicinales avec panneaux d'interprétation sur son territoire. Des discussions ont amené les deux parties à collaborer à la conception de panneaux pouvant être reproduits et utilisés dans les sentiers du parc national du Canada Fundy. Sur la Côte acadienne, le sentier Migmag Les Cèdres4 , dans le parc national du Canada Kouchibouguac, représente à la fois les valeurs et les connaissances Migmag et la volonté de Parcs Canada de protéger et de mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel. Ce projet a été réalisé en collaboration avec les aînés de la Première nation Elsipogtog. Un membre de la communauté Migmag a enregistré en migmag, français et anglais le contenu audio disponible dans quatre des sept panneaux du sentier alimentés par pile solaire. Un artiste autochtone a réalisé les illustrations sur deux des panneaux du sentier. Le 5 octobre 2005, plus de 120 personnes, de la Première nation Elsipogtog, des membres du personnel du parc et des représentants de communautés avoisinantes, se sont rassemblées dans le but de célébrer l'ouverture officielle du sentier Migmag Les Cèdres.

Des membres de la réserve de la Première nation de Miawpukek et le personnel du parc national du Canada Terra-Nova Des membres de la réserve de la Première nation de Miawpukek et le personnel du parc national du Canada Terra-Nova effectuent une évaluation des endroits possibles où l'on pourrait trouver le lichen Erioderma pedicellatum (G-D : Patrick Jeddore, Kirby Tulk, Ross Collier, Greg Jeddore, Craig Benoit, Andy Joe).
© Robin Tulk / Parcs Canada

Parfois, les choses tournent autrement. Dans le parc national du Canada Terra-Nova, le projet d'inventaire Erioderma5 a permis à Parcs Canada de tirer profit de l'expertise que des membres de la Première nation de Miawpukek ont développée concernant l'identification de cette espèce rare de lichen foliacé. Erioderma pedicellatum, communément appelé érioderme, poussait naguère en Norvège, en Suède et au Canada atlantique. De nos jours, elle est devenue tellement rare qu'on estime que c'est à Terre-Neuve-et-Labrador que 99 p. 100 de ce lichen se trouve et où l'espèce pourrait jouer sa survie. Étant donné que le personnel du service des ressources naturelles de la Première nation de Miawpukek savait comment identifier et localiser ce lichen, et que le personnel du parc national du Canada Terra-Nova ne possédait pas cette expertise, les deux parties ont collaboré dans ce que l'on pourrait appeler une « campagne éclair » visant à localiser le plus de spécimens possible. Cette opération d'une durée de quatre jours a permis de localiser au total huit spécimens dans le parc, tout en familiarisant le personnel du parc avec cette espèce en danger d'extinction et son habitat naturel.

Jobie Panipakoochoo à côté d'un trou pour les phoques. Atelier sur l'écologie de l'oie des neiges et du renard arctique, île Bylot, Nunavut. Jobie Panipakoochoo à côté d'un trou pour les phoques. Atelier sur l'écologie de l'oie des neiges et du renard arctique, île Bylot, Nunavut.
© Micheline Manseau / Parcs Canada

Le projet thématique axé sur l'écologie du Nunavut – tirer profit de Qaujimajatuqangit (connaissances inuites) en matière de gestion, de recherche et de surveillance6 contribue à aider Parcs Canada à améliorer sa façon de surveiller et d'encadrer les parcs nationaux en régions éloignées. Les parcs nationaux du Nunavut sont de vastes écosystèmes terrestres où l'apprentissage, la surveillance et la transmission de données en ce qui a trait à l'intégrité écologique comportent un certain nombre de défis particuliers. Les connaissances que possèdent les communautés inuites locales permettent de combler d'importantes lacunes à ce niveau et d'aider le personnel et les chercheurs à mieux comprendre cet environnement changeant. Des aînés, des étudiants, des chasseurs et des trappeurs, de même que le personnel de Parcs Canada, ont participé à ce projet d'une durée de 5 ans. Axé principalement sur la glace marine, le projet a permis de documenter l'état des glaces, selon différentes conditions, et de profiter de l'expertise des aînés et des chasseurs en matière de pratiques de conservation, de sécurité et de gestion. Le projet comportait également un volet recherche sur les connaissances inuites et scientiques des animaux polaires tels le renard arctique, le renard roux et l'oie des neiges. Il a aussi donné l'occasion à de jeunes Inuits de se familiariser avec les activités du parc, et d'y prendre part plus activement, leur donnant ainsi une longueur d'avance quant à leur participation future en tant qu'employés ou bénévoles.

Des Aînés participent à un atelier sur l'accès au parc national du Canada Ukkusiksalik, rivière North Pole, et sa préservation Des Aînés participent à un atelier sur l'accès au parc national du Canada Ukkusiksalik, rivière North Pole, et sa préservation. G-D : Robert Tatty, Honore Aglukka, Pie Sanertanut, Annie Tatty, Paul Sanertanut, David Tukturdjuk.
© Micheline Manseau / Parcs Canada

En 2010, les membres du projet ont reçu le prix d'excellence du directeur général de l'Agence dans la catégorie "Favoriser la participation de partenaires" : « Votre contribution exceptionnelle en vue de favoriser la participation des partenaires dans le cadre du projet du savoir inuit, qui intègre les connaissances traditionnelles inuites et la science, votre leadership et votre dévouement sont remarquables et grandement appréciés. » – Alan Latourelle, DGA Parcs Canada



Pour surmonter les obstacles
Randonnée dans Mosquito Creek, parc national du Canada Banff Randonnée dans Mosquito Creek, parc national du Canada Banff. Rangée arrière, G-D : Lance Abraham, Charlie Abraham, Watson Kaquitts, Chef Clifford Poucette, Hank Snow, Avery Abraham. Première rangée, G-D : Kyle Abraham, O'Riley Abraham, Chad Kaquitts, Clifford Poucette jr.
© Dennis Herman / Parcs Canada

Le partage de connaissances traditionnelles et le développement de partenariats avec les Premières nations des Nakodas et le parc national du Canada Banff 2002-20107 sont un exemple de collaboration véritable même lorsqu'il semble y avoir des obstacles majeurs. La préparation de l'évaluation environnementale requise en marge des Jours de festivités indiennes – l'un des plus ancien festival autochtone du Canada – indiquait clairement que peu importe où en étaient les négociations des traités, Parcs Canada et la Première nation Stoney Nakoda pouvaient tous deux retirer de multiples avantages de leur collaboration. Le protocole d'entente signé à la suite des discussions permettait d'établir la ferme intention des Chefs et du Conseil des Premières nations des Nakodas et de Parcs Canada d'apprendre à mieux se connaître, de se familiariser avec les us et coutumes de chacun et d'intégrer les connaissances autochtones et scientifiques aux pratiques de gestion de la faune et des terres. Depuis, des membres de la Première nation Nakoda et du personnel de Parcs Canada ont parcouru ensemble des kilomètres et des kilomètres à dos de cheval, et ont passé de nombreuses nuits sous les étoiles, près de feux de camp, dans des sentiers de l'arrière-pays, pour suivre ensemble les pistes que seules les Premières nations Stoney Nakoda connaissent. On ne compte plus les cérémonies du calumet, les cabanes à suer, les manifestations culturelles, les camps familiaux et les rassemblements sociaux qui ont eu lieu, ouvrant la voie au partage de connaissances, aux conseils des aînés et aux directives sur la gestion de la faune et le comportement des animaux, de même qu'à une perspective historique à long terme concernant le territoire du parc national du Canada Banff. Différentes possibilités sont maintenant à l'étude afin d'embaucher des membres des Premières nations des Nakodas au parc national.

L'écho du passé (Jours de festivités indiennes) L'écho du passé (Jours de festivités indiennes) se fait de nouveau entendre pendant le segment ouvert au public du camp familial Stoney Nakoda 2010, sur les anciennes terres traditionnelles autochtones du parc national du Canada Banff
© Dennis Herman / Parcs Canada
CITATION : « Comme le disait si bien l'un de nos auteurs de la bande de Stoney « ces montagnes sont notre lieu sacré ». Nous croyons sincèrement que les choses vont changer dans le parc national Banff ». – Hank Snow, conseiller de la bande Wesley, Premières nations des Nakodas.


Participants à l'atelier sur le comportement des bisons Participants à l'atelier sur le comportement des bisons. Première rangée : G-D : Delinda Ryerson (parc national du Canada Elk Island), Caitlin Elm (étudiante). Rangée du milieu, G-D : Bruce Chisholm (Agence canadienne d'inspection des aliments), Henry Gladue (Première nation de Beaver Lake), Horace Patenaude (Nation Métis de Buffalo Lake), Kelly Phillips (Agence canadienne d'inspection des aliments), Norm Cool (parc national du Canada Elk Island), Leona Cryer (Première nation de Whitefish Lake), Shelley Essaunce, (parc national du Canada Elk Island), Elmer Ghostkeeper (Nation Métis de Buffalo Lake), Glean Auger (Nation Métis de Buffalo Lake), Archie Handel, (parc national du Canada Elk Island). Dernière rangée, G-D : Peter Tremblay (Première nation de Beaver Lake), John Ritchie (Nation Métis de Kikino), Bruce Arcan (Tribal Chiefs Venture Inc. )
© Parcs Canada

Une demande formulée par les communautés autochtones locales pour prendre part à des activités spécialisées dans les limites du parc a amené les responsables à organiser un Atelier sur le comportement des bisons du parc national du Canada Elk Island8. Depuis 1907, le parc national du Canada Elk Island a joué un rôle déterminant en ce qui a trait à la protection et à la préservation du bison des plaines et du bison des bois, ayant servi de refuge à quelques-uns des derniers bisons des plaines au monde, sauvant ainsi l'espèce de l'extinction. Durant toutes ces années, Elk Island a produit avec succès un total de 855 bisons des bois, 1014 bisons des plaines et 4633 wapitis, pour les besoins de projets de conservation au profit des espèces. Des déplacements ont été effectués vers la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, l'Ontario et le Yukon. À l'échelle internationale, le parc a supervisé la réinstallation des wapitis au Kentucky, au Tennessee et en Caroline du Nord. En 2006, 30 bisons des bois ont été expédiés en Russie, et en 2008, 54 ont été transférés en Alaska. En mars 2011, 30 autres bisons des bois ont été transférés vers le parc nature Lenskie Stolby en République de Sakha, en Russie. En 1992, Parcs Canada a conclu un Protocole d'entente avec Tribal Chiefs Ventures Inc. , une société représentant six Premières nations dans la région. Cet accord prévoyait que le parc allait transférer 30 bisons des bois sur le territoire de la Première nation du lac Whitefish, étant entendu qu'au fur et à mesure que le troupeau allait grossir, les rejetons seraient partagés entre les communautés membres. Durant cet atelier d'une journée, un des membres du personnel a fait une présentation portant sur l'histoire du parc, les pratiques exemplaires concernant le comportement des bisons et la gestion thérapeutique. Le groupe s'est ensuite déplacé vers les installations réservées aux bisons où l'on a expliqué en détail tout le processus de transfert du troupeau. L'atelier a été un immense succès et beaucoup de gens ont manifesté leur intérêt pour d'autres occasions de la sorte.

Bisons des bois dans le parc national du Canada Elk Island Bisons des bois dans le parc national du Canada Elk Island
© John Warden / Parcs Canada
CITATION : « Il est important de se pencher sur la spiritualité et la culture du bison. Cela a fait partie de la culture nord-américaine pendant des milliers d'années. Ce n'est que justice de les voir revenir parmi nous ». – Aîné Elmer Ghostkeeper, Peuple Métis de Buffalo Lake.


Un milieu favorable
Joe Clair, Première nation Elsipogtog, conseiller du projet en matière de connaissances écologiques traditionnelles, indique un lieu de pêche traditionnel sur la rivière Richibucto Joe Clair, Première nation Elsipogtog, conseiller du projet en matière de connaissances écologiques traditionnelles, indique un lieu de pêche traditionnel sur la rivière Richibucto
© Parcs Canada

L'évaluation et la restauration des populations de saumons de l'Atlantique de la rivière Richibucto9 illustrent bien ce qui peut arriver lorsque tout le monde fait preuve d'ouverture d'esprit. La Première nation Elsipogtog a toujours mis en doute la façon dont le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a calculé les populations de poissons, au moment de prendre la décision de mettre un terme à la pêche dans la région. Après avoir pris elle-même la décision de procéder à une nouvelle évaluation des stocks de poissons, en confiant ce mandat à un groupe d'étude chevronné en la matière, en 2004, la communauté a demandé aux responsables du parc national du Canada Kouchibouguac de l'aider sur le plan logistique et scientifique. Pendant trois ans, les saumons ont été capturés et analysés afin d'évaluer l'état de santé des populations de saumons de la rivière Richibucto et d'établir un plan de restauration à l'aide des connaissances autochtones et de protocoles scientifiques. Lorsque les fonds consacrés à l'évaluation vinrent à manquer, les dirigeants du parc ont décidé d'intégrer ce projet à leur programme Agir sur le terrain et de le prolonger jusqu'en 2013. Les dirigeants du parc ont en effet pris conscience du fait que ce projet axé sur les stocks de poissons reproducteurs comportait des avantages durables potentiels à long terme pour les visiteurs. Le projet a également permis d'établir que les connaissances scientifiques et autochtones sont loin d'être antagonistes mais sont plutôt complémentaires et peuvent toutes deux servir à alimenter les efforts de conservation.

Kalin Aucoin de la Première nation de Fort Folly Kalin Aucoin de la Première nation de Fort Folly et membre de l'équipe de rétablissement tient un saumon IBoF avant sa relâche dans la rivière de la Pointe-Wolfe dans le parc national du Canada Fundy. Kalin a témoigné aux membres de l'équipe de rétablissement que cette journée était une des plus mémorables de sa vie.
© Parcs Canada / B.Pavey

La participation des collectivités locales est parfois déterminante lorsqu'il est question de se pencher sur les préoccupations d'ordre écologique. Ainsi, le programme de rétablissement des espèces en voie de disparition dans le parc national du Canada Fundy en partenariat avec la Première nation de Fort Folly10 est engagé dans une course contre la montre pour protéger les dernières populations de saumon atlantique de l'intérieur de la baie de Fundy. À travers l'histoire, ces populations ont toujours dépassé le chiffre de 40 000, mais pour des raisons inconnues, on compte à l'heure actuelle moins de 200 spécimens de saumon sauvage génétiquement distincts. La Première nation de Fort Folly compte seulement 106 résidents, mais cette communauté a grandement aidé les responsables du parc national du Canada Fundy de même que les représentants de Pêches et Océans Canada. La communauté a fait partie de l'équipe de rétablissement qui a effectué différentes expériences en ce sens à l'aide des meilleurs moyens technologiques à sa disposition permettant d'établir et de garder à jour des banques de gènes vivants. Ce programme contribue aussi à l'installation de télémètres acoustiques ou d'appareils de télémesure satellitaire afin de déterminer ce qui arrive au saumon dans l'océan. En raison de son importance culturelle et économique, la disparition du saumon atlantique aurait un effet dévastateur sur les peuples Mi'kmaq, Wolastoqiyik et Passamaquoddy. Ce projet a donné lieu à une synergie et une vision commune entre les groupes autochtones et Parcs Canada, ce qui a permis de mettre sur pied un programme dont les résultats vont bien au-delà de ce que chacun aurait pu accomplir individuellement.

Des succès en série
Howard Augustine cuisinant une anguille Howard Augustine cuisinant une anguille
© Nelson Cloud / Conseil des Micmacs du district de la Rive nord.

Le même groupe participe également à un autre projet d'envergure qui fait la preuve du potentiel lié à l'élargissement d'un projet une fois qu'on a réussi à mettre en place un cadre de travail rigoureux. Le Centre de services de l'Atlantique de Parcs Canada collabore avec différentes communautés autochtones, ministères fédéraux et organismes de conservation afin d'assurer la survie des populations d'anguille d'Amérique au Canada atlantique11. En plus d'être un indicateur vital de la santé d'un écosystème d'eau douce, l'anguille, ou Katew en langue amérindienne, est une importante source de nourriture, d'ingrédients médicinaux et d'éléments utilisés à des fins rituelles. De nos jours, Katew a aussi beaucoup d'importance sur le plan économique, en termes de pêche. Nos partenaires des Premières nations associent les connaissances traditionnelles autochtones aux données recueillies sur le terrain pour venir en aide aux dirigeants du parc appelés à prendre des décisions concernant cette espèce qui suscite beaucoup d'inquiétude. Lancé en 2008 de concert avec les parcs nationaux Fundy, Kouchibouguac et des Hautes=Terres-du-Cap-Breton, ce projet a été élargi en 2010 et englobe dorénavant les sept parcs nationaux au Canada atlantique. En unissant nos efforts et nos ressources à l'intérieur d'un cadre de travail englobant tous les parcs nationaux, il est possible de travailler plus efficacement pour mieux comprendre la situation de Katew dans les parcs nationaux du Canada atlantique.



L'aînée Elsie Marcellais de Nahanni Butte montre à des jeunes comment préparer et traiter une peau d'orignal L'aînée Elsie Marcellais de Nahanni Butte montre à des jeunes comment préparer et traiter une peau d'orignal
© D. Tate / Parcs Canada

Les protocoles traditionnels de cueillette et de capture Nahą Dehé12 utilisés dans la réserve de parc national du Canada Nahanni montrent comment le fait d'établir une structure et des rapports harmonieux avant que des inquiétudes surgissent peut grandement faciliter la résolution des problèmes. Lorsque des membres de la communauté de Nahanni Butte ont remarqué que certaines personnes qui cueillaient des plantes et capturaient des animaux dans le parc ne respectaient pas toujours les méthodes traditionnelles autochtones de culture et de capture, et ne manifestaient pas toujours le respect nécessaire envers les animaux, la terre et l'eau dont elles sont tributaires, ils ont fait part de leurs préoccupations à l'équipe du consensus de la Nahą Dehé. Cette équipe de gestion coopérative mise sur pied spécifiquement pour ce parc en 2000 compte trois représentants de Parcs Canada, quatre représentants des Premières nations Dehcho et deux porte-parole de la communauté de Nahanni Butte. Les membres de l'équipe ont accepté d'aider la communauté de Nahanni Butte à préparer une brochure d'information portant sur les différents protocoles d'exploitation traditionnels autochtones. Les ateliers et la brochure - Nahą Dehé K'éodíi – Taking Care of Nahą Dehé – préparés en consultation avec l'équipe du consensus, s'inspirent des principes mis de l'avant par les Dénés, soit le partage et le respect; les protocoles sont très clairs, justement pour assurer la sécurité des gens, protéger les écosystèmes du parc, respecter la faune et préserver les ressources pour les générations à venir.

Toujours consulter

Le programme axé sur la diminution des populations de cerf de Virginie et l'exploitation durable des végétaux13 dans le parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent montre à quel point l'expertise d'une communauté autochtone dans ce domaine peut contribuer à rétablir l'équilibre écologique. Le broutage excessif d'un nombre trop élevé de cerfs de Virginie avait pour conséquence de faire presque disparaître des végétaux importants pour les Kanienkehakas (Mohawks) d'Akwesasne. À la suite de consultations avec les membres du Conseil des Mohawks d'Akwesasne et les résidents locaux, on a décidé que les Mohawks pourraient abattre au total 59 cerfs sur une période de trois ans et utiliser la viande lors de la cérémonie d'hiver traditionnelle organisée au sein de la communauté. Depuis, nombre de végétaux rares réapparaissent, de même que certaines espèces qui n'avaient pas été observées depuis des décennies.

Des techniciens de la faune et membres des premières nations Keeseekoowenin Ojibway et Rolling River Des techniciens de la faune et membres des premières nations Keeseekoowenin Ojibway et Rolling River. Arrière, G-D : Alvin Anderson, Lyndon Bone, Harry Bone, Bernard Bone, Ken Kingdon (Gestionnaire de projet, Parcs Canada), William Bone, Ernest Blackbird (Gestionnaire de projet, Parcs Canada), Preston Gaywish, Kenny Pearce. En avant: G-D : Richard Bone, Tim Bone, Ryan Bone
© Boh Kubrakovich / Ark Productions

Établir des relations informelles et formelles pour la gestion de la faune peut s'avérer difficile puisqu'il y a peu de forums qui existent pour permettre ce genre de communication et de consultation. Dans certain cas, ce peut aussi être un défi pour les communautés autochtones d'établir des buts et objectifs de gestion communs entre eux-mêmes et Parcs Canada. Au Parc national du Canada du Mont-Riding, le Conseil de la Faune des Premières Nations14 a été créé pour venir en aide à la communication et la consultation entre le par cet les sept Premières nations avoisinantes du parc. Il encourage aussi le transfert de connaissances autochtones et créé une capacité de transférer ces connaissances entre les sept Premières nations, en plus d'appuyer des meilleures pratiques en gestion de la faune. Il existe présentement plusieurs problèmes à résoudre au niveau de la gestion de la faune dans cette région, incluant la surveillance et la gestion des maladies telles que la transmission de la tuberculose chez les ongulés. Grâce au leadership du Conseil de la Faune des Premières Nations, une réduction historique du troupeau a été accompli avec la participation des membres des premières nations Keeseekoowening Ojibway et Rolling River. Pour la première fois, la réduction du troupeau a été faite sur le terrain plutôt que par hélicoptère.

Le personnel du parc national du Canada Wood Buffalo, les aînés et les représentants autochtones de la région, de même que les conseillers scientifiques d'Environnement Alberta, du Fonds mondial pour la nature, de Canards illimités, d'Environnement Canada, de l'Université de l'Alberta, du gouvernement des Territoires-du-Nord-Ouest et du Programme de surveillance écologique du delta Peace-Athabasca partagent des récits et de l'information pendant une visite de reconnaissance sur le terrain à Egg Lake Le personnel du parc national du Canada Wood Buffalo, les aînés et les représentants autochtones de la région, de même que les conseillers scientifiques d'Environnement Alberta, du Fonds mondial pour la nature, de Canards illimités, d'Environnement Canada, de l'Université de l'Alberta, du gouvernement des Territoires-du-Nord-Ouest et du Programme de surveillance écologique du delta Peace-Athabasca partagent des récits et de l'information pendant une visite de reconnaissance sur le terrain à Egg Lake.
© Parcs Canada

La consultation est l'élément clé, la plupart du temps, permettant de réunir les forces en présence grâce à une approche visant le consensus. Le Programme de surveillance écologique du delta Peace-Athabasca (PSEDPA)15 mis sur pied par les responsables du parc national du Canada Wood Buffalo a débuté lorsque le personnel du parc a rencontré les représentants des onze communautés autochtones partenaires en 2008, dans le but de déterminer s'il existait une volonté de procéder à la surveillance de l'un des plus grands deltas d'eau douce au monde, pour évaluer les effets néfastes possibles associés au développement industriel. Le delta, situé dans les limites du bassin versant du fleuve Mackenzie et au centre d'un développement industriel considérable, a toujours été considéré comme un important écosystème pour la reproduction et la nidification de nombreuses espèces terrestres et aquatiques. Reconnu comme un milieu humide d'importance internationale selon la Convention de RAMSAR (Nations Unies), le delta a permis au parc national du Canada Wood Buffalo d'être classé site du patrimoine mondial, étant donné que 80 p. 100 des lacs et des zones humides du delta se trouvent à l'intérieur des frontières du parc. Deux ans plus tard, le nombre de partenaires intéressés atteignait 17 au total, soit des communautés autochtones, des groupes voués à la conservation et des organismes gouvernementaux fédéral et provinciaux. Ces gens se réunissent régulièrement et ont une vision commune en ce qui concerne les objectifs à réaliser et le travail à effectuer. Le programme et les comités de travail permettent de réaliser les travaux de recherche beaucoup plus rapidement que si Parcs Canada devait le faire seul.

Ouverts aux suggestions
Andrew Gordon jr d'Aklavik observe le site de Stokes Point durant l'opération nettoyage depuis le pont John Wurmlinger Andrew Gordon jr d'Aklavik observe le site de Stokes Point durant l'opération nettoyage depuis le pont John Wurmlinger
© P. Flieg / Parcs Canada

L'Étude de site et le plan d'assainissement pour la station de Stokes Point, ancien site du réseau d'alerte avancé (réseau DEW)16 , montrent à quel point le simple fait d'être ouvert aux suggestions peut favoriser la mise en place d'un plan d'amélioration environnementale. Le parc national du Canada Ivvavik, premier parc national créé à la suite d'une revendication territoriale moderne, a été créé en 1984. Lorsque Parcs Canada a créé ce parc, le territoire avait déjà été largement exploité, et au fil des ans aucune étude approfondie et détaillée des contaminants qui s'y trouvaient n'avait été effectuée. Les efforts de dépollution mis en œuvre à Stokes Point étaient plutôt isolés et au gré des circonstances, ce qui faisait de l'endroit un lieu non sécuritaire pour les gens et les animaux. Ce projet a été mis en œuvre lorsque les résidents autochtones d'Aklavik, l'Association communautaire d'Aklavik et la Société régionale inuvialuit (IRC) ont fait part de leurs inquiétudes concernant les problèmes de contamination causés par la présence d'anciens garages et de vieux entrepôts abandonnés, d'installations d'entreposage de pétrole, d'huile et de produits lubrifiants, et d'autres contaminants hautement toxiques, tels les BPC. Parcs Canada et les Inuvialuits ont travaillé en collaboration dans le cadre de l'étude de site et des travaux de nettoyage du sol et des installations contaminés, contribuant ainsi à faire de Stokes Point un endroit plus sain pour la faune et la communauté inuvialuit. Il s'agissait du plus important projet de dépollution d'un site contaminé mis en œuvre par l'Agence. Les connaissances traditionnelles autochtones et des résidents locaux ont également été mis à contribution dans le cadre de ce projet. L'information recueillie auprès de huit aînés Inuvialuit a été associée aux connaissances scientifiques des gens sur place pour que l'étude se déroule correctement et que rien ne soit laissé au hasard. Près de 95 p. 100 des avantages économiques en lien avec le nettoyage du site ont profité aux entreprises et à la main-d'œuvre Inuvialuit, par le biais d'un processus d'appel d'offres compétitif à l'échelle nationale.

La communauté d'Aklavik se réjouit de la réussite du projet de dépollution de la station de Stokes Point lors d'un banquet et une danse du tambour en janvier 2011 La communauté d'Aklavik se réjouit de la réussite du projet de dépollution de la station de Stokes Point lors d'un banquet et une danse du tambour en janvier 2011. Danseurs de la Aklavik Drummers and Dancers, G-D : Ally Gordon et Mary Gordon, en arrière, David James Gordon et Skylar Storr
© D. Ross / Parcs Canada

Tenir compte des avis et des opinions divergentes fait partie de l'approche adoptée dans le cadre de la Consultation des Autochtones concernant le plan de gestion du feu17. La gestion du feu par les populations autochtones ne date pas d'hier en Amérique du Nord, ni au parc national du Canada Wood Buffalo. Le lien culturel qui unit les Autochtones à la terre et leurs pratiques de gestion du feu ont depuis longtemps façonné le paysage partout sur ce continent. Depuis des décennies, les utilisateurs traditionnels du parc (les chasseurs et les trappeurs) assurent également le service de pompiers. Les exploitants autochtones protègent ainsi leurs intérêts et le personnel du parc tire profit du fait d'avoir des employés qui partagent leurs connaissances et leurs valeurs traditionnelles autochtones en ce qui a trait à la gestion du feu. Ce qu'on appelait jadis « maîtrise du feu » ou « lutte contre les incendies » a évolué et est devenu le programme de gestion du feu, le plus important programme de l'Agence Parcs Canada, en termes de ressources et d'activités opérationnelles. Étant donné que le plan provisoire de gestion du feu remonte à 1989 et que quantité de données relatives à l'inflammabilité et à la combustion ont été colligées depuis, le moment est venu d'élaborer un nouveau plan de gestion du feu. Les consultations menées auprès de onze groupes autochtones devraient en principe donner lieu à de vives discussions. Tous souhaitent que ces discussions permettent aux responsables du parc de faire la part des choses et de mieux saisir l'impact écologique, social et économique associé au fait de laisser un territoire brûler par opposition au fait de lutter contre un incendie.

Leçons retenues
  1. Rendre visite. Vous pourrez sans doute développer de meilleures relations avec les gens si vous allez à leur rencontre directement, là où ils sont certainement plus à l'aise, dans leur propre milieu, et peuvent vous montrer des exemples de ce dont ils parlent.
  2. Prendre son temps. Développer des relations véritables et bâtir la confiance exigent du temps. Chercher à aller trop vite ou à imposer des échéances irréalistes ne peut que nuire à laréussite d'un projet.
  3. Avoir l'esprit ouvert. Une façon de penser qui peut sembler sans fondement pourrait tout simplement avoir besoin d'un peu plus de temps pour s'imposer ou être le point de départ d'autres discussions portant sur de nouvelles idées. Deux points de vue ou pratiques culturelles apparemment différents peuvent se rejoindre dans un climat de respect et de compréhension mutuelle, comme cela s'est produit lors de l'atelier sur la conservation des totems.
  4. Lancer des idées. Nombre de projets, parmi les meilleurs, débutent lorsque des gens disent « Ce serait fabuleux si… ».
  5. Créer un effet de synergie. Discuter avec différents intervenants permettra certainement de susciter de l'intérêt, des appuis et une plus grande participation, et au bout du compte, des résultats.
  6. Favoriser une saine gestion des ressources. Faire prendre conscience aux gens du fait qu'ils ont des responsabilités par rapport à un projet leur permet d'avoir un lien à long terme avec ce projet, et sa réussite.
  7. Partager les responsabilités financières. Examiner la possibilité que les participants envisagent différents mécanismes pour financer un effort de collaboration. Ne pas oublier que partager les coûts d'un projet signifie également partager les décisions.
  8. Savoir quand lâcher prise. Même si Parcs Canada a pris l'initiative du forum sur la conservation des totems, c'est l'Institut canadien de conservation qui a pris la relève lors des deux dernières rencontres, et qui leur a affecté les ressources humaines et financières nécessaires.

1 John McCormick, Conseiller principal des politiques, Consultation autochtone, Secrétariat aux affaires autochtones, Tél : (819) 934-8365, Courriel : john.mccormich@pc.gc.ca, ou Greg Thomas, Gestionnaire des ressources culturelles, Centre de service de l'Ouest et du Nord, Tél : (204) 983-6802, Courriel : greg.thomas@pc.gc.ca
2 Laura Peterson, Gestionnaire des ressources culturelles, Parc national du Canada Wood Buffalo, Tél : (867) 872-7936, Courriel : laura.peterson@pc.gc.ca
3 Nadine Gauvin, Gestionnaire des relations externes, Parc national du Canada Fundy, Tél : (506) 887-6393, Courriel : nadine.gauvin@pc.gc.ca
4 Victor Savoie, Coordonnateur de la mise en valeur du patrimoine, Parc national du Canada Kouchibouguac, Tél : (506) 876-1263, Courriel : victor.savoie@pc.gc.ca
5 Kirby Tulk, Écologiste, Parc national du Canada de l'Île-du-Prince-Édouard, Tél : (709) 533-3129, Courriel : Kirby.tulk@pc.gc.ca
6 Dr. Micheline Manseau, Scientiste des écosystèmes, Centre de service de l'Ouest et du Nord du Canada, Tél : (204) 983-8885, Courriel : Micheline.Manseau@pc.gc.ca, ou Gary Mouland, Gestionnaire de la conservation des ressources,  Tél : (867) 975-4762, Courriel : Gary.Mouland@pc.gc.ca. D'autres publications sont disponibles en anglais seulement sur le web sous la rubrique "Publications" http://lecol-ck.ca/index.php?pid=48 et sous la rubrique "Inuit Knowledge/Literature and documents" http://lecol-ck.ca/index.php?pid=126
7 Dennis Herman, Aviseur, Parcs nationaux du Canada de Banff, Yoho et Kootenay, Tél : (250) 347-6169, Courriel : Dennis.Herman@pc.gc.ca
8 Archie Handel, Conservation de la ressource et sécurité du public, Parc national du Canada Elk Island, Tél : (780) 992-2950, Courriel : archie.handel@pc.gc.ca
9 Éric Tremblay, Scientiste des écosystèmes, parc national du Canada Kouchibouguac, tél. : 506-876-2443, courriel : eric.tremblay@pc.gc.ca
10 Renee Wissink, Scientiste des écosystèmes, Parc national du Canada Fundy, Tél : (506) 887-6098, Courriel : renee.wissink@pc.gc.ca
11 Yves Bossé, Aviseur, Liaison autochtone, Centre de service de l'Atlantique, Tél : (902) 426-5875, Courriel : yves.bosse@pc.gc.ca
12 Douglas Tate, Biologiste de la conservation et Membre du Nah?ą Dehé Consensus Team, Réserve de parc national Nahanni, Tél : (867) 695-3151, Courriel : doug.tate@pc.gc.ca
13 Jeff Leggo, Surintendent, Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent, Tél : (613) 923-5261, Courriel : jeff.leggo@pc.gc.ca
14 Mark Young, Gestionnaire, Programme des premières nations, Parc national du Canada du Mont-Riding, Tél : (204) 848-7134, Courriel : mark.young@pc.gc.ca
15 Stuart Macmillan, Gestionnaire de la conservation des ressources et Président du comité PADEMP Steering Committee, Parc national du Canada Wood Buffalo, Tél : (867) 872-7938, Courriel : stuart.macmillan@pc.gc.ca
16 Nelson Perry, Scientiste des écosystèmes, Unité de gestion de l'Ouest de l'Arctique, Tél : (867) 777-8810, Courriel : nelson.perry@pc.gc.ca, ou John Snell, Spécialiste des sites contaminés, Centre de service de l'Ouest et du Nord du Canada, Tél :  (403) 292-4469, Courriel : john.snell@pc.gc.ca, ou Ed McLean, Aviseur en consultation, Centre de service de l'Ouest et du Nord du Canada, Tél : (204) 983-8918, Courriel : ed.mclean@pc.gc.ca
17 Jeff Dixon, Superviseur de la conservation des ressources II, Parc national du Canada Wood Buffalo, Tél : (867) 872-7964, Courriel : Jeff.Dixon@pc.gc.ca

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