Secrétariat des affaires autochtones (SAA)

Travailler Ensemble : Nos Histoires

Meilleures pratiques et leçons retenues en engagement autochtone

Chapitre 1 - Le sens de la solidarité avec nos partenaires autochtones

En février 2008, le directeur général de Parcs Canada, Alan Latourelle, a réitéré l'intention de l'Agence de continuer à renforcer les liens avec les communautés autochtones, grâce à un cadre de travail qui permet de mobiliser les populations autochtones et de les amener à participer à la planification et à la gestion des parcs nationaux, des lieux historiques nationaux et des aires marines nationales de conservation. L'Agence Parcs Canada s'est également engagée à continuer à développer des liens formels avec des partenaires autochtones dans l'ensemble de l'organisation. Ces relations uniques représentent un vaste éventail de structures de collaboration, étant donné que chacune est tributaire du contexte culturel et juridique spécifique de la communauté visée.

Ces derniers temps, une plus grande collaboration a permis d'atténuer le sentiment d'exclusion, voire d'aliénation, ressenti par les populations autochtones lorsque les premiers parcs ou lieux historiques nationaux ont été créés en leur absence. De nouveaux parcs, comme le parc national du Canada des Monts-Torngat, de nouvelles aires marines de conservation, comme la réserve d'aire marine nationale de conservation et le site du patrimoine haïda Gwaii Haanas, et de nouveaux lieux historiques nationaux tels le lieu historique national du Canada Sahoyúé-Sehdacho ont été aménagés en collaboration avec les collectivités autochtones qui ont demandé que ces terres deviennent des espaces protégés. Cela a conduit à la création d'un certain nombre d'aires protégées, où les revendications territoriales ne sont pas encore réglées et où la participation des Autochtones aura nécessairement une incidence sur l'ensemble du paysage.

CITATION : « Je me rappelle, enfant, à quel point le fait de vivre au bord du lac nous semblait merveilleux, grandiose et magnifique. Ma famille savait comment se déplacer sur ce territoire en toutes saisons et comment interpréter les conditions météorologiques pour être en sécurité durant ses déplacements. Pour les Anishinaabe, le territoire est le lieu où nous avons grandi, où nous avions un sentiment d'appartenance – c'était notre chez-soi. Même s'il s'agit d'un parc national, Pukaskwa est toujours à nos yeux notre point d'attache ». - Collette Goodchild, aînée, Première nation de Pic River.
Guérison et réconciliation
Cérémonie de réconciliation – parc national du Canada Jasper et Première nation d'Alexis Nakota Sioux Cérémonie de réconciliation – parc national du Canada Jasper et Première nation d'Alexis Nakota Sioux.
Première rangée - G-D : Theodore Kyme, Bernice Bull, Ruth Mustus, Julian Kootenay, Phyllis Mustus, Sherrill Meropoulis, Greg Fenton, Elisabeth Kootenay, Mike Dillon.
Deuxième rangée - G-D : Gladys Kyme, Percy Potts, Orlando Alexis, Arthur Bruno, Sophie Bruno, Tammy Many Grey Horses, Kelton Mustus, Howard Mustus jr, Mariah Thunder, Don Kootenay.
Troisième rangée - G-D : Howard Mustus sr, Gilbert Potts, Janet Adams. En haut : Lyndon Agina

© Parcs Canada / Greg Deagle

Au parc national du Canada Jasper, les communautés autochtones n'ont de toute évidence pas eu voix au chapitre depuis la création du parc en 1907. Privées de leur mode de vie traditionnel, elles ont été chassées du parc, avec leurs histoires, leurs traditions culturelles et leur connaissance approfondie du territoire. Il a fallu plus d'un siècle pour que Parcs Canada et les peuples autochtones essaient de comprendre ce phénomène de dépossession et prennent les mesures nécessaires pour se réconcilier avec le passé. Pour certains, la réconciliation a été synonyme de cérémonies officielles, de cabanes à suer, de chants, d'offrandes, de prières et de pardon, ce qui a permis aux responsables des parcs et aux dirigeants des communautés autochtones de conjuguer de nouveau leurs efforts. Pour d'autres, la confiance est revenue à la faveur du Forum autochtone de Jasper1, créé dans un esprit de ressourcement et de réconciliation. Ce forum contribue à favoriser le dialogue, le partage et le rassemblement de tous les peuples autochtones ayant un lien avec ce parc.

Aînée Lena Johnson (Première nation de Kluane) et Shauna Strand (Premières nations Champagne et d'Aishihik) travaillant le cuir, Megan McConnell (Premières nations Champagne et d'Aishihik) en arrière-plan Aînée Lena Johnson (Première nation de Kluane) et Shauna Strand (Premières nations Champagne et d'Aishihik) travaillant le cuir, Megan McConnell (Premières nations Champagne et d'Aishihik) en arrière-plan
© Premières nations Champagne et d'Aishihik

Dans le parc national et la réserve de parc national du Canada Kluane au Yukon, la nation Tutchone du Sud a effectivement été chassée lorsque le territoire a été transformé en refuge de gibier en 1943. Même si l'interdiction de chasser et de piéger a été levée pour les populations autochtones en 1976, beaucoup parmi elles ont préféré se tenir loin de peur de représailles. Ce n'est pas avant 1993 que les Premières nations Champagne et d'Aishihik, et avant 2003 que la Première nation de Kluane, ont été autorisées à s'adonner de nouveau à la culture traditionnelle. Bien qu'un accord dûment signé constitue le cadre légal autorisant le retour des populations et la réinsertion culturelle, des décennies d'exclusion, voire d'aliénation, ont laissé des traces. Réparer les liens brisés2 est un projet pluriannuel qui a été mis sur pied de concert avec ces deux Premières nations afin de les encourager à rétablir les liens historiques et ancestraux avec ces territoires grâce à la participation des aînés et des jeunes à des camps culturels et scientifiques. Le projet appuie leurs efforts visant à rassembler, à régulariser et à sauvegarder leurs connaissances concernant le parc, et à les utiliser dans le but d'améliorer la gestion et l'intégrité écologique du parc. La présence de ces Premières nations disposées à redécouvrir le parc national et la réserve de parc national Kluane a donné lieu à un niveau de participation et de coopération sans précédent.

CITATION : « Dans quelques années, nous nous souviendrons des premières années consacrées à la mise en œuvre de nos ententes sur les revendications territoriales et, en dépit des difficultés et des embuches, nous nous prendrons à sourire en repensant aux victoires et nous pourrons nous dire, non sans fierté, que c'est pendant cette période que les assises de nos réalisations ont été jetées. Lorsque la cogestion de nos terres sera devenue la « norme », lorsque nos cultures et nos traditions seront devenues une partie essentielle et intégrante de la gestion de nos terres, lorsque nos gens auront comme avant parcouru le parc jusque dans les moindres recoins, nous repenserons alors à l'initiative Réparer les liens brisés et pourrons nous sentir inspirés de toute la puissance de Kluane, parce que des initiatives comme celle-ci nous auront permis de renouer avec nos terres, avec l'élément humain, de tisser de nouvelles relations et de nous redonner la maîtrise et le respect de nos terres et des créatures qui y vivent. » - Le chef et le Conseil de la Première nation de Kluane

Parcs Canada et les communautés Mi'kmaq de l'Île-du-Prince-Édouard ont tissé des liens plus étroits depuis l'embauche d'un Directeur de projets conjoints, Confédération Mi'kmaq de l'Île-du-Prince-Édouard (CMIPE) – Parcs Canada3. Les communications étaient déjà nettement meilleures après l'établissement de la Confédération Mi'kmaq de l'Î.-P.-É. en 2002 en tant que conseil tribal des deux Premières nations Mi'kmaqa de l'Î.-P.-É. La CMIPE a proposé d'embaucher un directeur de projets conjoints afin qu'il y ait encore plus de collaboration visant à atteindre des objectifs communs. Le directeur, embauché en 2005, et en poste dans les bureaux de la CMIPE, a joué un rôle déterminant afin de créer des liens positifs et actifs en vue d'assurer une gestion appropriée et un aménagement convenable des espaces et des lieux associés aux Premières nations Mi'kmaq, dans le passé ou de nos jours.

Partage des connaissances et des cultures autochtones
Raj Anderson jouant du violon devant l'église du lieu historique national du Canada de Batoche Raj Anderson jouant du violon devant l'église du lieu historique national du Canada de Batoche
© Parcs Canada

En Saskatchewan, le lieu historique national du Canada de Batoche, qui réunit les vestiges d'un village, une terre agricole et le champ de bataille de 1885, est considéré comme étant au cœur même de la nation des Métis, de même qu'un symbole de l'espoir, du renouveau et du rétablissement des liens qui animent les populations Métis. Cependant, les Métis se sont pour la plupart dissociés de Batoche après qu'il eut été transformé en lieu historique en 1923. L'administration fédérale ne semblait aucunement rejoindre la communauté. De nos jours, le Partenariat entre le lieu historique national de Batoche et l'Institut Gabriel Dumont (IGD)4 réunit un personnel qui collabore avec la nation des Métis de la Saskatchewan et l'IGD (un organisme de la Saskatchewan qui participe à la formation, l'apprentissage et l'embauche des Métis) afin de rétablir les liens. Depuis 1996, ces gens travaillent en collaboration afin d'embaucher des Métis au chômage ou sous-employés pour leur permettre d'acquérir la formation nécessaire en gestion et en mise en valeur du patrimoine. Le personnel et le service des publications de l'IGD ont contribué à l'amélioration du contenu offert sur le site depuis 2005 en y organisant différents événements culturels. Ainsi, une « reconstitution historique » dans la maison d'Albert Caron permet aux visiteurs d'écouter des récits sur les Métis, et de s'initier à la langue michif grâce aux aînés. Le projet « L'histoire de la résistance et de la survie des femmes métisses : Histoires de la coulée des Tourond/Fish Creek et de Batoche » met l'accent sur la tradition orale et permet de jeter un regard neuf sur l'histoire des femmes et des enfants métis, grâce à des récits longtemps passés sous silence.

Des membres du Groupe de travail de Nuu-chah-nulth sur les marches de la nouvelle longue maison Des membres du Groupe de travail de Nuu-chah-nulth sur les marches de la nouvelle longue maison. G-D : Barbara Touchie, Premières nations d'Ucluelet, Benson Nookemis, Premières nations Huu-ay-aht, Steve Tatoosh, Premières nations Hupacasaht, Barney Williams jr, Premières nations Tla-o-qui-aht, C. Anne Robinson, Premières nations Tseshaht.
© Parcs Canada / Crystal Bolduc

Dans la réserve de parc national du Canada Pacific Rim, le Groupe de travail de Nuu-chah-nulth5 a été mis en place au mois de septembre 2006 au moment où les responsables de la réserve de parc ont entamé un projet de quatre ans en vue de reconstruire le centre d'interprétation de Wickaninnish, datant de 1948. Ce centre offre une vue spectaculaire sur Wickaninnish Beach et l'océan Pacifique, mais les pièces et les objets exposés n'impressionnaient guère les visiteurs, qui les jugeaient plutôt statiques et dépassés, et ne répondaient plus aux objectifs du parc. À la suite de consultations menées auprès des partenaires autochtones, il était devenu évident qu'il y avait là la possibilité de partager la culture et le patrimoine de Nuu-chah-nulth, et de créer des liens avec les Premières nations associées au parc. Le groupe de travail réunit des représentants de neuf Premières nations, ainsi que du Groupe linguistique de Nuu-chah-nulth et du centre culturel de Nuu-chah-nulth. En partageant ainsi les traditions familiales, les membres du groupe veillent à préserver leur patrimoine pour les générations futures.

CITATION : « À mesure que nous abordons des enjeux difficiles ou délicats, cela ne fait que nous mobiliser davantage, face à notre décision de faire connaître nos nations d'une manière qui ne peut que leur rendre hommage par le biais de nos efforts concertés ». Ida Mills, Aînée Ditidaht.


Cesi Mitchell, une des participantes du projet Les Voix d'Akwesasnet Cesi Mitchell, une des participantes du projet Les Voix d'Akwesasne.
© Parcs Canada

Au parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent, les sondages ont nettement révélé que les visiteurs souhaitaient avoir plus d'informations concernant les liens avec les communautés autochtones. Mais on ne pouvait demander aux membres de la communauté d'Akwesasne de faire la navette à tous les jours, ce qui aurait nécessité entre trois et quatre heures, pour se rendre au parc. Afin de rendre hommage à la culture et à la tradition haudenosaunee, le personnel a donc collaboré avec les Kanienkehaka (Mohawks) d'Akwesasne afin de créer les Voix d'Akwesasne de l'est de l'Ontario6. Ce projet vidéo en cogestion montre des membres de la communauté d'Akwesasne partageant des récits sur le peuple haudenosaunee (Iroquois), sa culture et ses traditions, de même que sur les liens qu'il entretient avec le parc, y compris les connaissances qu'ont les Autochtones concernant le monde animal, le monde végétal et la production de paniers en éclisses de frêne noir. Ces récits fascinants sont présentés sur des écrans interactifs au centre d'accueil du parc, de même qu'au sein de la communauté d'Akwesasne, et ils permettent de confirmer aux yeux des visiteurs que la culture haudenosaunee est bel et bien vivante. La communauté d'Akwesasne utilise également cette vidéo pour attirer l'attention de différents groupes sur leur culture, ce qui va bien au-delà de l'intention première du projet.

Membres du Cercle consultatif Membres du Cercle consultatif.
Première rangée, G-D : Chef Roland Monague de la Première nation Beausoleil, Jenn McCallum, Julia Montgomery, Melanie Desjardin, Kim St. Claire, Directrice de l'Unité de gestion.
Rangée centrale, G-D : Hector Copegog, Mary Jane King, Gloria King, Sheryl Smith, Centre de Service de l'Ontario, Charles Leon King.
Dernière rangée, G-D: Prabir Roy, Shaun McKenzie, Victoria Evans, Shawn Corbiere, Tim Sweeting, Brian Charles, Surintendant du parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne, Gary McMillan, Scott Sutton.

© Parcs Canada

En 1999, le personnel du parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne a fait appel aux aînés pour le guider dans le cadre d'un projet prévu sur la commémoration et la restauration de pierres tombales autochtones. Ce qui a débuté comme étant un projet simple est bientôt devenu le Comité consultatif en matière de culture, créé en août 1999 et maintenant connu sous le nom de Cercle consultatif en matière de culture, parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne7. Ce groupe, qui se réunit tous les trois mois, a contribué de façon très positive à tous les volets du développement du parc, à la gestion des ressources culturelles et à l'intégration des enjeux et des connaissances autochtones. Les aînés du Cercle, les grands-parents et les membres de la communauté représentent la Première nation de Beausoleil, les Chippewas de Georgina Island, les Chippewas de Rama, le conseil des Métis de la baie Georgienne, le Centre d'amitié autochtone de la baie Georgienne, la Première nation de Moose Deer Point, la réserve Wahta Mohawk Territory et la Première nation Wasauksing. En partageant « L'histoire du lac des Fées » et autres témoignages dans le cadre de randonnées guidées, de projets archéologiques et de présentations sur le patrimoine, tous ces gens contribuent au rétablissement des liens ancestraux avec ces lieux. Un programme de jour pour les jeunes Autochtones de quatrième année et une Journée des jeunes Autochtones sont organisés à chaque année en guise d'appui à un projet d'archéologie. Diverses autres cérémonies, telles des banquets et des cérémonies du calumet en hommage aux ancêtres, ont également été organisées par les membres du Cercle.

CITATION : « Toutes les Premières nations ont un lien privilégié avec la terre, l'atmosphère, l'eau et tous les êtres vivants qui vivent ici. Nous avons la responsabilité de protéger et de préserver l'environnement et toutes les formes de vie qui se trouvent sur cette terre pour les sept prochaines générations ». – Chef Louise Hillier et le conseil de bande, Première nation de Caldwell.
Expressions culturelles en lien avec le territoire
Inuits au parc national du Canada du Mont-Torngat Inuits au parc national du Canada du Mont-Torngat. G-D : Sarah Pasha Annanack, Molly Emudluk, Minnie Unatweenuk, Susie Morgan, Jacko Merkuratsuk, Sarah Unatweenuk, Tommy Unatweenuk
© Parcs Canada

Dans la péninsule du Labrador, Gatherings in a Timeless Place (Rencontres dans un lieu hors du temps) : le camp de base kANGIDLUASUk8 offre une occasion unique, depuis 2006, de faire l'expérience du mode de vie des Inuits. Le parc national du Canada des Monts-Torngat a été créé avec l'accord des Inuits du Nouveau-Québec et du Labrador, à la suite du règlement de leurs revendications territoriales respectives, puis présenté comme « un cadeau que les Inuits offrent à tous les Canadiens ». Pour s'assurer de mettre en place de nouveaux moyens améliorés d'accroître la présence inuite dans les limites du parc et d'appuyer les programmes opérationnels d'été, le camp de base administré par les Inuits, situé tout juste à l'extérieur de la limite sud du parc, accueille des membres jeunes et moins jeunes de familles inuites, de même que des chercheurs et des visiteurs, dans le but d'explorer ensemble le parc à travers le regard de la culture inuite et de la science. Les participants établissent un lien avec les montagnes, véritable patrie des Inuits, grâce aux récits de leurs compagnons et guides inuits.

Sous le regard intéressé de Harry Haye, Jacko Merkuratsuk montre à son fils Jimmy comment pêcher Sous le regard intéressé de Harry Haye, Jacko Merkuratsuk montre à son fils Jimmy comment pêcher
© Parcs Canada

Une journée type au camp de base s'articule autour des aînés qui partagent leurs connaissances de la terre avec des scientifiques, des gestionnaires de parc, des touristes et des jeunes. Ouvert de la fin juillet jusqu'à la fin août, le camp offre le logement, les repas, les services de guides, des appareils de surveillance des ours polaires, et une aire d'accueil et de rassemblement des visiteurs pour les randonnées dans le parc. Ce camp contribue à assumer les défis logistiques et les coûts associés au maintien d'une présence inuite significative dans les limites du parc, étant donné que la communauté la plus proche se trouve à une distance de près de 100 kilomètres. Le gouvernement du Nunatsiavut, la Société Makivik et le Conseil de gestion coopérative du parc national du Canada des Monts-Torngat ont tous largement participé à la réalisation de ce projet et continuent de l'appuyer. Le centre de recherche mis en place par le gouvernement du Nunatsiavut offre des services améliorés aux équipes de recherche.

CITATION : « Je crois que le parc accueillera de nouveau les Inuits et que les liens profonds que nous avons avec ce territoire, que bon nombre d'entre nous ressentons encore, se matérialiseront de nouveau, un attachement dont nous ferons encore l'expérience et que nous pourrons transmettre à nos enfants. » – Leroy Metcalfe


Participants au programme de développement du leadership du Labrador Participants au programme de développement du leadership du Labrador.
G-D – Première rangée : Fred Butt, Sybilla Bennett;
Deuxième rangée : Sara Rumbolt, Ashley Lawless, Nicole Parsons, Andy Miller, membre du programme d'échange avec Parks Victoria, Australie.

© Parks Canada

Le programme de développement du leadership du Labrador – jeunes Autochtones dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux9 offre la chance à de jeunes Inuits âgés de 19 à 30 ans d'explorer les possibilités de carrière et d'accès à l'enseignement associées aux parcs nationaux et lieux historiques. Les participants apprennent tout sur la conservation des ressources, la mise en valeur du patrimoine, les responsabilités du gardien de parc et les services aux visiteurs. Un partenariat réussi avec l'Équipe de conservation de Terre-Neuve-et-Labrador et la Fondation Québec-Labrador a permis la mise sur pied d'un programme Équipe verte afin d'offrir plus de possibilités aux jeunes Autochtones du Labrador d'acquérir de l'expérience de travail. Cela donne la chance aux jeunes de développer des habiletés en matière de leadership en lien avec le développement du parc national du Canada des Monts-Torngat et du parc national des Monts-Mealy qu'on envisage de créer. Le financement est assuré par Nunatukavut (anciennement la nation des Métis du Labrador), le gouvernement du Nunatsiavut et l'Association Grenfell (une fondation qui finance des projets spécifiques du Labrador).

Pour aller de l'avant
Membres du Comité consultatif des Premières nations du Nouveau-Brunswick Membres du Comité consultatif des Premières nations du Nouveau-Brunswick : Terry Richardson, Première nation de Pabineau, Blair Pardy, parc national du Canada Fundy, Chef Joe Knockwood, Première nation de Fort Folly, Yves Bossé, Centre de services de l'Atlantique, Stuart Gilby, conseiller juridique des Chefs de l'Assemblée des Premières Nations du Nouveau-Brunswick inc., Larry Perley, Première nation Tobique, Chef Stewart Paul, Première nation Tobique, Donna Augustine, Première nation Elsipogtog, Gordon LaBillois, Première nation Eel River Bar, Danielle Richard, parc national du Canada Kouchibouguac.
© Parks Canada / Marie Katheleen Fernandes

Le comité consultatif des Premières nations du Nouveau-Brunswick10 est le premier du genre à voir le jour au Canada atlantique. Le comité a été constitué en octobre 2010 avec les Chefs de l'Assemblée des Premières Nations du Nouveau-Brunswick, et les responsables du parc national du Canada Kouchibouguac et du parc national du Canada Fundy. La création de ce comité a coïncidé avec les consultations finales pour la mise à jour du plan de gestion du parc national du Canada Fundy. Cinq représentants de 14 des 15 communautés des Premières nations Mi'gmag et Wolastoqiyik du Nouveau-Brunswick en font partie, de même que cinq représentants de Parcs Canada. Ce comité veille à ce que les intérêts des Premières nations Mi'gmag et Wolastoqiyik soient pris en considération dans le cadre du processus de gestion de tous les parcs nationaux et lieux historiques nationaux du Nouveau-Brunswick.

Leçons retenues
  1. Proposer ou rechercher des partenariats. Chaque partenariat permet d'atteindre plus de résultats et d'avoir un impact plus important en mettant en commun nos idées, nos ressources, nos réflexions et nos efforts, plutôt que de travailler chacun pour soi. Un partenariat permet également d'élargir la portée d'un projet et de rejoindre plus de gens.
  2. Établir des liens à différents niveaux. Il est indispensable de nouer des relations personnelles avec différents membres d'une communauté, outre ses dirigeants, pour bâtir la confiance et le respect mutuel.
  3. Être réaliste. Veiller à ce que les objectifs et les échéanciers soient raisonnables et tenir compte des ressources humaines disponibles. Travailler de concert avec des Autochtones qui détiennent des connaissances, par exemple, laisse entendre qu'il faudra procéder à de nombreuses consultations au sein d'une communauté, ce qui exige beaucoup de temps, d'efforts et de détermination.
  4. Intégrer la vision globale autochtone. Les liens qui existent entre le Cercle consultatif en matière de culture et le parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne, par exemple, se nourrissent à même les principes des sept enseignements ancestraux. Le Cercle est cité en exemple à suivre quant à la façon de développer des liens mutuellement avantageux au sein de Parcs Canada.
  5. Être patient. S'accorder suffisamment de temps pour que les relations soient bien établies. Tout projet en collaboration exige du temps pour établir un climat de confiance et de saine collaboration, surtout si les liens ont été rompus ou malmenés dans le passé. Des liens solides et soutenus, de même qu'une relation saine et à long terme, sont les meilleurs moyens non seulement d'éviter les malentendus, mais aussi de les résoudre ou de les dissiper, le cas échéant.
  6. Tout documenter par écrit. Une entente écrite et signée aide à résoudre les conflits ou les mésententes qui pourraient survenir. Elle permet également de donner plus de poids à la relation et aux pratiques habituelles advenant un changement au niveau de la direction de l'une ou l'autre partie.
  7. Faire appel aux membres de la communauté dès le départ. Si vous produisez une vidéo, une exposition ou un plan de gestion, faites appel à la participation des gens dès le départ et présentez le travail en cours aux membres de la communauté. Après avoir constaté dans quelle mesure leur contribution peut modifier le cours des choses, plus de gens pourraient être incités à participer au projet.
  8. Demander un avis juridique. Assurez-vous que toutes les ententes écrites n'ont aucune incidence de quelque façon que ce soit sur les revendications territoriales ni sur d'autres déclarations de droits traditionnels.
  9. Installer des tentes. Dans certains endroits, notamment dans des parcs en régions éloignées, par exemple, des camps culturels et scientifiques demeurent le meilleur moyen d'obtenir des niveaux de participation très élevés, à moindre coût. En effet, il s'agit d'une solution éprouvée pour réintégrer les populations autochtones, jeunes et moins jeunes, dans les territoires ancestraux.
  10. Laisser des traces. Documenter tous vos projets, du début à la fin, sans oublier les photos, les enregistrements sur bande et les notes de renvoi, au profit des générations futures.
  11. Organiser un pique-nique. Un rassemblement en plein air, dans un parc, fait disparaître les obstacles réels et perçus associés à une rencontre ou une réunion officielle, et toute la logistique qui l'entoure. Un événement en plein air attire habituellement un plus grand nombre de participants.
  12. Accueillir et faire participer les enfants et les jeunes Autochtones. Dans la plupart des communautés autochtones, la culture et les traditions autochtones sont transmises aux jeunes et aux enfants durant les rassemblements communautaires. Soyez conscients de cette réalité et ouverts à la possibilité de faire place aux jeunes et aux enfants Autochtones, même dans le cadre d'activités à caractère officiel.

a Il y a plusieurs façons d'écrire le mot Mi'kmaq en anglais et en français, selon le lieu géographique et le code orthographique. Toutefois, il s'agit bel et bien de la même nation. Pour les besoins de cette publication, et pour respecter les différences régionales, nous avons conservé l'orthographe originale à laquelle cette communauté s'identifie.
1 Sherrill Meropoulis, Agente de liaison autochtone, Parc national du Canada Jasper, Tél : (780) 852-6154, Courriel : Sherrill.meropoulis@pc.gc.ca
2 Pauline Wroot, Agente de liaison autochtone, Parc national et réserve de parc national du Canada Kluane, Tél : (867) 634-2329, Courriel : Pauline.wroot@pc.gc.ca
3 Jesse Francis, Gestionnaire de projet conjoint, MCPEI – Parcs Canada, Tél : (902) 436-5101, Courriel : jfrancis@mcpei.ca ou jesse.francis@pc.gc.ca
4 Ray Fidler, Gestionnaire de site, Lieu historique national du Canada de Batoche, Tél : (306) 423-6227, Courriel : ray.fidler@pc.gc.ca
5 Karen Haugen, Gestionnaire intérimaire, Programmes des Premières nations, Réserve de parc national du Canada Pacific Rim, Tél : (250) 726-3508, Courriel : karen.haugen@pc.gc.ca
6 Sophie Borcoman, Gestionnaire de l'expérience du visiteur, Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent, Tél : (613) 923-5261, poste 109, Courriel : sophie.borcoman@pc.gc.ca
7 Brian Charles, Agent de liaison autochtone, Parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne, Tél : (705) 526-9804, poste 239, Courriel : brian.charles@pc.gc.ca
8 Gary Baikie, Gestionnaire de l'Expérience du visiteur, Parc national du Canada Monts-Torngats, Tél : (709) 922 1290, Courriel : gary.baikie@pc.gc.ca
9 Maggie John, Coordonatrice des affaires autochtones, Parc national du Canada du Gros-Morne, Tél : (709) 458-3597, Courriel : maggie.john@pc.gc.ca
10 Yves Bossé, Aviseur, Liaison autochtone, Centre de service de l'Atlantique, Tél : (902) 426-5875, Courriel : yves.bosse@pc.gc.ca

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