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Rorqual bleu dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

Le rorqual bleu est le plus gros animal qui ait existé sur Terre. Il est aussi connu sous le nom baleine bleue. Ses dimensions sont certes impressionnantes, mais cette caractéristique ne le rend pas pour autant invulnérable. Depuis quelques années déjà, il apparaît sur la liste des espèces menacées au Canada, déclaré actuellement en voie de disparition. Vivant dans les mers froides, il a longtemps été la cible privilégiée des pêcheurs de l’Atlantique, ce qui a grandement favorisé le déclin de l’espèce. On peut le reconnaître facilement grâce à sa taille imposante, son corps allongé, sa tête proéminente, et principalement, son souffle de 9 m de haut!

Qu’est ce que le rorqual bleu?

Vu du dos d’un rorqual bleu.
En plus d’être le plus gros animal de la terre, le rorqual bleu est également le plus bruyant : son meuglement, qui peut atteindre 186 décibels, est plus fort que le bruit d’un avion à réaction

Le rorqual bleu est un cétacé des mers froides que l’on reconnaît par son corps effilé et allongé qui est à son plus large au niveau des yeux. Sa tête représente environ le quart de la longueur totale de son corps. Sa nageoire dorsale est plutôt petite et ses nageoires pectorales sont pointues.

Il fait partie du groupe des baleines à fanons. Le motif des taches qui recouvrent son corps peut varier considérablement, mais il est unique à chaque baleine et demeure le même au fil du temps. Il peut donc servir à identifier les individus, ce qui permet aux scientifiques de suivre leurs déplacements et de reconnaître leurs comportements. Le rorqual bleu est un animal gigantesque : le plus gros jamais observé mesurait 29,5 m et pesait plus de 150 tonnes. Les rorquals bleus mesurent en moyenne une vingtaine de mètres. Les femelles sont généralement plus grosses que les mâles. À la naissance, les baleineaux mesurent environ sept mètres et pèsent à peu près deux tonnes. C’est la longueur d’un autobus scolaire et le poids d’une mini fourgonnette!

Vous pensiez que la plus grosse créature qui ait habité la planète était un dinosaure? Mais non, c’est le rorqual bleu qui détient ce record! En effet, le plus grand de tous les dinosaures ne mesurait qu’environ 24 mètres et pesait 36 tonnes. Le rorqual bleu, quant à lui, peut mesurer jusqu'à 29,5 mètres et peser 150 tonnes!

Où vit le rorqual bleu?

Le rorqual bleu fréquente surtout les eaux côtières et la haute mer. La population de rorquals bleus de l’Atlantique vit dans les eaux de la côte Est du Canada. Au cours du printemps, de l’été et de l’automne, on trouve ces baleines le long de la côte Nord du golfe du Saint-Laurent et le long de la côte Est de la Nouvelle-Écosse. En été, on les observe également le long de la côte Sud de l’île de Terre-Neuve et dans le détroit de Davis, entre l’île de Baffin et le Groenland. Elles migrent généralement vers le sud pour l’hiver, mais, lorsque la couverture de glace est mince, certaines baleines peuvent demeurer dans le Saint-Laurent une bonne partie de la saison froide

Quel est le statut du rorqual bleu?

Gros plan d’un rorqual dans le parc marin Saguenay St. Laurent.
Les populations de rorquals bleus sont assez bien distribuées dans les océans, mais le Saint-Laurent est un des rares endroits au monde où on peut les observer près des côtes.

Depuis maintenant plusieurs années, le rorqual bleu est déclaré en voie de disparition par le COSÉPAC. C’est à dire qu’on s’inquiète sérieusement de sa situation et que les risques que la population s’éteigne sont importants. Le rorqual bleu de l'Atlantique est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement du Canada. Il est également protégé en vertu du Règlement sur les mammifères marins, qui relève de la Loi sur les pêches.

Pourquoi le rorqual bleu est-il en danger?

Quelque 200 000 rorquals bleus peuplaient autrefois les océans du monde. Le nombre de rorqual bleu de la population atlantique n’est pas connu mais on en apercoit chaque année entre 20 et 105 dans le golfe du Saintt-Laurent. Mais la grande taille de ces animaux a causé leur perte; ils étaient prisés par les chasseurs de baleines qui en retiraient de grandes quantités d’huile et de viande. Cette chasse commerciale est le principal facteur responsable du déclin de la population de ces géants des mers. Depuis la fin de la chasse commerciale, complètement interdite depuis 1955 dans l’Atlantique Nord les principales menaces qui pèsent sur la petite population restante sont le dérangement et les collisions avec des navires, la prise dans des engins de pêche, la pollution et les modifications de l’environnement. Les changements climatiques auront certainement un impact majeur sur les sources de nourriture du rorqual bleu et donc sur leur survie.

Pourquoi protéger le rorqual bleu ?

Gros plan d'un rorqual bleu
Le rorqual bleu est un animal gigantesque : le plus gros jamais observé mesurait 29,5 m et pesait plus de 150 tonnes. Les rorquals bleus mesurent en moyenne une vingtaine de mètres.

Sa présence contribue d’une façon fort impressionnante à la diversité écologique de l’estuaire. D’ailleurs les chasseurs basques, au XVIe siècle, exploitaient cette espèce dans le Saint-Laurent. Pendant longtemps, la chasse au rorqual bleu fut à la base d’une industrie importante. C’est la surexploitation de cette espèce qui en a causé le déclin. Aujourd’hui, on « chasse » la baleine bleue pour la prendre en photo. Rencontrer un rorqual bleu et de pouvoir l’observer dans son milieu naturel est une expérience exceptionnelle.

Les populations de rorquals bleus sont assez bien distribuées dans les océans, mais le Saint-Laurent est un des rares endroits au monde où on peut les observer près des côtes. Donc, pour que l’on puisse continuer à admirer cet animal impressionnant de si près, il est essentiel de protéger son habitat dès maintenant.

Que fait Parcs Canada pour sauver le rorqual bleu ?

Mesures de rétablissement

La création du Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay -- Saint-Laurent en 2002 est une des mesures les plus importantes mises en place par Parcs Canada pour favoriser le rétablissement de la population de rorquals bleus de l’Atlantique. Ce règlement, élaboré en collaboration avec les gens qui pratiquent des activités dans les eaux du parc marin, donne des balises à l’observation des mammifères marins. L’objectif principal d’une telle réglementation est de réduire le dérangement causé par les activités humaines. Depuis l’instauration de celui-ci en 2002, il est interdit d’approcher un rorqual bleu ou un béluga à moins de 400 mètres, quel que soit le type d’embarcation ou l’activité nautique pratiquée.

Conformément aux exigences de la Loi sur les espèces en péril, un plan de rétablissement pour le rorqual bleu, population de l’Atlantique, sera élaboré en janvier 2008 par les différents partenaires impliqués dans la protection de cette espèce. Ce plan proposera des actions à prendre pour favoriser le rétablissement de la population de rorquals bleus de l’Atlantique.

Recherche et surveillance

Plusieurs projets de recherche et de suivi ont été réalisés par le passé et d’autres se poursuivent encore aujourd’hui. Parcs Canada participe toujours à ces projets en collaboration avec d’autres ministères et organismes non gouvernementaux impliqués sur le territoire du parc marin. Les recherches concernant les rorquals bleus visent principalement à connaître l’évolution de la taille de la population, sa composition, l’utilisation de l’habitat et l’impact des activités humaines.

Sensibilisation du public

Dans l’aire de coordination du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, plusieurs opportunités s’offrent aux visiteurs qui désirent en apprendre davantage à propos de la population de l’Atlantique du rorqual bleu. Quelques centres d’interprétation ainsi que des panneaux installés sur les quais et les sentiers riverains offrent aux visiteurs des informations concernant cette espèce. Trois sites aménagés pour l’observation terrestre des mammifères marins sont aussi accessibles. Dans certains secteurs, les rorquals bleus peuvent s’approcher jusqu’à une dizaine de mètres de la berge. C’est le cas au centre d’interprétation et d’observation du Cap-de-Bon-Désir. Sur ces sites, en plus de pouvoir observer les comportements naturels de ces animaux sans les déranger, les visiteurs pourront profiter de la présence de naturalistes pouvant répondre à toutes leurs questions.

Collaboration avec des partenaires

Que ce soit pour la recherche, le rétablissement des espèces ou l’interprétation, le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent travaille en collaboration avec différents partenaires tant gouvernementaux que non gouvernementaux. Pêches et Océans Canada, Environnement Canada, Parcs Québec, l’Institut Maurice-Lamontage, le groupe de recherche sur l’éducation et les mammifères marins (GREMM), Explos-Nature, les comités de zone d’intervention prioritaire (comité ZIP) et plusieurs autres comptent parmi les plus impliqués dans la recherche et l’interprétation de cette thématique au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Comment puis-je aider?

Vue en gros plan d’une baleine, avec des bateaux d’observation de baleines
La région du parc marin du Saguenay-St-Laurent est reconnue pour l'une des meilleures activités d'observation de baleines au Canada.
  • Adoptez des comportements respectueux envers les rorquals bleus lorsque vous les observez, que vous soyez sur le territoire du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent ou ailleurs sur le Saint-Laurent. Observez-les de la terre ferme, vous éviterez alors de les déranger.
  • Si vous préférez participer à une excursion d’observation en mer, optez pour une compagnie de croisière qui respecte le règlement sur l’observation des mammifères marins.
  • Soyez curieux. Apprenez-en davantage sur le rorqual bleu et partagez vos connaissances à propos de cette espèce en péril avec votre entourage. Rencontrez les guides interprètes du site d’interprétation et d’observation de Cap-de-Bon-Désir au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
  • En tout temps et particulièrement lors de votre passage au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, jetez vos déchets aux endroits appropriés. En pique-nique, favorisez des contenants et des ustensiles réutilisables. Trop souvent, sacs et pellicules de plastique, contenants de jus, et autres déchets s’envolent et finissent par se retrouver à l’eau où ils pollueront l’environnement pendant des décennies, voire des siècles.
  • Adoptez des habitudes quotidiennes respectueuses de l’environnement. Votre utilisation de l’eau a un impact sur la santé du fleuve : économisez-la et utilisez des produits nettoyants écologiques!
  • Votre municipalité a-t-elle un système d’égout qui traite efficacement les eaux usées avant de les rejeter dans les rivières? Si non, n’hésitez pas à faire-part de vos préoccupations à ce propos aux élus de votre ville et de votre région.