Deux membres du personnel travaillant à la conservation de l’aigrette à longues étamines.
Le personnel chargé de la préservation des ressources au parc national des Mille-Îles surveille les populations existantes d’airelles à longues étamines.

L’airelle à longues étamines est l’une des plantes les plus rares du Canada. Alors que l’espèce est répandue aux États-Unis, elle n’existe au Canada que dans deux régions de l’Ontario. Trois des sites où pousse cette plante se trouvent dans des zones protégées, mais il est essentiel que Parcs Canada gère la fréquentation des visiteurs à un niveau durable sur le plan écologique pour favoriser la survie et le rétablissement de l’airelle à longues étamines.

Qu’est-ce que l’airelle à longues étamines?

Gros plan de jeunes pousses d’aigrettes à longues étamines.
Semis plantés dans le cadre du programme de réintroduction de l’airelle à longues étamines au parc national des Mille-Îles.

L’airelle à longues étamines est un petit arbuste qui fait partie de la famille des éricacées. Elle est l’une des 12 espèces du genre Vaccinium, qui comprend également le bleuet, la myrtille et l’atoca. Il s’agit d’un arbuste étalé, court et droit dont la hauteur dépasse rarement un mètre. Des grappes de fleurs blanches pendent à partir de longues tiges fines au début de l’été. Le pistil des fleurs est droit et plus long que les étamines. Les fruits, tirant sur le vert ou le bleu, apparaissent à la fin de l’été.

Où vit l’airelle à longues étamines?

L’airelle à longues étamines est généralement considérée comme désagréable au goût, mais certains arbustes peuvent produire des fruits délicieux. Dans le sud des Appalaches, l’airelle à longues étamines est utilisée pour faire de la tarte, de la confiture et de la gelée.

On trouve l’airelle à longues étamines dans deux régions de l’Ontario. On trouve des populations historiques et actuelles dans les régions de Niagara et des Mille-Îles, où les températures sont plus clémentes en raison de l’effet modérateur des Grands Lacs. Trois de ces populations sont protégées par le parc national des Mille-Îles et la Commission des parcs du Niagara. La population des Mille-Îles n’est présente que les îles du Saint-Laurent, tandis que la population présente dans la région de Niagara se trouve dans une région semi-développée. Ces deux populations sont isolées, avec une petite population à Ithaca, dans l’État de New York. La population connue d’airelles à longues étamines la plus proche après cela se trouve à Albany, également dans l’État de New York.

L’habitat privilégié par cet arbuste est la forêt ouverte aride au sol sablonneux bien drainé.

Quel est le statut de l’airelle à longues étamines?

L’airelle à longues étamines a été désignée espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en novembre 2000. L’espèce figure à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, qui assure une protection en vertu de la législation fédérale.

L’airelle à longues étamines est classée au rang S1 par le Centre d’information sur le patrimoine naturel, ce qui signifie qu’elle est extrêmement rare et risque particulièrement de disparaître du Canada.

Pourquoi l’airelle à longues étamines est-elle en danger?

Vu de l’aire clôturée visant à évaluer l’effet du broutement des cerfs sur les populations d’airelles à longues étamines.
Utilisation de clôtures pour évaluer l’effet du broutement des cerfs sur les populations d’airelles à longues étamines au parc national des Mille-Îles.

La principale menace qui pèse sur l’airelle à longues étamines au Canada est la perte d’habitat, qui a entraîné un déséquilibre dans la fonction de l’écosystème et a conduit à l’absence d’établissement des semis d’airelles à longues étamines. On n’a observé aucun semis de cette plante au Canada. On pense que les feux d’origine naturelle aidaient à fournir un habitat de forêt ouverte qui offrait autrefois les conditions idéales nécessaires à la germination de l’airelle à longues étamines. Cette perte d’habitat et l’isolement des populations actuelles d’airelles à longues étamines ont donné lieu à une faible diversité génétique de certaines plantes et au manque d’abondance de l’espèce au Canada.

Dans la région des Mille-Îles, l’airelle à longues étamines risque également d’être piétinée et broutée. Les visiteurs du parc qui s’écartent des sentiers aménagés peuvent nuire aux plantes restantes. Le broutement par les cerfs et d’autres animaux sauvages peut aussi avoir un impact sur les plantes.

Le développement du tourisme dans la région de Niagara a nui à la population d’airelles à longues étamines. Bien qu’on pense qu’il existait plusieurs plantes dans la région de Niagara auparavant, un seul massif subsiste encore aujourd’hui.

Pourquoi protéger l’airelle à longues étamines?

L’airelle à longues étamines fait partie d’un écosystème unique et sain et contribue à la biodiversité générale au Canada. Dans l’écosystème des Mille-Îles, on trouve l’airelle à longues étamines en association avec d’autres espèces peu communes au Canada comme le pin rigide (Pinus rigida).

Il importe de protéger et de rétablir les populations d’airelles à longues étamines afin d’assurer l’existence d’un environnement sain pour les générations à venir.

Gros plan des fleurs d’airelles à longues étamines.
Des grappes de fleurs blanches pendent à partir de longues tiges fines au début de l’été.

Il existe aussi des différences génétiques entre l’airelle à longues étamines présente au Canada et celle qu’on trouve dans des régions plus tempérées des États-Unis. Vivant à l’extrémité septentrionale de son aire de distribution et isolée des autres populations, l’airelle à longues étamines présente au Canada a dû s’adapter à un climat plus rigoureux et à une plus grande compétition que dans d’autres populations. Cette situation a donné naissance au Canada à des populations d’airelles à longues étamines uniques et dont la sauvegarde revêt une grande valeur.

L’airelle à longues étamines joue un rôle écologique important là où elle se trouve. Le fruit de l’airelle à longues étamines est une source d’alimentation pour divers oiseaux et ses fleurs sont une source de nectar pour diverses abeilles.

Que fait Parcs Canada pour sauver l’airelle à longues étamines?

Parcs Canada dispose de cinq mécanismes pour contribuer au rétablissement des populations d’airelles à longues étamines au Canada : introduction de semis, surveillance des plantes, protection, sensibilisation et collaboration au rétablissement avec d’autres organisations.

  • Un programme de réintroduction de l’airelle à longues étamines est en cours dans le parc national des Mille-Îles. Comme on ignore si les airelles à longues étamines germent à partir de graines, le personnel du parc a établi des partenariats avec les universités afin de créer de nouveaux semis d’airelles à longues étamines en serre. Ces semis sont ensuite introduits dans des régions qui sont censées offrir un habitat similaire.
  • Le parc national des Mille-Îles surveille les plantes existantes afin d’aider à évaluer leur santé et à identifier les agresseurs. La surveillance s’effectue chaque année.
  • Le parc national des Mille-Îles sensibilise les visiteurs et les résidants de la région à l’importance de l’airelle à longues étamines et à sa fonction dans l’écosystème des Mille-Îles. Il est important que ces publics connaissent l’existence de cette plante de sorte que leur impact puisse être réduit au maximum là où il se produit.
  • Le parc national des Mille-Îles est représenté au sein de l’Équipe du rétablissement de l’airelle à longues étamines. Cette organisation qui regroupe des organismes gouvernementaux et des universités élabore et met en œuvre des plans de rétablissement et rédige des rapports d’étape à l’intention du COSEPAC.

Comment puis-je aider?

Gros plan des fleurs d’airelles à longues étamines.
Le pistil des fleurs est droit et plus long que les étamines.

Il importe que les visiteurs des parcs nationaux demeurent sur les sentiers aménagés afin d’aider à protéger les plantes vulnérables. Le fait de laisser une faible empreinte écologique sur la terre favorise la biodiversité et la durabilité. Il importe également d’être des bons intendants de notre terre. Les choix de gestion qui reposent sur des propriétés uniques peuvent avoir une incidence négative ou positive sur tout l’écosystème. En adoptant de meilleures pratiques de gestion, vous pouvez contribuer à un environnement sain.

Demeurez au fait des projets et programmes environnementaux menés dans votre région. Certains programmes peuvent vous aider à en apprendre davantage sur l’environnement qui vous entoure et ce que vous pouvez faire pour changer les choses.