Vue latérale de bélugas dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
Bélugas dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Appelé « baleine blanche », « marsouin blanc » ou « canari des mers », le béluga fascine depuis toujours. Avec sa peau blanche et son front proéminent, il est facilement reconnaissable parmi les autres mammifères marins. Le béluga du Saint-Laurent réside à l’année dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et fréquente le fjord du Saguenay en saison estivale. Ce mammifère curieux, bavard et grégaire est menacé de disparition depuis quelques décennies déjà. La principale cause du déclin de cette espèce est la chasse qui eut cours jusqu’au XXe siècle. La pollution fût et est encore une cause importante de la situation précaire du béluga du Saint-Laurent. Afin de maintenir une population viable de ce mammifère dans le Saint-Laurent, un plan de rétablissement a été mis en place. Véritable symbole environnemental au Québec, le béluga se trouve à l’origine même de la création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent!

Qu’est ce que le béluga du Saint-Laurent?

Gros plan de la tête d’un béluga.
Le béluga se distingue des autres mammifères marins par sa peau épaisse et blanche, par son front proéminent arrondi et par l’absence de nageoire dorsale.

Le béluga est un mammifère de la famille des cétacés. On le distingue par sa peau épaisse et blanche, par son front proéminent arrondi et par l’absence de nageoire dorsale. On présume que ces caractéristiques résultent d’une adaptation à l’eau glaciale de l’Arctique. Le béluga est une baleine à dents. Sa taille varie généralement entre 3 et 4 mètres. Les nouveau-nés ont en moyenne 1,5 m de longueur. Lorsqu’ils naissent, leur peau est brune ou gris ardoise. Ce n’est qu’en vieillissant que leur couleur pâlit, pour devenir blanche à l’âge adulte. L’une des particularités du béluga est qu’il possède un répertoire de sons très varié qui comprend des aboiements, des caquètements, des cliquetis, des gargouillements et bien d’autres. C’est de là que lui vient le surnom « canari des mers ».

Les bélugas, en plus de posséder un répertoire vocal impressionnant, émettent des ultrasons! L'écho qui leur revient leur permet de localiser leurs proies, de déceler les trous dans la glace ou encore, les obstacles.

Où vit le béluga du Saint-Laurent?

Les bélugas se trouvent en général dans les parties de l’Arctique et des mers subarctiques qui ne sont recouvertes de glace que de façon saisonnière. La population du Saint-Laurent est la plus au sud de la planète. En été, le béluga du Saint-Laurent fréquente principalement l’estuaire du Saint-Laurent et le fjord du Saguenay où il trouve de la nourriture en abondance. En hiver, il habite plutôt le golfe du Saint-Laurent.

Quel est le statut du béluga du St-Laurent?

Groupe de bélugas
Les bélugas vivent en groupe. Quelques recherches ont permis d’observer leurs comportements sociaux. Ainsi, nous savons que les femelles se regroupent avec les jeunes. Alors que les mâles se nourrissent, se reposent et jouent entre eux.

Depuis mai 2004, la population de bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent est considérée comme menacée par le Comité sur le statut des espèces en péril du Canada (COSEPAC). C’est-à-dire que sa situation est considérée précaire et qu’il faut prendre des mesures pour assurer sa survie. Le béluga du Saint-Laurent est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement du Canada. Ailleurs au Canada, il existe d’autres populations de bélugas. Certaines sont en voie de disparition.

Pourquoi est-il en danger?

Le béluga du Saint-Laurent a longtemps été l’une des cibles préférées des chasseurs européens et nord-américains. La chasse, particulièrement intense entre les années 1880 et 1950, est la principale cause du déclin de la population du Saint-Laurent. Malgré l’arrêt de la chasse en 1979, plusieurs facteurs contribuent encore à la diminution de cette population et limitent toujours son rétablissement. La pollution liée à l’industrialisation et l’urbanisation du Saint-Laurent, de la rivière Saguenay et de leurs tributaires est intimement liée à la santé de cette espèce. L’habitat du béluga contient encore de fortes concentrations de contaminants qui s’accumulent dans le gras de ces animaux et que la mère transmet à ces petits. La petite taille de la population rend aussi l’espèce plus vulnérable aux problèmes génétiques, aux cancers et à d’autres maladies. Aujourd’hui, en plus des problèmes mentionnés, d’autres facteurs nuisent au rétablissement du béluga du Saint-Laurent. Principalement, il s’agit du dérangement lié au trafic maritime et aux activités d’observation en mer, des collisions avec des embarcations et les changements climatiques.

Pourquoi protéger le béluga du Saint-Laurent?

Bélugas de la population de l’estuaire du Saint-Laurent
Les bélugas sont facilement reconnaissables à leur peau blanche.

Toutes les espèces, du minuscule phytoplancton à la gigantesque baleine bleue, sont liées. La disparition d’une d’entre elles aura un impact sur toutes les autres. N’oublions pas que nous, humains, faisons aussi partie de cette grande chaîne et que, par conséquent, l’extinction de certaines espèces aura des impacts à long terme sur notre environnement, bien sûr, mais aussi sur notre économie et notre culture.

La population de bélugas du Saint-Laurent est, de toutes les populations de cette espèce, celle qui réside le plus au sud sur la planète. Sa présence contribue d’une façon fort visible à la diversité écologique de l’estuaire. D’ailleurs, depuis l’arrivée des premiers explorateurs, le béluga est intimement associé à cette section du fleuve où on venait entre autres pour le chasser. Depuis les années 1980, les bélugas ne sont plus chassés, mais leur présence, ainsi que celle de quelques autres espèces de mammifères marins, a contribué à l’essor de la région en tant que destination touristique de choix.

Par le passé, la situation du béluga du Saint-Laurent a soulevé les passions et inspiré de nombreuses actions de conservation. Il est devenu un symbole de la fragilité de la nature et de l’importance de poser des actions pour protéger l’environnement. Continuons d’agir afin d’offrir au béluga du Saint-Laurent un avenir digne de ce qu’il représente.

Que fait Parcs Canada pour sauver le béluga du Saint-Laurent?

Mesures de rétablissement

Au début des années 1990, plusieurs intervenants se sont rencontrés pour élaborer un plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent. Depuis la publication de ce plan en 1995, plusieurs actions ont été réalisées pour venir en aide à la population de bélugas. La plus importante est sans contredit la création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Celui-ci, géré de façon conjointe par Parcs Canada et Parcs Québec, permet de protéger une partie de l’écosystème dans lequel le béluga du Saint-Laurent passe toute sa vie.

La création du Règlement sur les activités d’observation en mer est aussi une des mesures les plus importantes mises en place pour favoriser le rétablissement de la population de béluga du Saint-Laurent. Ce règlement, élaboré en collaboration avec les gens qui pratiquent des activités dans les eaux du parc marin, donne des balises à l’observation des mammifères marins. L’objectif principal d’une telle réglementation est de réduire le dérangement causé par les activités humaines. Depuis l’instauration de ce règlement en 2002, il est interdit d’approcher un béluga ou un rorqual bleu à moins de 400 mètres, quel que soit le type d’embarcation ou l’activité nautique pratiquée.

Recherche et surveillance

Plusieurs projets de recherche et de suivi ont été réalisés par le passé et d’autres se poursuivent encore aujourd’hui. Parcs Canada participe toujours à ces projets en collaboration avec d’autres ministères et organismes non gouvernementaux impliqués sur le territoire du parc marin. Les recherches concernant les bélugas visent principalement à connaître l’évolution de la taille de la population, sa composition, l’utilisation de l’habitat et l’impact des activités humaines.

Sensibilisation du public

Dans l’aire de coordination du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, plusieurs opportunités s’offrent aux visiteurs qui désirent en apprendre davantage sur les bélugas du Saint-Laurent. Parcs Canada et ses partenaires offrent aux visiteurs des centres d’interprétation, des panneaux installés sur les quais et les sentiers riverains, de l’interprétation personnalisée et des présentations théâtrales. Trois sites aménagés pour l’observation des mammifères marins à partir de la rive sont aussi accessibles. Sur ces sites, en plus de pouvoir observer les comportements naturels de ces animaux, les visiteurs pourront profiter de la présence de naturalistes pouvant répondre à toutes leurs questions.

Collaboration avec des partenaires

Que ce soit pour la recherche, le rétablissement des espèces ou l’interprétation, le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent travaille toujours en collaboration avec différents partenaires tant gouvernementaux que non gouvernementaux. Pêches et Océans Canada, Environnement Canada, Parcs Québec, l’Institut Maurice-Lamontage, le groupe de recherche sur l’éducation et les mammifères marins (GREMM), Explos-Nature, les comités de zones d’intervention prioritaire (comités ZIP) et plusieurs autres comptent parmi les plus impliqués dans la recherche et l’interprétation de cette thématique au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Que puis-je faire?

Les bélugas, en plus de posséder un répertoire vocal impressionnant, émettent des ultrasons! L'échqui leur revient leur permet de localiser leurs proies, de déceler les trous dans la glace ou encore, les obstacles.

Gros plan du dos d’un béluga.
Le béluga ne possède pas de nageoire dorsale, mais bien une bosse sur son dos, appelée crête. Elle sert parfois à casser la glace qui couvre l'eau, lorsqu'il doit respirer.
  • Adoptez des comportements respectueux envers les bélugas lorsque vous les observez, que vous soyez sur le territoire du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent ou ailleurs sur le Saint-Laurent. Observez-les de la terre ferme, vous éviterez alors de les déranger. Si vous préférez participer à une excursion d’observation en mer, optez pour une compagnie de croisière qui respecte le règlement sur l’observation des mammifères marins.
  • Soyez curieux. Apprenez-en davantage sur le béluga et partagez vos connaissances à propos de cette espèce en péril avec votre entourage. Visitez l’exposition sur le béluga présentée au pavillon de la baie Sainte-Marguerite dans le parc du Saguenay. Rencontrez les guides interprètes du site d’interprétation et d’observation de Pointe-Noire.
  • En tout temps et particulièrement lors de votre passage au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, jetez vos déchets aux endroits appropriés. En pique-nique, favorisez des contenants et des ustensiles réutilisables. Trop souvent, sacs et pellicules de plastique, contenants de jus et autres déchets s’envolent et finissent par se retrouver à l’eau ù ils pollueront l’environnement pendant des décennies, voire des siècles.
  • Adoptez des habitudes quotidiennes respectueuses de l’environnement. Votre utilisation de l’eau a un impact sur la santé du fleuve : économisez-la et utilisez des produits nettoyants écologiques!
  • Votre municipalité a-t-elle un système d’égout qui traite efficacement les eaux usées avant de les rejeter dans les rivières? Sinon, n’hésitez pas à faire part de vos préoccupations à ce propos aux élus de votre ville et de votre région.