L’haliotide pie est un mollusque marin dont la chair a une grande valeur commerciale, car elle est considérée comme un mets gastronomique. À cause de la surexploitation par la pêche commerciale et le braconnage, elle se trouve maintenant sur la liste des espèces menacées. Parcs Canada, la nation Haïda et d’autres partenaires s’impliquent dans les actions de rétablissement de cette espèce.

Qu’est ce qu’est l’haliotide Pie?

Gros plan d’une haliotide pie sur fond marin.
L’haliotide peut vivre jusqu’à 50 ans. Elle passe sa vie dans un rayon d’au plus quelques centaines de mètres.

L’haliotide pie est la seule espèce d’invertébré dont la pêche est totalement interdite en Colombie-Britannique, mais le braconnage continue car sa valeur commerciale reste élevé dans le monde entier.

L’haliotide pie est un escargot marin dont la coquille est ovale et plate, marbrée de couleurs rougeâtres ou verdâtres et tachetées de blanc ou de bleu. Elle est souvent camouflée par les algues qui poussent sur sa coquille. C’est la plus petite haliotide vivant sur la côte du Pacifique : elle ne mesure que 16,5 cm.

Où se trouve l’haliotide Pie?

La réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas
La réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas.

L’haliotide pie vit plus au nord que toute autre haliotide, c’est-à-dire partout dans le Nord-Est de l’océan Pacifique, de la Californie à l’Alaska. C’est la seule haliotide que l’on trouve communément en Colombie-Britannique, entre autres dans les eaux de la réserve d’aire marine nationale de conservation proposée attenante à la réserve de parc national et site patrimonial haïda Gwaii Haanas. Les haliotides adultes se trouvent habituellement à moins de 10 mètres de la surface. C’est là qu’elles se nourrissent d’algues, dont le varech, leur nourriture favorite.

Quel est le statut de l’haliotide Pie ?

L’haliotide pie fut le premier invertébré marin à figurer sur la liste des animaux en péril du COSEPAC. Elle a été déclarée espèce menacée en avril 1999.

Pourquoi l’haliotide pie est-elle en danger ?

Gros plan d’une haliotide pie sur fond marin
Haliotide pie.

Pendant des milliers d’années, les populations d’haliotide pie ont vécu en équilibre écologique avec leurs prédateurs naturels et les autres herbivores. Les Premières nations, comme les Haïdas, pêchaient l’haliotide pie à la main ou à la lance à des fins alimentaires, rituelles et commerciales.

Mais dans les années 1960, on a commencé à utiliser de l’équipement de plongée autonome pour faire la récolte commerciale de l’haliotide comme mets délicat gastronomique. Cela signifiait que l’haliotide pouvait être pêchée en grand nombre, et à de grandes profondeurs, partout dans son habitat.

Les haliotides adultes, qui se réunissent pour frayer, sont des cibles faciles. En conséquence, le nombre d’haliotides reproductrices a baissé considérablement et la progéniture a été moins abondante. Les populations ont commencé à diminuer.

L’haliotide pie grandit et se reproduit lentement. En fait, moins d’un pour cent de la progéniture survit aux nombreux dangers auxquels l’ormeau (haliotide juvénile) fait face avant de devenir un adulte reproducteur. Cela rend l’haliotide particulièrement vulnérable à la récolte excessive.

Malgré l’interdiction totale de récolter l’haliotide, promulguée en 1990, les populations d’haliotides pie ne se rétablissent toujours pas. Une des causes est le braconnage, encouragé par la grande demande et les prix élevés en raison de la rareté de l’haliotide, et par le fait qu’il est difficile de patrouiller dans un littoral étendu.

D’autres facteurs jouent un rôle dans l’incapacité de se rétablir des populations d’haliotides pie, notamment la pollution, la prédation, les modifications de l’environnement et leur rythme de reproduction lent.

Pourquoi protéger l’haliotide pie ?

Il reste encore beaucoup à apprendre sur l’environnement marin, sur les relations qu’ont entre-elles les créatures qui y vivent et sur le rôle que l’être humain y joue. Nous savons toutefois qu’un écosystème marin en santé est constitué de plusieurs éléments. L’haliotide pie est un d’un de ces éléments.

Que fait Parcs Canada pour sauver l’haliotide pie?

Gros plan d’une haliotide pie dans une crevasse
Haliotide pie.

La participation de la collectivité est essentielle au succès du rétablissement des populations d’haliotides pie dans les environs de Haïda Gwaii (archipel de la Reine-Charlotte).

La réserve de parc national et site patrimonial Haïda Gwaii Haanas participe au programme d’intendance des haliotides de Haïda Gwaii (Haida Gwaii Abalone Stewardship Program). Ce partenariat unique axé sur la collectivité a été mis en place par le programme de pêcheries Haïda (Haida Fisheries Program) du conseil de la nation Haïda (Council of the Haida Nation) et rassemble actuellement les partenaires suivants :

  • la société de conservation de la baie de Laskeek (Laskeek Bay Conservation Society);
  • l’association du groupe des ressources marines de Haïda Gwaii (Haida Gwaii Marine Resources Group Association);
  • le conseil de bande de Skidegate;
  • le Fonds mondial pour la nature – Canada;
  • Pêches et Océans Canada (P & O);
  • Environnement Canada;
  • le Centre d’écologie faunique (Centre for Wildlife Ecology) de l'Université Simon Fraser;
  • Parcs Canada.

Le partenariat a pour objectifs de sensibiliser davantage le public, de promouvoir l’intendance par l’éducation et l’information, de mettre en oeuvre et de surveiller les programmes de rétablissement, et de donner de l’information en retour à la collectivité de Haïda Gwaii. Le but est de redonner aux populations d’haliotides un niveau d’autonomie qui leur permettrait de supporter la récolte locale à des fins alimentaires.

Depuis 2000, ce partenariat dynamique a permis d’atteindre différents objectifs, notamment :

  • la création d’un Plan d’action communautaire commun résumant les stratégies de rétablissement des populations d’haliotides;
  • la conception et la mise en œuvre d’un programme éducatif sur la conservation de l’haliotide pour les écoles locales;
  • l’installation de plus de 50 habitats artificiels propices aux haliotides, à des fins de surveillance;
  • la création de 20 sites de surveillance à long terme où on a posé une étiquette sur plus de 3000 haliotides pour déterminer leur croissance et leur taux de survie naturelle;
  • la formation d’un réseau local de surveillance et de mise en application appelé « Coastwatch/Abalone Watch », réunissant les employés de Parcs Canada, les gardiens des Pêcheries Haïda, la Gendarmerie Royale du Canada, les agents des pêches de Pêches et Océans Canada, les membres de la collectivité, les exploitants d'entreprises touristiques et les pêcheurs.

Le temps et une surveillance continue des populations révéleront le succès de ce partenariat unique axé sur la collectivité. Comme nous en savons si peu sur l’haliotide pie, toute information sur son mode de vie améliorera notre compréhension de l’espèce et, espérons-le, nos efforts pour rétablir sa population.

Comment puis-je aider?

Les gardiens de Haida Gwaii; ils protégent le patrimoine culturel et naturel de Gwaii Haanas.
La réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas.
  • Si vous entendez parler ou êtes témoin d’actes de braconnage, notez vos observations et communiquez-les aux agents du programme Abalone Watch au 1 800 465-4336. Rappelez-vous que chaque information est importante.
  • Appuyez les programmes d’éducation, de recherche et de rétablissement de l’haliotide pie.
  • Au restaurant, si vous apercevez l’haliotide au menu, renseignez-vous sur sa provenance. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud pratiquent la pêche commerciale de l’haliotide.
  • À l’épicerie ou au restaurant, devenez un consommateur averti en faisant des choix qui appuient seulement les pêches durables.