Qu'est-ce que la batramie de Haller?

Les mousses sont des plantes vertes qui forment souvent un tapis ras et dense dans des endroits humides et ombragés, comme à la base des troncs d'arbres, sur des roches, sur des billots ou au sol. Elles n'ont pas de vraies racines pour absorber les éléments nutritifs et l'eau. À la place, leur tige est couverte de minuscules feuilles qui absorbent l'eau et les éléments nutritifs comme une éponge. Les mousses ne produisent pas de fleurs ni de graines : elles se reproduisent à l'aide de spores.

La batramie de Haller
La batramie de Haller

Les mousses ont un cycle vital comportant deux stades. Le premier est le stade gamétophyte (plante produisant des gamètes - cellules reproductrices mâles et femelles). Il s'agit d'une vraie plante verte à feuilles. Les gamètes mâles et femelles de cette plante produisent le deuxième stade, le sporophyte (plante produisant des spores). Cette plante est formée d'une mince tige supportant une capsule remplie de spores. Lorsque les spores sont à maturité, la capsule s'ouvre pour les laisser s'échapper et elles se dispersent pour donner naissance à de nouveaux gamétophytes.

La batramie de Haller ( Bartramia halleriana ) est une mousse de taille petite à moyenne (4 à 14 cm de hauteur) et sa couleur passe du vert au jaunâtre ou au vert brunâtre. C'est une plante monoïque, chaque plant portant à la fois des structures produisant des gamètes mâles et celles produisant des gamètes femelles. Au Canada, cette espèce produit fréquemment des spores en abondance.

La batramie de Haller croît sur des saillies rocheuses, des crevasses ombragées et boisées de falaises, au bas de surplombs ainsi qu'aux endroits présentant des glissements de la roche-mère acide, dans des zones montagneuses de faible altitude. Dans les montagnes de l'Ouest du Canada, on trouve de vastes régions comportant des habitats apparemment propices pour cette espèce, mais celle-ci n'a été observée que dans quelques endroits. Cela laisse supposer que d'autres facteurs que la qualité de l'habitat peuvent limiter sa répartition.

Où la batramie de Haller vit-elle?

En Amérique du Nord, la batramie de Haller croît uniquement dans l'Ouest du Canada. Un emplacement en Alberta (parc national Jasper) et deux emplacements dans l'Est de la Colombie-Britannique (juste à l'ouest du parc national Jasper) sont actuellement connus. Elle aurait également été observée en 1826 à Wood River, en Colombie-Britannique, par un botaniste qui se déplaçait avec des « voyageurs » (assurant la liaison entre les postes de traite). Cette espèce n'a pas été retrouvée dans ce secteur depuis.

En dehors de l'Amérique du Nord, la batramie de Haller croît en Europe, en Asie, dans la partie sud de l'Amérique du Sud, à Hawaï, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Quelle est la situation de la batramie de Haller?

Au Canada, la batramie de Haller a été désignée menacée par le COSEPAC et est protégée par la Loi sur les espèces en péril . Elle a été désignée ainsi en raison du nombre restreint d'emplacements et de la petite taille des populations. L'Alberta l'a classée au niveau de préoccupation le plus élevé (S1). Il n'existe pas de classement pour les mousses en Colombie-Britannique, mais cette espèce y serait sans doute également classée au niveau de préoccupation le plus élevé. Dans le reste du monde, la batramie de Haller n'est pas une espèce en péril.

En quoi la batramie de Haller est-elle particulière?

Thomas Drummond a été le premier à découvrir la batramie de Haller au Canada en 1826, alors qu'il étudiait les plantes et les animaux des Rocheuses.

Dans le cas des mousses, il peut être difficile de définir ce qu'est un « individu » parce qu'une seule touffe peut se composer de nombreuses pousses, qui proviennent d'une seule spore et qui sont génétiquement identiques. Nous considérons donc que chaque touffe de mousse constitue un individu distinct.

La batramie de Haller est désignée en péril parce qu'il n'existe que trois petites populations au Canada. Les derniers relevés effectués dans deux des sites faisaient état de 130 individus (touffes) couvrant une superficie totale de 116 centimètres carrés. La population canadienne totale est estimée à moins de 250 individus.

Pourquoi la batramie de Haller est-elle en danger?

Les biologistes de la conservation ont découvert que les espèces formant de petites populations sont particulièrement vulnérables à la disparition locale. La batramie de Haller n'est présente qu'à trois endroits de superficie restreinte. Il semble n'exister qu'un nombre restreint d'habitats véritablement propices. Le moindre bouleversement, comme le développement, les feux ou le piétinement, peut menacer ces petites populations et ces habitats propices.

Un feu de forêt
Un feu de forêt

Les petites populations sont également très vulnérables parce que la taille des populations fluctue en fonction des conditions météorologiques, par exemple, ainsi que des problèmes génétiques découlant du fait que l'espèce ne peut se reproduire qu'au sein d'une population de petite taille.

Il est possible que la batramie de Haller soit rare parce qu'elle fait concurrence à d'autres espèces pour la lumière, l'eau et les nutriments. Elle est fréquemment observée à proximité d'une mousse étroitement apparentée, la batramie commune ( Bartramia pomiformis ), qui est beaucoup plus abondante et répandue. La compétition que la batramie commune exerce sur la batramie de Haller est susceptible de limiter la taille de la population et la répartition de cette dernière, mais cette hypothèse ne peut être vérifiée que par une étude approfondie.

Que fait Parcs Canada pour sauver la batramie de Haller?

Pour protéger la batramie de Haller, Parcs Canada participe activement à l'élaboration de mesures de rétablissement, à la promotion de la recherche, à l'éducation populaire et à la création de partenariats.

Recherche et rétablissement

L'équipe de rétablissement de la batramie de Haller, dirigée par Parcs Canada, est à préparer une stratégie de rétablissement et un plan d'action pour cette espèce. Les activités de recherche et de rétablissement prévues comprennent :

  • assurer la protection des trois sites actuellement connus;  
  • concevoir un modèle d'habitat propice pour orienter les relevés supplémentaires dans l'Est de la Colombie-Britannique et dans la partie adjacente de l'Alberta;  
  • surveiller les tendances des populations;  
  • mener des recherches sur l'interaction entre la batramie de Haller et la batramie commune.

Information du public

Maintenant qu'on en connaît davantage sur la biologie et la répartition de la batramie de Haller, les interprètes, les chercheurs et les membres de l'équipe de rétablissement de Parcs Canada peuvent faire valoir l'importance de cette mousse particulière et ses besoins, notamment par le biais de programmes, de brochures, de panneaux d'interprétation, de sites Web, etc.

Travailler en partenariat

Le personnel de Parcs Canada, en particulier du parc national Jasper et du Bureau national, travaille avec divers représentants au sein de l'équipe de rétablissement de la batramie de Haller, notamment :

  • le ministère de la Protection des eaux, des terres et de l'air de la Colombie-Britannique; 
  • le jardin botanique Devonian de l'Université de l'Alberta.

Que puis-je faire?

Si vous visitez le parc national du Canada Jasper :

  • demeurez sur les sentiers balisés pour éviter de piétiner cette plante vulnérable;  
  • participez aux programmes et aux activités d'interprétation du parc pour en apprendre davantage sur la batramie de Haller et sur la façon de faire votre part.

Si vous êtes à l'extérieur de Jasper :

  • essayez de ne pas perturber les habitats vulnérables où la batramie de Haller est susceptible de croître.