Franchissez une porte vers le passé. À Port-Royal, vous serez plongés dans l’histoire fascinante d’une des premières colonies françaises et des courageux explorateurs qui y ont vécu et rêvé...

Bienvenue à l’Habitation!

Une famille à l'Habitation
 

Un peu d’orientation pour commencer. En arrivant sur les lieux, vous verrez, au premier plan, le terrain de stationnement puis, juste derrière, le bâtiment en briques où se trouvent les toilettes. Le terrain de pique nique se trouve sur la gauche et l’Habitation à environ 150 mètres (500 pieds) à l’ouest du terrain de stationnement.

Pour arriver au poste d'entrée prendre le sentier qui se trouve à droite des toilettes. En vous promenant parmi les arbres qui entourent le bâtiment des toilettes, imaginez la forêt qui devait se trouver là au début du 17e siècle.

Le monument qui honneur Membertou Le monument qui honneur Membertou
© Parcs Canada/A. Rierden

Le monument

Au départ du sentier se trouve le monument érigé en l’honneur de Membertou, un des grands chefs mi’kmaq. Membertou était le chef de la région de Port-Royal à l’époque où les Français ont construit l’Habitation. Avec ses sujets, il a aidé les Français à s’adapter à l’Acadie et à y survivre. Le monument a été érigé en 1985, à l’occasion du 375e anniversaire du baptême de Membertou et de sa famille qui s’étaient convertis au catholicisme en 1610.

La grande croix en bois que vous voyez à gauche du chemin marque l’existence et l’un des emplacements possibles du cimetière de l’Habitation de Port-Royal. Des documents d’archives indiquent que Membertou a été enterré au cimetière de Port-Royal. Rendons nous maintenant à l’Habitation. 

Les armoiries Les armoiries
© Parcs Canada/C. Reardon

L'entrée

À l’entrée, vous remarquerez, peintes sur l’écusson situé au dessus de la porte, les armoiries d’Henri IV, roi de France à l’époque de la construction de l’Habitation, en 1605. S’y trouvent également les armoiries des deux gouverneurs, le sieur de Mons et le sieur de Poutrincourt.

 


 

La cour La cour

La cour 

 À l’intérieur, vous découvrirez une cour entourée de plusieurs bâtiments indépendants où les habitants vivaient et travaillaient, ainsi qu’un puits au centre. Les toits pentus à pans coupés sont représentatifs de l’architecture normande de l’époque. Les grandes cheminées en pierres des champs aspiraient la fumée des foyers.

 

 

Oeil-de-boeuf, logis des gentilshommes Fenêtre avec « œil de bœuf »
© Parcs Canada/S. MacKenzie

Le logis des gentilshommes

Dans le logis des gentilshommes, vous verrez des peintures de Charles W. Jeffreys (PhD), célèbre artiste et historien canadien, illustrant la vie à l’Habitation de Port-Royal. Dans l’une des fenêtres, se trouve une pièce de verre de forme bizarre, ressemblant étrangement au fond d’une bouteille de boisson gazeuse d’aujourd’hui. Cet « œil de bœuf » est la pièce centrale d’une feuille de verre filé, trop précieux à l’époque pour être gaspillé. Ce type de verre est aujourd’hui très recherché. Accrochée au mur, une copie du plan et de la carte de Champlain permet de situer les lieux et de voir à quoi ils ressemblent.

L forge La forge
© Parcs Canada/A. Rierden

Le forge

Le forgeron fabriquait les pièces de quincaillerie nécessaires à la construction et à l’entretien de l’Habitation. Si nécessaire, il pouvait aussi fabriquer des objets à échanger avec les Mi’kmaq. Il contribuait directement au bien être financier de l’établissement et était payé généreusement. Les grands soufflets produisaient l’oxygène nécessaire à l’entretien du feu dans la forge. Bon nombre des outils exposés dans ce local datent du début du 17e siècle. Le verre coûtait cher à l’époque; c’est pourquoi les fenêtres de la plupart des espaces de travail sont recouvertes de peaux d’animaux débarrassées de leur fourrure et traitées à l’huile en guise de carreaux. Un sol en gravier empêche les étincelles de mettre le feu au plancher. La meule qui se trouve dans le coin était actionnée au pied et servait à affûter les outils. Quand l’Habitation était occupée, dans les années 1600, les objets en métal pour la traite et les pièces de quincaillerie utilisées dans les bâtiments étaient fabriqués ici avec du fer apporté de France.

La cuisine La cuisine
© Parcs Canada/A. Rierden

La cuisine

Imaginez vous, devant la cheminée, en train de faire cuire un rôti d’orignal à la broche. Ici, vous pouvez voir des murs construits à l’aide de la technique de colombages et un grand foyer où les colons préparaient les repas. Avez vous entendu parler de l’Ordre de bon temps? Allons à la salle commune pour savoir de quoi il s’agit.

 

 

 

 

La salle commune La salle commune
© Parcs Canada/A. Rierden

La salle commune

En entrant dans la salle commune, vous remarquerez les énormes poutres en bois qui forment la charpente. La technique d’assemblage par mortaises et tenons était utilisée pour construire la charpente de l’Habitation. Les grandes tables en bois, bien dressées avec des couverts en étain, laissent penser qu’on mangeait bien et qu’on buvait bien en ces murs. Samuel de Champlain avait créé un club social appelé l’Ordre de bon temps pour procurer aux hommes de Port Royal une alimentation adéquate ainsi qu’une source d’activité et de divertissement, afin de les aider à passer les longues soirées d’hiver. Des plats raffinés comme des queues de castor fricassées et du museau d’orignal bouilli figuraient couramment au menu.

Les Artisans Les Artisans
© Parcs Canada

Les artisans

De nombreux ouvriers spécialisés ont participé à la construction de l’Habitation : menuisiers, charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, serruriers, forgerons et scieurs de bois étaient du nombre des artisans présents dans l’Habitation. Tenus de travailler dans leur domaine trois heures par jour, ces hommes étaient libres ensuite de faire ce qu’ils voulaient : chasser, cultiver leurs jardins ou pêcher des moules. Le tour à perche actionné à pédale qui se trouve dans la salle adjacente à la salle commune servait à tourner le bois pour fabriquer de nombreux objets comme des barreaux, des gobelets et des chandeliers. Un interprète montre comment il fonctionne.

Le dortoir des artisans Le dortoir des artisans
© Parcs Canada/A. Rierden

Le dortoir des artisans

À l’étage, des lits superposés garnis de paillasses et de couvertures en laine meublent le dortoir des artisans. Certains matelas sont sur le plancher car le dortoir était surpeuplé en été. Les malades se reposaient dans les deux espaces clos situés près de la cheminée. Que pensez vous que les hommes utilisaient comme toilettes? À l’autre bout de la salle, vous verrez un seau en bois. Et s’il vous arrive de trouver qu’il fait froid dans votre chambre, imaginez ce que ce pouvait être de dormir ici en hiver.

 
Les logements des gentilshommes Les logements des gentilshommes
© Parcs Canada/A. Rierden

Les logements des gentilshommes

 Les logements ou résidences des gentilshommes renferment des lits superposés munis de rideaux. Ils étaient faits pour accueillir de deux à quatre hommes. Chaque logement est équipé d’une cheminée, d’une table et d’une chaise, d’une garde robe et d’un grand banc à dossier. 

 

L'atelier d'apothicaire L'atelier d'apothicaire
© Parcs Canada/C. Reardon


L’atelier d’apothicaire

L’un des logements des gentilshommes appartenait à l’apothicaire. C’est là qu’il broyait, à l’aide d’un pilon et d’un mortier, les herbes qui servaient à fabriquer divers remèdes. Les Mi’kmaq ont fait découvrir aux Français de nombreux remèdes à base de plantes.

 

  

La peau d'orignal fumée et décorée La peau d'orignal fumée et décorée
© Parcs Canada

La résidence du sieur de Mons

Dans cette pièce bien meublée, on peut voir les armoiries des sieurs de Mons et Poutrincourt, ainsi que la fleur de lys, symbole des rois de France, au dessus du grand foyer. Jetez un coup d’œil à la peau d’orignal fumée et décorée. Les sages mi’kmaq portaient de telles peaux décorées et les Français admiraient tellement leur travail qu’ils les utilisaient comme décorations murales ou tapisseries.

Chapeau en feutre fait de poils de castor Chapeau en feutre fait de poils de castor
© Parcs Canada

La traite des fourrures

Le succès de la colonie du sieur de Mons était étroitement lié à celui de la traite des fourrures. L’entrepôt et la salle de traite illustrent cette activité économique. De la traite des fourrures dépendait le soutien des marchands et la survie économique de la colonie. Les chapeaux en feutre fait de poils de castor étaient très prisés en France or, la population de castors y était en baisse. Les gens se sont donc tournés vers l’Amérique du Nord. Les Mi’kmaq apportaient des peaux de castor, de rat musqué, de loutre, de renard, de loup et de raton laveur en échange de marchandises comme des haches et des couteaux en fer, des bouilloires en cuivre ou en fer, des perles et des hameçons en fer.


D’autres lieux restent à explorer : la plateforme de tir où se trouvent les canons, la palissade, la cave à vin et la poudrière. La vue magnifique sur la rivière Annapolis et sur le bassin exalte l’imagination : un voilier arrive chargé de provisions pour l’hiver à venir. Venez nous voir cette saison au lieu historique national de Port Royal. Nous nous ferons un plaisir d’ouvrir pour vous une porte sur le passé.