Ossements de baleine parmis des roches sur la grève Ossements de baleine sur la grève de Red Bay

La Station baleinière basque de Red Bay, Terre-Neuve-et-Labrador

Remontage d’une petite embarcation pour la chasse à la baleine Une chalupa basque
Sentier de randonnée sur l’île Saddle île Saddle

Date d’inscription : 2013

Justification de la valeur universelle exceptionnelle

La station de baleiniers basques de Red Bay, au Labrador, a été inscrite sur la liste des sites du patrimoine mondial par le Comité du patrimoine mondial, pour les raisons ci-dessous :

Critère (iii) : La Station baleinière basque de Red Bay offre un exemple exceptionnel de la tradition de la chasse à la baleine établie par les Basques au XVIe siècle pour la production d’huile et son commerce en Europe. Par la diversité de ses vestiges archéologiques, c’est la station baleinière de ce type la plus étendue, la mieux conservée et la plus complète.

Critère (iv) : La Station baleinière basque de Red Bay offre un ensemble pleinement intelligible d’éléments archéologiques illustrant la mise en place d’un processus proto-industriel de production quantitative d’huile de baleine, durant le XVIe siècle.

Description

Des années 1540 au début des années 1600, jusqu’à deux mille hommes et garçons basques quittent chaque année leur village, dans le Sud de la France et le Nord de l’Espagne, pour une traversée qui les mène de l’autre côté de l’Atlantique Nord, dans l’Eldorado des baleiniers. Cet endroit propice à la chasse, à plus de 4 000 kilomètres de distance, se trouve plus précisément sur la côte est du Canada, dans le détroit de Belle Isle, au Labrador, et le long de la Basse-Côte-Nord, au Québec. Avec l’appui de propriétaires de navire et de pourvoyeurs, ces hommes intrépides viennent chasser la baleine franche de l’Atlantique Nord et du Groenland. Ils transforment ensuite sur place la graisse des prises en huile, puis la mettent en tonneau, afin de la vendre en Europe. En effet, l’huile de baleine constitue un bien essentiel en forte demande sur le continent européen, car elle brûle avec plus d’intensité dans les lampes que les autres combustibles et représente un lubrifiant utile pour les produits de cuir ainsi qu’un additif commode pour la peinture, le vernis et le savon. Bien documentée, cette chasse à la baleine véritablement industrielle constitue l’un des premiers exemples de l’exploitation économique des richesses naturelles de l’Amérique du Nord par des intérêts commerciaux européens.

Des excavations archéologiques menées à terre et sous l’eau ont montré que, durant la période où la chasse à la baleine battait son plein, soit à partir des années 1580, des milliers d’hommes travaillaient à la station baleinière de Red Bay uniquement. Appelée par les Basques Butus ou Grande Baie, cette station était probablement la plus importante au monde à cette époque. Le site, fortement utilisé, révèle tous les aspects principaux de la tradition basque de la chasse à la baleine outre mer, ainsi que ses principes et techniques. (Il s’agit d’une industrie où ce peuple excellera durant trois siècles.) Parmi les découvertes figurent un réseau de plus d’une douzaine de stations sur le rivage, qui comprennent des fondoirs, où la graisse de baleine est transformée en huile dans des chaudrons de cuivre chauffés sur un foyer, des tonnelleries, des ateliers, des résidences temporaires et des quais. On trouve aussi sur place un cimetière et des tours de guet. Des artéfacts de l’époque, ainsi qu’un amas considérable d’os de baleine boréale et de baleine franche complètent la collection. Les archéologues ont aussi découvert dans le port de Red Bay lui-même des pièces de la carcasse d’un certain nombre de navires, ce qui a permis d’approfondir considérablement nos connaissances sur la technologie navale dans la péninsule ibérique au XVIe siècle. Parmi ces navires, mentionnons quatre baleinières (galions) et plusieurs embarcations plus petites servant à la chasse.

Après plusieurs décennies de prospérité, l’industrie baleinière des Basques au Canada commence à décliner vers la toute fin du XVIe siècle. Ce déclin est attribuable à de nombreux facteurs, dont l’exploitation excessive de la ressource, la découverte de nouvelles zones de chasse, les changements climatiques et l’évolution de la situation politique. La somme des connaissances acquises à Red Bay durant les nombreuses années de recherche terrestre et subaquatique a bouleversé nos connaissances sur le début de la chasse à la baleine à grande échelle outre-mer, le début de l’occupation européenne en Amérique du Nord, et plus particulièrement, le rôle joué par les Basques à cet égard.

Plus d'information

Parcs Canada :

Lieu historique national du Canada Red Bay

Commission des lieux et monuments historiques du Canada

Centre du patrimoine mondial :

Patrimoine mondial - La Station baleinière basque de Red Bay