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Récits de voyageurs

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Lieu historique national du Canada du Col Rogers

Le col Rogers

Le lieu historique national du Canada du Col Rogers est un paysage historique culturel qui témoigne des difficultés qui ont parsemé le parcours vers l’achèvement et l’utilisation du premier chemin de fer transcontinental du Canada. Situé dans l’actuel parc national des Glaciers, ce lieu historique forme un couloir dans les montagnes resserrées de la chaîne Selkirk qui ont, pendant longtemps, paru infranchissables. Perché à 1 300 m au dessus du niveau de la mer le long de parois abruptes, de gorges profondes où il tombe annuellement quelque 12 m de neige, ce col ne constituait pas une solution idéale pour le chemin de fer, mais la seule possible.

Major Albert Bowman Rogers

Albert Bowman Rogers naît le 28 mai 1829 à Orleans, au Massachusetts. En 1851, à l’âge de 22 ans, il s’inscrit à la faculté de génie de l’Université Brown. Il poursuit ses études à Yale l’année suivante et obtient un baccalauréat en génie civil en 1853. Peu après l’obtention de son diplôme, il commence à travailler temporairement comme ingénieur au canal Érié, ce qui l’amène à remplir diverses fonctions partout aux États Unis.

Un éclaireur

En 1861, le major Rogers entre au service de l’équipe technique du chemin de fer de Chicago, Milwaukee et St. Paul, où il acquiert le surnom d’éclaireur en raison de ses travaux de traçage sur le terrain. Cette reconnaissance retient l’attention de James Jerome Hill de St. Paul, membre du comité exécutif du Chemin de fer Canadien Pacifique Limitée. Ce dernier embauche le major Rogers à la fin de février 1881 et le charge de s’occuper de tous les travaux de traçage dans les montagnes pour la Compagnie, même s’il est surtout connu pour ses travaux d’arpentage dans les Prairies.

Le tracé d’une route par la chaîne Selkirk

Le major Rogers est chargé par la Compagnie de trouver un passage dans les Rocheuses et la chaîne Selkirk, deux des plus importantes chaînes de montagnes du Canada, pour construire le premier chemin de fer transcontinental d’Amérique du Nord. Au printemps 1881, il dépêche des équipes d’arpentage pour explorer les cols Howse et Kicking Horse dans les Rocheuses et il entame lui même des recherches dans la chaîne Selkirk, plus difficile d'accès. À l’aide des rapports précédents de Walter Moberly, ingénieur du gouvernement de la Colombie Britannique qui avait exploré la région en 1866, le major Rogers commence à cartographier les itinéraires possibles. Il se déplace en compagnie de son neveu et d’un groupe d’Indiens Shuswaps le long de la vieille route de Walter Moberly jusqu’au sommet de ce qui allait par la suite porter le nom de mont Avalanche. De ce sommet, le major Rogers pense voir une ouverture dans la chaîne de montagnes, mais comme il manque de vivres, il ne peut pas poursuivre ses recherches.

Détermination

Fort de la promesse que le col qui permettrait de traverser la chaîne Selkirk porterait son nom s’il parvenait à s’y rendre, le major Rogers dirige plusieurs tentatives dans les montagnes très difficiles d’accès. Le 17 juillet 1882, il met en branle une dernière expédition, suit la rivière Beaver et son affluent, la rivière Bear. Le 24 juillet, il arrive au pré qu’il avait vu du côté ouest de la chaîne, l’été précédent. Cette ouverture lui offre effectivement une route à travers la chaîne Selkirk qui, à partir de ce moment là, portera le nom de col Rogers. Le major Rogers acceptera une montre en or, un chèque de 5 000 $ et une place dans l’histoire.

L’achèvement du tracé

Le major Rogers ayant découvert le col Rogers de la chaîne Selkirk et son équipe ayant déterminé que le col Kicking Horse est l’itinéraire le plus pratique pour traverser les Rocheuses, le tracé du chemin de fer transcontinental est dorénavant achevé. En novembre 1885, les deux équipes de construction se rencontrent au col Eagle pour la pose officielle du « dernier crampon ». Le major Rogers est présent.

L’enfoncement du dernier crampon a marqué la fin des travaux de construction du chemin de fer transcontinental.
L’enfoncement du dernier crampon a marqué la fin des travaux de construction du chemin de fer transcontinental.
© Parcs Canada

La fin de la ligne

James Hill est si impressionné par le tracé trouvé par le major Rogers pour le Canadien Pacifique qu’il l’embauche comme ingénieur traceur pour son chemin de fer Great Northern. Au cours de son travail pour le compte de James Hill dans les monts Cœur d’Alene, dans l’Idaho en 1887, le major Rogers se blesse grièvement en tombant de cheval. Il décède deux ans plus tard des suites de ses blessures et d’un cancer à l’estomac qu’il a développé pendant qu’il se rétablissait de ses blessures.

Le saviez-vous?

Le saviez-vous?

Le major Rogers a servi dans la cavalerie américaine et en 1862, il a reçu son titre de major du gouverneur du Minnesota, au cours du soulèvement des Sioux Dakota.

Le saviez-vous?

Walter Moberly pensait que le col Rogers aurait dû s’appeler le col Perry parce que son adjoint, Albert Perry, avait décrit les abords du col que le major Rogers a utilisés pour découvrir la route qui allait porter son nom. Albert Perry a dû se contenter qu’une rivière porte son nom.

Sources

Burton, Pierre, « Dictionnaire biographique du Canada en ligne », http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?BioId=39928&PHPSESSID=aegh7535jis1u7grnacp2p8au2, droit d’auteur, Université de Toronto, 2000

« Énoncé d’intégrité commémorative du lieu historique national du Canada du Col Rogers », Parcs Canada, 1998

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