Parcs Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Lieux historiques nationaux dans les parcs nationaux des montagnes

Père Adrien-Gabriel Morice - Personne d'importance historique nationale

L'église catholique Our Lady of Good Hope à Fort St. James en Colombie-Britannique L'église catholique Our Lady of Good Hope à Fort St. James en Colombie-Britannique

Adrien Gabriel Morice a été désigné personne d'importance historique nationale en 1948 pour son travail de missionnaire de même que pour la création d'un système d'écriture de la langue dakelh.

Père missionnaire

Né dans le département de la Mayenne, en France, le 27 août 1859, Adrien Gabriel Morice eut très tôt l'idée de se faire missionnaire et explorateur dans le Nord-Ouest canadien. Il entra dans l'ordre des Oblats en 1879 et quitta la France peu de temps après, à l'âge de 21 ans. Il arriva en Colombie-Britannique en 1880 et amorça sa vocation de missionnaire à Williams Lake, à l'école St. Joseph. Il y étudia le chilcotin et, avec l'aide d'un élève, entreprit d'apprendre la langue dakelh.

En 1882, il fut ordonné prêtre et, en 1885, il partit travailler à la mission du lac Stuart, à Fort St. James.

Interaction avec les Amérindiens

Dans la région que Simon Fraser avait nommé Nouvelle-Calédonie, plus de 10 000 Amérindiens parlaient un dialecte athapascan, la principale langue dakelh.

Morice, qui maîtrisait cette langue populaire, se mit à la création d'une forme écrite en faisant une adaptation du syllabaire cri. Il fut le premier à distinguer les sons de la langue athapascane et à les transcrire avec précision. Au cours de la période qu'il passa à la mission du lac Stuart, il composa un syllabaire, un dictionnaire et une grammaire de la langue dakelh. De plus, il accomplit ses fonctions de missionnaire et traduisit des catéchèses, des hymnes et des prières en athapascan. Il publia également le journal bimensuel dakelh de 1891 à 1894, le Dustl'us Nawhulnuk.

Transfert

En 1904, le père Morice fut retiré de Fort St. James par l'évêque en raison de plaintes de la part de la Compagnie de la Baie d'Hudson et des difficultés personnelles qu'il avait avec d'autres missionnaires. Il fut transféré à Winnipeg, où il étudia jusqu'à sa mort. Il continua d'écrire sur la langue et la culture dakelhs et sur des thèmes généraux se rapportant à l'athapascan. Il rédigea également l'histoire de l'église catholique romaine dans l'Ouest canadien de même que celle des Français et des Métis de l'Ouest.

Louis-Billy Prince

Descendant de Kw'eh, un grand chef Dakelh, Louis-Billy Prince entretint une correspondance avec le père Morice pendant de nombreuses années après le départ de ce dernier de Fort St. James. Les deux hommes s'écrivaient en athapascan, et Louis-Billy Prince répondait aux questions du père Morice sur la culture dakelh. Ils s'écrivirent jusqu'à ce que Prince n'en fut plus capable. Ce fut Lizette Hall, sa fille, qui transcrivit ensuite les lettres que son père lui dictait. Malheureusement, Mlle Hall, qui ne connaissait pas le syllabaire athapascan, poursuivit la correspondance en anglais.

Évolution de l'athapascan

La forme écrite de l'athapascan établie par le père Morice fut d'usage jusqu'en 1920 environ, année où la langue dakelh fut bannie des écoles de la région. La version écrite de la langue évolua rapidement pour devenir une forme non normalisée de l'alphabet latin, effaçant du coup les distinctions que le syllabaire du père Morice avait capturées dans les moindres détails. La transition se fit rapidement, comme en témoigne la perte du syllabaire athapascan entre la génération de Louis-Billy Prince et celle de sa fille.

Dans les années 1960, le comité linguistique des Porteurs de Fort St. James composa une forme normalisée de l'alphabet latin pour capturer la langue. C'est la forme la plus couramment utilisée aujourd'hui, bien que l'on reconnaisse encore souvent la plus grande authenticité culturelle du syllabaire du père Morice.

Sur les traces de Morice

Aujourd'hui, les visiteurs peuvent encore découvrir les lieux occupés par le père Morice dans la collectivité de Fort St. James, en Colombie-Britannique. Sur Lakeview Drive, non loin du lieu historique national du Fort-St. James, se dresse l'église catholique Our Lady of Good Hope. Ce charmant bâtiment, qui a été achevé en 1873, est aujourd'hui l'une des plus vieilles églises du Centre-Nord de la province. L'église est ouverte aux visiteurs pour quelques services pendant les mois d'été. Pour faire une visite guidée de l'intérieur, il faut prendre des dispositions au préalable auprès d'une société sans but lucratif. Près de l'église se trouve l'imprimerie, un petit atelier où le père Morice créa les premiers dictionnaires syllabiques dans la langue dakelh. Pour en savoir davantage, veuillez communiquer avec le lieu historique national du Fort-St. James.

Le saviez-vous?

La rivière Morice, le lac Morice et la ville Moricetown, dans le nord de la Colombie-Britannique, sont tous nommés en l'honneur du père Adrien Gabriel Morice.

Le saviez-vous?

Peu de temps après que le père Morice a composé le syllabaire athapascan, un long message a été rédigé sur le mur de la prison de Richfield, située à l'extérieur de Barkerville, à 80 km à l'est de Quesnel. C'est le premier document connu rédigé dans la langue dakelh.

Sources:

The Canadian Encyclopedia, Père Adrien Gabriel Morice