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Lieux historiques nationaux dans les parcs nationaux des montagnes

Événement d'importance historique nationale

L’expédition Palliser

L’expédition Palliser, dirigée par le capitaine John Palliser de 1857 à 1860, fut une mission d’exploration scientifique de l’Amérique du Nord britannique.

Capitaine John Palliser

John Palliser, jeune sportif et aventurier irlandais, fit sa première expédition de chasse en Amérique du Nord en 1847. Il écrivit pendant cette expédition Solitary Rambles and Adventures of a Hunter in the Prairies, qu’il publia en 1853. Élu membre de la Royal Geographical Society en novembre 1856, il se tourna vers elle pour faire financer d’autres voyages. Dans les mois qui suivirent sa candidature, il présenta une proposition pour explorer un vaste territoire de l’Amérique du Nord et on le convoqua à une entrevue à Londres.

Un appui financier pour l’expédition Palliser

Palliser se proposait de partir de la colonie de la rivière Rouge (aujourd’hui Winnipeg) et de traverser les Rocheuses en longeant la frontière américaine jusque-là non cartographiée. Aucun voyage de ce genre n’avait encore été entrepris dans la région, et la chance de recueillir des données scientifiques plaisait à la société. Les explorations scientifiques avaient mené à de nouvelles découvertes et à de nouvelles études dans bon nombre des régions du monde, et la société se réjouissait à l’idée de comparer les résultats obtenus.

La Royal Geographical Society présenta une demande de financement au gouvernement impérial qui, à l’époque, était incertain quant à l’avenir des territoires de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il voulut donc les faire arpenter en vue des concessions foncières et du chemin de fer qui allait être construit. Avant cette demande, le gouvernement américain avait financé des expéditions d’arpentage qui traversaient la frontière jusque dans le territoire britannique. Soucieux de resserrer sa mainmise dans l’Ouest, le gouvernement versa la somme de 5 000 livres pour financer l’expédition.

L’équipe

La Société réunit une équipe d’experts scientifiques pour rendre compte de tous les aspects du voyage. Palliser, qui savait vivre et se déplacer en milieu sauvage, fut chargé de diriger l’expédition. Le Dr James Hector fut nommé géologue et naturaliste, Eugène Bourgeau, botaniste, John W. Sullivan, secrétaire et astronome, et le lieutenant Thomas W. Blakiston, expert en observations magnétiques.

Les expéditions

Parcourant des centaines de kilomètres en terrain escarpé, le groupe gravit six cols dans la partie sud des Rocheuses, il recueillit des données sur l’astronomie, la météo, la géologie et le magnétisme, et il décrivit les paysages du pays, la faune et la flore, les habitats et les possibilités d’établissement et de transport. Le groupe étudia trois régions différentes du Nord-Ouest : du lac Supérieur jusqu’à la rivière Rouge, de la rivière Rouge jusqu’aux Rocheuses et des Rocheuses jusqu’à la côte du Pacifique.

Les hommes faisaient partie de la même expédition, mais ils voyageaient rarement ensemble. En août 1858, ils se divisèrent en quatre groupes différents. James Hector précéda les autres pour inspecter le territoire et regrouper des guides. Plus tard, il prit la tête de missions distinctes en compagnie de Bourgeau pour étudier la géologie et la botanique dans les Rocheuses. Pendant ses expéditions, il fit la découverte de deux nouveaux cols, le col Kicking Horse et le col Vermillion. Palliser et Sullivan explorèrent les prairies depuis les Rocheuses jusqu’aux collines Cypress pour déterminer le potentiel agricole de la région et cherchèrent un col facilement accessible au sud. Blakiston arpenta les deux cols connus de Kootenae (les cols Kootenay et Boundary) pour déterminer la possibilité d’y aménager un chemin de fer, et il fit le voyage en empruntant le plus possible les cours d’eau pour faire ses observations magnétiques. Une fois son travail terminé, en 1858, il quitta l’expédition en raison de désaccords avec le reste de l’équipe.

Les découvertes

Les découvertes de l’expédition furent publiées en 1859 et en 1860, et le dernier rapport volumineux paru en 1863. Ce rapport contenait toute l’information que les membres du groupe avaient recueillie au sujet de la flore et de la faune, de la météo, des coutumes et des langues des tribus indiennes et de la géologie du territoire qu’ils avaient parcouru. Les données géologiques furent approfondies par Edward Sanford, qui publia une carte exhaustive de l’endroit en 1865. Ces rapports constituèrent pendant de nombreuses années une source importante d’information au sujet du territoire qui s’étend du lac Supérieur jusqu’à la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique.

Le triangle de Palliser

L’une des grandes contributions de l’expédition Palliser fut d’identifier le prolongement en direction nord du grand désert américain, jusque dans le sud de l’Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan. L’expédition reconnut ce territoire en forme de triangle pour son climat sec, son sol sablonneux et sa vaste superficie recouverte de graminées. On lui donna le nom de triangle de Palliser; l’équipe le décrivit comme une terre peu propice à l’agriculture entourée d’une ceinture fertile idéale pour l’élevage du bétail. Faisant fi de cette mise en garde, le gouvernement fédéral vanta la région au début du XXe siècle pour son sol riche, idéal pour l’établissement d’une exploitation agricole. La sécheresse extrême qui frappa les Prairies dans les années 1930 donna par la suite raison à l’équipe de Palliser.

Le saviez-vous?

La discorde qui régnait entre les membres de l’expédition, en particulier Blakiston et Sullivan, causa toute une série de problèmes à Palliser. Blakiston finit par quitter l’expédition et, à son retour en Angleterre, il présenta son propre compte rendu de ses explorations.

Le saviez-vous?

De nombreuses années après l’expédition, Hector est revenu dans les Rocheuses depuis la Nouvelle-Zélande en compagnie de l’un de ses fils, Douglas. Malheureusement, le fils d’Hector tomba malade et fut emmené d’urgence par train jusqu’à Revelstoke, où il mourut. Le cœur brisé, Hector retourna en Nouvelle-Zélande pour ne plus jamais remettre les pieds au Canada.

Le saviez-vous?

James Hector a baptisé de nombreuses caractéristiques géographiques pendant qu’il voyageait au sein de l’expédition Palliser. Le col Goodsir de même que le sommet le plus élevé du parc national Yoho portent le nom de son professeur, John Goodsir. Le col et la rivière Kicking Horse ont été nommés d’après le cheval de James Hector qui fit une ruade pendant qu’il voyageait dans la région. Le mont Rundle a été baptisé d’après le révérend Robert Rundle, un missionnaire.

Le saviez-vous?

Les hommes qui participèrent à l’expédition Palliser explorèrent et consignèrent de nombreux aspects du monde entier. Au moment de la publication du dernier rapport de l’expédition, Palliser se trouvait dans les Antilles où il participait à une mission envoyée dans les États du sud américain aux prises avec des difficultés, Blakiston explorait le fleuve Yangzi Jiang en Chine, Bourgeau étudiait les plantes dans les monts Caucase de Russie, Hector travaillait comme géologue en Nouvelle-Zélande et Sullivan était également en Nouvelle-Zélande, où il était journaliste au Otago Times.

Texte de la plaque :

PALLISER EXPEDITION
EXPÉDITION PALLISER
1857 1860

C’est en 1857 que le capitaine John Palliser put mener à bien son projet d’exploration scientifique de l’ouest de l’Amérique du Nord britannique lorsque la Royal Geographical Society persuada le gouvernement britannique de parrainer l’expédition. Secondé par James Hector, médecin et géologue, Eugène Bourgeau, botaniste, le lieutenant Thomas W. Blakiston, R.A., expert en observations magnétiques, et J. W. Sullivan, secrétaire et astronome, il réalisa la première étude détaillée et scientifique de la région s’étendant du lac Supérieur aux cols méridionaux des montagnes Rocheuses.

Sources:

Énoncé d’intégrité commémorative du lieu historique national du Canada du Col-Kicking Horse, Parcs Canada, 2002