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Une introduction à l'étude des paysages culturels autochtones


LIGNES DIRECTRICES POUR L'IDENTIFICATION DES PAYSAGES CULTURELS AUTOCHTONES

Limites

Comment faire alors pour fixer les limites d'un paysage culturel?

Famille en canot sur le fleuve
Famille dans un canot d'écorce de bouleau noir, fleuve Mackenzie, Territoires du Nord-Ouest.
© Archives nationales du Canada / PA 18575, 1921.

Des travaux préliminaires proposent quelques pistes. Dans les parcs nationaux du Canada, un système de zonage permet d'identifier les secteurs ayant besoin de différents niveaux de protection et d'orienter leur gestion et leur utilisation (Parcs Canada, 1994a: II.2.2). Dans les réserves de la biosphère, on applique également un système de zonage qui prévoit une zone centrale, une zone tampon et une zone de transition, et qui est axé sur les différents niveaux de protection et d'intervention (UNESCO, 1996b: 4).

Les paysages culturels autochtones pourraient peut-être profiter de l'émergence d'une planification biorégionale dans la gestion des aires protégées, applicable à des régions très vastes comme le corridor de 2 000 milles reliant Yellowstone et le Yukon (en anglais seulement) et le couloir biologique mésoaméricain de 1 500 milles qui traverse l'Amérique Centrale (Salas, 1997).

Downer et Roberts, qui collaborent avec la nation navajo, aux États-Unis, considèrent qu' « une vision d'ensemble ... fondée sur les paysages ou les écosystèmes plutôt que sur des zones d'impact définies de façon artificielle ... émerge des différentes disciplines de planification environnementale. [Ils sont] convaincus que c'est la seule façon réaliste d'étudier convenablement les biens culturels traditionnels et les paysages culturels dont ils font partie intégrante ... » (Downer et Roberts, 1993: 14).

De tels cadres de planification et de telles approches de cogestion (Collings, 1997) pourraient permettre d'élaborer des mécanismes visant à assurer l'intégrité commémorative des paysages culturels, comme l'aire désignée de Nagwichoonjik [fleuve Mackenzie].

En Australie, beaucoup de sites autochtones sont en fait des régions distinctes séparées par des distances considérables, mais reliées entre elles par des voies commerciales ou des pistes ancestrales; ils sont mieux compris à titre d'éléments d'un réseau plutôt qu'à titre individuel (Bridgewater et Hooy, 1995: 168). « Les Anangus, dont le système politique est égalitaire et décentralisé, voient les éléments du paysage comme des étapes ou des noeuds dans un réseau de pistes ancestrales. Le paysage anangu ne peut être divisé en régions distinctes » (Layton et Titchen, 1995: 178).

Le sentier historique Trail of Tears, aux États-Unis, un réseau de voies et de sites multiples qui commémore l'expulsion des Cherokees [Ani'Yun' wiya] du Sud-Est des États-Unis, ainsi que leur marche et leur réinstallation en Oklahoma en 1838-1839, est un partenariat de groupes et de sites divers qui offre des programmes d'interprétation apparentés dans neuf États.

Explorant la possibilité d'adapter ce concept de noeuds à la commémoration de l'histoire des Autochtones au Canada, l'historien John Johnston note qu'il peut s'appliquer aux « ... lieux qui racontent une histoire commune déroulant dans le temps et l'espace », comme les pistes et les voies navigables associées aux déplacements saisonniers des peuples dans leur recherche de nourriture (Johnston, A.J.B., 1993). Ces noeuds, ayant chacun une importance propre, pourraient être au centre des efforts de protection et de mise en valeur d'un vaste paysage culturel reconnu.

Faisant observer qu'il « n'existe parfois pas de limites évidentes », le National Park Service précise que la définition des limites d'un bien culturel traditionnel devrait se fonder sur les caractéristiques du lieu historique et plus particulièrement sur son utilisation et sur ce qui fait son importance (King et Townsend, n.d.).

On a procédé ainsi dans l'arrondissement historique de Helkau, en Californie, où l'aire significative a été définie comme « une partie substantielle de la chaîne côtière du nord de la Californie ». Au moment de décider des limites, on a opté pour un compromis et suivi « les lignes topographiques, de façon à inclure tous les endroits où les traditionalistes s'adonnent à la fabrication de médicaments ou à des activités similaires, les routes reliant ces lieux ainsi que l'immense bassin visuel unissant ce réseau de lieux et de routes ». Pour prendre cette décision, on a tenu compte des utilisations traditionnelles, des bassins visuels et des changements apportés aux limites au fil des siècles (Parker et King, 1990: 18-19)

On reconnaît bien des aspects de l'approche américaine dans la désignation actuelle de certains paysages culturels autochtones à titre de lieux historiques nationaux. À Kejimkujik, par exemple, les limites du parc national actuel définissent une aire d'occupation traditionnelle par les Mi'kmaqs suffisamment vaste et appropriée pour être représentative du paysage mi'kmaq global. Dans ce cas précis, les limites acceptées découlent d'une mesure administrative commode, mais ce n'est pas là le mode de sélection idéal.

À Arvia'juaq et à Qikiqtaarjuk, des éléments géographiques bien définis - une île et une pointe - ayant d'importantes valeurs spirituelles, sociales, économiques et archéologiques associées à la culture des Inuit du Caribou ont servi à définir les limites du lieu. Étant donné l'importance des eaux adjacentes pour la signification culturelle, on pourrait envisager de redéfinir les limites de façon à y inclure les aires marines appropriées.

Au mont Grizzly Bear et des collines Scented Grass (en anglais seulement), où les endroits désignés sont aussi des régions terrestres clairement définies ayant des liens étroits avec l'eau, l'analyse des lieux et la discussion des valeurs ont permis de bien comprendre les rapports culturels significatifs du paysage global de la région du Grand lac de l'Ours. De même, les valeurs historiques des bassins visuels de ce site jouent un rôle particulièrement important dans l'établissement des objectifs de « santé » du lieu. Si certains éléments géographiques distincts peuvent être très utiles pour délimiter un lieu, il est évident que les valeurs à la base de la désignation de celui-ci doivent jouer un rôle prépondérant en la matière

 

Dernière mise à jour : 2008-10-17 Haut de la page
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