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Une introduction à l'étude des paysages culturels autochtones


LIEUX HISTORIQUES NATIONAUX DÉSIGNÉS PAYSAGES CULTURELS AUTOCHTONES

Paysages culturels autochtones désignés

Comment la nouvelle approche de la CLMHC se reflète-t-elle dans les récentes désignations liées à l'histoire des Autochtones?

Carte: Endroits désignés paysages culturels autochtones au Canada en date de décembre 1999
Carte: Endroits désignés paysages culturels autochtones au Canada en date de décembre 1999.
© Parcs Canada / Dan Page
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Depuis 1990, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada a étudié plusieurs paysages culturels autochtones outre le parc national Kejimkujik. Dès 1991, elle a constaté que le rocher Hatzic, connu sous le nom de Xá:ytem (en anglais seulement), en Colombie-Britannique, présentait non seulement des vestiges archéologiques témoignant de son importance nationale potentielle, mais avait aussi un intérêt comme lieu de métamorphose compte tenu des valeurs culturelles autochtones. S'inspirant directement des travaux de Gordon Mohs sur le peuple stó:lo , elle a démontré les liens cosmologiques qui expliquent sa fonction d'endroit sacré(Lee et Henderson, 1991). Le partage des frais recommandé en 1998 après consultation auprès des Stó:lo a établi que la Commission admet l'importance nationale exceptionnelle d'endroits appréciés principalement en raison de leur importance spirituelle pour les peuples autochtones.

Gros plan du rocher en affleurement
Rocher Hatzic, Xá :ytem, lieu historique national, Colombie-Britannique.
© Centre d'interprétation Xá :ytem Longhouse.

Déclarés d'importance historique nationale en 1995, le site de chasse du passage des caribous en automne, à l'intérieur des terres, sur les berges de la rivière Kazan, de même que celui de l'île côtière d'Arvia'juaq (en anglais seulement) et de la pointe adjacente de Qikiqtaarjuk dans l'Est de l'Arctique, fournissent des exemples exceptionnels de l'intégration des valeurs économiques, sociales et spirituelles dans les paysages culturels autochtones. Choisis respectivement par les communautés de Baker Lake et d'Arviat dans le but de conserver et d'illustrer l'histoire et la culture inuit de la région, ces endroits « sont à la fois des témoignages éloquents de la vie culturelle, spirituelle et économique des Inuit du Keewatin ... et des lieux d'une grande importance pour leur communauté respective » (procès-verbal de la CLMHC, Juillet 1995).

Des fouilles archéologiques antérieures, des travaux de cartographie réalisés à l'aide d'un système de positionnement global, des rencontres sur place avec des Aînés, des entrevues avec d'autres membres bien informés de la communauté et l'enregistrement des récits traditionnels associés à ces endroits ont permis de cerner les valeurs traditionnelles autochtones de même que les valeurs scientifiques qui s'y rattachent. (Keith, 1995; Henderson, 1995)

Plaine rocheuse avec, au loin, des personnes
Passage des caribous en automne, rivière Kazan, Nunavut.
© Parcs Canada / Lyle Henderson / 1996.

Le texte définitif des plaques explique bien les valeurs associatives et matérielles de ces paysages culturels :

« Pendant des siècles, les caribous qui traversaient la rivière Kazan, à l'automne, assurèrent la subsistance quotidienne des Inuit de l'intérieur et leur survie durant le long hiver. Une fois dans l'eau, les caribous étaient à la merci des chasseurs en kayak, qui les capturaient et en harponnaient le plus grand nombre possible. Les Inuit vénéraient et protégeaient les lieux de traversée pour assurer le retour annuel des caribous lors de leur migration vers le sud. Ceux-ci étaient pour eux l'essence de la vie et leur procuraient nourriture, combustible, outils, vêtements et abri. »

Et:

« Pendant des siècles, les Inuit venaient camper ici l'été et récolter les abondantes ressources marines. Ils profitaient aussi de ces réunions pour instruire les jeunes, pour célébrer la vie et pour affirmer et renouveler la société inuit. Ces deux lieux sont toujours des centres où on célèbre, vit et rajeunit la culture inuit de la région d'Arviat. Les récits traditionnels, les connaissances ancestrales et les sites archéologiques d'Arvia'juaq et de Qikiqtaarjuk forment une base culturelle et historique pour les générations à venir. »

Proposée par la Société Matcite8eia et la communauté autochtone de Pikogan, au Québec, en 1996, la pointe Abitibi, située dans le lac Abitibi, est au centre du territoire traditionnel des Abitibi8innik et des voies fluviales que ceux-ci empruntaient pour parcourir de longues distances. Ce lieu revêt une grande importance pour les Abitibi8innik, qui s'y sont réunis l'été pendant des siècles pour partager les prises de l'hiver, pêcher, festoyer et renouer des liens sociaux. Site privilégié de contacts et d'échanges culturels avec les autres peuples autochtones, les Européens et les Canadiens, la pointe Abitibi est également un endroit sacré pour les Abitibi8innik. Elle a cessé d'être utilisée en 1955, lorsque les Abitibi8innik se sont installés dans des établissements permanents, mais les connaissances traditionnelles des Aînés ont été recueillies et on note « un attachement symbolique à la pointe qui est très fort dans la mémoire collective ».

Famille en canot devant un rivage
Famille se déplaçant en canot, rivière Abitibi, Québec.
© Archives nationales du Canada / PA 44220, sans date.

Les vestiges archéologiques, incluant des sites post-contact - église, cimetière, postes de traite des fourrures et campements - témoignent de 6 000 ans d'utilisation. La Société Matcite8eia a également trouvé un document historique lié au commerce des fourrures qui ajoute à l'importance historique de la pointe. La communauté appuie la désignation de la pointe pour commémorer l'histoire des Abitib8innik et souhaite en faire un lieu historique (Société Matcite8eia, 1996).

En 1996, dans la foulée de l'initiative antérieure de commémoration de l'histoire des Autochtones du Nord, du projet du Keewatin et de l'étude sur la pêcherie de Déline (voir plus bas), Christopher C. Hanks a explicité « le lien élémentaire entre ... la culture et la terre », qui est au coeur de la compréhension du paysage culturel du mont Grizzly Bear et des collines Scented Grass (en anglais seulement), dans l'ouest des Territoires du Nord-Ouest. Bien ancré à la fois dans les connaissances traditionnelles locales et dans la littérature scientifique et spécialisée pertinente, le mémoire qu'il a rédigé pour le compte des Dénés du Sahtu identifiait trois critères de désignation d'importance historique nationale :

  • ce peuple vit sur ce territoire depuis des temps immémoriaux;
     
  • il s'y est développé comme peuple distinct;
     
  • les toponymes et les récits traditionnels associés au mont Grizzly Bear et aux collines Scented Grass témoignent de façon caractéristique de son lien avec le territoire (Hanks, 1996: 885, 888).

Des récits choisis liés à des éléments particuliers du paysage et au sens large du paysage qui sont maintenant représentés sur des cartes de la région du Grand lac de l'Ours. Cinq grandes périodes fournissent un cadre temporel permettant un groupement thématique des récits, mais pour les Dénés du Sahtu, « les liens thématiques de pouvoir spirituel et de rapport avec les animaux sont plus importants que la notion de temps » (Hanks, 1996: 906). Les récits contribuent énormément au maintien de la culture des Dénés du Sahtu, en ce sens qu'ils transmettent la langue dénée, les comportements souhaitables et les emplacements des lieux sacrés d'une génération à l'autre, grâce à l'association des endroits et des récits.

Colline rocheuse émergeant du lac
Mont Bear, Grand lac de l'Ours, Territoires du Nord-Ouest.
© Archives nationales du Canada / PA 42056, sans date.

En 1997, les Gwichya Gwich'in de Tsiigehtchic, dans l'ouest des Territoires du Nord-Ouest, ont proposé que le segment de Nagwichoonjik [fleuve Mackenzie] compris entre la rivière Thunder et la pointe Separation, qu'ils considèrent comme l'endroit le plus significatif de leur territoire traditionnel, soit désigné à des fins de commémoration, de protection et de mise en valeur. Dans cette proposition, comme dans les travaux de Hanks, divers récits oraux mettant en scène Corbeau, Atachukaii, Nagaii, Ahts'an Veh et d'autres sont étroitement liés à la terre identifiée et aux caractéristiques qui la définissent (Gwich'in Social and Cultural Institute, 1997).

Conifères, végétation basse devant la rivière, pente rocheuse végétalisée menant à la rive, à gauche.
Ngwichoonjik près de la rivière Thunder, Territoires du Nord-Ouest.
© Parcs Canada / D. Neufeld / 1999.

La superposition d'un cadre temporel regroupant les récits selon cinq périodes a permis d'arriver à « une compréhension globale de l'histoire, intégrant l'ensemble du territoire tout en accordant au fleuve sa place significative à l'intérieur de celui-ci ...[;] les récits, qui traitent de leur histoire et de leur expérience de vie de la terre ... [sont des] thèmes culturels fondamentaux [qui démontrent] la place importante que le fleuve occupe dans la culture des Gwichya Gwich'in » (Gwich'in Social and Cultural Institute, 1997: 824).

Dans leur présentation de 1997 en vue d'obtenir la désignation de Yuquot, dans le détroit de Nootka, en Colombie-Britannique, les Premières nations Mowachaht-Muchalaht ont demandé qu'on « rétablisse l'équilibre historique » en reconnaissant leur histoire telle qu'elle est exprimée par l'intégration des endroits et des récits. Pour expliquer l'importance de cet endroit « où le vent souffle de partout » et « où tous les peuples du détroit de Nootka se rassemblent », ils disent de Yuquot, « leur principale communauté », qu'il s'agit d'un « lieu de puissance et de changement ».

Plage avec bâtiment et anse à l'avant-plan, phare et autres structures sur l'île au deuxième plan, montagnes à l'arrière-plan
Friendly Cove, site de l'ancien village à Yuquot, dans la baie Nootka, Colombie-Britannique.
© Parcs Canada / Lyle Dick

Centre du monde pour les Mowachaht, Yuquot est l'endroit où ils vivent depuis le début des temps, où ils ont accueilli des visiteurs depuis l'époque des grandes explorations impériales du XVIIIe siècle, où ils ont développé leur habileté de baleiniers, dont le site du Sanctuaire du baleinier est l'expression physique, et où ils conservent des liens spirituels intenses avec « la puissance et la beauté immenses de la nature » dans leur environnement. Les valeurs historiques occidentales, fondées entre autres, sur les vestiges archéologiques, l'iconographie et les artefacts, de même que les sources documentaires primaires complètent les connaissances traditionnelles sur le rôle vital de Yuquot dans leur culture (Mowachaht-Muchalaht, 1997)

Une récente étude présentant l'histoire du Nunavut du point de vue des Inuit, fondée sur des consultations avec les communautés et sur le jugement des Aînés, et réalisée sous la gouverne d'un comité directeur inuit appuyé par des employés et des spécialistes, a permis d'établir clairement les priorités en matière d'identification des endroits importants pour les Inuit.

Grosse pierre ronde
Pierre d'haltérophilie, Arvia'juag et Qikiqtaarjuk, Nunavut.
© Parcs Canada / Lyle Henderson / 1993

Trois grands principes expriment ces priorités :

  • l'utilisation continue;
  • la culture inuit;
  • l'identité inuit et ses variations régionales.

Tout est axé sur « le lien traditionnel étroit entre culture et utilisation des terres, et les nombreux sites traditionnels d'habitation et d'exploitation des ressources, les voies de déplacement et les lieux sacrés renferment un riche écheveau de valeurs associatives témoignant des impératifs économiques, sociaux et spirituels du cycle annuel des déplacements, ponctués de rassemblements plus ou moins importants selon les besoins des gens et les occasions » (Goldring, 1998)

 

Dernière mise à jour : 2008-10-17 Haut de la page
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