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Une introduction à l'étude des paysages culturels autochtones
VISION AUTOCHTONE DU MONDE
Lien des Autochtones avec le milieu
En quoi les fondements de la connaissance traditionnelle diffèrent-ils de ceux de la pensée
scientifique occidentale?
La pensée scientifique occidentale du XIXe siècle, qui continue de façonner les
valeurs occidentales, établit une distinction très nette entre l'observateur et ce qu'il observe.
Elle découle de règles et de principes objectifs qui impliquent l'observation systématique,
l'expérimentation et la vérification des hypothèses et des conclusions.

Rivière Red Deer, Territoires du Nord-Ouest
© Archives nationales du Canada / T.C. Weston / PA 150933, 1889. |
De leur côté, les peuples autochtones parlent d'un sentiment d'appartenance à la terre; ils
se voient comme un des éléments d'un environnement parfaitement intégré. Comme
l'explique Charles Johnson, « nous, les peuples autochtones, faisons partie de l'écosystème
arctique. Nous ne sommes ni des observateurs, ni des gestionnaires; notre rôle est actif et consiste à
faire partie de l'écosystème » (Johnson, 1997: 3) À ce titre, les
êtres humains coexistent avec les plantes et les animaux, et tous ont un droit égal à la vie.
Cette croyance implique le respect de tout ce qui vit. Comme le disait l'Aîné déné
George Blondin, « Nous sommes des gens de la terre; nous ne sommes pas différents des arbres, des
caribous et des corbeaux, sauf que nous sommes plus compliqués » (Blondin, 1997: 18)
Les habiletés nécessaires pour vivre de la terre, comme l'observation, l'interprétation et
l'adaptation, sont liées aux connaissances traditionnelles. Les Autochtones ont une compréhension
complexe de la terre et de ses ressources, et cette complexité se retrouve dans leur langue, ce qui explique
en partie les préoccupations que soulève actuellement la question linguistique. Par exemple,
l'étude de la culture de chasse des Cris de la baie James a révélé que le radical nitao
(chasse) possède en fait cinq sens de base. Ces sens combinent divers aspects cosmologiques, écologiques
et psychologiques de la vie et des croyances des Cris, incluant les liens complexes qui existent entre le chasseur
et sa proie. (Feit, 1995).
De nombreuses études fondées à la fois sur les connaissances
traditionnelles sur l'environnement et sur la science ont démontré une
connaissance approfondie des processus naturels, des indicateurs écologiques,
du comportement animal et des techniques de survie dans un environnement hostile.
Des études récentes, notamment celle sur le tétras à queue
fine dans la Première
nation de Fort Albany et celle sur le caribou chez les Inuit, ont également
démontré la
fragilité de ce savoir face à l'avènement des établissements
permanents et aux changements culturels (Tsuji, 1996; Thorpe, 1997; Ferguson
et Messier, 1997; Huntington, 1998)
Cependant, ces nombreuses études dirigées par des scientifiques qui se voient le plus souvent comme
des observateurs objectifs, n'adhérant pas au système de valeurs autochtones, ont également
amplifié les craintes des Autochtones concernant l'interprétation et l'utilisation erronées
ou même une appropriation de leur « propriété intellectuelle » (Stevenson,
1996: 279).
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