|
|
 |
Une introduction à l'étude des paysages culturels autochtones
VISION AUTOCHTONE DU MONDE
Vivre de la terre : les aspects sociaux et économiques
Les cultures autochtones traditionnelles font-elles une distinction entre les nécessités socio-économiques
et les valeurs spirituelles associées à la terre?

Mâts totémiques à Kitwanga, Colombie-Britannique
© Archives nationales du Canada /PA 11215, 1915. |
Le rapport des Autochtones avec la terre se définit par l'interdépendance plutôt que par la
catégorisation. Les modes de vie traditionnels intègrent tous les aspects de la vie - économique,
spirituelle et sociale - dans des régions fréquentées pendant des siècles. Ainsi, chez les
Stó:lo , « le peuple du fleuve », la vie est centrée sur le Fraser; le fleuve est force vive,
ses ressources assurent la subsistance des habitants et ses rives abritent leurs lieux de spiritualité
(Mohs, 1994: 185-188).
Chez les Autochtones, le succès de chasse repose sur l'harmonie avec les forces vitales de la terre; la
connaissance et le respect de la terre et des esprits qu'elle recèle sont essentiels pour y vivre. Comme Harvey
Feit l'a si bien expliqué au sujet des Cris du Nord du Québec, la chasse n'est pas un
événement isolé, mais une étape d'un processus sans fin impliquant des rapports
réciproques de puissance, de besoins, d'obligations et de responsabilités morales entre le
Créateur, les esprits, le chasseur, l'animal et la communauté. Pour réussir, le chasseur
doit bien planifier ses actions et se montrer respectueux à l'égard des esprits et des animaux.
Reconnaissant chez l'animal des caractéristiques humaines, le chasseur agit en se conformant à
des signes qu'il comprend et que l'animal comprend. Pour saluer la générosité dont il a
été l'objet, il partage son butin non seulement avec les membres de sa famille et de sa
communauté, mais aussi avec les esprits en mesure de soutenir ses efforts (Feit, 1995).
Vivre de la terre est l'une des caractéristiques de l'expérience autochtone depuis des temps
immémoriaux. Le cycle saisonnier des activités annuelles a façonné les modes de vie
traditionnels. Variant avec les saisons, les ressources animales et marines ont déterminé les
déplacements et les activités des peuples autochtones qui dépendaient d'elles pour s'alimenter,
se vêtir, s'abriter, se fabriquer des outils et d'autres objets de première nécessité.

Camp sur la rive nord de la baie Keith, Grand lac de l'Ours, Territoires du Nord-Ouest
© Archives nationales du Canada / PA 101056, 1928. |
Les familles élargies ou des ménages hivernaient séparément dans différents
secteurs du territoire occupé par leur groupe. Des liens de parenté unissaient souvent les familles ou
ménages qui hivernaient ensemble; ces liens identifiaient également les territoires de chasse et de
piégeage. Chaque année, le plus souvent à l'été, de grandes réunions
sociales rassemblaient ces groupes; mariages, fêtes, jeux, danses, chants et autres pratiques traditionnelles
étaient alors au programme. On pouvait ainsi transmettre aux enfants des connaissances traditionnelles et les
aider à acquérir les habiletés dont ils auraient besoin pour vivre de la terre.
|