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Une introduction à l'étude des paysages culturels autochtones


VISION AUTOCHTONE DU MONDE

Esprits et lieux de puissance

Comment les récits traditionnels sur les esprits et les héros culturels façonnent-ils la vision autochtone du paysage?

Les récits traditionnels relient certains lieux au voyage des esprits, passés de « l'Ancien Monde », où les êtres humains et les animaux pouvaient adopter indifféremment une forme humaine ou animale, au « Nouveau Monde », où de telles métamorphoses ne sont plus possibles. Ils expliquent comment les événements marquants des périples de ces esprits, par exemple leurs conflits avec d'autres êtres et leurs bonnes actions, ont façonné formes et accidents géographiques. Des récits directement associés à un peuple ou communs à plusieurs peuples relatent les exploits des esprits. Ces récits portent souvent sur les voyages de héros culturels, tels Glooscap, le géant des Indiens des forêts de l'Est, à qui l'on attribue la création de la vallée d'Annapolis en Nouvelle-Écosse (Carpenter, 1985), ou Yamoria, le transmetteur de lois des Dénés des Territoires du Nord-Ouest (Blondin, 1997).

Les exploits et les étapes des voyages de Yamoria et de ses homonymes dans plusieurs groupes autochtones du bassin du Mackenzie peuvent être associés à des éléments précis du paysage (Andrews, 1990) Les récits varient d'un groupe à l'autre, mais leur dénouement se situe toujours au même lieu géographique, soit au rocher de l'Ours (Bear Rock) le long du fleuve Mackenzie. Beaucoup de Dénés considèrent le rocher de l'Ours comme un lieu sacré, et son choix comme logo de la nation dénée témoigne de son importance symbolique, puisqu'il représente la relation entre les Dénés et leur terre ancestrale, Deneneh (Hanks, 1993)

Rocher solitaire en forme d'arche entouré par un couvert végétal
Vue aérienne de la voûte en pierre de Bear Rock, Territoires du Nord-Ouest
© Parcs Canada / Direction des services archéologiques / Ellen Lee / 1994.

Chez les Gwich'in, le cycle des récits mettant en scène Corbeau, le joueur de tours, explique que les dépressions au milieu du paysage connu aujourd'hui sous le nom de Tsiigehtchic sont en fait le camp et le lit de celui-ci (Gwich'in Social and Cultural Institute, 1997: 800-07) Dans le nord du Québec, les sites associés aux voyages du Castor géant, alors encore capable de métamorphose, peuplent une carte vide sur le plan démographique (Craik et Namagoose, 1992) À Wendake, au Québec, la rue principale suit le parcours mythologique des serpents anciens.

Les récits des Stó:lo des basses terres continentales de la Colombie-Britannique expliquent que certains endroits renferment les pouvoirs des êtres métamorphes ou des esprits, comme le géant Xa:ls, fils du Soleil, à Th'exelis, sur le fleuve Fraser et au lieu historique national Xá:ytem (en anglais seulement). (Mohs, 1994: 189-195; Lee et Henderson, 1992; Smyth, 1997; procès-verbal de la CLMHC, Novembre 1997).

Qu'entend-on par lieux de puissance?

Torrent déferlant dans l'étroit canyon.
Canyon Kitselas, Colombie-Britannique
© Archives nationales du Canada / C 46603, 1909.

Les endroits sacrés sont des lieux de puissance reliant les mondes matériel et spirituel. Les endroits où la terre et l'eau se rejoignent sont souvent des lieux de puissance. C'est le cas, par exemple, des remous du canyon Kitselas, en Colombie-Britannique. Le barrage de pêche Mnjikaning (en anglais seulement), au détroit Atherley, en Ontario, situé au point de convergence de deux lacs, est un autre exemple du même type; le poisson y vient chaque année et son arrivée est l'occasion de rassemblements importants de personnes qui, à l'instigation des conseils de bande, s'y réunissent et se nourrissent de cette ressource abondante (Sheryl Smith, comm. pers.).

Les lieux de puissance du paysage consolident l'énergie spirituelle. Ce sont tantôt des sources de force, par exemple dans les quêtes de vision, tantôt des endroits hostiles et menaçants. Quiconque veut s'en approcher doit se soumettre à des règles, des coutumes, des rituels ou des cérémonies et déposer des offrandes. Dans la langue des Dogribs, on dit que ces endroits et les êtres qui y vivent sont alors « payés ». (Andrews et Zoe, 1997)

Certains lieux de puissance sont réservés aux shamans. Au fil du temps, le pouvoir de se métamorphoser en être humain ou en animal a fini par être réservé à certaines personnes, soit aux shamans qui possédaient des dons de guérisseurs, mais à qui il était interdit de partager leur savoir sous peine de perdre leurs pouvoirs. Dans la culture dénée, le pouvoir guérisseur des shamans est un esprit possédant une volonté propre, qui s'attache à eux et qui leur confère des capacités surnaturelles (Blondin, 1997: 51-53).

Plongeur observant des clayons de pêcheries à fascines sous l'eau.
Clayons de pêcheries à fascines sous l'eau au barrage de pêche Mnjikaning, détroit Atherley, Ontario.
© Parcs Canada / Direction des services archéologiques / 41m226t

Les endroits d'approvisionnement en accessoires de cérémonie, comme les minéraux et les plantes indigènes qui sont des éléments clés des pratiques spirituelles, sont aussi des lieux de puissance.

Les esprits qui résident en ces lieux guident les gens qui y vivent dans leurs activités quotidiennes. Ils les aident aussi à choisir l'emplacement des camps, à déterminer quand et où traverser les cours d'eau et à opter pour les bonnes méthodes de chasse.

 

Dernière mise à jour : 2008-10-17 Haut de la page
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