Une introduction à l'étude des paysages culturels autochtones
VISION AUTOCHTONE DU MONDE
La vision autochtone du monde diffère-t-elle fondamentalement de la tradition occidentale?
Les peuples autochtones des quatre coins du monde ont une vision du paysage qui correspond à leur expérience et qui diffère du point de vue occidental sur la terre et le paysage. Le lien entre les gens et les endroits est fondamentalement perçu comme étant de nature spirituelle plutôt que matérielle.

Rivière Mersey, parc national/lieu historique national Kejimkujik, Nouvelle-Écosse
© Parcs Canada / W. Barrett / 03.31.03.12 (101), 1995 |
Beaucoup de peuples autochtones considèrent que toute la terre est sacrée et qu'ils font partie intégrante de ce paysage indivisible et vivant. Ils appartiennent à la terre et ils ne font qu'un avec les animaux, les plantes et les ancêtres dont les esprits habitent la terre.
Beaucoup d'entre eux considèrent certains lieux spécifiques du paysage comme des endroits sacrés, des lieux de puissance, des lieux où voyagent les esprits, où résident des entités qu'il faut apaiser. Les cosmologies autochtones établissent un lien entre la terre et le ciel, les éléments, les points cardinaux, les saisons et les êtres métamorphes mythiques de la terre qu'ils occupent depuis des temps immémoriaux. Compte tenu de ces liens cosmologiques, beaucoup ont des récits de la création qui traitent précisément de leur terre natale et font remonter leur présence sur celle-ci à l'époque où les esprits qui parcouraient le monde et revêtaient à leur gré une forme humaine ou animale, ont créé leurs ancêtres et modelé le paysage. Les lois et les dons de ces esprits et de ces héros culturels ont façonné leur culture et leurs activités courantes.
Leur façon de vivre était modelée par la connaissance intime qu'ils avaient des ressources naturelles et des écosystèmes des régions où ils vivaient, acquise au prix d'un long contact soutenu, et par le respect qu'ils vouaient aux esprits habitant ces endroits.
Les connaissances traditionnelles - récits, noms de lieux et savoir écologique - transmises par la tradition orale de génération en génération, incarnent et préservent ce lien avec la terre. Les paysages « abritent » ces récits dont la survie à long terme dans la culture autochtone dépend de la protection accordée à ces endroits.
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