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Le chemin de fer clandestin au Canada

Commémoration

Les endroits et les personnes qui suivent sont associés à l'histoire du chemin de fer clandestin au Canada et ont été désignés d'importance historique nationale par le gouvernement du Canada.

La loi anti-esclavagiste du Haut-Canada (1793)

Lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe
© Archives Nationale du Canada. C-8111
Lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe
Inspiré par l'abolitionnisme de la fin du XVIII e siècle, le lieutenant-gouverneur John Graves. Simcoe fit du Haut-Canada le premier territoire britannique à légiférer contre l'esclavage, état de la plupart des personnes d'ascendance africaine au Canada depuis le début du XVII e siècle. La loi de 1793 n'affranchit pas un seul esclave, mais elle empêcha désormais d'en importer et décréta l'affranchissement à l'âge de vingt-cinq ans des enfants nés d'esclaves. Face à une opposition croissante dans les colonies, l'esclavage déclina. La Loi impériale de 1833 abolit enfin cette pratique dans les territoires britanniques en 1834.

Lieu historique national de l'Établissement-Buxton

Image du plan de l'établissement Elgin (aujourd'hui l'établissement Buxton), 1866.
© Ontario Archives. C279-0-0-0-3
Plan de l'établissement Elgin (aujourd'hui l'établissement Buxton), 1866.

En 1849, quinze anciens esclaves arrivèrent sur la rive nord du lac Érié où un ministre presbytérien, le révérend William King, avait acheté un terrain de 3642 ha. en vue d'y créer un établissement pour les réfugiés. Les nouveaux colons noirs pouvaient y acquérir des lots de 20 ha. à des taux raisonnables. Selon les règles en vigueur dans ce qui portait alors le nom d'établissement Elgin, chaque colon devait obligatoirement défricher sa terre, y construire une maison de quatre pièces au moins, située en retrait de la rue et entourée d'un jardin, en plus de participer à la construction de grands fossés ouverts et de routes. L'établissement prit de l'expansion et compta bientôt une école dispensant un enseignement de si bonne qualité qu'il attirait les élèves blancs et noirs à des milles à la ronde. Au cours de ses cinq premières années d'existence, cette école envoya plusieurs de ses finissants à l'université, à Toronto.

Image de l'église unie (anciennement l'église presbytérienne) St. Andrews fut construite par le révérend William King au centre de l'établissement
© Parcs Canada / 1998
L'église unie (anciennement l'église presbytérienne) St. Andrews fut construite par le révérend William King au centre de l'établissement.
L'établissement offre aujourd'hui l'image d'un paysage rural et agricole ayant conservé son réseau original de routes et de fossés, plusieurs églises historiques, une école et quelques-unes de ses premières maisons. Le musée Buxton est géré par des descendants des premiers colons.
(Lien: http://www.buxtonmuseum.com/)
(en anglais seulement)

Lieu historique national de l'Église-AME Nazrey

Image de l'église AME Nazrey d' Amherstburg fait maintenant partie du North American Black Historical Museum
© Parcs Canada / 1999
L'église AME Nazrey d'Amherstburg fait maintenant partie du North American Black Historical Museum

L'église était à la fois le coeur et l'âme de toutes les communautés noires. En 1848, la communauté de réfugiés du chemin de fer clandestin d'Amherstburg, en Ontario, alors en pleine croissance, commença à construire une petite église. Avec ses murs en pierre des champs posées à la main, cette structure est un excellent exemple des premières petites églises de réfugiés bâties en Ontario. Sur le plan historique, elle tire son importance de son association avec le célèbre évêque Willis Nazery, qui amena de nombreuses congrégations de l'Église épiscopale méthodiste africaine à se joindre à une nouvelle Église épiscopale méthodiste britannique basée au Canada. Cette Église doit sa dénomination aux réfugiés du CFC qui voulaient administrer leur propre Église dans leur nouvelle patrie.

Le lieu historique national de l'église First Baptist de Sandwich

Image of the AME Nazrey Church in Amherstburg is now part of the North American Black Historical Museum
© Parcs Canada / 1998
Le centre des activités locales d'abolition de l'esclavage au milieu du XIXe siècle l'église First Baptist de Sandwich continue d'être un centre d'entraide dans la communauté.

L'église First Baptist de Sandwich, dans la ville de Windsor, est l'une des plus vieilles églises de la congrégation baptiste noire témoignant de l'expérience du chemin de fer clandestin au Canada. Au début du XIXe siècle, Sandwich était une destination recherchée des réfugiés qui franchissaient la rivière Détroit. Ici et dans la ville voisine d'Amherstburg, la communauté noire grandissante entretenait ses liens avec les amis et la famille aux États-Unis. Avec la First Baptist Church de Détroit, la communauté créa l'Amherstburg Regular Missionary Baptist Association (l'Association baptiste missionnaire régulière d'Amherstburg). Cette organisation vouée à l'abolition de l'esclavage contribua à la formation de congrégations de réfugiés au Canada. La congrégation First Baptist de Sandwich fut créée en 1840. Dès 1851, la communauté était en mesure d'ériger cette magnifique chapelle en brique où les fidèles se réunissent encore de nos jours.

Le lieu historique national de l'église BME R. Nathaniel Dett

Image of the AME Nazrey Church in Amherstburg is now part of the North American Black Historical Museum
© Parcs Canada / 1999
Nommée en l'honneur d'un compositeur célèbre de musique sacrée qui la fréquenta, l'église BME R. Nathaniel Dett abrite également une importante bibliothèque de documents sur l'histoire des Noirs au Canada.

La rivière Niagara offrait aux réfugiés du chemin de fer clandestin un passage frontalier relativement accessible, et au cours du XIXe siècle, bon nombre d'entre eux le franchirent pour se rendre dans la péninsule de Niagara. Une congrégation épiscopale méthodiste africaine s'y installa dès 1814, et continua de croître grâce à d'autres réfugiés du chemin de fer clandestin qui franchissaient la rivière. En 1836, la communauté construisit cet édifice sur un lot de la région de Niagara Falls d'aujourd'hui, connue alors sous le nom de Fallsview. Comme son nom le suggère, l'endroit était humide et plutôt froid. En 1856, Oliver Parnell, un colon réfugié prospère, fit don d'un lot plus hospitalier, et le bâtiment fut déplacé sur des billes de bois jusqu'à son emplacement actuel. La même année, la congrégation participa à la fondation de la conférence épiscopale méthodiste britannique. Le nom actuel de l'église est un hommage rendu à Robert Nathaniel Dett, un membre de la congrégation qui devint un compositeur renommé de musique sacrée au XXe siècle.

Église BME St. Catharines (Chapelle Salem)

Image of the AME Nazrey Church in Amherstburg is now part of the North American Black Historical Museum
© Parcs Canada / 1998
L'église BME St. Catharines (mieux connue sous sa désignation de Chapelle Salem) est étroitement associée à Harriet Tubman, célèbre accompagnatrice du chemin de fer clandestin.

La ville grandissante de St. Catharines était proche de la frontière, sur les lignes de chemins de fer, et elle offrait des occasions d'emploi. Il n'est donc pas surprenant qu'une population nombreuse de réfugiés s'y soit installée. En 1855, la communauté fut en mesure de remplacer sa première petite église en bois rond par cet édifice plus vaste et plus achevé. L'intérieur est une salle ouverte avec un balcon sur trois côtés et des places assises pour les nombreuses personnes qui assistaient régulièrement aux services religieux. La congrégation comprenait souvent des réfugiés nouvellement arrivés, menés jusqu'à la liberté par l'accompagnatrice renommée Harriet Tubman. Ses «passagers» étaient hébergés les premiers jours dans une maison juste derrière l'église où vivait Tubman au cours des années 1850. Grâce à sa célébrité, l'église devint un arrêt fréquent dans les déplacements d'un bon nombre des principaux abolitionnistes de partout au monde.

Josiah Henson (1789 1883)

Image de la dernière maison habitée par Josiah Henson fait maintenant partie du lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom à Dresden, Ontario
© Parcs Canada / 1998
La dernière maison habitée par Josiah Henson fait maintenant partie du lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom à Dresden, Ontario.

Désigné personne d'importance historique nationale, Josiah Henson a été l'un des principaux chefs de la communauté des réfugiés du chemin de fer clandestin au Canada au milieu du XIX e siècle. Il fut également l'un des fondateurs de l'établissement Dawn, un établissement de réfugiés situé près du village de Dresden, dans ce qui était à l'époque le Haut-Canada. Henson voulait réunir les colons noirs afin de créer un groupe homogène dont les membres pourraient coopérer à leur avantage mutuel et appuyer le British American Institute, une école professionnelle destinée à assurer l'éducation des enfants des réfugiés, souvent refusés dans les écoles blanches. Reconnu pour avoir inspiré à Harriet Beecher Stowe le héros de son roman abolitionniste, La Case de l'Oncle Tom, Henson devint l'un des personnages les plus célèbres de son temps. Josiah Henson est commémoré au lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom à Dresden, Ontario
(Lien: http://www.uncletomscabin.org/)
(en anglais seulement)

Thornton et Lucie Blackburn

Image de la carte de Toronto, vers 1842, indiquant l'emplacement du lieu Blackburn
© Toronto Board of Education Archaeological Resource Centre
Carte de Toronto, vers 1842, indiquant l'emplacement du site Blackburn

Les Blackburn arrivèrent à Toronto dans les années 1830. Pendant qu, ils fuyaient l'esclavage, ils avaient été arrêtés à Détroit où leurs partisans, qui s'opposaient à leur retour dans le Sud, déclenchèrent la première émeute raciale que cette ville eût connue. Thornton et Lucie parvinrent à s'échapper au Canada et, comme de nombreux autres réfugiés, finirent par aboutir dans la ville florissante de Toronto. Thornton lança la première compagnie de taxis de Toronto et devint une figure connue et respectée du monde des affaires et de la communauté des réfugiés et des abolitionnistes. La maison des Blackburn est la seule demeure documentée construite par la première vague de réfugiés du CFC à Toronto. Thornton et Lucie Blackburn ont été désignés personnes d'importance historique nationale en raison de leurs réalisations et parce qu'ils représentent l'intégration des réfugiés à la vie urbaine.
(Lien: http://www.blackhistorysociety.ca)
(en anglais seulement)

Mary Ann Shadd Cary (1823-1893)

Image de Mary Ann Shadd Cary
© Archives nationales du Canada (c-029977)
Mary Ann Shadd Cary

Enseignante, abolitionniste, porte-parole du mouvement de défense des droits civils, féministe et directrice d'un journal, Mary Ann Shadd fut l'une des voix prépondérante de la communauté du chemin de fer clandestin du Haut-Canada. Elle mena ses activités à Sandwich, Toronto et Chatham, enseignant et publiant le Provincial Freeman, un journal important pour la communauté du chemin de fer clandestin au Canada. Shadd fit oeuvre de pionnière, devenant non seulement l'une des premières femmes àêtre directrices d'un journal, mais aussi la première noire à occuper ce poste au Canada. Tout en exhortant sa communauté à profiter des avantages de l'autonomie, elle revendiqua des droits égaux pour tous aux yeux de la loi, sans égard à la couleur ou au sexe.
(Lien: http://www.nlc-bnc.ca/2/12/h12-204-f.html et http://www.whitepinepictures.com/seeds/i/5-f/index-f.html)

Dernière mise à jour : 2007-12-20 Haut de la page
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