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Un avenir précaire pour l'ours polaire

Édition du mois de janvier (le 10 janvier 2003)

Un avenir précaire pour l'ours polaire

Ours blanc (Ursus maritimus)
Ours blanc (Ursus maritimus)
© Parcs Canada / Wayne Lynch

Dans le nord du Manitoba, la température moyenne est de -26,7 °C en janvier. Au début de l'hiver, alors que les bernaches du Canada (outardes) avaient quitté l'Arctique depuis quelques mois pour s'envoler vers des régions plus tempérées, près de 1200 ours polaires s'étaient réunis dans le parc national du Canada Wapusk, situé sur la côte occidentale de la baie d'Hudson. Ils sont maintenant arrivés dans les régions de la baie où la glace s'est formée … et ils sont affamés …

Migration hivernale

En novembre et décembre, époque du gel des eaux côtières, les ours polaires retournent sur les glaces pour chasser leur mets de prédilection, le phoque annelé. Les ours polaires attrapent les phoques en faisant le guet près des trous où ces derniers viennent prendre une bouffée d'air, en pénétrant dans les tanières de naissance creusées dans les bancs de neige et en chassant les phoques qui se font chauffer au soleil sur la glace.

Littoral de la baie d'Hudson
Littoral de la baie d'Hudson
© Parcs Canada / Wayne Lynch / 07.71.03.19(02), 1986.

Grâce à leur odorat très développé, les ours polaires peuvent facilement déceler la présence des phoques à une distance d'un kilomètre. Ils se contentent habituellement du gras de leur proie, laissant le reste de la carcasse aux autres habitants du Nord, comme le renard arctique.

Jeûne estival

L'été, la glace en fonte force les ours polaires à revenir sur le rivage occidental de la baie d'Hudson. Ils passeront de trois mois et demi à quatre mois à jeûner et à dépenser l'énergie accumulée dans les réserves de graisse qu'ils ont constituées l'hiver et le printemps précédents. À la fin de cette période « d'hibernation éveillée », ils sont affamés, surtout les mères qui ont dû assurer leur survie et celle de leurs oursons pendant les mois maigres de l'été.

Un avenir précaire

Ours blanc femelle avec jeunes
Ours blanc femelle avec jeunes
© Parcs Canada / Wayne Lynch / 07.71.10.01(08), 1984

Bien que les ours polaires ne soient pas en voie de disparition, ils doivent faire face aux dangers communs à tous les grands prédateurs : envahissement de leur habitat par les hommes, chasse illégale et contaminants contenus dans leurs proies. Une nouvelle menace semble être le changement climatique, qui a des incidences sur l'habitat arctique de l'ours polaire : diminution de la couverture totale de glace, amincissement de la banquise du bassin polaire central et changement du moment de la prise de la glace et de la débâcle dans les secteurs plus méridionaux, dont la baie d'Hudson.

Les scientifiques qui étudient les ours polaires de la partie occidentale de la baie d'Hudson depuis la fin des années 1960 ont constaté que les individus de cette population sont moins gras lorsqu'ils viennent sur le rivage et qu'ils donnent naissance à moins d'oursons qu'il y a 20 ans. Les températures printanières sont plus élevées, ce qui signifie que la glace fond dix jours à deux semaines plus tôt qu'il y a 20 ans. Les ours polaires ont donc moins d'occasions de chasser le phoque, doivent venir sur le rivage plus tôt en saison et doivent maintenant vivre une plus longue période de jeûne.

En 1973, le Canada, le Danemark, la Norvège, l'ancienne Union soviétique et les États-Unis ont signé l'Accord sur la conservation des ours blancs (polaires) afin d'assurer la conservation à long terme des ours polaires. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a désigné l'ours polaire « espèce préoccupante » au Canada en raison des menaces qui pèsent sur lui.

Intervention du parc

Le parc national du Canada Wapusk a été créé en 1996 pour protéger la région naturelle des basses terres Hudson-James pour les générations à venir. Le « Wapusk » — en langue cri, signifie ours blanc — est une des espèces protégées par le parc. L'été, le parc accueille 1 200 ours polaires dans ses 11475 km2.

Parcs Canada collabore avec le Service canadien de la faune d'Environnement Canada afin d'étudier les ours et les changements qui se produisent dans leur environnement. Le personnel du parc fournit aussi renseignements et conseils aux visiteurs et aux voyagistes afin d'assurer la sécurité des ours polaires et des gens dans le parc national du Canada Wapusk.



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