Édition du mois de juillet (le 3 juillet 2002)

Sur une dune du parc national du Canada Pukaskwa, un bourdon danse au-dessus d'un chardon de Pitcher. Comme suspendu à un fil invisible, il vole sur place en butinant les fleurs roses en quête de précieux nectar.
En juillet, alors qu'il est en pleine floraison, le chardon de Pitcher - une plante à feuilles épaisses et à duvet fin dont la hauteur atteint le genou - attire un autre type de visiteur sur les rivages où il pousse. Ces visiteurs arrivent armés de planchettes à pince, de crayons, de rubans à mesurer et d'autres instruments pour recueillir une autre sorte de nectar : des données inestimables sur cette plante en péril.

Pourquoi le Chardon de Pitcher est-il si rare? Les raisons sont multiples.

À Pukaskwa, le nombre de plants de chardons de Pitcher est passé de 760 en 1981 à 153 en 1991. Cette diminution très marquée résulte en partie de la rupture d'un barrage de castor en 1986 et du détournement d'un ruisseau qui ont fait disparaître 63 % de la population de chardons de la baie Oiseau.
Et pourtant, le chardon survit.
En fait, la population pourrait avoir bénéficié de ces bouleversements, car la hauteur des eaux a empêché d'autres espèces végétales de venir s'établir dans la région. La diminution importante du nombre de plants est toutefois préoccupante dans le parc.

Le personnel du parc a élaboré un plan de gestion écologique afin de sauver la plante de l'extinction à Pukaskwa.
Ce plan prévoyait, entre autres, la recolonisation de la baie Oiseau, où le personnel a récolté des graines à l'été de 1992. Le moment était bien choisi, car le temps frais et humide qui a alors prévalu a favorisé un taux de germination élevé. Le personnel du parc a contribué à la croissance des graines en érigeant des barrières protectrices pour éviter que les plants soient mangés par les animaux ou piétinés.
La population actuelle de chardons de Pitcher à la baie Oiseau a fait un bond et s'est stabilisée à quelque 422 plants en moyenne. Le dur labeur du personnel a donc donné des résultats positifs.

Pourtant cette population y est isolée des autres populations de chardons. Elle a besoin de perturbations naturelles pour survivre. De plus, d'autres espèces végétales menacent d'envahir les dunes. Il est donc difficile de prédire le statut à long terme de cette plante dans le parc national Pukaskwa.
Le personnel du parc continue de surveiller la situation de près.
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