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La bouche des canons |
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Le 16 octobre 1690, à six heures du matin, une vingtaine de navires anglais et plus de deux mille soldats sont devant Québec. Le général Phips décide d'envoyer un messager à Frontenac pour lui dire que l'armée anglaise est supérieure en nombre et qu'il n'a pas d'autre choix que de capituler*. Après lui avoir bandé les yeux, on conduit l'émissaire* au fort Saint-Louis où Frontenac et ses officiers l'attendent. Ils ont tous revêtus leurs plus beaux habits. Le comte de Frontenac a mis sa grande perruque blanche comme le veut la coutume en France. Le messager tire de sa poche une lettre exigeant que le gouverneur rende la ville en moins d'une heure. Voici donc ce que lui répond fièrement Frontenac :
« Je ne vous ferai pas tant attendre. Non, je n'ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et de mes fusils. » Pendant quelques jours, les canons résonnent mais le temps passe et les nuits sont de plus en plus froides. Le 24 octobre, la flotte anglaise, ne voulant pas rester prisonnière dans les glaces du Saint-Laurent, rebrousse chemin vers Boston sans s'être emparée de Québec. La Nouvelle-France est sauvée. Vive le gouverneur Frontenac ! Vive le roi de France !
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