Le principe de précaution : fiche de renseignements
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Le principe de précaution, malgré ce nom impressionnant, désigne simplement le bon sens. Il signifie qu’il faut regarder où on pose les pieds. Et s’il s’agit de faire un geste qui risque de modifier un écosystème, il incite à agir le plus soigneusement et le plus prudemment possible. Il y a en effet certains changements sur lesquels on ne peut pas revenir. Par conséquent, selon le principe de précaution, mieux vaut faire preuve de sagesse et aller lentement si on ne connaît pas toutes les conséquences probables. Le principe de précaution a beau être une expression du gros bon sens, il est parfois difficile de l’appliquer si l’on a un besoin pressant ou une volonté pressante de faire quelque chose. De même, il est parfois tentant de dire que si personne n’a encore prouvé que telle chose causerait du tort à l’environnement, rien n’empêche de procéder au changement. Un problème mal posé incite à ne pas tenir compte du principe de précaution parce qu’il fait paraître les choses plus simples qu’elles le sont en réalité. Des mauvaises herbes dans la pelouse? Aspergeons-les d’herbicide! Trop de monde au parc? Augmentons les droits d’admission!
Le principe de précaution est une sorte de directive et non une obligation comme une loi. Il n’a donc pas d’application légale dans les parcs nationaux ou les réserves de parcs nationaux. Mais il est par contre une obligation pour ce qui est de préparer et de modifier les plans de gestion selon la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada.
Pourquoi appliquer le principe de précaution? Parce qu’il est compatible avec notre mandat de protection et les obligations dont Parcs Canada doit s’acquitter envers les générations futures. Le principe repose sur quelques hypothèses simples :
• La nature a une valeur en soi; sa valeur ne tient pas au fait que nous pouvons l’utiliser pour nous.
• Nous avons la responsabilité d’agir de manière à favoriser la conservation, même sans preuve évidente qu’un geste ou un choix aura des effets négatifs sur l’environnement.
• Les personnes qui proposent des changements devraient prouver elles-mêmes que ces changements n’auront pas d’effets négatifs sur l’environnement et non faire porter le poids de cette démonstration à ceux qui s’opposent aux changements.
• Les actions d’aujourd’hui font l’héritage de demain.
• Toutes les décisions ont un prix. Faire preuve de prudence peut vouloir dire que certaines personnes se privent de certaines possibilités de loisirs ou de profit pour protéger les possibilités offertes aux générations futures.
Le principe de précaution n’est pas une excuse pour ne rien faire ou ne rien autoriser. En pratique, il signifie que si certaines valeurs écologiques importantes sont manifestement en jeu, et que des opinions éclairées montrent que telle action risque de nuire durablement à ces valeurs, la bonne décision est celle qui entraîne le moins de risque d’ici que des recherches ou des analyses plus approfondies nous donnent un portrait plus juste de la situation. On ne peut jamais tout savoir des conséquences d’une décision et pourtant on ne s’empêchera pas de prendre des décisions. Mais le principe de précaution nous dit : 1) d’éviter les dommages durables qui peuvent découler d’un geste qu’on poserait sans savoir les conséquences; et 2) de ne pas prendre de décision importante avant d’en savoir plus quand il est évident que les risques sont grands.
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